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Quand l'obéissance est un vice! - Antimodernisme.info

 
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Gentiloup
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MessagePosté le: Dim 10 Fév 2013, 17:48    Sujet du message: Quand l'obéissance est un vice! - Antimodernisme.info Répondre en citant

Posté le: Mar 28 Aoû - 22:26    Sujet du message: Quand l'obéissance est un vice! - Antimodernisme.info




  Quand l’obéissance est un vice  



AntiModernisme.info




Il est des cas rares où l’on obéit alors qu’on ne devrait pas obéir. Mais les cas qui se sont présentés dans l’histoire de l’Eglise peuvent se représenter et se représentent même actuellement, on en a connu avec la crise de l’Eglise.
 

Sainte Catherine de Sienne dans une lettre qu’elle a écrit au pape Grégoire XI en 1376. « Hélas saint Père, il y a des moments où ceux qui obéissent vont droit en enfer ». Il peut donc y avoir une obéissance mauvaise qui mène à l’enfer.

Nous allons voir qu’il y a des conditions dans l’exercice de l’obéissance.




Commençons par Saint-François, il y a plusieurs écrits de Saint-François où il pose des conditions à l’obéissance. Nous savons à quel niveau Saint-François met l’obéissance. Malgré cette haute idée que Saint-François a de l’obéissance « comme un cadavre » il pose avant des conditions et ces conditions nous le voyons, il y revient souvent, on a presque l’impression qu’il insiste dans sa première règle au chapitre quatre ou dans sa deuxième règle au chapitre 10. Il dit aux frères qu’ils doivent obéir en toutes choses (il n’y a pas de limite), à leur supérieur, à leur gardien ; mais il précise : « Qui ne sont pas contraires à leur âme et à notre règle ». « Anima » en latin et en fait la plupart des interprètes et des traducteurs traduisent par : « Qui ne sont pas contraires à leur conscience » . Saint-François dit : « Il faut obéir en tout, mais attention, il ne faut pas que ce soit contre la conscience, c’est-à-dire un péché, quelque chose contre la foi où les mœurs, et que ce ne soit pas contre la règle.

Un ordre contraire à notre règle de vie où à sa conscience, le frère ne devrait pas obéir car il ne peut être question d’obéissance là où il y a faute et péché. »

Dans la deuxième règle chapitre 10 : « Les ministres (les supérieurs) ne commanderont jamais rien qui soit contre leur âme et notre règle ». Donc non seulement, il dit à tous les frères : « Vous obéissez en tout ce qui n’est pas contraire à la Règle de vie », et aux supérieurs : « Vous ne commandez rien qui soit contraire à la conscience ou à la Règle », pour ne pas mettre des inférieurs dans un cas de péché, sans parler du supérieur lui aussi qui se met dans une situation de péché en recommandant des choses qui seraient fautes. Bien sûr, ce sont des choses qui sont rares : des supérieurs qui commandent un péché contre la foi ou contre la Règle, mais ça peut se produire, et ça s’est produit dans l’histoire de l’Eglise.

C’est par prudence que Saint-François dans sa Règle a voulu poser ses conditions pour éviter qu’il y ait des abus d’autorité, et aussi des péchés, des péchés graves. Dans sa lettre à tous les fidèles, dans la deuxième rédaction, : « Nous devons nous renoncer à nous-mêmes par la sainte obéissance, mais l’obéissance n’impose à personne d’obéir en matière de délit ou de péché ». Si par exemple, un père impose à son fils d’aller voler le voisin, le fils n’a pas à obéir pas alors que le père à un pouvoir « dominatif ». Le pouvoir d’un père sur son enfant est un pouvoir très fort, un père peut relever son enfant de certains vœux privés. Exemple : un petit jeune qui fait vœu d’aller à Lourdes à pied peut en être relevé par son papa.

Saint Thomas d’Aquin dans sa somme théologique 2 / 2 chapitre 104, article cinq dit : « Il n’est jamais permis d’obéir au supérieur s’il commande contre Dieu ou contre la règle, obéir serait alors manquer de discernement. »

Ste Thérèse d’Avila : « Si la supérieure pèche contre la règle on peut et même on doit la reprendre mais uniquement en le signalant à qui peut la corriger ».

Saint François de Sales : « Faites amoureusement tout ce qui vous est commandé, pourvu que celui qui vous commande ait le pouvoir de commander, et que le commandement serve à vous unir à Dieu. » Le péché, le scandale séparent de Dieu.

St Maximilien Marie Kolbe dans une conférence à des novices : « En obéissant au supérieur on ne se trompe pas, sauf les cas rares, où il ordonnerait quelque chose de manifestement contraire à la loi de Dieu qui est sa volonté spécifiée. »

Saint Michel Garicoïts : « Obéir toujours, excepter trois cas : premièrement, obéir à un péché évident, deuxièmement, obéir à quelque chose d’opposé à la volonté du supérieur majeur,

troisièmement, obéir à quelque chose qui excède clairement les limites de l’autorité du supérieur : un supérieur à une autorité avec des limites et s’il excède ses limites il n’a plus d’autorité.

Le vénérable père Collin fondateur des maristes fait une distinction : « Un supérieur peut se tromper relativement « ad se » ou « ad rem » ». Un supérieur peut se tromper relativement « ad se », c’est à dire en lui-même il s’est trompé, il a fait une erreur, par exemple il a dit il faut planter les poireaux avec les racines en l’air. « Ad se » : on commande des fois des choses et on se trompe. Exemple : on n’a pas commandé ce qu’il fallait faire à un frère, il obéit quand même et on est surpris du résultat. Mais relativement « ad vos » (relativement à vous-même) il ne se trompe jamais, à moins qu’il ne commande un péché. Donc le supérieur qui commande quelque chose à un inférieur et s’est trompé dans son ordre, il n’y a pas péché, il n’y a rien contre la foi ou les mœurs, le sujet inférieur ne se trompe pas en obéissant même si la chose en soi a été mal faite parce que le supérieur n’a pas commandé ce qu’il fallait. Le supérieur ne s’est pas trompé relativement à son sujet. Exemple : le Père supérieur commande de monter un mur de briques avec du plâtre. Il s’est trompé lui-même, il s’est trompé quant à la chose demandée, moi je suis sûr de ne pas me tromper en obéissant. Par contre, s’il commandait un péché, de cacher des billets de banque dans la paillasse lui se trompe, et moi aussi. Je ne fais pas la volonté de Dieu, je fais mal.

Ce qui est important, c’est relativement au sujet, le sujet se trompe s’il obéit alors qu’il y a péché, il croit bien faire, il dit j’obéis à mon supérieur, je ne réfléchis pas. En fait il se trompe parce qu’il y a péché, parce qu’il y a quelque chose contre la foi et les mœurs. Par contre, s’il n’y a pas péché il ne se trompe pas en obéissant même si la chose en elle-même était une erreur.

Le P. Tanquerrey théologien très réputé disait : « Il y a des limites posées à l’exercice de l’obéissance : premièrement il est évident tout d’abord qu’il n’est ni obligatoire, ni permis d’obéir à un supérieur qui commanderait quelque chose de manifestement contraire aux lois ecclésiastiques ou divines. Deuxièmement si un supérieur commande en dehors de ses attributions on n’est pas tenu de lui obéir.



L’obéissance aveugle..



Le chanoine Berto était parti en guerre à Ecône dans ses cours contre l’obéissance aveugle. En disant obéissance, cela ne veut pas dire : « Je ne réfléchis pas, j’obéis ». Parce qu’à ce moment-là, on est comme les communistes, ou comme dans les sectes franc-maçonnes où vous avez au-dessus de vous un échelon qui vous commande et vous ne réfléchissez pas, ça c’est l’obéissance aveugle, c’est une mauvaise obéissance. Le chanoine Berto dit : « l’obéissance étant une vertu, elle doit être rationnelle, elle doit être selon la raison.

Les vertus demandent nécessairement l’usage notre intelligence et c’est dans ce sens-là qu’on peut dire que l’obéissance doit être rationnelle. Non pas dans le sens des modernes qui disent : « Il faut que je comprenne tout avant d’obéir, et si je n’ai pas compris, je n’ai pas à obéir ». Le supérieur n’a pas à expliquer tout ce qu’il faut faire. Mais il très juste de se rappeler qu’ à la base l’obéissance est une vertu, elle doit être rationnelle, donc elle n’est pas aveugle dès le départ. On doit déjà se poser la question et cela se fait en un clin d’œil : « Est-ce que c’est contraire à ma conscience, pour les religieux : à ma Règle » c’est-à-dire : « Est-ce que je peux, ou est-ce que je risque d’offenser Dieu en obéissant », on doit se poser cette question-là. En général on le fait naturellement.



La question de la conscience



Insistant sur l’aspect de la conscience, je voudrais vous citer Monseigneur Lefebvre et le père Eugène dans le début de leur résistance. Il arrive qu’ on ne peut pas obéir parce que c’est contraire à notre conscience, soit à la Foi, soit à la morale. Le cas très pratique qui est assez récent (une quarantaine d’années), qu’ont vécu les pionniers de la tradition, a été comme un cas de conscience qui leur était proposé.

Mgr Lefebvre

Dans la « Lettre aux amis et bienfaiteurs » d’octobre 1975, Mgr Lefebvre emploie quatre fois le terme de conscience (en Octobre 75 : la Fraternité a perdu son statut canonique depuis quelques mois depuis mai 75). En novembre 74 cela a été la déclaration fracassante qu’on appelle « la charte » qui a fait que peu après Rome est intervenu et cela a été le début des condamnations, donc on était vraiment au début de la résistance de Mgr face à la hiérarchie et voilà ce qu’il écrit pour s’expliquer dans sa « Lettre aux amis et bienfaiteurs » : « Car le problème d’Ecône, c’est celui de milliers et de millions de consciences chrétiennes déchirées, divisées, bouleversées depuis 10 années par ce dilemme martyrisant : ou obéir au risque de perdre la foi ou désobéir et garder sa Foi intacte. Il continue un peu plus loin : « Problème crucial qui s’est rarement posé aux consciences catholiques, avec cette ampleur et cette gravité ». Plus loin : « Voilà le grave problème qui aujourd’hui après 10 années postconciliaires se pose à notre conscience, à l’occasion de la condamnation d’Ecône ». Et dans la conclusion : « Nous ne voyons pas en conscience comment un catholique fidèle, prêtre ou évêque, peut avoir une autre attitude vis-à-vis de la crise douloureuse que traverse l’Eglise. Il pose le problème à son vrai niveau, rappelons-nous que quand il allait à Rome, le cardinal Villot lui disait : « Obéissez, obéissez, vous désobéissez au pape ».

Le Père Eugène lui aussi a fait sa déclaration qui lui a valu ensuite sa suspense par l’ordre capucin, c’était sa brochure : « Dans la tourmente des religieux » Je donne quelques citations pour montrer que le père Eugène emploi aussi le mot de conscience : « D’autres religieux encore peu clairvoyants ou scrupuleux ou de consciences mal formées, peu enclins au combat et aux aventures les plus saintes, se sont laissés imposer le complexe ridicule de « retardés », et ils ont eu peur ».Il explique que dans les couvents c’était vraiment la débandade complète, chacun faisait ce qu’il voulait, et il disait qu’il y avait des religieux qui avaient la conscience malformée et qui voulaient faire comme tout le monde contre leur conscience. Ils auraient préférés continuer à vivre comme ils avaient toujours fait, mais ils se mettaient à jouer aux cartes avec les autres au lieu d’aller à l’oraison. Ils auraient préférés être à l’oraison, mais ils restaient à jouer aux cartes avec les autres. Ils avaient une conscience mal formée, il faut faire comme tout le monde, il ne faut pas se singulariser. A la page 13 quand il parle de l’aggiornamento des constitutions, il appelle cela le plus monstrueux attentat contre les consciences. A la page 14 bien des religieux, qui auraient voulus être fidèles, à la conscience mal éclairée, ou qui n’avaient pas la vocation de martyr ont cédé à l’ignoble chantage, ça c’est les changements de Constitution.

Page 22 ( de sa brochure) : « En outre, si nous soutenons ce combat et supportons la persécution, c’est pour être fidèle à notre parole, à notre profession, à notre conscience dûment éclairée pour que la gloire de Dieu reçoive aussi tout son éclat. Comme Monseigneur Lefebvre, le Père Eugène faisait appel aussi à sa conscience. Il faut bien faire attention des mots qu’on emploie quand on parle de liberté conscience. Le pape Léon XIII dans son encyclique (?)... (Fideliter numéro 61 page 40) : « C’est en considération de ce double droit, c’est-à-dire, des âmes de connaître la vérité sous le magistère, et la communiquer à d’autres, que nous nous disions récemment heureux et fiers de combattre le bon combat pour la liberté des consciences non pas comme certains par inadvertance peut-être nous on fait dire pour la « liberté de conscience » manière de parler équivoque, et trop souvent utilisée pour signifier l’absolue indépendance de la conscience, chose absurde en une âme créée et rachetée par Dieu ». Le pape Léon XIII demande de faire attention quand on parle de « liberté de conscience ».

Pendant la guerre d’Algérie, vous avez eu des objecteurs de conscience, est-ce que c’était droit devant Dieu. Par compte en France une infirmière qui voulait avoir son diplôme devait assister à un avortement ce qui posait une objection de conscience. Donc il faut la liberté quand parle de liberté par rapport à la conscience, le pape Léon XIII dit attention à la liberté des consciences. La liberté de conscience veut dire que tout le monde (dans le sens libéral), fait ce qu’il pense être bien, et, c’est ce que l’on a au concile Vatican II, ou grosso modo il dit : chacun peut suivre la religion, et ce qui lui semble selon sa conscience la plus juste. Ce n’est pas la doctrine catholique. La doctrine catholique dit chacun doit suivre la religion qui est la seule véritable, et doit faire effort pour la discerner et une fois qu’il l’a reconnue, la suivre, l’adopter. Il ne choisit pas la religion qui lui plaît (et il y en a qui sont un peu plus commode que d’autres). C’est ce que disait Mélanchton, un protestant, sa mère se mourait (c’était les débuts du protestantisme) et lui demandait qu’est ce qui est mieux : « mourir dans la religion catholique ou protestante ? », elle demandait cela sur son lit de mort.

Basons-nous aussi sur la sainte écriture qui est à la base de la révélation, surtout dans l’épître de Saint-Paul, la première à Timothée, j’ai mis à part trois citations parce que elles montrent le rapport avec la Foi. « Combattez selon les lois de la sainte milice gardant la Foi et une bonne conscience ». I Timothée III,9 :« Gardant le mystère de la Foi dans une conscience pure », I Timothée IV,2 : « Dans les derniers temps, plusieurs abandonneront la Foi, ayant une conscience cautérisée ». Donc quand je citais tout à l’heure : « Ma conscience ne me reproche rien, mais je n’en suis pas justifié pour autant », voyez on a une certaine liberté de conscience, la conscience sera notre juge aussi. Les pères de l’Eglise nous le disent, mais attention on peut la cautériser, on peu la déformer, on peut se donner une bonne conscience comme on dit des fois et qui ne sera pas forcément bonne devant Dieu.

Il y a des règles à propos de la conscience qui sont importantes, et qu’il est bon d’entendre parler une fois dans sa vie. J’avoue que cela met certaines choses en place, parce qu’on a l’esprit libéral, le chanoine Berto avoue qu’il était lui-même libéral dans les premiers temps. On est dans un monde qui est tellement imprégné de libéralisme que quelquefois même on peut avoir des idées faussées sur des vérités catholiques en théologie morale. Ce sont des principes qui sont chez les moralistes dans le dictionnaire de théologie catholique. Je retiens ceux qu’avaient donné le chanoine Berto qui sont les plus simples, les plus ramassés, les plus faciles à retenir.



1) Premier principe, l’homme est obligé de se former une conscience vraie. Donc quand Monseigneur disait à ses séminaristes : « Lisez, sinon vous deviendrez des traîtres ».

et il disait souvent « Lisez, allez à la bibliothèque, formez votre jugement, formez votre conscience ». On est tenu de se former une conscience vraie, et c’est ça qui explique le deuxième principe qui n’est pas souvent bien compris.



2) Deuxième principe l’homme est tenu de suivre une conscience certaine qu’elle soit vraie ou fausse : assez étonnant. Je vais vous donner un exemple donné par l’abbé de Jorna.

St Jean Bosco devait confesser un jeune homme ou un homme d’un certain âge qui avait toute une suite de gros péchés et puis en l’interrogeant il est remonté au début de la chaîne de cette suite de péchés mortels et alors il a réussi à faire parler cet homme qui lui racontait que quand il était petit un jour la bonne (il avait du mal à se coucher, il se levait de son lit, et regardait par la fenêtre) lui dit, il ne faut pas regarder la lune par la fenêtre, c’est un péché grave, péché mortel. Erreur de la bonne, là très grave erreur, maladresse de la bonne, mais bon rien ça s’est passé comme cela, et le petit se recouche en puis il a envie d’aller voir la lune, et puis il se lève regarde par la fenêtre, et regarde la lune. Cela fait un péché mortel. Objectivement il n’y a pas péché mortel, d’accord, mais dans sa conscience qui était faussée et erronée il croyait ce que la bonne lui avait dit et il s’est dit j’ai fait un péché grave, après il n’a pas osé s’en confesser (il n’a pas osé dire au prêtre, mon Père, j’ai regardé la lune). Du coup, il a fait des confessions sacrilèges, et des communions sacrilèges, d’où l’importance de la conscience. On n’a pas le droit d’agir dans le doute, même si une conscience est erronée, même si c’est quelque chose qui n’est pas selon la volonté de Dieu, mais si on est convaincu que c’est la volonté de Dieu, on doit suivre notre conscience et cela ne peut s’expliquer que si on revient au premier principe : on doit toujours chercher à se former une conscience certaine, pour éviter de se trouver dans ce cas-là.



3) Le troisième principe découle des deux autres : « Ne jamais agir avec une conscience douteuse », puisqu’on doit agir avec une conscience certaine.

Donc là, il faut distinguer, si on peut différer, si on peut prendre du temps, si ça ne presse pas, à ce moment-là, on doit essayer de lever le doute, soit en demandant conseil à quelqu’un qui est compétent, en matière de conscience c’est le prêtre, le confesseur, ou le conjoint, bref quelqu’un qui est plus sage et dont on a confiance pour lever le doute. Si on n’a pas le temps, alors les théologiens disent qu’on peut choisir le moindre mal, c’est par exemple pour les élections, il y a eu le cas en France avec les présidentielles au deuxième tour certains disent, on ne peut pas élire un mauvais candidat pour espérer un résultat bon, et d’autres disent non, attention l’on est dans un cas où on est avec deux maux qui sont inévitables et là on peut choisir le moindre parce qu’ils sont inévitables, on est dans un dilemme c’est une question discutée entre théologiens.

Et puis si vraiment on peut pas résoudre, c’est « In dubio libertas », « dans le doute, liberté », on choisit ce qui est le mieux.

Saint Thomas d’Aquin disait que sans être très puissant ou sage on peut grâce à la sécurité que nous de notre conscience contester un juge. Si on est sûr de notre conscience devant Dieu, on peut contester un juge. Et çà, ce sont les martyrs des premiers siècles : « je ne sacrifierai pas aux idoles ». Exemple sainte Jeanne d’Arc, les juges lui disaient : « Obéissez à l’église militante dont nous sommes les représentants moi évêque Cauchon, évêque en titre », et elle tenait tête à ses juges.

Un autre principe : le rapport de l’obéissance à l’autorité (le principe d’autorité) ; il faut maintenir ce principe. L’esprit moderne démolit le principe d’autorité : on veut l’égalité dans les couples, les enfants, sont majeurs de plus en plus jeunes. Dans les écoles les principes pédagogiques sont contre l’autorité, dans les monastères aussi après le concile, çà a été la même chose. Dans les enseignements, dans les séminaires, avant c’était le « cours magistral », et maintenant c’est le « carrefour ».

Le chanoine Berto dans son cours à Ecône disait : l’obéissance correspond strictement à l’autorité du supérieur, elle est relative à l’autorité du supérieur. Dans les années 75 le chanoine Berto disait : aujourd’hui les temps sont difficiles et la synesis ne suffit pas (synesis : terme grec qu’Aristote et que Saint Thomas d’Aquin emploient pour parler des règles générales dans les cas ordinaires). Quand on est en temps de crise, nous devons remonter à la gnomée (la gnomée, ce sont les principes les plus élevés)

Par exemple, Monseigneur Lefebvre pour les sacres ne s’est pas arrêté à la synesis, mais à la gnoméée. C’était une situation de crise : opération survie pour la tradition. Dans le droit canon de l’église traditionnelle, on a dans les tous premiers principes : « Lex suprema, salus animarum » (La loi la plus haute, c’est le salut des âmes). Ainsi, même un prêtre sécularisé qui est complétement remis dans le monde a quand même le pouvoir d’absoudre validement les péchés de quelqu’un qui va mourir, alors qu’en soi, il n’a plus aucun pouvoir sacerdotal ; parce que le principe le plus haut, c’est la loi suprême, c’est le salut des âmes. Il y a des cas extrêmes, où la loi normale ne vaut plus, et il faut remonter aux principes les plus hauts. Donc il faut remonter à la gnomée disait chanoine Berto, qui juge selon les principes supérieurs, selon la finalité. Il faut faire attention à cette finalité, or dans l’église la finalité est pour la foi. L’autorité a été remise pour enseigner la foi, quand l’autorité ne remplit plus son rôle, elle se détruit, c’est la remise des clés. Malheureusement aujourd’hui nous n’avons plus d’autorité, même dans la tradition.

Quelques citations de références dans la tradition sur le rapport de l’autorité et de la foi. Mgr. Lefebvre, dans sa lettre d’octobre 1975 : dans l’église les droits à la juridiction sont au service de la foi, finalité première de l’église ; il n’y a aucun droit, aucune juridiction, qui puisse nous imposer une diminution de notre Foi.

L’abbé Tissier de Mallerais, Fideliter de septembre 86 : une vérité périodiquement éclipsée aux époques de lâcheté et d’apostasie, à savoir que l’autorité est au service de la Foi et non l’inverse. L’autorité est ordonnée à la Foi mais pas la Fois à l’autorité. Dom Guillou après les sacres (Fideliter numéro 84), dans une réponse à Michel Martin : « Le droit canon n’a pas été fait pour légitimer un abus ou plus exactement ici des déficiences de pouvoir ou pour permettre à une mafia de prendre pleinement possession de l’Eglise afin d’y répandre et de conforter son modernisme, non il n’a pas ce rôle, mais le contraire ». Donc le droit canon, la loi est au service, est ordonné à la Foi. Mgr. Lefebvre, dans ses recommandations aux quatre futurs évêques, avant les sacres (Sel de la terre numéro 28), les témoins de la Foi, les martyrs ont toujours eu à choisir entre la Foi et l’autorité, nous vivons le procès de Jeanne d’Arc. Il y a aussi le rapport de loi et de bien commun (conférence de Mgr. Lefebvre, Montréal en 1982 dans Fideliter n° 85). « Que faut-il faire ? On me dit vous devez obéir, vous êtes un désobéissant, n’avez pas le droit de continuer ce que vous faites, vous divisez l’église ». Mais qu’est-ce qu’une loi répond Mgr. Lefebvre. Qu’est-ce qui nous oblige à l’obéissance ? Une loi, nous dit le pape Léon XIII, c’est une ordonnance de la raison pour le bien commun, mais pas pour le mal commun pour le bien. C’est si évident que si c’est pour le mal ce n’est plus une loi. Léon XIII disait explicitement cela dans son encyclique Libertas : « Une loi positive, une loi humaine, qui n’est pas pour le bien commun n’est plus une loi et on ne doit plus lui obéir, parce que les lois divines sont nécessairement pour le bien ». Une loi positive n’obligera pas sous peine de péché, par exemple la loi d’assistance à la messe, il m’arrive d’entendre en confession : « Je n’ai pas pu assister à la messe dimanche dernier ». Pourquoi ? « J’ai du garder mon enfant à la maison ». Vous n’avez fait aucun péché, et vous avez fait une bonne action. C’est une loi positive il y avait un empêchement important l’enfant était malade, il ne fallait pas le laisser tout seul à la maison, et donc la loi ne vaut plus. Mais deuxième question « Est-ce que vous avez cherché à sanctifier votre dimanche » ? « Ah non ». En revanche c’est une loi divine : « Tu sanctifieras le jour du Seigneur ». « En gardant votre enfant vous pouviez réciter du rosaire, vous pouviez lire la messe dans votre missel, là il y a péché ». Il faut former les consciences. Donc, distinguer lois positives humaines et lois divines. Une loi positive humaine ne doit pas être suivie si il y a un empêchement. Exemple en France il faut conduire à droite. Si vous roulez sur une route tout seul et qu’ un camion est en face de vous sur la mauvaise voie, on peut enfreindre la loi française de conduire à droite pour éviter le camion. A l’époque de Nestorius (V° siècle). Nestorius était patriarche de Constantinople (deuxième poste diocésain dans l’église universelle après Rome), dans son sermon de Noël 428 qui est bien connu il se met à attaquer la Thétokos : Marie n’est pas Mère de Dieu. Dans le sens où il le présentait, s’était faire une distinction qui est une hérésie. Dom Guéranger dans son année liturgique au 9 février à la fête de St Cyrille d’Alexandrie qui était un grand docteur de l’église qui a contrer Nestorius, présente cette affaire ainsi : il rappelle que c’est un simple laïque (Eusèbe) qui s’est levé dans la basilique pendant le sermon qui était scolastique et qui a contredit le patriarche en chaire. Voici le commentaire de Dom Guéranger : « quand le pasteur se change en loup, c’est au troupeau à se défendre tout d’abord. Régulièrement sans doute, la doctrine descend des évêques au peuple fidèle, et les sujets dans l’ordre de la Foi n’ont point à juger leur chef, mais il est dans le trésor de la révélation des points essentiels dont tout chrétien par le fait même de son titre de chrétien à la connaissance nécessaire et la garde obligée, ce principe ne change pas, qu’il s’agisse de croyance ou de conduite, de morale ou de dogme. Les trahisons pareilles à celle de Nestorius sont rares dans l’église mais il peut arriver que des pasteurs restent silencieux pour une cause ou pour l’autre, en certaines circonstances où la religion même serait engagée. Lisez Saint Paul aux Galates, il a résisté à Saint-Pierre en face. Saint-Paul a compris que Saint-Pierre était resté un peu « libéral » vis-à-vis des judaïsants, et est que si on continuait comme ça, le christianisme partait sur des bases complétement fausses, on allait dans une religion judéo-chrétienne. Et là St Paul dit : « J’ai résisté face à St Pierre », il dit même que Saint-Pierre a agi en hypocrite ; relisez l’épître de St Paul aux Galates. Il peut arriver que des pasteurs restent silencieux pour une cause ou pour une autre dans certaines circonstances où la religion même serait engagée. Si vous voulez, là vraiment la Foi est en péril, c’est le combat de la Foi. La foi est en danger, il faut la défendre, c’est ça le vrai combat de la Foi. Les vrais fidèles sont les hommes qui puisent dans leur seul baptême en de telles conjonctures l’inspiration d’une ligne de conduite. C’est par la grâce du baptême qu’on peut défendre la Foi, même si on est simple fidèle, et non les pusillanimes, qui sous le prétexte spécieux de la soumission au pouvoir établi (là ce serait une mauvaise obéissance) attendent pour courir à l’ennemi, ou s’opposer à ses entreprises.

Quelques citations pour terminer, de Mgr Lefebvre le 29 mars 88, l’année des sacres, il reprend une déclaration qu’il avait fait 10 ans avant (le 20 janvier 78). « Ils préfèrent se tromper avec le pape que d’être dans la vérité contre le pape, ce n’est pas cela que nous enseigne la loi naturelle, ni le magistère de l’église. L’obéissance suppose une autorité qui donne un ordre ou édite une loi, les autorités humaines même instituées par Dieu n’ont d’autorité que pour atteindre le but assigné par Dieu, et non pour s’en détourner. Lorsqu’une autorité use de son pouvoir à l’encontre de la loi pour laquelle ce pouvoir lui a été donné, elle n’a pas droit à l’obéissance, et on doit lui désobéir. Et il explique en citant St Thomas secunda secundae question 33 article 4 : « Il faut cependant savoir que s’il s’agissait d’un danger pour la Foi, les supérieurs devraient être repris par leurs inférieurs même publiquement. » Léon XIII, dans son encyclique libertas en 1888 : « Supposons donc une prescription d’un pouvoir quelconque civil ou religieux qui serait en désaccord avec les principes de la droite raison, et avec les intérêts du bien public, à plus forte raison avec les principes de la foi, elle n’aurait aucune force de loi. » Or Mgr. Lefebvre continue : « Notre désobéissance est motivée par la nécessité de garder la Foi catholique, les ordres qui nous sont donnés expriment clairement qu’ils le sont pour nous obliger à nous soumettre sans réserve au concile Vatican II, aux réformes post-conciliaires, et aux prescriptions du Saint-Siège, c’est-à-dire à des orientations et des actes qui minent notre foi, et détruisent l’église, ce à quoi il est impossible de nous résoudre.*



Quelques autres citations sur l‘obéissance pour terminer cette conférence et revenir au thème de l’obéissance. Mgr. lefebvre au Figaro le 2 août 76 : « Comment pourrions-nous par une obéissance servile et aveugle faire le jeu de ces schismatiques qui nous demandent de collaborer à leur entreprise de destruction de l’Eglise ». Dans sa plaquette qui s’appelle « Le coup de maître de Satan » daté d’octobre 74 publié par Ecône : « Le coup de maître de Satan sera donc de diffuser les principes révolutionnaires introduits dans l’Eglise par l’autorité de l’église elle-même, il nous faut avouer que le tour a été bien joué, et que le mensonge de Satan a été merveilleusement utilisé. L’Eglise va se détruire elle-même par voie d’obéissance ». Cette phrase résume tout le thème de cette deuxième conférence.

Dans son sermon du 29 août 76 : « Cela a été le summum de la victoire du démon de détruire l’église par l’obéissance ». Dans sa lettre aux Bienfaiteurs d’octobre 75 déjà citée : « Dans le cas de tout ordre, comportant un danger de corruption de la Foi et des mœurs, la désobéissance est un devoir grave ».

Le Père de Clorivière qui a vécu pendant la révolution française parle en homme d’expérience : « Il est donc important de faire une réflexion à laquelle il eût été a souhaité de faire plus attention, c’est que lors même qu’on ne peut consulter l’Eglise ou son premier pasteur à qui l’infaillibilité est promise, il ne faut s’en rapporter aveuglément à aucune autorité particulière parce qu’il n’y en a point qui ne puisse être entraînée elle-même, et nous entraîner avec elle dans l’erreur. » C’est moins à l’autorité personnelle qu’à l’autorité des raisons alléguées qu’il faut se rendre proprement. Donc, ce n’est pas aux arguments d’autorité de cette personne nous devons donner du poids, c’est au poids des arguments qu’elle donne. Ce n’est pas là le cas où une obéissance aveugle peut être louable, il faut user de discernement comme dit l’apôtre : « Que votre obéissance soit raisonnable ». Enfin, il faut avoir plus égard à la force, et au nombre d’épreuves, et des raisons, qu’au nombre des autorités particulières. Il faut plus avoir égard à la force des arguments qui sont présentés qu’au nombre de docteurs, de prêtres, d’évêques, qui affirment telles choses. C’est le cas par exemple quand Mgr. Lefebvre a tenu tête à plus de 2200 évêques pour dire : « Vatican II çà ne va pas ». Il faut s’appuyer sur des arguments forts pour arriver à dire des constitutions, qui ont été votées par plus de 2200 évêques, c’est mauvais. Car dans les temps de troubles où la vérité est persécutée il arrive d’ordinaire que le plus grand nombre penche du côté qui favorise sa faiblesse quoique le moins conforme à la vérité. Le Père Calmel a un texte très fort pour dire en gros, je n’ai jamais constaté autant de lâcheté à notre époque postconcilliaire. Le Père Eugène dit : « dans les temps de troubles, où la vérité est persécutée, il arrive d’ordinaire que le plus grand nombre penche du côté qui favorise sa faiblesse, quoique le moins conforme à la vérité ». Il continue : « Il faut donc consulter le Seigneur avec simplicité dans le dessein et la ferme résolution de suivre les lumières de sa conscience » (comprenez pourquoi j’ai insisté sur la conscience). C’est notre conscience qui va être notre juge, sans avoir égard à ce qui peut arriver de fâcheux et au jugement désavantageux que les hommes pourront porter à notre conduite. Le Seigneur se plaît à éclairer une âme qui le cherche avec droiture, et les lumières d’une saine conscience s’accordent toujours avec les décisions d’une véritable doctrine. En se conformant à ces lumières, on a vu les âmes les plus simples montrer plus de courage et de fermeté que la plupart des autres dans la défense de la vérité.


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MessagePosté le: Dim 10 Fév 2013, 17:48    Sujet du message: Publicité

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