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Les châtiments à venir

 
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Franravel
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Inscrit le: 25 Oct 2012
Messages: 36
Localisation: Monts du Lyonnais

MessagePosté le: Dim 3 Fév 2013, 19:23    Sujet du message: Les châtiments à venir Répondre en citant

1
 
 

 
 Des graves décisions prises par la Fraternité Saint Pie X depuis les négociations entreprises avec Rome à partir du pèlerinage dans la ville sainte en l'an 2000 et intensifiées par la levée de "l'excommunication en 2007" et sa "réhabilitation" en 2009, qui ont vu la mise au banc de Mgr Williamson avec des prêtres ayant manifesté pour le moins des inquiétudes au sujet de ces rapprochements, je pense qu'il n'est pas anodin de lire ces extraits de la Bienheureuse Elisabeth Canori-Mora de la revue "La Voie" qui permettront de se faire une idée plus juste de qui nous arrive et de ce qui risque d'arriver dans des temps qui peuvent-être plus proches que nous pensons.
De ceux qui objecteraient que la revue "La Voix" est de tendance sédévacante, je leur dirais qu'il ne faut pas s'attarder à considérer cette position théologique comme invraisemblable et dénuée de tout fondement, car au regard de cette crise terrible et inédite de l'Eglise, il est légitime de se poser la question. Autre chose est de la résoudre en posant comme dogme que Benoit XVI n'est pas pape. Ce n'est pas au simple fidèle de trancher cette question, mais la prudence exige de ne pas rejeter cet écrit et d'appliquer les paroles de St Paul:"la charité croit tout" (St Paul-Corinthiens 1-13).


Franravel


LE JOURNAL DE LA VENERABLE ELISABETTA CANORI MORA
La Voie1, Toussaint 2005, n°30
 
Nous publions les extraits du journal de la Vénérable Elisabetta Canori Mora qui traitent de la corruption générale, déjà présente à son époque et dont elle prévoit qu'elle n'aura de cesse de s'accroître jusqu'au terrible châtiment général.
Plusieurs personnes, en effet, se sont montrées intéressées par l'article -Modéré- et conclavisme dans le numéro 27 de La Voie où nous avions déjà publié un court extrait de la prophétie de la Vénérable.
Rappelons que la vie de la Vénérable fut publiée en 1953 et avait reçu trois Imprimatur2Dans ce livre il y avait des extraits de son journal, dont l'essentiel de ses prophéties. Ce journal à l'époque, n'avait pas encore été publié. Cette publication a été faite par la Libreria Editrice Vaticana en 1996 et, à son tour, a reçul'Imprimatur. Bien sûr, nous ne tenons aucun compte de cet Imprimatur mais en l'occurrence le livre ne reporte rien d'autre que les écrits de la Vénérable. Nous avons confronté les passages du Journal publié dans l'ouvrage de 1953 et ceux du livre de 1996 ; ils correspondent parfaitement. Il n'y a donc pas de raison de mettre en doute l'authenticité du reste du Journal publié en 1996. Du reste, les passages qui ont reçu l'imprimatur en 1953 sont les passages les plus forts, comme on a pu le constater dans le numéro 27 de La Voie.
Quelques précisions enfin à propos des révélations privées : la révélation publique est terminée avec la mort du dernier Apôtre saint Jean. Mais on constate dans l'histoire de l'Eglise qu'il y a eu beaucoup de révélations privées. Or, celles-ci n'ajoutent rien d'essentiel mais servent seulement à conforter la foi et à donner des précisions sur des faits particuliers. Et même si elles sont approuvées par l'Eglise, en aucun cas elles ne peuvent appartenir au dépôt de la foi. Ces apparitions, révélations, prophéties font partie des gratiae gratis data3des grâces gratuitement données pour le bien d'un particulier ou même de l'ensemble de l'Eglise. Aujourd'hui beaucoup de personnes courent derrière ces apparitions et leur accordent souvent sans discernement une importance démesurée. Ce sont ceux que l'on appelle les apparitionnistes. A l'inverse, d'autres rejettent quasi systématiquement toute manifestation de ce genre. Voici ce que dit le Dictionnaire de théologie catholique pour le mot «apparitions» : «En les acceptant [les apparitions], l'Eglise indique seulement qu'on peut les regarder comme authentiques. Si donc il faut éviter à leur sujet des négations téméraires, superbes, plus ou moins systématiques, on conserve aussi le droit d'examiner chacune d'elles selon les règles de la prudence et les principes de la critique historique. »
Le Journal écrit en italien dans lequel la Vénérable s'adresse à son directeur spirituel a été écrit d'un seul jet et n'a probablement pas été revu. C'est pourquoi l'on constate des lourdeurs, des répétitions que nous avons cherché à atténuer dans la traduction mais sans pouvoir toujours y parvenir, de crainte de ne pas transmettre fidèlement la pensée de la Vénérable. Au début de chaque extrait la page et le numéro du paragraphe sont précisés.
 
EXTRAITS DU JOURNAL
 
L'Enfant Jésus baignant dans Son sang
p. 158
105 - Après avoir décrit comment l'Enfant-Jésus lui est apparu dans Son berceau le 25 décembre 1813, Elisabetta Canori Mora raconte ce qui suit :
« Mais quelle chose étrange vais-je raconter ! Le seul fait d'y penser me fait horreur ! Je me rapproche donc du berceau sacré et, avec stupeur, je vois le berceau plein de sang. En voyant mon cher Jésus baignant dans Son sang, je me mets à pleurer avec force larmes.
Ah, mon Jésus, qui vous a réduit à cet état ? Les offenses de Ses ennemis, les outrages de Ses ministres lui causaient cet affront, alors qu'il était à peine né. J'étais atteinte d'une grande douleur et je m'empressais d'offrir les mérites de tous les saints, particulièrement ceux de la Très Sainte Vierge Marie, Sa chère Mère.
Je vois apparaître trois messagers célestes portant trois vases très beaux qui les présentent à la Très Sainte Vierge Marie. Cette divine Mère prend tout ce sang précieux et avec la plus grande révérence le verse dans les trois vases. La divine Dame se tourne, suppliante, vers son Très Saint Fils.
Cependant je compris quelle était la cause de la grande effusion de sang de ce divin Enfant. Mieux vaudrait la cacher que l'indiquer ! La cause de tout ce sang, c'est la mauvaise conduite de beaucoup de prêtres séculiers et réguliers, de beaucoup de religieuses qui ne se comportent pas conformément à leur état ; la mauvaise éducation que les pères et mères donnent à leurs enfants et aussi celle dispensée par ceux dont l'obligation est d'éduquer (...)
 
Situation malheureuse du monde
p. 161
109 - Le 2 février 1814, en recevant la sainte communion, j'ai été transportée dans un lieu où j'ai vu la situation malheureuse du monde. Je voyais des foules immenses guidées par leurs passions, sans ordre, sans subordination. Leurs visages étaient difformes selon leurs passions prédominantes. Quelle grande douleur pour moi de voir un peuple si délabré ! Je voyais beaucoup d'âmes fidèles au Seigneur ; celles-ci se distinguaient par un joyau sur leur front qui resplendissait plus ou moins selon la perfection qu'elles possédaient. Ce fut pour moi une grande consolation de voir comment ces âmes étaient bien dirigées par Dieu.
J'ai levé le regard vers le ciel et avec une grande crainte j'ai vu le fléau de Dieu qui pendait de Son bras omnipotent. Il était en train de le lancer sur ces malheureux. O immense prodige ! Je vois la Mère de Dieu habillée richement et accompagnée d'un très grand cortège d'anges se rendre devant le trône de Dieu. Je vois les anges qui séparent les bons des méchants. O terreur, ô consolation, le moment était déjà venu où Dieu voulait châtier ces malheureux. Mais cette divine Dame a fait douce violence à Dieu lui-même : elle a couvert ces malheureux avec les rayons de son manteau et ainsi elle nous a soustraits à la justice de Dieu.
Malheur à nous si nous abusons de la clémence de cette divine Dame ! Auquel cas sa clémence restera vaine. Malheur à nous si cela arrive !
 
Les calamités de la Sainte Eglise
p. 164
111 - Le 22 février 1814, dernier jour du carnaval, j'allais à Santa Maria Maggiore pour la visite au Saint-Sacrement qui était exposé. Sur l'ordre de mon père spirituel je priais pour l'Eglise et ses besoins, quand je vis trois messagers célestes avec des flambeaux allumés. Ceux-ci m'obligèrent à les suivre et me conduisirent dans un lieu souterrain où je vis les calamités de l'Eglise mais de manière tellement confuse que je ne peux rien dire. Je dirais seulement que cette vue m'a procuré une grande peine et une grande douleur.
 
Beaucoup de prêtres infidèles
112 - Le 24 février 1814 après la sainte communion les trois anges se sont de nouveau présentés et m'ont invité à aller avec eux dans le souterrain susdit. Avec leurs flambeaux, ils me montraient ce qui se faisait dans cet endroit obscur.
Je voyais beaucoup de ministres du Seigneur qui se dépouillaient l'un l'autre ; beaucoup s'arrachaient avec rage les ornements sacrés, je voyais les ministres du Seigneur eux-mêmes renverser les autels sacrés, je les voyais piétiner avec beaucoup de mépris les ornements sacrés4. A travers une lucarne j'ai vu l'état misérable du peuple : quelle confusion, quel gâchis, quelle ruine, je ne peux pas l'expliquer.
 
Pie VII entouré par des loups
p. 193
141 - Le 22 mai 1814, en priant Dieu pour le Saint-Père, afin qu'il lui fit faire bon voyage, je vis Pie VII en déplacement, entouré par des loups qui se rassemblaient et fomentaient des complots pour le trahir ; je vis deux saints anges qui étaient à ses côtés.
 
142 - Le 2 juin je vis à nouveau Notre Saint-Père entouré par des loups, je vis à ses côtés les deux anges tout tristes qui pleuraient. Quelle peine, quelle affliction provoqua en moi cette vue !
 
143 - Le 5 juin, fête de la Très Sainte Trinité, pendant la sainte communion, je vis une troisième fois le Saint-Père ; pendant que je priais pour les besoins de la sainte Eglise, je vis le sanhédrin de loups qui l'entouraient et les deux saints anges qui pleuraient. Une sainte hardiesse me poussa à leur demander la cause de leur tristesse et de leurs larmes. Les deux anges, en regardant avec des yeux compatissants la ville de Rome, se mirent à s'exclamer : « Ville misérable, peuple ingrat ! La justice de Dieu vous punira ! »
 
Priez pour la pauvre ville de Rome
p. 197
149 - Le 19 juin 1814, pendant la sainte communion, je vis ce saint pontife (saint Pie V) devant le trône très auguste du Dieu Souverain. En me tournant vers lui, je le priai d'intercéder pour nous : « Saint pontife, lui dis-je, priez pour la sainte Eglise, et que la ville de Rome vous soit spécialement à cœur ». J'unis mes pauvres prières aux ferventes prières de ce saint pontife. Dieu nous montre Son juste dédain devant tant d'énormes péchés qui L'offensent ; Il nous montre particulièrement une Rome ingrate et quelle est la punition préparée pour cette ville ingrate après beaucoup d'afflictions de toutes sortes le grand honneur de posséder le Saint-Siège sera ôté à cette ville.
A quelle lointaine distance de toi, ville misérable, le Saint-Siège se serait-il éloigné si les ferventes prières de ce saint pontife n'avaient pas obtenu grâce !
Réjouis-toi donc car le Saint-Siège ne partira pas de chez toi ; mais tu ne seras pas épargnée par le fléau que Dieu va envoyer sur la terre à cause de l'irrespect de Ses commandements. Si nous ne changeons pas de mœurs, malheur à nous, malheur à nous, malheur à nous !
 
L'Eglise secouée par un vent furieux
p. 230
192 - Le 23 octobre 1814, après la sainte communion, mon esprit fut averti par une illumination intérieure, et je fus comme transportée au-dessus du monde. Pendant que je me voyais en un lieu si élevé, sans jamais perdre conscience de mon néant, je voyais le monde rempli de misères et de péchés, je voyais l'Eglise sous l'aspect d'un fort et magnifique bâtiment, fortement secouée par un vent furieux. Ce vent cherchait en vain à la ruiner ; elle était sur le point de tomber. Une âme connue de moi, par ordre de Dieu et par la compassion qu'elle éprouvait en voyant l'Eglise de Dieu si bousculée par le vent des maximes insanes de beaucoup qui, sous l'apparence du bien, prétendent la ruiner - Ceux-ci attirent sur le monde les foudres du ciel mais Dieu saura, avec Sa sagesse infinie, punir les impies et sauver les innocents -, cette âme donc, animée d'une grande foi, mue par l'ordre de Dieu et de la charité, allait soutenir le magnifique bâtiment, c'est-à-dire qu'elle demandait la grâce de suspendre la justice divine. (...) Dieu la rendit arbitre de Son cœur et lui octroya la grâce qu'elle implorait.
 
Les calamités de l'Eglise
p. 233
196 - Pour me convaincre (de me donner à Lui), Dieu daigna me montrer les calamités de l'Eglise. Pour la deuxième fois, je suis venue voir le bâtiment ruiné, j'ai été conduite à l'intérieur et m'ont été montrés les troubles qui agitent l'Eglise. Mon Dieu, que puis-je dire ? Il n'est pas possible de le croire !
Je vis comment les personnes indignes prévalent sur la justice en déshonorant Dieu ! Je vis l'oppression des pauvres! Je vis les sacrilèges que commettent tant de ministres de Dieu ! Je vis leur cupidité, leur attache aux biens transitoiresl'oubli du véritable culte de Dieu ! Je vis le bien apparent, fait pour des fins indirectes ! Que ces délits sont graves au point qu'on ne peut pas les comprendre !
Devant ces faits je m'effrayai et craignant presque que Dieu fut sur le point de châtier le monde, je tremblais de la tête aux pieds depuis le début. Puis je fus conduite à voir le sanctuaire et, pour le respect du culte de Dieu, il me fut commandé d'entrer les pieds nus. Me fut montrée la mauvaise administration des sanctuaires. Je vis le grand déshonneur que Dieu subit de la part des mauvais prêtres. Puis je fus conduite au moyen d'un escalier dans un lieu très élevé, où il me fut donné de voir le juste dédain de Dieu, irrité contre nous, pauvres pécheurs.
Je n'ai pas de termes idoines pour expliquer à quel point ce spectacle était terrible et effroyable. Je cherchais, apeurée, à me cacher dans les viscères de la terre, il me semblait que Dieu voulait châtier le monde en ce moment. Mais, Jésus-Christ, notre frère plein d'amour, s'est fait avocat pour nous, auprès de Son Père céleste ! Le Seigneur aimant me fit entendre qu'il fallait que je me donnasse, unie à Lui, à Son divin Père, pour ainsi apaiser Son dédain mais le divin Père ne voulut pas me recevoir. Notre Seigneur Jésus-Christ m'a couverte de Ses mérites, et en un instant j'étais revêtue d'une lumière resplendissante et je suis devenue plus belle que le soleil, et, ainsi revêtue, j'ai été reçue par le divin Père. Sous l'instance des prières efficaces de Jésus-Christ, le dédain de Dieu le Père s'est apaisé et Il a daigné suspendre le terrible châtiment et céder la place à la pénitence de nous autres, pauvres pêcheurs.
Mais le temps qu'Il a déterminé pour nous permettre de faire pénitence est bref. Ah, si je pouvais avec mon sang convertir le monde entier afin que personne ne périt, combien alors le répandrais-je volontiers5 !
 
Le Souverain Pontife pleurait
p. 246
213 - Je voyais dans cet endroit (près du divin berceau) des gens de toutes classes sociales ; je voyais des religieux de chaque ordre, je voyais des prêtres, des religieuses et des laïques, mais j'observais qu'aucune de ces personnes n'était dans son corps, mais les religieux des ordres respectifs dispersés ici et là adoraient le divin Enfant ; seuls les pères jésuites étaient tous unis, tous en leur corps adoraient le Sauveur qui venait de naître. Je voyais peu de religieuses ; beaucoup de religieux dispersés partout, peu d'évêques, aucun cardinal, aucun prélat, peu de dames et beaucoup de femmes fidèles.
Je voyais notre Souverain Pontife (Pie VII) près de la crèche bienheureuse qui pleurait et qui soupirait. A ce moment-là j'éprouvai au fond de moi un sentiment et je connus la cause de ses larmes. Il pleurait, il soupirait, il recommandait à l'Enfant Jésus la Sainte Eglise, mais sa prière ne fut pas exaucée. Mue par la charité, bien que je me reconnusse totalement indigne, malgré cela, j'unis mes pauvres larmes et mes prières à celles de notre Saint-Père. Je priai chaleureusement l'Enfant Jésus afin qu'Il daignât exaucer Son Vicaire ; mais rien n'y fit.
O comme Dieu est indigné par la sainte Eglise et ses ministres ! L'Enfant divin prit un air majestueux et sévère, me fit entendre que l'Eglise est en état de punition, et qu'il y n'a personne qui puisse le supprimer : le décret est déjà pris. Il me fit entendre que si je ne voulais pas le dégoûter je devais cesser de prier pour elle. Ce cher Enfant me disait : « Cesse de prier, ô ma fille bien-aimée ; aie au cœur mon honneur et ma gloire. »
Après ces paroles, mon pauvre esprit cessa de prier. Alors le divin Enfant prit un air aimant et, se tournant vers moi, Il me dit que je pouvais Lui demander ce que je voulais. (...)
(La Vénérable pria Jésus avec ferveur et Lui demanda de sauver les âmes qui lui étaient chères et Dieu lui concéda cette grâce.)
 
Les Jésuites en défense de l'Eglise
p. 257
224 - Le 26 janvier 1815, à la sainte communion, je fus transportée par les anges qui me favorisent habituellement dans un lieu souterrain où je vis l'occulte persécution de Dieu tramée par beaucoup d'ecclésiastiques qui, tenant dans leurs mains des torches, sous l'apparence de bien, persécutent Jésus crucifié et Son saint Evangile. Je les voyais donc comme des loups enragés qui machinaient d'expulser de son trône le chef de l'Eglise et cherchaient en toutes manières à ruiner l'Eglise catholique, mais, comme il a plu à Dieu, par la puissante intercession du patriarche saint Ignace, je voyais de la très noble compagnie de Jésus surgir un grand personnage, riche de vertu et de doctrine, très insigne, doué d'une céleste éloquence, qui soutenait la cause de l'Eglise catholique avec d'autres compagnons, dont beaucoup parmi eux donnaient leur sang pour Jésus-Christ6.
En voyant cela, ma pauvre âme faisait des prières au Très-Haut pour qu'Il libérât Notre Sainte Mère l'Eglise d'une persécution si funeste.
Quand, dans un éclair je fus transportée pour voir les cruels carnages que la justice de Dieu allait exécuter envers ces misérables. Avec frayeur je voyais la foudre de la justice de Dieu. Cependant je voyais les palais, les villes, les provinces entières ruinés ; le monde entier était sens dessus dessous. On n'entendait rien d'autre que des voix fluettes qui imploraient miséricorde : le nombre de morts était incalculable. L'épouvante fut telle que je perdis tout usage de la raison et, complètement anéantie, je pensais mourir. A cause de l'immense horreur qu'il éprouva, mon esprit resta étourdi toute la journée, mon corps resta glacé comme du marbre, presque privé de toute sensation.
Recommandons-nous chaudement au Seigneur afin qu'Il daigne apaiser Sa colère divine par les mérites de la Très Sainte Vierge Marie.
 
Je voyais Dieu indigné
225 - Je précise ce que j'ai laissé dans ce récit. A partir du 25 janvier, j'étais invitée par ces anges mais une crainte mystérieuse m'arrêta. Il me manqua le courage d'avancer dans ce lieu ténébreux mais le 26, Dieu m'obligea à y entrer. Je veux donc dire quelle fut la raison de mon épouvante que j'ai cachée dans la partie précédente ; la raison n'est pas le fait de voir tant de ruines mais plutôt de voir Dieu indigné. Voici ce qui arriva : une force très puissante me conduisit en un éclair dans un lieu très haut et solitaire où l'on me fit voir Dieu sous l'image d'un géant très fort, fâché contre tous ceux qui Le persécutaient. Ses mains toutes-puissantes étaient pleines de boules de feu et Sa face était dédaigneuse ; Son seul regard était suffisant à réduire en cendres le monde entier. Il n'y avait ni ange ni saint pour L'entourer. Il était ceint seulement de Son dédain.
Quelle terreur, quelle épouvante ! Cette vue dura seulement un instant. Si elle avait duré un moment de plus, je serais certainement morte. Ce seul instant qui date de six jours a provoqué en moi tant de douleurs que maintenant que j'écris, je souffre encore dans mon corps et les puissances de mon âme sont encore étourdies par l'épouvante qu'a provoqué en moi une telle vue. Ah mon Dieu que jamais plus je doive Vous voir si dédaigné !
 
p. 269
237 - Du 20 février au 20 mars 1815, mon esprit s'est employé à pleurer ses péchés. Cependant le Seigneur a daigné par trois fois favoriser mon pauvre esprit, en l'élevant à une union toute particulière avec Lui. Particulièrement le 9 Mars il est arrivé un fait que je suis incapable de répéter car il est de nature plutôt intellectuelle mais, pour ne pas manquer à l'obéissance, j'essaierai d'expliquer le mieux que je le puis la compréhension que reçut mon intelligence.
Dieu se montra sous la figure d'un fort guerrier armé qui était, avec Son épée vengeresse, sur le point de venger les graves torts qui Lui sont infligés par les siens. Et, en riant et en exultant, Il m'invitait à exulter avec Lui ; mais ma pauvre âme était accablée d'une si profonde tristesse que, au lieu d'exulter, elle pleurait amèrement parce qu'elle connaissait clairement le massacre que Dieu était sur le point d'exécuter avec Son épée vengeresse.
A cette vue si désolante et affligeante, je cherchais autant que je le pouvais à résister à Dieu, non pas dans les actes ni dans les paroles, mais en Lui montrant mon grand chagrin et mon immense peine. Le Bon Dieu m'invitait à nouveau à exulter avec Lui, mais Il ne m'invitait pas seulement à exulter avec Lui, Il me donnait à voir à quel point Son action était juste et droite.
Comprenant cela, remplie d'humilité, je confessais cette grande vérité, à savoir que Dieu est juste et droit dans toutes Ses œuvres ; mais mon cœur, malgré cela, ne pouvait pas exulter, au contraire, autant que je le pouvais, je m'opposais et je résistais à Dieu. Pendant que je confessais sincèrement que la créature ne peut pas ni ne doit s'opposer à son Créateur, je montrais à mon Dieu ma grande peine. Je Lui disais, remplie d'une sainte affection : « Ah, si je pouvais avec mon sang épargner au monde le terrible châtiment, ô combien volontiers je le répandrais ! Mon Dieu, que ma peine Vous incite à la compassion ! ».
A cette prière, le Bon Dieu cherchait à nouveau à me persuader. Mon esprit est resté dans cette lutte du 9 au 14 mars 1815, jour du Vendredi Saint. En assistant à la dévotion commémorant les trois heures de l'agonie de Notre Seigneur Jésus-Christ, mon esprit était tellement envahi par la considération de ce douloureux mystère que je suis restée à genoux pendant quatre heures sans discontinuité, m'oubliant totalement, seulement occupée à compatir aux souffrances de Notre Seigneur et à pleurer mes ingratitudes, qui furent la cause de tant de maux. Avec d'abondantes larmes, je Lui demandais de me pardonner, et, affligée au dernier degré, je désirais mourir en croix avec Lui.
Après être restée environ trois heures dans ces considérations, tout d'un coup, le Seigneur fit passer mon esprit à des connaissances toutes opposées. De nouveau Il me donna à connaître comment Sa divine justice armée vengera sévèrement les terribles outrages qu'Il reçoit sans cesse des siens. En me complaisant dans Sa souveraine justice, Il me donnait à connaître comment Il aurait triomphé, en me montrant le cruel massacre qu'Il était sur le point d'exécuter sur les vivants. Quelle épouvante ! Quelle terreur éprouva mon esprit ! Chose plus funeste ne se conçoit pas ! Recommandons-nous chaudement au Seigneur, afin qu'Il daigne atténuer Sa rigueur. Il invita de nouveau ma pauvre âme à exulter avec Lui ; mais mon esprit, en sentant une vive compassion fraternelle, ne pouvait pas se complaire dans la justice, au contraire je cherchais autant que je le pouvais à m'opposer, comme je l'ai déjà dit.
Le Seigneur cherchait, au moyen d'illuminations intérieures, à me persuader, et, pour me contenter, me fit voir comment Il sauverait toutes les âmes qui me font du bien, et toutes celles qui sont unies à mon esprit, en posant sur celles-ci une empreinte qui assurerait leur salut. Malgré toutes ces faveurs, je m'opposais à Ses volontés en Lui montrant ma grande peine. Cette opposition causait à mon esprit beaucoup d'angoisse et une très grande affliction.
 
p. 271
238 - Le matin de la sainte communion, le Seigneur daigna me faire une faveur particulière. A l'heure de la messe chantée, je me suis rendue à l'église Sant'Andrea delle Fratte. En y assistant, mon esprit s'assoupit et tout à coup il me semblait être transportée sur une très grande montagne, où je vis le Bon Dieu tout couvert de lumière. En se complaisant dans Sa justice, d'une main toute-puissante, Il lança dans notre monde trois pierres à trois endroits différents de la terre ; puis le ciel se couvrit de nuages de suie et je voyais notre monde gémir sous le poids de ces graves afflictions. (La Vénérable décrit sa résignation à la volonté de Dieu et termine ainsi)... je louais et je bénissais Dieu sans plus souffrir la moindre peine bien que je connusse quel massacre Dieu allait infliger aux vivants.
 
Les épreuves de l'Eglise notre Mère
p. 272
239 - Le 2 avril 1815, jour où l'Eglise célébrait la fête de l'Annonciation de la Très Sainte Vierge Marie, parce que le 25 mars tombait pendant la Semaine Sainte, après le repas, je me tenais dans une église en adoration devant le Saint-Sacrement, quand tout à coup il m'a semblé que j'étais transportée dans un lieu solitaire d'où se dégageait une atmosphère de tristesse et d'affliction.
A l'improviste, je vis arriver beaucoup d'anges ; leurs visages et leurs vêtements dénotaient les très grandes épreuves de notre Mère la Sainte Eglise. Puis j'ai vu arriver encore trois anges, en tenue de deuil, beaucoup plus tristes que les premiers ; ceux-ci portaient sur leurs épaules une pierre d'une grandeur démesurée et d'une beauté sans comparaison. Ils déposèrent cette grande et très belle pierre dans ce lieu solitaire et tous ces anges emplis de tristesse l'entourèrent comme une couronne, et, en la regardant, ils pleurèrent.
Quelle impression de deuil mon cœur n'eut-il pas ! Je n'en dis rien car votre paternité (son directeur spirituel) peut très bien le comprendre ; mais la vision ne se termina pas là. Et voilà que je vis venir de loin d'autres hommes, menant une vie sainte, aux visages tristes, habillés pauvrement en vêtements de deuil et, en regardant cette pierre, ils pleurèrent. Leur affliction était très significative. Mon esprit resta très affligé et oppressé face à cette apparition. Mais ma souffrance ne s'arrêta pas là. Je vis encore apparaître beaucoup de vierges consacrées, tristes et douloureuses, le visage pâle et mouillé de larmes, leur cœur était haletant, et ces vierges affligées conduisaient avec elles une femme vénérable habillée de noir, au visage triste et au cœur affligé. A cette vue, mon esprit frémit et, plein de crainte, cherchait la signification de ce que j'avais vu, quand du haut du ciel j'entendis éclater les foudres de la justice irritée. Mon esprit resta comme terrassé par la crainte et comme privé de connaissance.
Le 11 avril 1815, en recommandant les besoins de la Sainte Eglise et le Souverain Pontife dans ma prière, j'ai eu l'impression d'avoir une connaissance intérieure de la grande manœuvre intentée par les persécuteurs de l'Eglise contre notre religion catholique. Ces délinquants effrontés cherchent, avec une tromperie très subtile, à subvertir par de fausses bonnes raisons, le chef de l'Eglise. Recommandons-nous très chaleureusement au Seigneur afin qu'il ne soit pas abusé par ces tromperies.
 
Les graves afflictions de l'Eglise
p. 284
256 - Le 7 juin 1815 pendant la sainte communion, je fus conduite dans un lieu solitaire où je fus avertie des nombreuses afflictions que devra souffrir notre mère la Sainte Eglise. O combien de peines devrons-nous souffrir ! Dieu veut renouveler le monde entier. Cela ne peut pas se faire sans un grand massacre dévastateur7. Mon Père [le directeur spirituel de la Vénérable NDLR], il est préférable de ne pas en parler.
 
257 - Le 7 juin 1815, jour du retour de notre Saint-Père (Pie VII) à Rome, toute la ville était pleine d'allégresse et mon esprit était très mélancolique. Me furent montrées les graves afflictions que notre mère la Sainte Eglise devra endurer de ceux qui, sous l'apparence du bien, cherchent à la ruiner.
En réalité, ces personnes, sous une peau d'agneau, sont des loups ravisseurs qui cherchent sa totale destruction. Ceux-ci, bien qu'ils n'apparaissent pas comme tels, sont d'implacables persécuteurs de Jésus crucifié et de Son Epouse la Sainte Eglise.
Il me semblait voir le monde entier sens dessus dessous, spécialement la ville de Rome. Je connaissais la variété des fausses opinions qui se cachent sous le manteau de la vraie religion catholique8. Je connaissais la diversité des partis qui conspiraient les uns contre les autres ; ces misérables se lacéraient dans leur renommée, s'en prenaient mutuellement à leur honneur, s'entretuaient sans pitié.
Que dirai-je après du Sacré Collège ? Ses membres s'étaient soit dispersés, soit détruits, soit tués sans pitié selon leur opinion. Les clercs séculiers et la noblesse étaient traités d'une manière semblable, et même pire encore. Les clercs réguliers n'étaient pas totalement dispersés mais ils étaient décimés. Beaucoup d'hommes de toutes conditions, sans qu'on puisse les dénombrer, périssaient dans ces massacres mais tous n'étaient pas réprouvés. Beaucoup d'entre eux étaient des hommes de bonnes mœurs et menaient une vie sainte. Le monde entier était dans une très grave désolation ; le petit troupeau de Jésus-Christ adressait au Très-Haut des prières enflammées afin qu'Il daignât suspendre un tel massacre et une telle ruine. Selon le désir de ce petit nombre, les massacres causés par les hommes s'arrêtaient tandis que commençait celui infligé par Dieu.
Le ciel se couvrit d'un noir de suie, les foudres les plus terribles éclataient : soit elles brûlaient, soit elles réduisaient tout en cendres. La terre, pas moins que le ciel, était toute bouleversée. Les séismes les plus horribles, les gouffres les plus épouvantables causaient les derniers massacres sur la terre.
De cette manière furent séparés les bons catholiques des faux chrétiens. Beaucoup de ceux qui auparavant niaient Dieu, Le confessaient et Le reconnaissaient pour le Dieu qu'Il est. Tous L'estimaient, L'adoraient, L'aimaient. Tous observaient Sa sainte loi. Tous les religieux et religieuses se soumettaient à la vraie observance de leurs règles. Le clerc séculier faisait l'édification de la sainte Eglise. Dans les ordres religieux fleurissaient des hommes de grande sainteté et de vie très austère. Le monde entier était dans la paix. Tout cela est écrit par obéissance.
 
Trahison contre l'Eglise catholique
p. 321
297 - Je cite un fait qui m'est arrivé le 4 octobre 1815 que j'avais oublié, et, en lisant le journal, je l'ai trouvé noté.
Je me tenais humble et respectueuse devant le Saint-Sacrement, quand tout d'un coup je fus conduite dans un lieu sombre et souterrain, trois saints anges dans ce lieu ténébreux me conduisaient au moyen de torches allumées, qu'ils tenaient dans leurs mains. Ils me montraient la noire trahison qui est ourdie contre la Sainte Eglise catholique et contre ses vrais fidèles.
Quelle énormité ! Quels crimes ! Quelles funestes conséquences auront sur les vrais fidèles de Jésus-Christ les noirs complots des persécuteurs cachés, qui, sous l'apparence de bien, cherchent la totale destruction de l'Eglise !
Quelle témérité, quelle hardiesse, quelle audace, briser l'Agneau Immaculé, lacérer Ses chairs virginales, piétiner Son sang précieux ! Quels crimes, quelle énormité !
Mon esprit resta en fait saisi, troublé devant tant de méchanceté coupable. Très sévère sera la punition d'une si grande audace. Recommandons-nous au Seigneur chaleureusement afin qu'Il daigne atténuer Sa bien juste fureur. Il me paraissait que si Dieu daignait me faire cette démonstration c'était pour que ma pauvre âme ne cherchât pas à défendre l'excessive énormité des délits des criminels mais seulement à prendre part à Sa divine justice, me montrant Son héroïque patience à les supporter, car quand il sera temps de les punir, je ne m'y opposerai pas avec la prière, mais en me complaisant dans Sa justice je ne m'attristerai pas, mais je me réjouirai de voir l'impiété punie par la force de Son bras.
 
Offrande réparatrice
p. 327
304 - Le 21 octobre 1815, lors de la Communion, j'ai eu connaissance du formidable attentat que les persécuteurs de la religion catholique préparaient ; ceux-ci pensent la déraciner entièrement. Ces misérables veulent ériger des temples aux fausses divinités dans le sein même de l'Eglise catholique, dans la résidence du Pontife romain, le Vicaire du Christ ! Envisager d'ériger des temples aux fausses divinités ! Quelle impiété, quelle hardiesse exécrable9 ! Plaise à Dieu que cela n'arrive pas ; recommandons-nous chaleureusement au Seigneur, afin que ces misérables impies ne réussissent pas leurs desseins pervers. Malheur à nous, pauvres catholiques, si ces ennemis peuvent mettre à exécution tout ce qu'ils ourdissent contre nous !
« Tous ceux qui entreront dans ces assemblées, tous ceux-là mourront ! », me disait Notre Seigneur. A ces mots, mon âme s'effraya : « Comprends-tu de quelle mort j'entends parler ? », ajouta le Seigneur, « J'entends parler de cette mort qui enlève la foi aux âmes. »
A ces mots mon esprit se remplit d'une grande tristesse, ayant eu à ce moment-là une idée du grand nombre de ces pauvres âmes, qui malheureusement mourront10.
Le 25 octobre 1815, pendant la sainte communion, après avoir joui d'un bien très particulier, mon âme fut envahie d'une profonde tristesse, causée par une connaissance particulière de la malice de beaucoup de vivants et de quelqu'un en particulier. Mon cœur s'affligeait beaucoup de voir toutes ces âmes coupables de rébellion devant leur Dieu.
 
Notre chère mère, la sainte Eglise
p. 346
318 - Le 10 décembre 1815 lors de la sainte communion j'étais tout affligée d'avoir été très distraite et sans recueillement pendant l'oraison. Je reconnaissais le peu de diligence que j'avais eu pour chasser les distractions ; pendant que je demandais pardon au Seigneur, que je m'humiliais, que je me confondais en excuses, que je pleurais amèrement mes fautes, je fus saisie soudainement d'une quiétude intérieure.
Pendant ce temps il me fut donné de voir notre mère la Sainte Eglise, sous la forme d'une femme vénérable : je la voyais extérieurement toute parée, toute belle ; je la voyais suppliant l'auguste trône de Dieu, priant comme une mère compatissante pour nous ses pauvres enfants et plus spécialement pour les clercs réguliers et séculiers.
Mon Dieu, avec une grande crainte je continuerai, bien que cette chose me soit arrivée il y a plusieurs jours ; encore maintenant, en écrivant, je sens mon cœur bondir dans ma poitrine à cause de l'horreur et de l'épouvante, mais je continue pour ne pas manquer à l'obéissance.
Donc l'Eglise priait sans cesse d'une manière suppliante pour nous. Hélas ! Dieu dédaignait ses prières, avec une voix tonitruante, quoique non sensible, et que je percevais avec mon esprit. Au moyen d'une connaissance intellectuelle, Il me donna à connaître ce que je vais écrire maintenant.
La sainte Eglise priait ; Dieu dédaignait ses prières et, armé du glaive de Sa justice, me disait : « Prends part à Ma justice et juge ta cause ! »
A ces maux terribles la vénérable mère pâlit et, ayant pris le parti de la justice divine, se dépouillait de ses ornements de sa propre main.
Je vis trois anges exécuteurs de la divine justice qui aidaient la vénérable mère à se dépouiller. La femme forte fut ainsi réduite à un état humble et négligé ; privée de force, toute dépouillée, elle était sur le point de tomber. Alors la sagesse éternelle lui donna un bâton puissant pour soutenir sa faiblesse. La divine puissance mit un riche chapeau sur sa tête. La femme magnifique avait perdu toute sa splendeur, elle gisait dans les ténèbres, toute triste et douloureuse à cause de l'abandon de ses fils bien-aimés.
L'Esprit divin l'enveloppa de Son immense lumière. Une fois revêtue de cette lumière, la femme magnifique diffusa sa splendeur vers quatre directions où cette divine lumière accomplissait des choses admirables.
Les habitants de ce lieu étaient comme endormis et, à l'apparition de cette divine lumière, ils se réveillèrent. Une fois les erreurs abandonnées, ils se mettaient très vite à honorer la femme splendide, notre chère Mère, la Sainte Eglise. Tous étaient ravis de militer sous les auspices de cette femme excellente, tous confessaient Notre Seigneur Jésus-Christ.
A ce moment-là, notre Mère la Sainte Eglise apparaissait encore plus parée et glorieuse qu'avant. Les ordres religieux lui rendaient un grand honneur et formaient comme un magnifique temple pour la soutenir de toutes leurs forces.
Six colonnes la soutenaient, c'étaient six corps de religieux, lesquels étaient ces six Ordres qui rendaient glorieuse notre Mère la Sainte Eglise. Une fois la Sainte Eglise élevée à cet honneur, tous venaient l'honorer, adoptant les maximes du Saint Evangile.
 
Les nouveaux cardinaux
p. 366
340 - Je cite un fait advenu à une âme que je connais11. Cette âme dit qu'au moment où le Souverain Pontife créa de nouveaux cardinaux, elle pria le Seigneur afin qu'il donnât à ces nouveaux princes de la Sainte Eglise catholique la grâce de la soutenir ; elle se réjouissait avec son Dieu et le priait de bien vouloir bénir les cardinaux.
Une fois cette prière dite, elle s'endormit et se trouva en songe en un lieu où elle vit ces nouveaux cardinaux qui ressemblaient à des bêtes, chacun selon leurs vices prédominants ; à cette vue, elle dit qu'elle fut horrifiée, et dans le songe elle se tourna vers Dieu en pleurant.
Alors elle dit qu'elle entendit une voix intérieure qui se lamentait de cette affreuse manière de vivre, non seulement de ces cardinaux, mais de tous ceux qui administrent la Sainte Eglise, en lui démontrant le déshonneur et le très grave tort que ceux-ci font à la divine justice, et Dieu voulait les punir sévèrement.
Après ce songe, elle dit que son esprit resta dans une très grave affliction, elle ne fit que pleurer et soupirer pendant plusieurs jours, pour avoir vu Dieu si déshonoré, et à cause de la compassion que causèrent à cette âme toutes ces personnes.
Elle dit qu'à ce moment, elle concentra son esprit et se dit en elle-même : « Oh, si Dieu me donnait de voir ma pauvre âme chargée de mes propres misères, elle me paraîtrait beaucoup plus affreuse que la leur ».
Ainsi, elle se croyait beaucoup plus horrible qu'eux et, pleurant ses propres péchés, elle restait avec un meilleur jugement à leur égard.
 
L'Eglise réduite à l'ultime désolation
p. 408
389 - Le 8 décembre, fête de l'Immaculée Conception de la très Sainte Vierge Marie, notre très tendre Mère ; en assistant à la messe chantée, mon esprit se recueillit intimement. A ce moment-là, Dieu daigna m'élever à un degré particulier d'union avec Lui. Il me montra Sa divine justice irritée contre les hommes. Je fus transportée en esprit, en un lieu élevé, d'où me fut montrée l'horrible scène du formidable châtiment que Dieu était prêt à envoyer sur la terre, pour les énormes péchés. A ce seul souvenir, je me sens remplie de terreur et, l'esprit accablé par une profonde tristesse, je prie incessamment le Seigneur d'atténuer Sa colère, par les mêmes mérites de Son très saint Fils Jésus.
Je continue : Il me fit voir donc l'horrible scène. Mon Dieu, quelle terreur ! je vis d'un côté la mort de notre Saint Père (Pie VII expira le 20 août 1823) ; Dieu tout aimable l'appelait à Lui ; et lui, gentiment, recevait l'invitation, et calmement, mourait.
A sa mort, voici la gravissime ruine de notre sainte Mère l'Eglise : voici Dieu irrité contre nous ! O quelle épouvante ! O quelle crainte ! notre chère Mère, la très sainte Vierge Marie, avait les bras ouverts pour nous protéger de la colère de Dieu. Mais Dieu n'écoutait ni prière, ni sacrifices, ni victimes. Mais voilà que nous sommes déjà esclaves d'un barbare qui se déchaîne contre nous et notre mère, la Sainte Eglise.
Pauvres religieuses, pauvres religieux ! Tous hors des cloîtres sacrés, vous serez expulsés sans douceur, mais avec brutalité. Les temples sacrés étaient dévastés, le culte de Dieu était profané. Et par qui ? par ceux qui normalement devraient le soutenir. C'étaient ceux-là même qui, effrontément, se rebellaient et cherchaient la totale destruction de notre sainte Mère l'Eglise, qui, en un instant, était réduite à l'ultime désolation par ces fils rebelles12.
Mais bonheur pour le petit troupeau de Jésus-Christ, qui, fidèle et constant à Dieu, au milieu de la barbarie, sut conserver pure et intacte la divine loi du saint évangile et ses dogmes sacro-saints. Les ferventes prières des bons fidèles poussèrent prestement le cœur de Dieu à nous libérer de la féroce persécution.
Brusquement, on vit une splendeur qui entourait notre chère Mère, la sainte Eglise, et ses fils fidèles. En un moment, par une main toute-puissante, les féroces persécuteurs furent détruits. A ce grand prodige, la sainte Eglise fut enrichie de nouveaux fils. Ceux qui ne croyaient pas en Dieu, à l'apparition de cette nouvelle splendeur, devinrent adorateurs du crucifix. A la vue de ce grand spectacle de tourments et de joie, je ne saurais dire en quel état fut mon esprit ; je crus perdre effectivement la vie.
 
Victime pour l'Eglise unie à Jésus
p. 422
403 - En ce temps, mon esprit s'assoupit à nouveau, et vaincue par le repos intérieur, j'eus des révélations particulières des présents besoins de la Sainte Eglise. Je vis la mauvaise conduite de ceux qui gouvernaient, l'injustice, l'oppression des pauvres, la grande trahison du saint Evangile. Au lieu de soutenir ses saintes maximes, ces loups rapaces s'y opposent, et ne cherchent rien d'autre qu'à détruire la bergerie de Jésus-Christ qui est le pasteur aimant et tout attentif à Ses brebis aimées.
O, quel châtiment terrible a préparé la justice divine pour ces ingrats ! A cette connaissance, je fus totalement envahie d'une grande compassion ; mue par le zèle, j'étais désireuse de soutenir notre religion et de lui donner mon sang et ma vie. Animée par la plus grande crainte du plus terrible châtiment, l'épouvante me mit hors de moi-même quand soudainement m'apparut Jésus-Christ, tout aimable et aimant ; Il cherchait à apaiser la colère de l'Eternel, Son Père, et invitait ma pauvre âme à s'offrir avec Lui, en victime de réconciliation.
Immédiatement, je m'offris à souffrir toute douleur en faveur de la sainte Eglise, pour accomplir la volonté de Dieu, soutenir le Souverain Pontife et toute la chrétienté, ainsi que la religion chrétienne.
 
ILS PORTENT EN TRIOMPHE LES VICES CAPITAUX
 
Le dédain de Dieu
p. 428
411 - Le 15 novembre 1818 mon pauvre esprit fut favorisé d'une grâce spéciale par le Seigneur pendant les oraisons. Je fus envahie par une quiétude intérieure, ma pauvre âme jouissait dans le repos de la douce présence de son Seigneur tant aimé qui, au moyen d'illustrations intellectuelles, me donnait des connaissances spéciales concernant Ses justes jugements.
Ma pauvre âme en restait là, profondément recueillie en elle-même et, emplie d'une sainte crainte, elle pénétrait, pleine d'admiration, les jugements inscrutables de Dieu. J'étais toute pénétrée d'un profond respect et d'une vénération intérieure, mon cœur était écrasé par une sainte peur, et, pleine de révérence, j'adorais profondément les divins jugements éternels de Dieu que par Sa bonté il me faisait comprendre avec une très grande clarté.
L'âme, à cette connaissance, se complaisait dans son Dieu amoureux, en trouvant ses jugements divins si saints, si droits, si justes.
Oh comme l'âme se liquéfiait de complaisance, de félicité, d'amour dans la connaissance des perfections de son Dieu d'amour ! Mais pendant que je me délectais dans mon souverain Bien, je l'ignore et je ne puis l'exprimer, je fus saisie par une nouvelle vision et, tout à coup, le monde me fut montré. Je le voyais tout en révolte, sans ordre, sans justice, les sept vices capitaux portés en triomphe, et partout je voyais l'injustice, la fraude, le libertinage et toutes sortes d'iniquités qui régnaient.
Le peuple de mauvaises mœurs, sans foi ni charité mais complètement immergé dans les affaires crapuleuses et dans les maximes perverses de la philosophie moderne.
Mon Dieu ! quelle peine mon esprit éprouvait en voyant que tous ces peuples avaient la physionomie de bêtes plutôt que d'hommes. Oh quelle horreur mon esprit avait de tous ces hommes si déformés par le vice13 !
Je me voyais sur une grande hauteur, comme séparée de cet endroit si misérable, et au moyen d'une lumière qui éclairait ce monde si sombre, je voyais toutes les iniquités susmentionnées et au moyen de la grâce je connaissais la malice profonde de ces misérables.
Oh comme s'affligeait mon pauvre cœur, combien de larmes je versais à voir tant d'iniquités !
Mais voilà que soudainement le monde changeait de scène. Voilà le dédain de Dieu qui, tout à coup, entourait le monde entier en faisant éprouver à ces peuples vicieux la rigueur de Sa très droite justice.
Mon esprit, en voyant le dédain de Dieu envers ces misérables, gémissait terrifié par la peur, et avec d'abondantes larmes déplorait leur sort misérable, et, me recueillant, je m'humiliais profondément, je louais sans cesse et je bénissais la bonté infinie de Dieu qui m'avait soustraite à une si terrible ruine, alors même que je m'estimais digne de n'importe quel châtiment à cause de mes péchés.
De nouveau, je baissai le regard vers le monde, et je vis les grands tourments qui de chaque côté l'encerclaient. Toutes les choses sensibles qui apparaissaient sur la terre, je les voyais sans ordre, sans harmonie, tout était en révolte, tout était confus. L'ordre de la nature était complètement bouleversé: Le seul fait de regarder la terre montrait le dédain de Dieu. En un instant le monde entier était dans une très grande désolation.
Oh combien de cris, combien de larmes, combien de soupirs, de voix plaintives résonnaient dans ce théâtre de tristesse ! Puis je voyais, au milieu de beaucoup de gens iniques, un démon très laid qui parcourait le monde avec beaucoup d'orgueil et d'arrogance. Celui-ci tenait les hommes dans un pénible esclavage, et d'une domination orgueilleuse voulait que tous les hommes lui fussent assujettis, en renonçant à la foi de Jésus-Christ, en n'observant pas Ses saints commandements, et en se donnant comme proie au libertinage et aux maximes perverses du monde, en adoptant la philosophie vaine et fausse de nos modernes et faux chrétiens.
Oh quelle grande misère à déplorer vraiment avec des larmes infinies !
Voir que derrière ces fausses maximes il courait follement toutes sortes de gens, de toutes classes, de tous âges, non seulement séculiers, mais aussi des ecclésiastiques de toute dignité, tant séculiers que réguliers14 !
Dans cet état si déplorable mon pauvre esprit pleurait amèrement, et se troublait grandement en voyant Dieu, qui est la bonté même et qui mérite d'être aimé, tant outragé et trahi. Ma peine était si grande que je croyais vraiment mourir à ce moment-là d'un coup mortel, tant était grande l'affliction de mon pauvre esprit, en voyant mon Dieu tant aimé si offensé.
Oh que n'aurais-je pas fait, que n'aurais-je pas souffert pour compenser les graves injures que ces faux chrétiens15 infligeaient au Dieu éternel ! Face à ce spectacle, ma pauvre âme s'offrit à souffrir n'importe quelle peine, n'importe quel tourment, n'importe quelle vexation diabolique. J'unis ma pauvre offrande au divin Père éternel, en unissant mon sacrifice à celui de Son très Saint Fils, et je Le priai que, par les mérites infinis de Jésus-Christ, Il daignât recevoir mon pauvre sacrifice, en promettant de m'exercer avec plus de rigueur et d'âpreté à la pénitence, au jeûne, à l'oraison, aux veilles, comme, avec la grâce de Dieu, je l'exécutai ponctuellement, avec la permission de mon estimé père spirituel.
 
Victime de réconciliation
p. 481
448 - A partir du 8 novembre 1819, jour de mon retour d'Albano à Rome, je me suis préparée à l'oblation du 24 janvier 1820, jour où, sur ordre de mon père spirituel, en vertu de la sainte obéissance, je demandai au divin Père éternel, en union avec les mérites infinis de Son très saint Fils Jésus-Christ, qu'il daignât me recevoir comme victime de réconciliation pour le bien de la sainte Eglise et des pauvres pécheurs, en m'offrant pour souffrir n'importe quelle peine, n'importe quel tourment afin d'obtenir la grâce de la réconciliation de Dieu avec les hommes. On voit clairement que Dieu nous dédaigne fortement, à cause des innombrables péchés que nous commettons et c'est un pur miracle de Sa bonté si, à chaque moment, le monde entier ne m'écrase pas de tout son poids pour les graves délits et grandes indignités commis par la plupart des hommes.
Donc par la sainte obéissance je m'offris. Ce sacrifice de moi-même une fois accompli, il me semblait voir fulgurer autour de moi la divine justice. Comme si, avec les foudres de Sa juste rigueur, Dieu voulait me réduire en cendres. Il me semblait que la terre s'ouvrait sous mes pieds pour m'engloutir, qu'à chaque moment le dédain de Dieu voulait se venger contre moi de Sa juste fureur.
Dans cette situation oppressante, apeurée et affligée, je recourais aux saintes oraisons, soit en offrant le précieux sang de Jésus crucifié, soit en offrant Ses mérites.
Je me cachais dans les plaies pleines d'amour de Jésus-Christ pour ne pas souffrir la rigueur de la justice divine, car elle attendait de moi satisfaction pour l'offrande que j'avais faite.
 
Le dédain de Dieu
p. 484
451 - Pendant ce temps fut dévoilée à mon esprit, au moyen d'une lumière intellectuelle, la grande punition que Dieu s'apprête à envoyer sur la terre à cause des grandes iniquités que la plus grande partie des hommes commettent.
Oh quel effroi, oh quelle horreur éprouva alors mon esprit ! Il me fut montré le bras omnipotent de Dieu, armé d'un fort et puissant fléau sur le point d'être déchargé subitement sur nous, misérables mortels. Dans cette situation affligeante, je voyais l'humanité très sainte de Jésus-Christ, qui empêchait Son divin Père de donner le coup funeste où presque tous les hommes auraient péri sous ce fléau impitoyable.
Ma pauvre âme, saisie par l'immense peur de voir l'indignation de Dieu, pleine d'une sainte crainte, était toute retournée et humiliée jusqu'au tréfonds de mon néant, et à partir de là, avec d'abondantes larmes et des soupirs enflammés, je demandais miséricorde, en offrant de tout mon cœur le précieux sang de Jésus et Ses mérites au divin Père éternel irrité contre nous, malheureux pécheurs, afin qu'Il daignât apaiser Sa juste indignation.
 
La justice de Dieu suspendue
452 - Cette prière faite, il me semblait que Dieu dédaignait de la recevoir, et que, pris par Sa fureur, Il était déterminé à punir le monde et à l'anéantir aussitôt. Mon pauvre esprit étant vaincu par la charité fraternelle, pour ne pas voir périr beaucoup d'âmes qui se seraient éternellement damnées, je m'exclamais avec une confiance sainte et filiale : « Ah, mon Dieu, jamais, non jamais, je ne consentirai à ce que cela arrive ! Vous m'avez par votre bonté infinie reçue comme victime de réconciliation ; ah, mon Dieu, ne dédaignez pas le sacrifice que je vous ai fait de tout mon être en union au sacrifice que votre très saint Fils offrit sur l'arbre de la Croix. Oui, mon Dieu, en union au Sien, recevez le mien que de tout cœur j'offre à nouveau pour l'exaltation de la sainte Eglise catholique et pour sauver le monde entier. Mon Dieu, je veux que tous se sauvent et je le demande au nom de votre très saint Fils. Tournez vers moi le terrible châtiment, anéantissez-moi, faites de moi ce qu'il Vous plaira, mais sauvez les pauvres pécheurs, sauvez l'Eglise ! »
Ma pauvre prière fut renforcée par le grand amour que Dieu porte au genre humain tout entier. L'humanité très sainte de Jésus-Christ me donna tant de vaillance, tant de courage et ma sainte confiance fut telle que, connaissant l'amour infini que Dieu nous porte, à nous, misérables mortels, j'avançais mais avec peur et tremblement, car la majesté de Dieu m'inspirait une grande crainte et un grand respect. Je tremblais de la tête aux pieds face à la présence divine, mais malgré cela, la confiance filiale que Son amour infini me procura me remplit de courage pour soutenir Son bras omnipotent. Ainsi le coup formidable de la justice divine que Son bras vengeur voulait lancer à ce moment-là fut suspendu. Cependant Il tient Son bras puissant armé, menaçant d'un terrible fléau à cause de nos grandes iniquités et de nos graves péchés ; à sa seule vue je fus tellement terrorisée et épouvantée que je me serais cachée dans l'endroit le plus sombre et le plus profond de la terre.
A cette vue si épouvantable, je tombai dans un effondrement mortel et je restai pendant des heures comme morte, sans presque plus respirer et sans pulsation, de sorte que je ne donnais plus de signes de vie, mais pendant ce temps mon esprit opérait avec grande agilité et activité. Devant ce fait si terrible et si effroyable, apeurée et en larmes, je me tournais vers la très sainte humanité de Jésus-Christ, en formant une prière ardente en faveur de la sainte Eglise, du clergé séculier et régulier, en faveur de tous les pauvres pécheurs, parmi lesquels je me savais avoir la première place.
Je disais : « Mon Jésus, défendez votre cause. Daignez offrir Votre précieux sang pour apaiser l'indignation de Votre divin Père. Mon Jésus, priez, priez pour nous, pauvres pécheurs ». Mais ces mots et d'autres encore, je les disais avec toute l'affection de mon cœur, et avec tant de ferveur qu'ils apitoyaient le cœur de Dieu, pendant que j'étais résolue d'aller en enfer pour empêcher l'indignation de Dieu, très irrité fort justement contre les pécheurs obstinés. Bien qu'indigne pécheresse, je me chargeais de toutes souffrances, voire même de celles de l'enfer, pour libérer beaucoup d'âmes du châtiment mérité.
Cette forte prière dite, Dieu, dans Sa bonté infinie, daigna m'exaucer. Il me permit de me rapprocher de Sa Majesté et de retenir Son bras armé afin qu'il ne déclenchât pas le terrible coup de Sa juste fureur. Ainsi momentanément, la justice de Dieu fut suspendue, mais non apaisée car à ses yeux beaucoup d'iniquités se commettent. C'est pourquoi Dieu a décidé d'envoyer une punition effroyable sur la terre, pour laver ainsi tant de saletés et d'iniquités commises. Mais la prière des âmes de prédilection du Seigneur va retarder le châtiment.
Cependant ce temps terrible et redoutable viendra quand même ; Dieu alors fermera Ses oreilles et Il n'écoutera plus aucune prière mais, zélé à venger les torts gravissimes faits à Sa divine justice, Sa main armée punira sévèrement tout un chacun, sans que nul ne puisse ni fuir Sa main vengeresse ni y résister16.
Recommandons-nous chaleureusement au Seigneur pour qu'Il daigne nous faire miséricorde.
Un jour, après la fête de la Pentecôte de la même année 1820, je priais pour beaucoup de gens riches qui désiraient savoir quelle attitude ils devaient avoir dans les circonstances présentes pour sauver leur personne et leurs biens, alors que partout on entendait parler d'insurrections des peuples, lesquelles faisaient craindre quelque révolte dans notre ville de Rome à l'instar des autres nations et spécialement de l'Espagne.
Quoique misérable pécheresse, je fis de tout mon cœur cette prière au Seigneur afin qu'Il daignât me donner la lumière pour conseiller ces gens que certes je ne connaissais pas mais qui m'avaient néanmoins été recommandés par l'un de mes grands bienfaiteurs.
Voilà ce qu'a ressenti mon âme pendant la sainte oraison quand elle se trouvait dans la plus profonde quiétude et toute absorbée en Dieu. Aucune précaution ne sera suffisante pour sauver les biens et les personnes, parce que devant la grande œuvre que le Seigneur accomplira nul ne pourra résister ni se sauver. Aussitoute prévention et toute précaution seront-elles vaines ce que l'on doit faire, c'est de recourir au Très-Haut, afin qu'Il daigne exercer Sa miséricorde infinie en nous comptant parmi ceux qu'Il a choisis et qui seront mis sous le glorieux étendard de la croix. Ces derniers seront tous sains et saufs, ainsi que leurs biens. Tous ceux qui conserveront dans leur cœur la foi en Jésus-Christ et qui garderont une conscience non contaminée par les fausses maximes du monde seront rassemblés sous cet étendard glorieux.
 
Les saints apôtres Pierre et Paul et les quatre arbres mystérieux
p. 489
Le fait que je vais raconter est arrivé le jour même de la fête du grand prince des apôtres, le glorieux saint Pierre, le 29 juin 1820. En priant ce jour-là pour les besoins de la sainte Eglise catholique et pour la conversion de mes frères les pécheurs parmi lesquels j'occupe la première place, je fus momentanément privée de l'usage de mes sens. Mon pauvre esprit, par la faveur de Dieu, était transporté en un ravissement céleste et je me trouvais tout près de Dieu lui-même. Au moyen de cette lumière inaccessible, j'étais intimement unie à Dieu de telle sorte que je ne me distinguais plus ; j'étais toute transformée dans cette lumière divine. Je reçus la douce empreinte de la charité divine. O quelle réjouissance, ô quel contentement semblable à celui du paradis resta dans mon cœur ! Quand j'étais au milieu de cette douceur et que mon esprit était entouré d'un calme parfait, il me sembla voir s'ouvrir le ciel et descendre d'en haut en grande majesté, escorté par beaucoup d'anges saints chantant des hymnes de gloire, le grand prince des apôtres saint Pierre, revêtu d'habits pontificaux et portant dans les mains la crosse avec laquelle il signait la terre d'une croix très large. Pendant que l'apôtre faisait ce signe, les saints anges formaient autour de lui une couronne et chantaient avec le plus haut respect et la plus grande vénération en guise d'éloge du saint apôtre : « Constitues eos principes super omnem terram », et les versets qui suivent.
Saint Pierre pointa sa crosse mystérieuse vers les quatre côtés de la croix, et aussitôt je vis apparaître quatre arbres verdoyants, recouverts de fleurs et de fruits précieux. Les arbres mystérieux étaient en forme de croix et entourés d'une lumière resplendissante. Après avoir accompli cette opération, il alla ouvrir les portes de tous les monastères de religieuses et de religieux. Je comprenais intérieurement que le saint apôtre avait érigé ces quatre arbres mystérieux pour donner un lieu de refuge au petit troupeau de Jésus-Christ, pour libérer les bons chrétiens du terrible châtiment qui mettra le monde entier sens dessus dessous. Tous les bons chrétiens qui auront conservé dans leur cœur la foi de Jésus-Christ seront tous réfugiés sous ces arbres mystérieux ainsi que tous les bons religieux et religieuses qui auront fidèlement conservé dans leur cœur l'esprit de leur saint institut. Tous seront réfugiés sous ces arbres mystérieux, à l'abri du terrible châtiment. Je dis cela de beaucoup de bons laïques et d'ecclésiastiques et d'autre classes de gens qui auront conservé la foi dans leur cœur ; ceux-ci seront tous sains et saufs. Mais malheur à ces religieux et religieuses infidèles à leur sainte règle et à ceux qui les méprisent. Malheur, malheur à eux car tous périront sous le terrible châtiment. Je le dis aussi pour tous les mauvais ecclésiastiques séculiers et pour toutes les classes de gens, de chaque état, de chaque condition qui sont la proie du libertinage et suivent les fausses maximes de la philosophie présente réprouvée. Ceux-ci sont contre les maximes du saint Evangile ; ils nient la foi de Jésus-Christ ; tous ces malheureux périront sous le poids du bras exterminateur de la divine justice de Dieu à laquelle personne ne pourra résister.
Les réfugiés, les bons chrétiens, qui étaient sous les arbres mystérieux, je les voyais sous la forme de belles brebis, sous la garde de leur pasteur saint Pierre auquel toutes manifestaient une humble sujétion et une obéissance respectueuse. Ces brebis représentent le peuple chrétien qui milite sous l'étendard glorieux de la croix et qui sera exempt du terrible châtiment que Dieu va envoyer sur la terre à cause des nombreux péchés que commettent la plupart des chrétiens.
 
Dieu se rira d'eux
455 - Une fois que le saint apôtre eut assuré la protection du petit troupeau de Jésus-Christ sous les arbres mystérieux, il remonta au ciel, accompagné par les saints anges qui étaient descendus avec lui. Après qu'ils furent remontés dans les cieux, le ciel se colora en un bleu ténébreux qui suscitait la terreur à sa seule vue ; un vent brumeux se faisait entendre partout avec son souffle impétueux et un sifflement strident comparable au fier rugissement d'un lion faisant résonner son écho sur toute la terre. Tous les hommes et tous les animaux seront dans la terreur et l'épouvante, tous seront en révolte et se tueront, se trucideront sans pitié. Dans le temps de cet affrontement sanglant, la main vengeresse de Dieu sera sur ces malheureux, et avec Son omnipotence Dieu punira leur orgueil, leur témérité et leur hardiesse effrontée. Dieu se servira du pouvoir des ténèbres pour exterminer ces sectaires, hommes iniques et scélérats qui prétendent abattre, arracher ses racines les plus profondes, démolir de fond en comble notre sainte mère l'Eglise catholique.
Ces hommes indignes prétendent renverser Dieu de Son trône auguste, au moyen de leur perverse malice. Dieu se rira d'eux et de leur malice, et seulement avec un signe de Sa main droite omnipotente, il punira ces hommes iniques, en permettant au pouvoir des ténèbres de sortir de l'enfer, et ces grandes légions de démons envahiront le monde entier17 et, en accumulant les ruines, ils exécuteront les ordres de la divine justice à laquelle ces méchants esprits sont assujettis, de manière qu'ils pourront endommager ni plus ni moins que ce que Dieu permettra : les hommes, leurs biens, leurs familles, leurs fermes, villages, villes, maisons et immeubles et toute autre chose qui subsistera sur la terre.
Dieu commandera impérieusement au pouvoir des ténèbres de massacrer crûment tous ces rebelles qui osèrent L'offenser avec beaucoup de hardiesse et de témérité18. Dieu permettra que tous ces hommes iniques soient punis par la cruauté des démons farouches, parce qu'ils se sont volontairement assujettis au pouvoir du démon et se sont ligués avec eux pour détruire la sainte Eglise catholique. Dieu permettra que ces hommes iniques soient punis par les méchants esprits d'unemort cruelle et impitoyable19. Et pour que mon esprit puisse bien comprendre la justice divine, il me fut montré l'effroyable prison infernale. Je voyais s'ouvrir de la plus profonde obscurité de la terre une caverne ténébreuse et épouvantable, pleine de feu, d'où je voyais sortir beaucoup de démons, qui prenaient telle ou telle forme, soit humaine, soit bestiale ; tous venaient infester le monde et y multiplier les massacres et les ruines. Mais heureusement les vrais et bons chrétiens bénéficieront de la puissante protection des glorieux apôtres saint Pierre et saint Paul. Ceux-ci veilleront sur eux afin que les esprits méchants ne puissent pas leur nuire ni à eux, ni à leurs biens ; ces bons chrétiens seront préservés des désastres impitoyables que multiplieront ces méchants esprits autant que Dieu le permettra, et pas davantage. Car ce Dieu immense est le maître du ciel, de la terre et de l'enfer, et la puissance des ténèbres ne peut faire aucun dommage sans Sa permission, sans Sa volonté. Dieu permettra à ces méchants esprits de multiplier les ruines sur la terre, ils dévasteront tous les endroits où Dieu a été outragé, profané, idolâtré et traité de manière sacrilège20 tous ces endroits seront démolis, abîmés, et ils perdront jusqu'à leur vestige.
 
La réconciliation de Dieu avec les hommes
456 - Une fois punis les impies d'une mort cruelle et démolis les lieux indignes, tout à coup je vis s'éclaircir le ciel, et d'en haut je vis descendre sur la terre un trône majestueux où je voyais l'apôtre saint Pierre majestueusement vêtu d'habits pontificaux, escorté d'une kyrielle d'anges qui formaient autour de lui une couronne, en chantant des hymnes de gloire à son éloge, en lui rendant hommage comme prince de la terre. Aussitôt après, je vis de nouveau s'ouvrir le ciel et descendre en grande pompe et en majesté le glorieux saint Paul qui, grâce au pouvoir de Dieu, parcourait le monde entier en un clin d'œil et enchaînait tous les méchants esprits infernaux, les conduisant devant saint Pierre qui, par son puissant commandement, les renvoya dans les cavernes ténébreuses d'où ils étaient sortis. Au commandement de l'apôtre saint Pierre, tous retournèrent dans le gouffre de l'enfer.
Alors une grande clarté apparut sur la terre ; elle indiquait la réconciliation de Dieu avec les hommes. Les anges conduisirent devant saint Pierre le petit troupeau de Jésus-Christ. Ce troupeau était celui des bons chrétiens qui, au temps du terrible châtiment, s'étaient réfugiés sous les arbres mystérieux, lesquels représentaient le glorieux étendard de la croix, signe de notre sainte religion catholique. Les fruits mystérieux des arbres sont les mérites infinis de Jésus crucifié qui, par amour du genre humain, voulut être suspendu à l'arbre de la croix.
Le petit nombre des chrétiens, une fois présenté devant le trône du grand prince des apôtres saint Pierre, tous ces bons chrétiens lui firent une profonde révérence et, en bénissant Dieu, ils Lui exprimèrent les plus humbles remerciements, ainsi qu'au saint apôtre pour avoir soutenu l'Eglise de Jésus-Christ et le christianisme afin qu'il ne s'égarât pas dans les fausses maximes du monde. LE SAINT CHOISIT LE NOUVEAU PONTIFE21. L'Eglise fut réordonnée22 selon les préceptes de l'Evangile, les ordres religieux restaurés, chacun selon l'esprit de ses saints fondateurs et toutes les maisons particulières des chrétiens devinrent semblables à des couvents en étant toutes ordonnées à l'amour de Dieu et du prochain23. De cette manière il se réalisa en un instant le triomphe, la gloire, l'honneur de l'Eglise catholique : par tous elle était acclamée, de tous estimée, de tous vénérée, tous la suivirent, en reconnaissant tous le vicaire du Christ, le Souverain Pontife24.
 
p. 502
463 - Je vais maintenant raconter comment le dernier mois de 1820, le 8 décembre, fête de l'Immaculée Conception, au moyen d'une lumière divine, le Seigneur me montra Son très juste dédain irrité contre tout le genre humain, en me faisant connaître l'impiété, l'indignité, les énormes ingratitudes commises par les hommes contre Sa divine loi et Son saint Evangile par toutes sortes de personnes soit ecclésiastiques soit séculières.
Le Seigneur daignait me faire introduire jusqu'aux grands espaces de Sa divinité, où Il m'a donné de voir et de connaître Ses miséricordes infinies et Son amour éternel. Quelle merveille et quel ravissement d'esprit a porté à ma pauvre âme l'éternelle magnificence de mon Dieu éternel, il ne m'est pas possible de l'exprimer. La grandeur de la connaissance était telle que je restais ravie en pénétrant dans tant de magnificence. Mon pauvre intellect ne pouvait arriver à le comprendre, ne pouvait pénétrer une telle grandeur.
Après avoir joui de ce grand bien inénarrable et incompréhensible, Dieu me fit connaître combien Son grand amour était méprisé par les hommes, Il me donna de voir les outrages sacrilèges que les hommes commettent. En un mot je vis d'un trait toutes les iniquités qui inondent la terre et toutes les abominations qui sont commises par les libertins et les fortes manœuvres que les ennemis de notre sainte religion catholique ourdissent pour chercher à la détruire complètement par tous les moyens.
« Regarde bien ma fille, me disait le Dieu éternel, quel monde entre l'iniquité que les hommes commettent et mon amour éternel ! Ma justice est lasse de soutenir le grand poids de ces graves énormités. Mon Père éternel ne veut plus accepter les sacrifices de Ses âmes de prédilection, qui comme victimes s'offrent avec de dures pénitences pour apaiser Son courroux. Celles-ci, unies à Mes mérites, cherchent à satisfaire Sa divine justice, mais déjà Il n'écoute plus ni prières ni victimes. Il est déjà déterminé à châtier et à punir avec une grande sévérité l'iniquité des hommes au moyen d'un terrible châtiment. Le décret est stable, permanent et irrévocable. Ma fille, ne me prie pas car je dédaigne la prière à ce sujet ».
En me démontrant Son inexorable justice Il m'ôta la liberté et la volonté de prier pour cette grande cause. Quelle affliction de voir l'iniquité des hommes et leur ingratitude envers les bienfaits de Dieu et quelle crainte j'avais de ressentir le dédain de Dieu, je ne peux pas l'exprimer ! Face à une telle opposition je fus accablée par une faiblesse mortelle qui me réduisit à l'agonie pendant plusieurs heures ; revenue à moi, pleine d'épouvante et de terreur pour avoir vu Dieu justement indigné contre nous sans pouvoir L'apaiser, ma pauvre âme resta dans les pleurs et l'affliction.
 
Je vis l'Eglise sens dessus dessous
p. 503 à 515
464 - Ma plus grande peine fut de voir l'Eglise de Dieu sens dessus dessous, entièrement ruinée et dispersée, à cause de l'infidélité de ses ministres sacrés qui, au lieu de la soutenir au prix de leur sang, la trahissent en soutenant les fausses maximes du monde, en se laissant guider par la politique mondaine. Indigné par cette infidélité, Dieu avait décrété de transférer ailleurs la chaire infaillible de la vérité de la sainte Eglise. Je vis le grand apôtre saint Pierre, zélateur de l'honneur de Dieu, saint Paul tel un guerrier uni aux milices angéliques vouloir transférer hors de l'infâme ville de Rome la chaire de saint Pierre.
Comment pourrais-je décrire la peine et l'affliction de mon pauvre esprit devant une décision si tragique et si malheureuse pour le christianisme ?
(Après avoir vu cela, la Vénérable se rendit chez son père spirituel qui lui commanda de prier Jésus-Christ afin qu'Il lui laissât la liberté de prier pour la sainte Eglise, afin qu'elle ne fût ni dispersée ni transférée, qu'Il laissât libre cours à Sa miséricorde et qu'Il ne privât pas cette pauvre ville de Rome, bien qu'elle ne le méritât pas, d'un si grand trésor qu'est la chaire de saint Pierre.)
(Par obéissance elle pria Dieu de manière déchirante pour demander cela en s'offrant comme victime d'expiation et de réconciliation, en souffrant toutes sortes de douleurs en union aux douleurs les plus intenses qu'a endurées le Fils de Dieu.)
(Jésus-Christ lui répondit en l'encourageant à prier et à engager les plus grandes batailles contre le démon et « ton esprit, termina Notre-Seigneur, devra souffrir une désolation et une agonie en quelque sorte semblable à celle que j'ai endurée lors de ma passion et de ma mort. Mais je te promets Ma particulière assistance et Je te soutiendrai avec des faveurs particulières ».)
(La Vénérable répondit qu'elle acceptait. Suit la description, sur plusieurs pages, de la bataille contre les puissances infernales, les désolations, les maladies, etc... Voici quelques extraits :
« Mon corps fut battu et flagellé avec des verges de fer et les esprits malins le faisaient avec tant de force que j'avais l'impression que tous mes os étaient brisés. Cela aurait suffit à me faire mourir et en effet je serais morte si Dieu ne m'avait pas secourue... En deuxième lieu, les démons me mirent au cou un gros collier de fer tellement serré qu'il m'empêchait d'avaler même une goutte d'eau. Ce supplice provoqua des ulcères dans la gorge et la bouche... En troisième lieu, je fus clouée avec une grande cruauté et de manière barbare sur une croix.
Quelle douleur mes mains et mes pieds souffraient, je ne peux l'exprimer ! Ce supplice me faisait proprement agoniser. Dans cette situation désolante et très douloureuse les esprits malins m'insultaient et se moquaient de moi... » A la fin de cette épreuve et de beaucoup d'autres « Dieu, dit la Vénérable, daigna agréer et accepter, par Sa miséricorde infinie, mes souffrances, me promit de faire intervenir Sa miséricorde et de ne pas châtier si sévèrement le christianisme comme Il l'avait déterminé. (...) La promesse que mon Dieu m'a faite de suspendre temporairement les fléaux de Sa justice se réalisa bientôt. »
 (Suit la description par la Vénérable de l'intervention des troupes autrichiennes qui interrompit temporairement la révolution libérale qui avait éclaté au début de l'année 1820).
 
Je réformerai mon peuple et mon Eglise
p. 524
482 - Voici Ses divines expressions :
« Ma bien-aimée, tu as gagné ! ton sacrifice fort et constant a fait violence à Ma justice irritée. Pour l'amour que Je te porte, Je prends une autre décision, et au lieu de châtier sévèrement le monde entier, comme Je l'avais déterminé, Je suspends pour l'instant ce sévère châtiment et Je laisse libre cours à Ma miséricorde. Ma fille bien-Aimée, Je veux te contenter avec la satisfaction de tes désirs. Je veux te récompenser de ce que tu as souffert pour moi. Réjouis-toi, ô fille, objet de toutes mes complaisances. Non, la Chrétienté ne sera plus dispersée, ni Rome privée de la possession du trésor du trône de Pierre, de l'infaillible vérité de la sainte Eglise. Je réformerai mon peuple et mon Eglise. J'enverrai des prêtres zélés prêcher Ma foi. Je formerai un nouvel apostolat, j'enverrai mon Esprit divin renouveler la terre. Je réformerai les ordres religieux par le moyen de nouveaux réformateurs, saints et savants, et tous posséderont l'esprit de mon fils bien-Aimé Ignace de Loyola. Je donnerai un nouveau pasteur à Mon Eglise, savant et saint, rempli de mon Esprit et avec son saint zèle il réformera le troupeau de Jésus-Christ.
 
483 - Il me donna à connaître beaucoup d'autres choses concernant cette réforme : plusieurs souverains soutiendront la sainte Eglise catholique et seront de vrais catholiques. Déposant leurs sceptres et leurs couronnes aux pieds du Saint-Père, le vicaire de Jésus-Christ, beaucoup de royaumes laisseront leurs erreurs et reviendront dans le sein de la foi catholique. Des populations entières se convertiront et reconnaîtront pour vraie religion la foi de Jésus-Christ25. Je pouvais voir en ces moments toutes ces choses avec clarté, mais comme Dieu ne voulait pas que fussent manifestées Ses divines déterminations, il se fit que moi, en ce temps, je ne reconnus pas mon propre confesseur et directeur, comme je le dirai ensuite et comme je l'ai déjà dit dans les pages précédentes.
En ces moments, je pouvais dire beaucoup de choses et de quelle manière la dite réforme suivrait pendant que Dieu, s'il m'est permis de le dire, par Son infinie bonté, daigna admettre ma pauvre âme à Ses conseils et lui manifesta Ses divines décisions au sujet de ce grand œuvre.
Je ne sais si ma façon de parler est trop hardie, mais je ne m'écarte pas de la vérité du fait advenu, et je l'écris à la plus grande gloire de Dieu et à ma plus grande confusion, avec toute la simplicité de mon pauvre cœur, comme je l'ai fait dans mes pauvres écrits, où je n'ai jamais dit que la pure vérité. Malgré cela, je me fais un devoir de tout confier au sage avis de votre révérendissime paternité, en attendant avec utile et respectueuse soumission, votre sage approbation ou désapprobation, en me confiant à votre jugement très avisé.
Je connaissais donc les divines déterminations de Dieu, je connaissais tout clairement, et j'apprenais tout ce qui était juste, saint et droit : voici comment triomphent les trois divins attributs d'un Dieu trine et un, qui en tout se glorifie en Lui-même. Cette connaissance, cette pénétration de Dieu fit que ma pauvre âme se complut hautement dans l'infinie immensité de Dieu, et ainsi se perdit tout à fait dans Son immense divinité. Ainsi, perdant la qualité de son propre être, elle se transformait toute en Dieu. Comme se perdrait et se transformerait une petite goutte de vin au milieu de la vaste mer, cette goutte ne se retrouverait plus. De façon plus spéciale et de manière beaucoup plus sublime, ma pauvre âme se transforma en Dieu, sans pourtant pouvoir l'expliquer ni le comprendre par Sa sublimité et Sa grandeur.
 
485 - Dieu par Ses justes jugements ne veut pas manifester Ses divines déterminations, et je me rends bien compte que c'est ainsi, parce que, de tout ce qu'il me manifesta avec tant de clarté de cette réforme qu'Il voulait faire, je ne savais que les moindres circonstances. Quand j'étais au lit, j'en parlais avec beaucoup de clarté avec ma fille cadette, et maintenant que j'écris, ni moi, ni elle, nous ne nous en souvenons, parce que Dieu les a effacées de notre mémoire. Mon âme tient ces déterminations de Dieu, comme enfermées, sans pouvoir les manifester. Ce que je peux dire pourtant, c'est que cette grande œuvre ne se fera pas sans un grand bouleversement du monde entier26, de toutes les populations et aussi de tout le clergé séculier et régulier, de toutes les corporations religieuses de l'un et de l'autre sexe, tout devant être réformé, selon l'Esprit du Seigneur et selon les règles primitives de leurs saints fondateurs.
Je ne doute point cependant, qu'en son temps et en son lieu, quand Dieu le voudra, mon Esprit pourra manifester tout ce que Dieu me révéla au sujet de cette réforme, et alors, avec humilité et respectueuse soumission, je communiquerai à votre paternité révérendissime les sentiments de l'Esprit du Seigneur.
 
486 - En ce temps où j'étais ainsi éclairée, parlant avec ma fille cadette, je lui disais : « Ma fille, maintenant je vous dis tant de belles choses, car le Seigneur tient ouvert, devant mes yeux, le livre de la divine sagesse, si bien que je lis ce que je raconte, mais quand se fermera ce livre, je ne pourrai plus rien vous dire des belles choses que je vous dis ». Et en effet il en fut ainsi, le livre fermé, je lui dis : « Ma fille, vous êtes désireuse d'entendre les divines sciences, concernant les souverains mystères de notre sainte foi et de l'infini amour que Dieu nous porte, à nous pauvres pécheurs, vous voudriez continuer à entendre les belles choses que je vous disais dans les jours passés. Le livre est fermé, je ne peux plus lire, et je ne peux plus rien vous dire de plus que ce que j'ai pu vous dire. Quand le Seigneur reviendra, par Sa bonté, pour m'ouvrir le livre de Sa divine sagesse, alors si Dieu le veut je reparlerai de tout ce qu'Il voudra ». J'ajoutai en pleurant : « priez Dieu pour moi, pour que je ne trahisse pas Son Saint Amour par quelque grave faute, dites-Lui qu'Il m'enlève la vie si je ne L'ai pas aimé avec toute la profondeur de mon pauvre cœur ». Ainsi finit l'échange avec ma fille cadette en cette journée. Mon esprit se concentra en Dieu, jouissant dans l'intime de mon âme de Sa divine science que Dieu daignait transmettre dans l'intime de mon cœur, l'enivrant de Son divin amour.
 
p. 559
510 - Je n'oubliais pas de prier pour le salut éternel de tous mes bienfaiteurs et Dieu me promit à nouveau qu'Il les sauverait tous. Dieu me donna à connaître encore beaucoup de choses concernant les présents besoins de la Sainte Eglise et Ses justes décisions qu'en son temps Il prendrait à ce sujet.
 
Un grand reproche de la justice divine
p. 563
514 - Le 25 mars 1821, fête de l'Annonciation de la très sainte Vierge Marie, après la sainte communion, je crus vraiment mourir du grand reproche de la divine justice parce que, en m'offrant en union aux mérites infinis de Jésus-Christ, comme victime de réconciliation, j'avais plaidé afin que la divine justice ne vengeât pas avec Son bras tout-puissant et avec la fureur de Son inexorable justice tant d'outrages et d'immenses ingratitudes, tant d'ignominies qui sont commis par la plupart des hommes, qui, à bride abattue, cheminent sur la voie de la perdition.
Je me vis donc en ce moment presque terrassée par les foudres et la puissance de Son courroux qui attendait de moi satisfaction. Effrayée et oppressée, je ne savais quoi répondre pour me disculper, tandis qu'au moyen d'une lumière intérieure, clairement, je connaissais le mépris et l'abus de la divine miséricorde d'un Dieu d'une infinie majesté.
Ces hommes, misérables et insensés, ne font que rendre à Dieu le mal pour le bien, abusant de Son infinie miséricorde. Chaque jour ils deviennent plus arrogants et orgueilleux, cherchant à fouler au pied la sainte foi et Sa divine loi avec des œuvres et des préceptes les plus ignominieux d'irréligion et d'apostasie, se servant des paroles mêmes des sacro-saintes Ecritures et des Saints Evangiles pour pervertir le bon sens, pour soutenir leur perverse malice et des maximes indignes27.
Dieu fut irrité par ces excès et d'autres excès d'iniquité, quasi repenti d'avoir écouté mes supplications et mon pauvre sacrifice, que moi, indigne pécheresse j'avais fait par ordre de Dieu lui-même et avec la permission de mon père spirituel, comme on a pu le lire dans les pages précédentes. Me voyant donc blâmée si âprement par mon Dieu et voyant briller tout autour de moi les foudres de Sa justice, je ne savais quel parti prendre.
 
Réparer le dommage éternel de tant d'âmes
p. 583
533 - Le 8 Décembre 1821, Fête de l'Immaculée Conception de la Très Sainte Marie toujours Vierge ; dans la sainte communion, après avoir reçu ce divin sacrement eucharistique, ce céleste pain de vie éternelle, avec une profonde humilité et une sincère affection je me reconnaissais très indigne d'une si haute faveur. J'étais enfoncée dans ma propre nullité, toute attentive à pleurer mes graves fautes et mes énormes ingratitudes.
Je disais : je suis si ingrate envers Dieu tant généreux et charitable envers moi. Devant ce contraste, mon cœur se serrait en larmes d'amour, de gratitude et de douleur pour L'avoir tant de fois offensé.
Avec une ferme proposition, je promettais à mon Dieu de L'aimer et de Le servir en toute fidélité et avec toute la capacité de mon pauvre cœur et de toute mon âme. Pendant que j'étais ainsi concentrée et que mon âme se charmait en Dieu eucharistique, Le tenant dans ma poitrine, je Le serrais sur mon cœur avec la plus grande affection et je me complaisais en Lui offrant tout mon être sans réserve ni interruption.
Donc, pendant que je m'entretenais avec mon Dieu en saintes conversations, toutes dirigées vers mon salut éternel, j'entends dire dans l'intime de mon âme : «Regarde, ô ma fille, combien Mon amour est méprisé par ces hommes ingrats !»
Je tourne mon regard et je vois tout à coup toutes les iniquités qui inondent la terre, toutes les indignités qui se commettent contre l'infinie majesté de Dieu. O combien fut endolorie et affligée ma pauvre âme qui s'anéantissait dans sa propre nullité, pleine de confusion en voyant Dieu tant offensé et outragé. Toutes ces indignités, je les voyais de très loin mais je distinguais bien un immense peuple qui, en proie à la débauche et à toutes sortes d'iniquités, courait derrière ses passions, pervertissant les maximes du Saint Evangile, mettant sous ses pieds la sainte loi de Dieu et Ses saints commandements, les écrasant avec le maximum de mépris et un grand orgueil.
Je voyais Dieu dédaigné, et pour cela, Il voulait punir à main armée son hardiesse démesurée, sa témérité, son effronterie. Dieu mû par Sa très justifiée fureur, avec un coup d'épée tranchante, voulait frapper d'un funeste coup, et avec Son courroux faire tomber sur ces téméraires un sévère châtiment.
Il avait déjà préparé Son coup, quand ma pauvre âme, spectatrice de ce funeste fait, ardente de charité envers mon prochain, fut mue par la compassion, pour ne pas voir une pareille tuerie, et pleine d'épouvante et en même temps de terreur de voir Dieu irrité ; malgré cela, ma charité fraternelle vainquit ma grande crainte. D'un bond, tel un vol rapide, je me présentais devant mon Dieu, avec une très humble prière et un profond respect, je me présentais à genoux devant Son très auguste trône. J'étais éblouie par Son immensité et je Le priais ainsi : « Mon Dieu, Père de Notre Seigneur Jésus-Christ, ayez pitié de nous, pauvres pécheurs. Protector noster, aspice, Deus respice in faciem Christi tui.
Mon Dieu, Père des divines miséricordes, ne nous abandonnez pas à la fureur de Votre inexorable justice, nous méritons ce fléau, c'est vrai, pour nos iniquités, mais je Vous prie de Vous souvenir que Jésus-Christ est mort sur la croix ».
 
La barque de l'Eglise
p. 701
639 - Le 10 Janvier 1824, mon âme fut admise à parler familièrement avec Dieu, s'attardant par Son infinie bonté à parler avec elle des circonstances présentes de notre sainte religion catholique et de la sainte Eglise.
Mon âme priait ainsi son Dieu pour les besoins présents de l'Eglise : « Mon Dieu, disait mon âme, quand Vous verrai-je honoré et glorifié par tous les hommes comme il convient ? Mais, ô mon Dieu, combien sont peu nombreux ceux qui Vous aiment ! O combien est grand le nombre de ceux qui Vous dédaignent, quelle grande peine cela est pour moi ! Je croyais avec cette nouvelle élection du pape28 que la sainte Eglise serait rénovée, et que la chrétienté changerait ses habitudes, mais combien j'en vois qui cheminent comme avant ».
A ce langage essoufflé, Dieu me répondit : « Ma fille, ne te souviens-tu pas que Je t'ai dit que la barque était la même et que peu profiterait au passage de cette barque d'avoir changé de pilote ? »
Mon âme : « Ah, oui, mon Dieu, je me souviens que, trois jours après l'élection du Souverain Pontife Léon, Vous me faisiez bien entendre que la série des persécutions n'était pas terminée. Mon Dieu, si la barque reste toujours la même, nous serons toujours sujets aux mêmes maux ! Ah ! Seigneur, mettez-nous à l'abri, faites une barque neuve qui nous conduise tous au port de la bienheureuse éternité du paradis ! Oui, mon Dieu, je Vous demande cette grâce, ne me la refusez pas, par Vos mérites infinis, Vous m'avez promis d'exaucer mes pauvres prières, ô par Votre bonté, écoutez-moi donc, je Vous prie pour toute la chrétienté : remettez-nous sur le bon chemin, je Vous en prie, je Vous en supplie, par Votre Sang Très Précieux, faites une barque pour notre sécurité ! » Ainsi Dieu me répondit : « Ma fille, avant de construire cette barque, on doit couper cinq arbres qui sont encore en terre sur leur racines ».
A ces mots, mon âme s'attrista beaucoup pensant au très long temps qu'il faudrait pour faire cette barque. « Donc, disais-je en pleurant, il faudra plus de deux siècles pour construire ce bateau ! Mon Dieu, quelle peine est cela pour moi. Si Noé a mis cent ans pour fabriquer l'arche, Vous donc, mon Dieu, continuerez-Vous à être offensé pendant tout cet espace de temps ? Je ne peux pas y penser, je me sens défaillir à cause de la douleur. Mon Jésus, ôtez-moi la vie, car je ne tiens pas à Vous voir tant offensé ».
Je pleurai à chaudes larmes et j'étais accablée d'une grande affliction de l'esprit ; la voix intérieure me disait : « Calme ton esprit, essuie aussi tes larmes. Sache que ceci n'est pas un travail terrestre, comme celui de Noé, mais un travail céleste, et que les ouvriers de cette barque sont mes anges. Réjouis-toi, ô ma fille bien-aimée, et ne t'attriste pas ! Le temps est dans mes mains, Je peux l'abréger autant qu'il Me plaît ; prie, ne te lasse pas, ce ne sera pas aussi long que tu penses ».
Mon âme répondit ainsi : « Combien Vous me réjouissez, mon Dieu, en me faisant savoir que Vous Vous plairez à abréger le temps selon Votre miséricorde, il viendra vite ce temps béni, ô mon Seigneur, où Vous serez connu, aimé et adoré comme il convient ».
 
p. 703
640 - (La Vénérable décrit comment les anges préparaient la construction de cette barque à côté d'un bois où se trouvaient les cinq arbres. Cela se termine ainsi : « Au moyen d'une connaissance intellectuelle, Dieu me fit entendre que les cinq arbres signifiaient les cinq hérésies qui infectent le monde en ce temps, hérésies qui s'opposent totalement à notre Saint Evangile et en cherchent la destruction. Ces plantes malignes avec leurs racines donnaient la sève à toutes les autres plantes qui se trouvaient dans ce bois touffu où je ne voyais rien d'autre que des arbres secs et stériles »).
 
Je m'agrippais au bras de Dieu tout-puissant - Les catholiques de son temps
p. 704
641 - Le 22 janvier 1824, mon esprit fut de nouveau reconduit dans ce bois déjà cité où, avec beaucoup de peine, je distinguais, dans cette sombre représentation, des arbres stériles, comme je l'ai déjà raconté. Je distinguais la stérilité pitoyable de tant de pauvres âmes sans nombre qui, une fois leur conscience dépravée, peuvent être appelées sans foi, sans religion, parce qu'elles pensent à tout sauf ce à quoi tout bon catholique doit penser, elles font tout sauf ce qu'elles doivent faire ; elles sont toutes tournées vers les fausses maximes de la philosophie de notre temps et elles en sont perverties.
Elles foulent au pied la sainte loi de Dieu et Ses divins préceptes. Ces misérables plantes sont regardées non seulement comme stériles mais encore commenocives et très mauvaises, elles méritent d'être jetées dans le feu éternel. Mon pauvre esprit se trouvait donc en cette terre stérile, il regardait avec un œil plein de compassion ces misérables plantes, connaissant leur signification, il pleurait à grosses larmes, compatissant pour l'état très malheureux de ces pauvres âmes ici-bas. Combien furent grandes la peine et l'affliction qu'en éprouvait mon esprit, je ne peux pas réellement le dire. Je versais beaucoup de larmes très amères et je soupirais fortement, pensant que tant d'âmes, rachetées par le Sang Très Précieux de Jésus-Christ, se trouvaient dans un état aussi déplorable. Je priais pour ces âmes malheureuses, je les confiais à Dieu, mais dans cette prière l'oppression et la peine s'accroissaient en moi démesurément parce que Dieu, par Sa bonté, me donnait une claire vision de leur malice, de leur impudence, de leur témérité à L'offenser en Le méprisant.
Oh mon Dieu, à cette vision mon esprit resta interdit et il ne put plus prier, parce que la justice de Dieu me l'interdisait. Cependant dans mon cœur la peine et l'angoisse s'accroissaient. Il était percé de toutes parts par une terrible douleur ; la grave crainte de voir Dieu en colère me faisait trembler de la tête aux pieds et me remplissait d'une sainte horreur.
 
Dieu indigné
p. 705
642 - Quand je fus réduite en cet état, je ne savais même plus où j'en étais tellement j'étais épouvantée. Je ne savais plus si j'habitais la terre des vivants, alors on me fit voir Dieu fâché, nous menaçant d'un châtiment immédiat. Je voyais parcourir Son bras tout-puissant ça et là pour incendier, pour détruire par les foudres de Sa colère presque tout le monde entier.
En voyant ce très grand et terrible châtiment que Dieu voulait envoyer sur la terre, ma pauvre âme fut atterrée et épouvantée. Par la grâce de Dieu, elle réunit ses forces affaiblies et, serrant le bras tout-puissant de Dieu en colère, le retenant fortement, à l'instar d'un tendre fils qui serre le bras de son père bien-aimé, quand il voit que son géniteur voulait punir sévèrement ses mauvais fils, le jeune frère, mû par la charité de l'amour de ses frères, bien que connaissant ses faibles forces, espère en la pitié de son bon père. Mon pauvre esprit se comporta ainsi en cette funeste circonstance, mais cette comparaison est très faible pour exprimer la vérité du fait.
Mon esprit réunit donc son peu de force et par la grâce de Dieu, avec des gémissements et des soupirs, criait miséricorde, pleurant à chaudes larmes pour susciter la compassion du bon cœur de mon Dieu. Mais tout ceci était inutile pour arrêter Son bras vengeur. Il tenait dans Sa main toute-puissante cent et mille foudres en même temps. Mue par mon saint zèle, ma pauvre âme, pour ne pas voir souffrir tant d'âmes dans le feu éternel, s'élançait donc vers la divine fureur de Dieu qui avançait Son bras tout-puissant. Outrepassant les limites de mon propre devoir et du respect que je Lui devais, j'agrippais avec les mains de mon âme le bras tout-puissant de Dieu, et ainsi, le retenant fortement étreint et serré, je lui faisais douce violence. Mais Son bras tout-puissant employé à Sa juste fureur se déplaçait avec violence comme un vent rapide pour foudroyer et châtier tout l'univers.
Malgré cela, mon esprit, bien qu'il fût malmené, ne se lassait jamais de tenir très fort le bras vengeur de Dieu ; parce que je ne voulais pas qu'Il lançât Ses foudres qu'Il tenait enfermées dans ses mains toutes-puissantes. Je le tenais donc fortement serré avec toute la force que je pouvais et avec larmes et soupirs je criais : « Très juste juge, Vous avez raison, nous méritons par nos péchés cet effrayant châtiment, mais les mérites infinis de notre divin Rédempteur à tous Vous pousse à la pitié, mon Dieu, apaisez-Vous, par Jésus-Christ Votre Fils ».
J'allais toute essoufflée, répétant cela et d'autres paroles similaires, invoquant encore l'aide de la Très Sainte Vierge Marie, pour obtenir cette grâce. Je continuais à tenir fortement serrée la main toute-puissante de Dieu afin qu'Il n'envoyât pas les foudres qu'Il tenait enfermées dans Sa main. Mais Son divin bras, mû par Sa juste fureur, volait en l'air comme un vent très rapide. Mon esprit fut tant tourmenté qu'il crut vraiment mourir pour avoir passé aussi rapidement dans les airs des centaines et des milliers de lieues, mené par le bras tout-puissant de Dieu. Finalement, j'eus la victoire. Pour mieux dire, après avoir obtenu cette grâce par les mérites infinis de Jésus-Christ, Dieu, dans Son infinie bonté, dénia céder à la constance de ma pauvre âme. Dieu dénia se laisser vaincre courtoisement par mes faibles forces pour magnifier Sa grandeur.
Cette œuvre coûta à mon pauvre esprit beaucoup de fatigues et d'angoisses. Que tout cela soit à la plus grande gloire de Dieu et à ma plus grande confusion ; cette action faite par ma pauvre âme est due toute à Dieu. Il est d'une très grande hardiesse pour une très pauvre créature pécheresse, telle que je le suis, de faire violence à la divine justice de Dieu qui est d'une infinie majesté.
A vrai dire, je ne sais comment les choses se passèrent. Il me semble certain que pour ma part je n'aurais pas spontanément décidé de faire preuve d'une telle hardiesse car, à la seule connaissance que mon âme eut de la colère de Dieu, je tremblais d'épouvante de la tête aux pieds. Sachant que moi aussi j'étais au nombre des pécheurs, je ne savais pas si en ce moment Dieu voulait m'envoyer en enfer pour mes péchés et pour l'attentat que j'avais commis en m'opposant à Sa divine justice, en Lui faisant violence bien que je ne pensasse pas être coupable d'une telle action car je n'avais pas délibérément l'intention d'opposer à mon Dieu une telle résistance même si je ne savais pas si cet acte avait été ratifié par mon Dieu, ce qui accroissait ma peine.
 
645 - (Après avoir raconté plusieurs de ses épreuves intérieures et extérieures dont celle de craindre de ne pas être en état de grâce, la Vénérable termine en disant que : « le Seigneur me donna à voir ma pauvre âme toute rayonnante de lumière et, comme un père miséricordieux, embrassa tendrement mon esprit et m'assura que j'étais en état de grâce et qu'Il m'était reconnaissant pour ce que j'avais fait et souffert en faveur de mon prochain en m'interposant auprès de Sa divine justice pour qu'Il suspendît29 le fléau de Sa colère. »)
 
Réponse à la revue Sodalitium
 
Certains ont été contrariés par les commentaires et surtout les omissions du n° 54 de la revue Sodalitium qui voulait répondre à notre article « -Modéré- et conclavisme » du n° 27 de La Voie où il y avait des extrait des prophéties d'Elisabetta Canori Mora.
Dans notre article nous avions bien précisé qu'il s'agissait d'une Vénérable et que le livre dont nous avons tiré ces prophéties avait obtenu trois Imprimatur en 1953. Or, la revue de l 'Institut Mater Boni Consilii ne fait aucune mention de cela, préférant ironiser : «L'abbé X. pense trouver une solution dans une voie "surnaturelle", celle d'une élection papale faite par le ciel. Nous répondons à cette hypothèse dans ce numéro de Sodalitium et nous y expliquons pourquoi elle n'est pas viable ». Le rédacteur anonyme aurait-il pu ainsi s'exprimer s'il n'avait pas omis (volontairement ?) de préciser que la prophétie était le fait d'une Vénérable et que, répétons-le, elle avait reçu trois imprimatur ? Ceci, avouons-le, change considérablement les données !
D'autre part, la Vénérable n'avait pas parlé d'élection, à la différence de ce que dit là encore Sodalitium, mais de choix et nous avions précisé que ce choix pouvait certes être une élection mais aussi quelque chose de semblable. Ce que d'ailleurs la revue de Verrua Savoia reconnaît.
Pour l'Institut Mater Boni Consilii, les électeurs susceptibles d'élire ce pape doivent être nécessairement quelques « cardinaux ou évêques résidentiels qui, pour le moment, ne le sont que materialiter, lorsqu'ils reviendront à la profession publique de la foi (ce pour quoi ils auront l'autorité formaliter pour accomplir un tel acte) ». L'abbé X toutefois refuse cette éventualité. Quelles sont donc, pour lui, les personnes habilitées à accomplir cette déclaration (de vacance du Siège pour pouvoir procéder à une nouvelle élection. NDLR) pourtant nécessaire ? » (Sodalitium, numéro 54, page 55).
Nous sommes conscients de cette difficulté mais nous pensons que la solution donnée par Sodalitium n'est pas réaliste, au moins telle quelle. Le premier problème qui se pose pour les « évêques materialiter », c'est que très probablement ils ne sont pas évêques. L'abbé Ricossa en est bien conscient. C'est pourquoi, dans sa réponse à l'abbé Hervé Belmont sur la licéité des consécrations épiscopales sans mandat pontifical, le supérieur de l'Institut affirmait : « Nous l'avons vu, les consécrations épiscopales (sans mandat romain) ne nous donnent pas des membres de l'Eglise enseignante pouvant restituer en acte le pouvoir de juridiction dans l'Eglise. Ils sont cependant une condition sine qua non pour cette restauration. Lorsqu'un évêque materialiter, rétractant ses erreurs, recevra l'Autorité, qui lui conférera la consécration épiscopale nécessaire si le pouvoir d'ordre a disparu (absit) entre-temps ? «Sans missio, plus de sessio, ni de hiérarchie, ni donc d'Eglise » (Sodalitium, n° 44, page 16).
Autrement dit les évêques sans juridiction devront consacrer des évêques qui n'en sont pas et qui ont cependant la juridiction ! De plus, pour que ces «évêquesmaterialiter» se convertissent, il faudrait, selon les termes mêmes de l'abbé Ricossa « un miracle d'un ordre moral tellement extraordinaire » (Sodalitium, n° 54, p. 17, n. 21). Tout ceci nous semble bien plus difficile que la solution prophétisée par la Vénérable Canori Mora. Prenons donc la prophétie telle quelle. Eh bien, elle prédit que saint Pierre choisira le nouveau pontife et qu'il sera reconnu par tous comme le Vicaire de Jésus-Christ, le Souverain Pontife. Nous ne voulons pas nier que parmi ceux qui reconnaîtront ce pape il y aura encore quelques vieux cardinaux ou évêques validement consacrés et même des « évêques materialiter »miraculeusement convertis.
Quoi qu'il en soit, qui pourra, si une telle prophétie se réalise, objecter quelque chose à ce fait et s'opposer à un tel pontife ?
En tous cas, comme nous l'avons déjà souligné dans le numéro 27 de La Voie, les trois ecclésiastiques qui ont donné l'Imprimatur en 1953 à la prophétie de la Vénérable n'y ont rien trouvé de contraire à la foi ou quoi que ce soit d'absurde ou d'irréalisable.
 
 
LA VOIE, N° 32, Noël 2010
 
Les prophéties similaires
de la bienheureuse Anna-Maria TAÏGI30 et de la vénérable Elisabetta CANORI MORA31 tertiaires trinitaires
 
Nous avons déjà publié dans les numéros 30 et 31 de La Voie des prophéties de la vénérable Elisabetta CANORI MORA. Depuis, nous avons trouvé des prophéties similaires de la bienheureuse Anna-Maria TAÏGI. Voici, traduites par nos soins, les prédictions que Mgr Natali nous rapporte textuellement concernant l'avenir de l'Eglise, lors d'une déposition assermentée tirée d'une biographie32 de la bienheureuse :
« Vers la fin du saint ministère de Pie VII, c'est-à-dire depuis l'année 1818, la servante de Dieu me décrivit la révolution de Rome et tout ce qu'il est advenu. Elle m'en parla ensuite plusieurs fois, d'une manière encore plus épouvantable, me disant que cette révolution avait été atténuée par les prières de tant d'âmes chères à Dieu : celles-ci s'étant offertes à Lui pour satisfaire la justice divine. Elle me disait encore que, malgré tout, l'iniquité triompheraitUn grand nombre de personnes que l'on croyait bonnes ôteraient leur masque. Le Seigneur voulait découvrir l'ivraie parce que, ensuite, Il aurait su quoi en faire. Elle me disait encore que les choses se réaliseraient de telle manière que l'homme ne serait plus capable de les ordonner, mais que le bras tout puissant de Dieu remédierait à tout.
Elle me disait que le fléau sur terre avait été adouci, mais pas celui qui viendrait du ciel : il était horrible, épouvantable et universel. Le Seigneur ne l'avait pas communiqué à une âme qui lui était plus chère sur cette terre. Le fléau viendrait inopinément, détruisant les impies ; avant ce fléau, toutes les âmes, que dans son époque, on avait cru saintes seraient toutes ensevelies. Des millions mourraient, par une main de fer : soit par les guerres, soit par les discordes, soit aussi par traîtrise. D'autres millions de personnes mourraient subitement (ceci, dans le monde entier). Après cela, des nations entières rejoindraient l'Eglise catholique ; beaucoup de Turcs, des Gentils et des Juifs se convertiraient et seraient un vivant reproche pour ceux qui étaient restés chrétiens. Ces derniers seraient en admiration face à leur ferveur et à leur rectitude.
En un mot, elle me dit que le Seigneur voulait purger le monde et son Eglise. Il préparait pour Celle-ci une nouvelle génération d'âmes inconnues qui brilleraient dans de grandes œuvres et de surprenants miracles. Elle me dit que la terre, une fois épuisée par les guerres, les révolutions et d'autres calamités, verrait le fléau du ciel commencer. Celui-ci mettrait fin aux fléaux de la terre par un tumulte général de météores33 les plus effrayants, avec grande mortalité.
La servante de Dieu me dit plusieurs fois ce que le Seigneur lui fit voir dans un mystérieux soleil : le triomphe et la joie universelle de la nouvelle église34, si grande et surprenante que l'on ne pouvait guère l'expliquer. Etant donné que le fléau provenant de la terre avait été adouci par les prières de tant d'âmes chères à Dieu, nous espérions aussi que le fléau du ciel soit adouci, et que le Seigneur voulût triompher plus par sa miséricorde que par sa justice ».
 
Juste avant, Mgr Salotti cite la vénérable Canori Mora qui dit « qu'avant de construire cette barque » (renouvellement de l'Eglise - voir annexe), « on devait couper cinq arbres signifiant les cinq hérésies qui infectent le monde et s'opposent totalement à notre Saint Evangile » qui font que « elles (les âmes) sont toutes tournées vers les fausses maximes de la philosophie de notre temps et qu'elles en sont perverties ».
 
L'Hagiographe ajoute donc ce commentaire : « Selon ces visions, le temps du triomphe ne viendra que lorsque seront coupés de leurs racines les "cinq arbres", c'est-à-dire, les cinq hérésies qui infectent encore le monde de notre temps. Quelles sont donc ces hérésies, qui, depuis le XIXè siècle ont infecté et infectent encore le monde, sinon :
le rationalisme qui cherche à détruire le surnaturel
le libéralisme, qui cause tant de dommages à l'Eglise
le maçonnisme, qui conspira et conspire encore maintenant, au détriment de la civilisation chrétienne
le modernisme qui, avec ses prétentions innovatrices, en est arrivé à attaquer directement l'Evangile et toutes les traditions catholiques
le socialisme qui, subornant le peuple, le détache des croyances religieuses ?
Si l'on pense, dis-je, à ceux-ci ou aux systèmes modernes semblables, qui ont entravé les voies de l'Eglise, peut-être pourrait-on y indiquer ces cinq hérésies dont Jésus parlait à la vénérable Canori Mora ».
 
ANNEXE
 
Lors de la publication du n° 30 de La Voie, comme on l'a fait remarquer au n° 31, plusieurs réactions ont été négatives. On nous a accusé, entre autre, de ne pas avoir bien traduit les textes de la vénérable Elisabetta Canori Mora car elle ne pouvait pas avoir écrit ce que nous avons publié : ce serait des choses non conformes à la foi ! Nous avons bien contrôlé l'original italien, et notre traduction se révèle exacte.
« Ah ! Seigneur, mettez-nous à l'abri, faites une barque neuve (fate una nave35 nuova)...
remettez-nous sur le bon chemin... faites une barque pour notre sécurité (fabbricate la nave di nostra sicurezza) ».
Cette phrase de la Vénérable n'a pas plu à certains car il est question de «barque neuve». Alors, selon ces personnes, même la bienheureuse Anna Maria Taïgi pourrait être accusée pour la même raison et encore plus ! En effet, elle dit explicitement : «le triomphe et la joie universelle de la nouvelle Eglise» (il trionfo ed il gaudio universale della novella Chiesa).
Il faut savoir que le langage d'un mystique n'est pas celui d'un théologien.
Si l'on considère le contexte général, il est évident que les deux mystiques romaines entendent, par cela, la purification, la restauration, le renouvellement de l'Eglise. Il ne s'agit nullement d'une autre église.
La vénérable Elisabetta Canori Mora, par exemple, juste avant de parler de la barque neuve dit : « Je croyais avec cette nouvelle élection du pape36 que la sainteEglise serait rénovéeet que la chrétienté changerait ses habitudes, mais combien j'en vois qui cheminent comme avant »37.
Le passage qui suit a également fait l'objet de controverses, mais nous ne pouvons donner une autre traduction que celle-ci : « O comme Dieu est indigné par la sainte Eglise et ses ministres ! L'Enfant divin prit un air majestueux et sévère, me fit entendre que l'Eglise est en état de punition, et qu'il n'y a personne qui puisse le supprimer : le décret est déjà pris. Il me fit entendre que si je ne voulais pas le dégoûter, je devais cesser de prier pour Elle. Ce cher Enfant me disait : "Cesse de prier, ô ma fille bien-aimée ; aie au cœur mon honneur et ma gloire"»38.
Dans ce passage, le premier point controversé c'est le fait que « Dieu est indigné par la sainte Eglise et ses ministres » (Oh come è sdegnato Dio con la santa Chiesa e con i suoi ministri ). Evidemment, cette phrase ne doit pas être prise "au pied de la lettre". Au regard de la doctrine, le bon sens veut qu'il faille la voir dans le contexte général des prophéties et la comparer avec d'autres passages semblables.
Par exemple la Vénérable écrit : « Ma plus grande peine fut de voir l'Eglise de Dieu sens dessus dessous, entièrement ruinée et dispersée, à cause de l'infidélité de ses ministres sacrés qui, au lieu de la soutenir au prix de leur sang, la trahissent en soutenant les fausses maximes du monde, en se laissant guider par la politique mondaine». «Je voyais beaucoup de ministres du Seigneur qui se dépouillaient l'un l'autre ; beaucoup s'arrachaient avec rage les ornements sacrés, je voyais les ministres du Seigneur eux-mêmes renverser les autels sacrés, je les voyais piétiner avec beaucoup de mépris les ornements sacrés ».
«Je vis les sacrilèges que commettent tant de ministres de Dieu ! Je vis leur cupidité, leur attache aux biens transitoires, l'oubli du véritable culte de Dieu ! Je vis le bien apparent, fait pour des fins indirectes ! Que ces délits sont graves au point qu'on ne peut pas les comprendre ! Devant ces faits, je m'effrayai et, craignant presque que Dieu fût sur le point de châtier le monde, je tremblais de la tête aux pieds depuis le début. Puis je fus conduite à voir le sanctuaire et, pour le respect du culte de Dieu, il me fut commandé d'entrer les pieds nus. Me fut montrée la mauvaise administration des sanctuaires. Je vis le grand déshonneur que Dieu subit de la part des mauvais prêtres. Puis je fus conduite, au moyen d'un escalier, dans un lieu très élevé où il me fut donné de voir le juste dédain de Dieu, irrité contre nous, pauvres pécheurs. Je n'ai pas de termes idoines pour expliquer à quel point ce spectacle était terrible et effroyable. Je cherchais, apeurée, à me cacher dans les viscères de la terre, il me semblait que Dieu voulait châtier le monde en ce moment »39.
 
Ce que la vénérable Elisabetta voulait dire est donc évident, à savoir que Dieu veut châtier le monde. Même ce passage ne doit pas être pris "au pied de la lettre". Le sens obvie est celui-ci : Dieu est indigné par ses ministres qui ont sali la sainte Eglise dans sa réalité humaine. D'ailleurs, il est insensé de dire que Dieu est indigné par l'Eglise en tant que telle sinon Elle ne pourrait pas être appelée sainte, comme la nomme la mystique. Pour elle, donc, l'Eglise est bien sainte, comme nous le récitons dans le Credo et ses ministres infidèles, comme elle l'a expliqué dans ses écrits... qui reflètent une bien triste réalité.
Le deuxième point controversé, c'est que la Vénérable, selon Dieu, « devait cesser de prier pour elle (l'Eglise) ». Il est clair, qu'à cette occasion, Notre Seigneur voulait mettre à l'épreuve la constance et la fidélité de la Vénérable40. Dieu n'a-t-Il pas utilisé le même procédé avec Moïse ? « Je vois que ce peuple est un peuple au cou raide. Maintenant laisse-moi afin que ma colère s'embrase contre eux et que je les extermine » (Exode, XXXII, 9-10). Dieu, en disant cela, veut faire comprendre que, en justice stricte, le peuple doit être châtié mais malgré cet ordre, Moïse, comme Elisabetta, continua à supplier Dieu. A la fin, Dieu. exauça Moïse car souvent, ici-bas, la miséricorde41 l'emporte sur la justice.
1 La Voie n° 27 n'ajoutant rien au texte a été omise.
2 La venerabile Elisabetta Canori Mora, Daniella Klitsche de la Grange Annesi, Roma Tipografia Agostiniana, 1953. E vicariatu Urbis, die 10 mardi 1953 +Aloysius Traglia Archiep, Cæsarien ; vicesgerens. Imprimatur. Nihil obstat. Romæ, die 2 martii 1953. S. Natucci. Fidel promotor gen. Nihil obstat. Romæ, die 8 martii 1953 Aloysius Manzini. Barn, Rev, deleg.
3 Saint Paul aborde cette question dans une de ses Epîtres : « C'est pourquoi, je vous le déclare : personne, parlant avec l'Esprit de Dieu, ne dit : "Anathème à Jésus", et nul ne peut dire : "Jésus est Seigneur", s'il n'est avec l'Esprit Saint. Il y a, certes, diversité de dons spirituels, mais c'est le même Esprit ; diversité de ministères, mais c'est le même Seigneur ; diversité d'opérations, mais c'est le même Dieu qui opère tout en tous. A chacun la manifestation de l'Esprit est donnée en vue du bien commun. A l'un, c'est un discours de sagesse qui est donné par l'Esprit ; à tel autre un discours de science, selon le même Esprit ; à un autre la foi, dans le même Esprit ; à tel autre les dons de guérisons, dans l'unique Esprit ; à tel autre la puissance d'opérer des miracles ; à tel autre la prophétie ; à tel autre le discernement des esprits ; à un autre les diversités de langues, à tel autre le don de les interpréter. Mais tout cela, c'est l'unique et même Esprit qui l'opère, distribuant ses dons à chacun en particulier comme il l'entend. De même, en effet, que le corps est un, tout en ayant plusieurs membres, et que tous les membres du corps, en dépit de leur pluralité, ne forment qu'un seul corps, ainsi en est-il du Christ. Aussi bien est-ce en un seul Esprit que nous tous avons été baptisés en un seul corps, Juifs ou Grecs, esclaves ou hommes libres, et tous nous avons été abreuvés d'un seul Esprit ». (I Corinthiens, XII).
4 N'est-ce pas ce qui arrive aujourd'hui ?
5 Si déjà à l'époque Dieu était prêt à châtier pour des délits que de nos jours l'on commet de manière beaucoup plus importante encore, il faut bien s'attendre à l'arrivée imminente de ce châtiment.
6 Qui est ce personnage ? Il nous semble que jusqu'ici il n'a pas encore surgi.
7 Certains traditionalistes pensent que l'on peut revenir à la situation d'une Eglise en ordre sans passer au préalable par un terrible châtiment. Tel n'est cependant pas le sentiment de beaucoup d'auteurs qui traitent de la crise de l'Eglise depuis deux siècles sans même parler des innombrables prophéties dont celle de la Vénérable. On pourrait multiplier les avertissements angoissés. Nous nous bornerons à citer saint Pie X qui, en constatant les malheurs de son temps, s'exprimait ainsi dans sa première encyclique : «Nous éprouvons une sorte de terreur à considérer les conditions funestes de l'humanité à l'heure présente. De nos jours, les nations ont frémi et les peuples ont médité des projets insensés contre leur Créateur. Qui pèse ces choses a droit de craindre qu'une telle perversion des esprits ne soit le commencement des maux annoncés pour la fin des temps, et que véritablement "le fils de perdition", dont parle l'apôtre, n'ait déjà fait son avènement parmi nous » (E Supremi apostolatus, 4 octobre 1903). En effet, le mal est aujourd'hui trop profond, trop ancré dans le monde, dans les cœurs, dans les consciences, dans les institutions, dans les familles et dans les individus pour que l'on puisse faire l'économie d'un châtiment divin qui, seul, pourra restituer toutes choses et rétablir l'ordre voulu par Dieu afin d'opérer le salut des hommes.
8 Il ne faut pas oublier que les modernistes qui aujourd'hui occupent, occultent et éclipsent l'Eglise catholique sont maîtres dans l'art de cette dissimulation. Saint Pie X les dénonçaient en 1907 dans son Encyclique Pascendi :
«Ce qui exige surtout que Nous parlions sans délai, c'est que, les artisans d'erreurs, il n'y a pas à les chercher aujourd'hui parmi les ennemis déclarés. Ils se cachent et c'est un sujet d'appréhension et d'angoisse très vives, dans le sein même et au cœur de l'Eglise, ennemis d'autant plus redoutables qu'ils le sont moins ouvertement. Nous parlons, Vénérables Frères, d'un grand nombre de catholiques laïques, et, ce qui est encore plus à déplorer, de prêtres, qui, sous couleur d'amour de l'Eglise, absolument courts de philosophie et de théologie sérieuses, imprégnés au contraire jusqu'aux moelles d'un venin d'erreur puisé chez les adversaires de la foi catholique, se posent, au mépris de toute modestie, comme rénovateurs de l'Eglise ; qui, en phalanges serrées, donnent audacieusement l'assaut à tout ce qu'il y a de plus sacré dans l'œuvre de Jésus-Christ, sans respecter sa propre personne, qu'ils abaissent, par une témérité sacrilège, jusqu'à la simple et pure humanité.
« Ces hommes-là peuvent s'étonner que Nous les rangions parmi les ennemis de l'Eglise. Nul ne s'en étonnera avec quelque fondement qui, mettant leurs intentions à part, dont le jugement est réservé à Dieu, voudra bien examiner leurs doctrines, et, conséquemment à celles-ci, leur manière de parler et d'agir.
« Ennemis de l'Eglise, certes ils le sont, et à dire qu'elle n'en a pas de pires on ne s'écarte pas du vrai. Ce n'est pas du dehors, en effet, on l'a déjà noté, c'est du dedans qu'ils trament sa ruine ; le danger est aujourd'hui presque aux entrailles mêmes et aux veines de l'Eglise ; leurs coups sont d'autant plus sûrs qu'ils savent mieux où la frapper. Ajoutez que ce n'est point aux rameaux ou aux rejetons qu'ils ont mis la cognée, mais à la racine même, c'est-à-dire à la foi et à ses fibres les plus profondes. Puis, cette racine d'immortelle vie une fois tranchée, ils se donnent la tâche de faire circuler le virus par tout l'arbre : nulle partie de la foi catholique qui reste à l'abri de leur main, nulle qu'ils ne fassent tout pour corrompre. Et tandis qu'ils poursuivent par mille chemins leur dessein néfaste, rien de si insidieux, de si perfide que leur tactique : amalgamant en eux le rationaliste et le catholique, ils le font avec un tel raffinement d'habileté qu'ils abusent facilement les esprits mal avertis. D'ailleurs, consommés en témérité, il n'est sorte de conséquences qui les fasse reculer, ou plutôt qu'ils ne soutiennent hautement et opiniâtrement.
« Avec cela, et chose très propre à donner le change, une vie toute d'activité, une assiduité et une ardeur singulières à tous les genres d'études, des mœurs recommandables d'ordinaire pour leur sévérité. Enfin, et ceci parait ôter tout espoir de remède, leurs doctrines leur ont tellement perverti l'âme qu'ils en sont devenus contempteurs de toute autorité, impatients de tout frein prenant assiette sur une conscience faussée, ils font tout pour qu'on attribue au pur zèle de la vérité ce qui est œuvre uniquement d'opiniâtreté et d'orgueil. Certes, Nous avions espéré qu'ils se raviseraient quelque jour : et, pour cela, Nous avions usé avec eux d'abord de douceur, comme avec des fils, puis de sévérité : enfin, et bien à contrecœur, de réprimandes publiques. Vous n'ignorez pas, Vénérables Frères, la stérilité de Nos efforts ; ils courbent un moment la tête, pour la relever aussitôt plus orgueilleuse. Ah ! s'il n'était question que d'eux, Nous pourrions peut-être dissimuler ; mais c'est la religion catholique, sa sécurité qui sont en jeu. Trêve donc au silence, qui désormais serait un crime ! Il est temps de lever le masque à ces hommes-là et de les montrer à l'Eglise universelle tels qu'ils sont.
« Et comme une tactique des modernistes (ainsi les appelle-t-on communément et avec beaucoup de raison), tactique en vérité fort insidieuse, est de ne jamais exposer leurs doctrines méthodiquement et dans leur ensemble, mais de les fragmenter en quelque sorte et de les éparpiller çà et là, ce qui prête à les faire juger ondoyants et indécis, quand leurs idées, au contraire, sont parfaitement arrêtées et consistantes, il importe ici et avant tout de présenter ces mêmes doctrines sous une seule vue, et de montrer le lien logique qui les rattache entre elles ».
Plus tard, le Père Calmel, dans sa préface du catéchisme sur le modernisme de Lémius, affirmait dans la même ligne que saint Pie X : « ...Le moderniste a ceci de commun avec d'autres hérétiques, qu'il refuse toute révélation chrétienne. Mais parmi ces hérétiques, il présente ceci de particulier, qu'il dissimule son refus. Le moderniste, on ne le saura jamais suffisamment, est un apostat doublé d'un traître ».
On remarquera en passant que ces vérités, pourtant basiques dans la lutte contre le modernisme, étaient davantage connues et répétées au début de la résistance traditionaliste dans les années 70 que de nos jours. En effet, au fil du temps, la lassitude du combat, la multiplicité des défections, la récurrence de projets d'accords avec la Rome moderniste, les divisions innombrables au sein de la galaxie traditionaliste, la déficience de la transmission auprès des jeunes générations, le poids croissant des mondanités, etc., ont fortement affaibli la conscience de ces vérités. Il suffit de lire les différents revues, journaux et périodiques du monde de la tradition pour s'en convaincre.
9 Nous voyons presque deux cents ans après se réaliser sous nos yeux ce que la Vénérable prédisait ! A Rome ont été construits une synagogue, la plus grande mosquée d'Europe et des temples de beaucoup d'autres religions ! On a vu les églises catholiques être le théâtre de beaucoup de cultes de fausses religions jusqu'à faire trôner sur un tabernacle dans l'église Saint-Pierre à Assise un Bouddha. Les chrétiens des premiers siècles déracinaient et détruisaient les temples des fausses religions pour installer la vraie religion : aujourd'hui on fait tout le contraire !
10 Ces actes abominables ne sont pas hélas sans conséquence ; les paroles de Dieu sont terribles et il ne faut pas se leurrer sur les châtiments qui en seront la suite logique. Le tremblement de terre à Assise n'en est probablement qu'un pâle aperçu...
11 Probablement la Bienheureuse Anna Maria Taïgi.
12 Ne sont-ils pas les modernistes de notre époque ?
13 Actuellement non seulement tous ces vices sont pratiqués et mis à l'honneur mais plus encore ils sont légalisés et promus par beaucoup d'Etats, qu'il s'agisse de la contraception, de l'avortement, de la pornographie, du concubinage, du divorce, de l'homosexualité, etc.
14 Josef Ratzinger, lorsqu'il était «Préfet de la Congrégation pour la doctrine de la Foi », a dit : «L'Eglise coopère avec le"monde" pour construire le "monde"... Le rapport entre l'Eglise et le monde est donc vu comme un colloque, comme un'parler ensemble"... Si l'on cherche un diagnostic global du texte (de la Constitution Gaudium et Spes), on pourrait dire (compte tenu des textes sur la liberté religieuse et sur les religions du monde) qu'il est une révision du syllabus de Pie IX, une sorte de contre-syllabus... Le texte joue le rôle d'un contre-syllabus dans la mesure où il représente une tentative pour une réconciliation officielle de l'Eglise avec le monde tel qu'il était devenu depuis 1789... par"monde" on entend, au fond, l'esprit des temps modernes, en face duquel la conscience de groupe dans l'Eglise se ressentait comme un sujet séparé qui, après une guerre tantôt chaude et tantôt froide, recherchait le dialogue et la coopération» (R.P. p. 426-427). «Nous nous sentons une responsabilité dans ce monde et désirons lui apporter notre contribution de catholiques. Nous ne souhaitons pas imposer le catholicisme à l'Occident, mais nous voulons que les valeurs fondamentales du christianisme et les valeurs libérales dominantes dans le monde d'aujourd'hui puissent se rencontrer et se féconder mutuellement» (Cardinal Ratzinger, interview au journal Le Monde, 17/1/1992).
Dans la préface du livre Les Illuminés de Bavière d'Augustin Barruel, Daniele Sironi illustre bien cette triste réalité que nous vivons : «Dans les plans des loges maçonniques, l'Eglise ne devait pas être anéantie mais conquise et contrôlée : l'affrontement avec elle devait donc être mené sur un plan spirituel. Il devait avoir comme fin ultime la substitution des valeurs morales et religieuses du catholicisme par les valeurs laïques, philanthropiques et humanitaires de la Franc-maçonnerie». A. Barruel, Gli Illuminati di Baviera, Mondadori 2004.
15 Voir note 6.
16 Certains pensent échapper à la main vengeresse avec des subterfuges : «La rédaction de L'Homme Libre a reçu dernièrement d'un ami correspondant possédant une grande connaissance des puissances d'argent et des oligarchies financières maîtresses de la planète, l'avertissement suivant : "J'ignore si la guerre va éclater. Un fait m'inquiète beaucoup. C'est que Rockefeller et une dizaine des plus grands milliardaires américains ont acheté un territoire aussi grand que la Belgique en plein centre du désert d'Australie et s'y font construire des palaces de survie en majeure partie enterrés. Le territoire est cerné de barbelés et surveillé par une armée privée. Très mauvais très mauvais signe... ces Messieurs connaissent l'avenir... vu que ce sont eux qui le décident" ». (10.11.1994).
17 Cela rappelle la vision de Léon XIII en 1884 ; le pape entendit Dieu donner la permission à Satan d'exercer un très grand pouvoir sur le monde. A cette occasion, il écrivit l'Exorcisme de Saint Michel et fit ajouter les prières au bas de l'autel après la messe.
18 Comment ne pas penser aux récents désastres survenus récemment, comme l'ouragan Katrina à la Nouvelle-Orléans, ville des Etats-Unis parmi les plus corrompues, lieu de divertissements où le carnaval est permanent ? L'immoralité s'étend même dans les rues sous toutes ses formes. Il en va de même pour le tsunami survenu en Extrême-Orient au lendemain de Noël 2004 dans des régions balnéaires fréquentées par des touristes occidentaux qui ne s'y rendaient trop souvent que pour commettre des actions très immorales auxquelles ils ne pouvaient se laisser aller avec autant de facilité en Occident, et cela avec l'aval des différents gouvernements locaux!
19 Ces châtiments rappellent la parabole des « mines » où le roi qui représente Dieu fera égorger devant lui les serviteurs qui ne voulaient pas qu'Il régnât sur eux (Luc, XIX).
20 Dans le numéro 27 de La Voie où ce passage a déjà été reproduit, nous avions ajouté en note : « Quels sont ces "lieux où Dieu a été outragé, profané, et traité de manière sacrilège" ? Il est clair que toutes les églises où, avec l'aval du clergé moderniste, les cultes des fausses religions ont été célébrés, la profanation est bien réelle (...). On est aussi amené à penser que la célébration du novus ordo missæ, simulacre de sacrement, peut être assimilée à ces profanations ».
21 Ce point-là a été vivement contesté par plusieurs. Nous voulons cependant faire remarquer de nouveau que même si le journal de la Vénérable n'a pas reçu l'imprimatur dans sa totalité, cet extrait, avec d'autres, fait bel et bien parti du livre qui a reçu l'imprimatur en 1953.
22 Dans le numéro 27, nous avions ajouté cette note : «Nous avons trouvé, dans une traduction de la prophétie, que le mot riordinata (réordonnée) avait été traduit par reconstituée. Il est clair que ce n'est pas la même chose. L'Eglise a été constituée une fois pour toutes par Notre-Seigneur Jésus-Christ. Donc elle ne peut pas être reconstituée mais, éventuellement, remise en ordre ».
23 Gli angeli condussero innanzi a san Pietro il piccolo gregge scampato dallo scempio universale, (...) e il Santo scelse il nuovo Pontefice. Fu allora riordinata la Chiesa secondo i dettami del Vangelo, si restaurarono gli ordini monastici, ciascuno secondo lo spirito dei loro santi fondatori, e tutte le case dei cristiani divennero come case religiose essendo tutte ordinate nell'amore di Dio e del prossimo.
24 Etant donné que le mode d'élection du Souverain Pontife n'est pas de droit divin, s'il y a des circonstances particulières, ce mode peut varier et s'il peut y avoir des doutes sur ce mode d'élection, la reconnaissance universelle du Pontife élu, s'il est catholique, est un signe de la validité du choix. C'est ce qui arrivera selon les prédictions de la Vénérable.
25 Manifestement ces événements ne se sont pas encore réalisés puisque depuis Elisabetta Canori Mora les choses ont été de mal en pis. En recoupant ce passage avec d'autres de la Vénérable, on peut conclure que cette restauration viendra après le grand châtiment.
26 De nouveau, la Vénérable nous fait remarquer qu'il n'y aura pas de rétablissement de l'ordre sans passer par un grand châtiment !
27 N'est-ce pas ce qui arrive aujourd'hui ?
28 Léon XII, le 28 septembre 1823.
29 Remarquons que, comme il est précisé dans d'autres passages du livre, le fléau est seulement suspendu et non pas définitivement annulé. Cela dépendra de notre fidélité et, en voyant aujourd'hui l'état du monde, on ne doit pas se leurrer. Faisons, de notre part, tout ce que nous pouvons à l'instar de la Vénérable pour retarder ce châtiment.
30 Vénérable le 4 mars 1906 par le Pape St Pie X, Béatifiée le 30 mai 1920 par le Pape Benoît XV.
31 Vénérable le 26 février 1928 par le Pape Pie XI.
32 Mgr Carlo SALOTTI, LA BEATA ANNA MARIA TAÏGI (TAÏDJI), libreria editrice religiosa Francesco Ferrari, Roma 1922 (chapitre XVI - pages 339 et 340) : Ce livre a reçu trois approbations : Nihil obstat, Angelus Mariani S. C. Adv. S. F. Promotor Generalis, Romae, die 15 Augusti 1922 / Imprimatur. Fr. Albertus Lepidi. O.P., S. P. Ap. Magister. / Imprimatur. Can. Sylvius de Angelis, Vic. Gen. Dioec. Tusculanae, Censor deput.
33 Il y a quelques années est sorti un livre qui parlait d'un châtiment semblable, d'une météore qui tomberait sur la terre. Beaucoup se sont moqué de l'auteur. N'oublions pas le proverbe « rira bien qui rira le dernier ». Le problème c'est que, si une telle chose arrive, personne n'aura envie de rire.
34 Voir ANNEXE page suivante.
35 Nous aurions dû traduire le mot nave par navire, mais le traducteur pensait que le mot barque serait plus adéquat. En tout cas, peu importe, car la signification est la même.
36 Léon XII, le 28 septembre 1823
37 Credevo con questa nuova elezione di pontefice che si fosse rinnovata la Santa Chiesa e che il cristianesimo avesse a mutare costume, ma, per quanto vedo, camminano ancora nello stesso piede.
38 « Oh come è sdegnato Dio con la Santa Chiesa e con i suoi ministri ! Il divino infante, presa un'âria maestosa e severa, mi fece intendere che la Chiesa è in stato di punizione e non c'è chi possa rimuoverlo : il decreto già fatto. Mi fece intendere che avessi cessato di pregare per la suddetta, se non volevo disgustarlo. Mi diceva quel caro bambino : "cessa di pregare, o mia diletta figlia ; solo abbia cuore il mio onore della mia gloria" ».
39 Cet autre passage de la Vénérable nous exprime le mêmes concepts : « La sainte Eglise priait ; Dieu dédaignait ses prières : et, armé du glaive de Sa justice, me disait : "Prends part à Ma justice et juge ta cause !" A ces maux terribles la Vénérable Mère pâlit et, ayant pris le parti de la justice divine, se dépouillait de ses ornements de sa propre main. Je vis trois anges exécuteurs de la divine justice qui aidaient la Vénérable Mère à se dépouiller. La Femme forte fut ainsi réduite à un état humble et négligé ; privée de force, toute dépouillée, Elle était sur le point de tomber. Alors la sagesse éternelle lui donna un bâton puissant pour soutenir sa faiblesse. La divine puissance mit un riche chapeau sur sa tête. La Femme magnifique avait perdu toute sa splendeur, Elle gisait dans les ténèbres, toute triste et douloureuse à cause de l'abandon de ses fils bien-aimés.
L'Esprit divin l'enveloppa de Son immense lumière. Une fois revêtue de cette lumière, la Femme magnifique diffusa sa splendeur vers quatre directions où cette divine lumière accomplissait des choses admirables.
Les habitants de ce lieu étaient comme endormis et, à l'apparition de cette divine lumière, ils se réveillèrent. Une fois les erreurs abandonnées, ils se mettaient très vite à honorer la Femme splendide, notre chère Mère, la sainte Eglise. Tous étaient ravis de militer sous les auspices de cette Femme excellente, tous confessaient Notre Seigneur Jésus-Christ.
A ce moment-là, notre Mère la sainte Eglise apparaissait encore plus parée et glorieuse qu'avant. Les ordres religieux lui rendaient un grand honneur et formaient comme un magnifique temple pour la soutenir de toutes leurs forces. Six colonnes la soutenaient, c'étaient six corps de religieux, lesquels étaient ces six Ordres qui rendaient glorieuse notre Mère la sainte Eglise. Une fois la sainte Eglise élevée à cet honneur, tous venaient l'honorer, adoptant les maximes du Saint Evangile ».
40 Le Saint Sauveur a agi d'une manière semblable avec la femme cananéenne : « Jésus, étant parti de là, se retira dans la région de Tyr et de Sidon. Et voilà qu'une femme cananéenne, sortie de ce pays-là, se mit à crier : "Ayez pitié de moi, Seigneur, fils de David ! Ma fille est cruellement tourmentée par le démon". Il ne lui répondit pas un mot. Alors les disciples, s'étant approchés, Le priaient en disant : "Renvoyez-la, car elle nous poursuit de ses cris". Il répondit : "Je n'ai été envoyé qu'aux brebis perdues de la maison d'Israël". Mais elle vint se prosterner devant Lui, disant : "Seigneur, secourez-moi !". Il répondit : "Il n'est pas bien de prendre le pain des enfants pour le jeter aux petits chiens". "Oui, Seigneur, dit-elle ; mais les petits chiens mangent des miettes qui tombent de la table de leurs maîtres". Alors, Jésus lui dit : "O femme, ta foi est grande : qu'il te soit fait comme tu veux". Et sa fille fut guérie à l'heure même ».
41 Deus, cui proprium est misereri semper et parcere. (O Dieu dont le propre est d'avoir toujours miséricorde et de pardonner)
 
 


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MessagePosté le: Dim 3 Fév 2013, 19:23    Sujet du message: Publicité

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Franravel
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Inscrit le: 25 Oct 2012
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MessagePosté le: Dim 3 Fév 2013, 19:28    Sujet du message: rectification Répondre en citant

il faut lire dans l'introduction sèdévacantiste et non modéré.


Franravel


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MessagePosté le: Aujourd’hui à 16:59    Sujet du message: Les châtiments à venir

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