Un évêque s'est levé!  Index du Forum

Un évêque s'est levé!
Forum

 FAQFAQ   RechercherRechercher   MembresMembres   GroupesGroupes   S’enregistrerS’enregistrer 
 ProfilProfil   Se connecter pour vérifier ses messages privésSe connecter pour vérifier ses messages privés   ConnexionConnexion 



 SOUTIEN A NOS EVÊQUES, PRÊTRES, RELIGIEUX, RELIGIEUSES REFRACTAIRES 


           
Brève réflexion sur le préambule doctrinal du 15 avril 2012

 
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    Un évêque s'est levé! Index du Forum -> FORUM -> LE FORUM OUVERT AUX DISCUSSIONS
Sujet précédent :: Sujet suivant  
Auteur Message
Gentiloup
Admin

Hors ligne

Inscrit le: 21 Juin 2012
Messages: 2 884

MessagePosté le: Dim 10 Mar 2013, 13:51    Sujet du message: Brève réflexion sur le préambule doctrinal du 15 avril 2012 Répondre en citant

English translation after the original French text by  Un Evêque s'est levé!


Brève réflexion sur le texte du Préambule doctrinal du 15 avril 2012

 
 
Par un prêtre, anonyme, de la Fraternité St-Pie X
LaSapinière.info


On m’a demandé ma première impression sur le texte publié aujourd’hui sur La Sapinière et autres bons sites de la Résistance au Ralliement. J'espère que quelqu'un de mieux qualifié que moi aura le temps d'étudier toutes les subtilités de ce préambule, mais certains points problématiques sont d’ores et déjà facilement identifiables. Voici donc, comme demandé, quelques réflexions à brûle-pourpoint.

Comme Mgr Fellay le disait lui-même en mai ou juin 2012, la réaction face à ce texte dépendra de la disposition d'esprit du lecteur ("lunettes roses ou noires...). En effet, à la suite de plusieurs paragraphes qui réaffirment l’attachement au Pape et à la doctrine traditionnelle, on retrouve des affirmations scandaleuses. Ce mélange de vrai et de faux rappelle le procédé des modernistes tel que dénoncé dans Pascendi de st Pie X. C'est donc dire qu'il s'agit ici d'un texte ambigu, ce qui en soi est une faute grave, car on ne peut souhaiter rebâtir l'Église en se fondant sur un malentendu. Ce n'est honnête ni par rapport à Rome, ni par rapport à la Tradition. Le Conseil Général, en pratique, nous montre qu'il croit que la fin justifie les moyens. Ils ont quand même une petite honte, puisqu'il a fallu que ce soit la Résistance qui publie ce texte. Voici donc, en bref, quelques points qui font problème, pour ne pas dire plus.

1-On retrouve dans ce texte, sans surprise, ce qu'on en savait depuis longtemps, puisque révélé par l'abbé Pfluger le 5 juin 2012 à Fanjeaux (I), je crois, et qui est en soi une abomination (cf. parag. 3.4 du Préambule). De dire que Vatican II explicite "certains éléments" contenus implicitement dans l'entière Tradition de l’Église, vient mettre ce concile "pastoral" (et d'ailleurs détourné, piraté, par les Franc-maçons et les modernistes) sur le même pied que les conciles légitimes et doctrinaux. Quand on y pense, Vatican II s'apparente davantage à un conciliabule qu'à un vrai concile, même s'il a été fait sous la présidence et l'approbation de deux Papes, car ces Papes s'en sont servi de manière illégitime, c'est à dire pour faire une révolution dans l'Église. C'est pour cela que je parle de conciliabule. La première chose qu'un Pape Catholique fera, ce sera de déclarer ce concile comme illégitime et non avenu, comme ce fut le cas de plusieurs conciles orientaux au début de l'Église.

2-La deuxième faute grave de cette partie du texte est de ne pas mentionner quels éléments de la Tradition auraient été soi-disant explicités par Vatican II. S'agit-il de la liberté religieuse? De la collégialité? Du "subsistit in"? De l'oecuménisme? De la permission d'avoir les lectures de la Messe en langue vernaculaire? De la permission de porter le clergyman au lieu de la soutane?

3-La troisième chose que je remarque, c'est qu'au lieu de dire qu'il y a des textes erronés qui ne peuvent aucunement être bien interprétés, on dit qu'il y aurait moyen d'en discuter pour en arriver à une bonne interprétation (cf. parag. 3.5). On ne dit plus que le concile Vatican II enseigne des doctrines précédemment condamnées par les Papes traditionnels. Or cela va à l'encontre de notre position de toujours, disant qu'il y a 3 types de documents dans Vatican II: les « bons », ceux à interpréter dans le sens de la Tradition, et ceux à corriger absolument. (Voir le Catéchisme de l’abbé Gaudron, au numéro 29).

4-Donc, globalement, ce Préambule dit qu'on veut rester fidèles à la Tradition, mais qu'on est prêts à laisser de côté la question doctrinale. On est prêts à signer un accord, et une commission d'étude se chargera, dans le futur, d'élucider les points de Vatican II qui semblent aller contre la Tradition (cf. parag. 3.6). Il s'agit donc de la formulation de principe selon laquelle on est prêts à signer un accord purement pratique, sans la correction préalable des erreurs de Vatican II.

5-Au lieu d'une déclaration contre la Nouvelle Messe, en tant que portant gravement atteinte à la majesté de Dieu et donc en tant que péché grave contre le 1er commandement, on se contente d'en reconnaître la validité sous certaines conditions (cf. parag. 3.7). On met sous le boisseau le fait que le Novus Ordo Missae s’attaque directement au plus grand trésor de l’Église, à la source de la vie surnaturelle qu’est le Sacrifice du Chef de l’Église, Notre-Seigneur Jésus-Christ.

6-Il y a aussi la reconnaissance du Droit Canon de 1983, sous lequel on accepte de se placer. Mgr Lefebvre a dit qu'il détestait ce code empoisonné par les théories de Vatican II. Rappelons-nous du canon 844 permettant la "communicatio in sacris", le partage des sacrements entre Catholiques et non-Catholiques (Cf. parag. 3.8).

En conclusion, ce Préambule doctrinal nous montre jusqu'à quelle profondeur le Conseil Général a plongé dans l'abime. Il vient confirmer l'avertissement du Catéchisme de l’abbé Gaudron, qui nous prévenait du grave danger de contamination qu'implique la fréquentation des autorités romaines. (Voir pages 291 et 294 de l’édition de mai 2008). Utinam! Plût au Ciel, que le Conseil Général eût fait du Catéchisme Gaudron sa lecture de chevet. Nous n'en serions pas là!

Par un prêtre, anonyme, de la Fraternité St-Pie X


La Sapinière
-------------------------------------------------------------

(1) Il ne s'agit pas de Fanjeaux mais de Saint-Joseph-des-Carmes, à Carcassonne dans l'Aude. (NDLR)
_____________________________________

English translation by  Un Evêque s’est levé!


Brief reflection on the text of the doctrinal Preamble – April 15, 2012


I was asked to give my first impression on the text published today on www.lasapiniere.info. and other good sites dedicated to the « Resistance ». I hope someone, more skilled than I am, will get time to study all the subtleties of this preamble, however one can already easily identify some critical points …. As asked, here are, a few point-blank thoughts.


In May or June 2012, as Bishop Fellay, himself, declared readers will react according to their own state of mind (“rose-coloured glasses” or dark glasses). Indeed, following to several paragraphs reasserting the attachment to the Pope and traditional doctrine, one can read any scandalous assertions. This mixture of true and false reminds us how modernists proceed as denounced in Pascendi, by Saint Pius X. So, that means this is an ambiguous text which is, in itself, a serious misconduct as no one can wish rebuilt the Church basing on a misunderstanding. It is dishonest towards Tradition and towards Rome. In practice, General Council shows us that it believes the end justifies the means. However it seems they feel a bit ashamed since it was necessary that the Resistance publishes that text. Here are, in brief, a few points one can describe at least as problematic.


1. We find in this text, and it’s not a surprise, what was known since June 2012, which was revealed by Abbot Pfluger in Fanjeaux (I) I think, and which is, in itself an abomination (see paragraph 3.4 of Preamble ). Saying that Vatican II clarifies “certain elements” implicitly present in the whole Church Tradition, tends to place this “pastoral ” Council (and precisely hijacked by Freemasons and modernists)on the same level as legitimate or doctrinal councils. By thinking of it, Vatican II resembles more a consultation than a true council, even if it was achieved under the presidency and the approval of two popes, for these popes used it on an illegitimate way, that is to say for operating a revolution in Church. That is why I speak of consultation. The first decision a catholic Pope would have to take should be to declare this council as illegitimate and void (as it was the case of several eastern councils, in the initial period of the Church).


2- The second serious misconduct in this part of the text is not mention which traditional elements would have supposedly been made explicit by Vatican II ? Is it religious freedom ? Collegiality ? « Subsistit in » ? Ecumenism ? The permission to get Mass readings in vernacular language ? The permission to wear clergyman-suit instead of cassock ?


3- The third thing I notice is that instead of saying that some texts are erroneous and can definitively be not rightly-interpreted, it is said that it would be possible to discuss of them in order to reach a good interpretation (see paragraph 3.5). It is no longer said that Vatican II teaches doctrines previously condemned by traditional Popes. This goes against our traditional position saying that there are 3 kinds of documents in Vatican II : the “good ones”, those “to interpret in the Tradition meaning and those which must absolutely be corrected (see “Le Catéchisme de l’Abbé Gaudron, n° 29).


4- So, on the whole, this « Preamble », says that we want to remain faithful to the Tradition, but that we are ready to let aside the doctrinal question. We are ready to sign an agreement and, in the future, a study commission will be in charge to clarify the points in Vatican II which seem to go against the Tradition. (See paragraph 3.6). So, this is the wording of this principle according which we are ready to sign an only practical agreement without previously correcting Vatican II errors.


5- Instead of a statement against the New Mass as seriously affecting the majesty of God, and consequently being a grave sin against the first commandment, we just recognize its validity under certain conditions (see paragraph 3.7). The fact that the Novus Ordo Missae attacks directly the most precious treasure of the Church, the spring of the supernatural life represented by the Sacrifice of the Head of the Church, Our Lord Jesus-Christ, is shelved.


6- There is also the recognition of the 1983 Canon Law, under which we accept to place. Bishop Lefebvre said he hated this code poisoned with Vatican II theories. Let us remember canon 844 which allows “communicatio in sacris”, the sharing of sacraments between Catholics and no-Catholics (see paragraph 3.8).
In conclusion, that doctrinal Preamble shows us how deeply the General Council plunged into the abyss. It confirms the warning stated in Le Catéchisme de l’abbé Gaudron which warned us about the great danger of a contamination involved by the attendance of the Roman authorities (see
pp. 291 and 294 in May 2008 edition). Utinam ! Would to Heaven that the General Council would have taken Le Catéchisme de l’abbé Gaudron as bedtime reading. We would not be in this position !


By an anonymous priest belonging to the Fraternité St-Pie X.


--------------------



Textes liés:




 DECLARATION DOCTRINALE DU 15 AVRIL 2012 QUE MGR FELLAY AVAIT ENVOYÉE AU CARDINAL LEVADA





Circulaire Thouvenot concernant la déclaration doctrinale du 15 avril 2012 que Mgr Fellay avait signée



Dernière édition par Gentiloup le Jeu 14 Mar 2013, 01:33; édité 4 fois
Revenir en haut
Publicité






MessagePosté le: Dim 10 Mar 2013, 13:51    Sujet du message: Publicité

PublicitéSupprimer les publicités ?
Revenir en haut
Alix
Membre

Hors ligne

Inscrit le: 23 Juil 2012
Messages: 1 049
Localisation: montagne

MessagePosté le: Dim 10 Mar 2013, 14:31    Sujet du message: Brève réflexion sur le préambule doctrinal du 15 avril 2012 Répondre en citant

Ou l'on touche des yeux le libéralisme et tout ce qui risque de nous arriver si nous faisions confiance aux libéraux.
C'est très grave, c'est notre foi qui est en jeu, nous sommes les derniers à rendre au Seigneur ce qui lui est dû, il ne faut pas l'oublier. Même avec nos faiblesses, nos erreurs, nos péchés, que nous reconnaissons humblement, nous devons lutter jusqu'au bout pour conserver le trésor que Jésus nous a donné .


Revenir en haut
DEO GRATIAS
Membre

Hors ligne

Inscrit le: 03 Juil 2012
Messages: 214

MessagePosté le: Dim 10 Mar 2013, 15:07    Sujet du message: Brève réflexion sur le préambule doctrinal du 15 avril 2012 Répondre en citant

Remarquable analyse

Ce style clair et cette limpidité dans la pensée me rappelle bien un bon prêtre... Mais ne comptez pas sur moi pour donner la moindre indication aux gestapistes de Menzingen!

En quelques mots la quintessence pernicieuse de ce texte ambigu est mis à nu.
Et diantre ce n'est pas aisé, c'est comme les textes du Concile, on sent l'hérésie, on la renifle, mais difficile de la mettre en exergue.

Là bravo, Monsieur l'abbé.
La Sapinière est un havre pour les prêtres qui pensent droit et auxquels l'Esprit-Saint a donné les dons d'exposer simplement ce qui est compliqué!

La traîtrise est définitivement démasquée. Ce qui était cachée est maintenant à la lumière.

On comprend l'émoi des trois évêques qui ont tiré la sonnette d'alarme. Avec ce texte entre les mains, leurs trois signatures sur la même lettre était une nécessité absolue. La nécessité qui a empêché le mal de triompher!

Dieu soit loué!


Revenir en haut
Gentiloup
Admin

Hors ligne

Inscrit le: 21 Juin 2012
Messages: 2 884

MessagePosté le: Dim 10 Mar 2013, 19:08    Sujet du message: Brève réflexion sur le préambule doctrinal du 15 avril 2012 Répondre en citant

Merci mille fois, Monsieur l'abbé!

Votre "réflexion" est aussi limpide que brève. Votre commentaire nous prouve que la Tradition ne se perd pas, que les prêtres, même muselés, ne se laissent pas laver le cerveau et qu'ils restent toujours sur le front de la Vérité!
Prêts à défendre l'Eglise de Notre-Seigneur Jésus-Christ par tous les moyens qu'ils ont à leur portée!

De tout coeur avec vous Monsieur l'abbé! Merci pour votre courage et votre pugnacité!
Soyez assuré de mes prières!

Gentiloup


Revenir en haut
tom
Membre

Hors ligne

Inscrit le: 17 Déc 2012
Messages: 199

MessagePosté le: Dim 10 Mar 2013, 19:45    Sujet du message: Brève réflexion sur le préambule doctrinal du 15 avril 2012 Répondre en citant

Et pendant ce temps les liseurs du FC parrainent des cardinaux....activité oh combien stratégique pour l'avenir de la Tradition. Je n'y ai vu personne annoncer la publication de la déclaration...
Certains seraient-ils gênés ?
De même ici avons-nous perdu Sonia notre lectrice pro-accords, par Ko faute d'arguments...?


Revenir en haut
Eusèbe
Membre

Hors ligne

Inscrit le: 18 Aoû 2012
Messages: 213

MessagePosté le: Dim 10 Mar 2013, 21:23    Sujet du message: Brève réflexion sur le préambule doctrinal du 15 avril 2012 Répondre en citant

Excellent, à diffuser!

Revenir en haut
Alix
Membre

Hors ligne

Inscrit le: 23 Juil 2012
Messages: 1 049
Localisation: montagne

MessagePosté le: Dim 10 Mar 2013, 23:03    Sujet du message: Brève réflexion sur le préambule doctrinal du 15 avril 2012 Répondre en citant

Nous avons beaucoup de chance d'avoir de vrais prêtres qui luttent sans merci pour l'Eglise, c'est une grande grâce de la Providence, seuls nous ne pouvons rien, merci à tous ceux qui galèrent en ce moment, ils sont indispensables et nous sommes derrière eux. Merci monsieur l'abbé, merci à tous nos abbés.

Revenir en haut
AupiedelaCroix
Membre

Hors ligne

Inscrit le: 31 Aoû 2012
Messages: 285

MessagePosté le: Lun 11 Mar 2013, 10:19    Sujet du message: Brève réflexion sur le préambule doctrinal du 15 avril 2012 Répondre en citant

Contre la lecture droite et traditionnelle de cette Déclaration doctrinale de Mgr Fellay,  les allégations abracadabrantesques que Menzingen peaufine ne seront que de la poudre aux yeux.
Merci Monsieur l'abbé d'avoir mis le doigt sur les multiples trahisons contenues dans cette déclaration de soumission à la Rome moderniste. Bon courage et merci!


Revenir en haut
Hugo
Membre

Hors ligne

Inscrit le: 27 Juil 2012
Messages: 136
Localisation: Andresy

MessagePosté le: Lun 11 Mar 2013, 13:25    Sujet du message: Brève réflexion sur le préambule doctrinal du 15 avril 2012 Répondre en citant

Bravo, monsieur l'Abbé, d'être le premier à commenter clairement cette déclaration "doctrinale". Pour l'instant, et pour ma part, je n'ai pas beoin d'une dissertation savante, estimant dans son quarante septièmement que dans un sens ceci et dans un autre sens celà. Une réaction catholique, de prêtre qui aime les âmes, voilà l'essentiel.  
  
De mon côté, afin de clarifier mes idées, je ne partirai donc pas dans une dissertation théologique (dont je suis bien  incapable, laissant ce soin à d’autres plus qualifiés que moi, mais que j'espère fermement pouvoir lire un jour.) Je me contenterai de dire en clair ce qui est de fait impliqué par les deux premiers §§ de cette déclaration "doctrinale". 
  
 I 
« Nous promettons d’être toujours fidèles à l’Eglise catholique et au Pontife romain, son Pasteur suprême, Vicaire du Christ, successeur de Pierre et chef du Corps des évêques. 
  
II
Nous déclarons accepter les enseignements du Magistère de l’Eglise en matière de foi et de morale, en donnant à chaque affirmation doctrinale le degré d’adhésion requis, selon la doctrine contenue dans le nº 25 de la Constitution dogmatique Lumen Gentium du Concile Vatican II (1). » 

 
Mgr Fellay aurait donc pu, en toute logique, écrire :   
  En conséquence, j’accepte:
 
la théologie nouvelle proclamée par Jean Paul II dans Redemptor hominis. Notamment la référence au  Concile qui « rappelle que «l'homme est la seule créature sur terre que Dieu ait voulue pour elle-même». L'homme, tel qu'il est «voulu» par Dieu, «choisi» par Lui de toute éternité, appelé, destiné à la grâce et à la gloire: voilà ce qu'est «tout» homme, l'homme «le plus concret», «le plus réel»; c'est cela, l'homme dans toute la plénitude du mystère dont il est devenu participant en Jésus-Christ et dont devient participant chacun des quatre milliards d'hommes vivant sur notre planète, dès l'instant de sa conception près du cœur de sa mère. » Car cette théologie affirme justement le salut universel de tout homme et de tout l’homme.


Nonobstant le changement par rapport à la théologie préconciliaire, j’accepte et je professe que :
« à juste titre, les Pères de l'Eglise voyaient dans les diverses religions comme autant de reflets d'une unique vérité, comme des «semences du Verbe» témoignant que l'aspiration la plus profonde de l'esprit humain est tournée, malgré la diversité des chemins, vers une direction unique, en s'exprimant dans la recherche de Dieu et, en même temps, par l'intermédiaire de la tension vers Dieu, dans la recherche de la dimension totale de l'humanité, c'est-à-dire du sens plénier de la vie humaine. » (Redemptor hominis)


Nonobstant le changement par rapport à la théologie préconciliaire, j’accepte et je professe :
la collégialité inscrite comme loi de l’Eglise dans le droit canon de 1983, car, comme l’a rappelé le cardinal Coccopalmerio le 25 janvier 2013 celle-ci n’est pas « d’une nouveauté absolue dans la conscience ecclésiale », mais une «heureuse redécouverte ». « La collégialité épiscopale est clairement exposée aux canons 330 à 341 ». Je suis conscient que cette collégialité instaure deux sujets de pouvoir suprême dans l’Eglise, à savoir le pape et le collège des évêques uni au pape, que les évêques peuvent réclamer du pape une participation accrue à ce pouvoir suprême.


Nonobstant le changement par rapport à la théologie préconciliaire, j’accepte et fais mienne :
la théologie de « l’Eglise communion » qui promeut l’idée de degré de communion et permet, entre autres choses, dans le droit canon de 1983 le mariage avec les protestants ou les non chrétiens sans obliger, contrairement à ce qui était autrefois une obligation stricte, à élever les enfants dans la foi catholique


Nonobstant le changement par rapport à la théologie préconciliaire, en matière de morale, j’accepte et je professe  
qu’il est catholique de dire, comme l’a précisé le pape Benoît XVI, que l’usage du préservatif, dans certains cas, est « le premier pas vers une moralisation, un premier acte de responsabilité pour ouvrir à nouveau la conscience au fait que tout n’est pas permis et qu’on ne peut pas faire tout ce qu’on veut. »


Etc. Etc. 


Revenir en haut
Visiter le site web du posteur
Françoise Romaine


Hors ligne

Inscrit le: 19 Juin 2012
Messages: 125

MessagePosté le: Lun 11 Mar 2013, 19:50    Sujet du message: Selon Mgr Lefebvre il avait signé un infâme accord ! Répondre en citant

Je comprends mieux pourquoi l'abbé Thouvenot précise que cette déclaration doit être expliquée aux prêtres et aux fidèles. Elle est tellement ambiguë et éloignée de la doctrine officielle que défendait jusqu'à peu la Fraternité !
Le plus triste est qu'elle reprend certains points du fameux protocole de 1988 qu'avait signé Mgr Lefebvre ce qui lui avait valu une mémorable nuit blanche. Or tous les anciens le savent, Mgr dormait toujours très bien mais pas cette nuit-là. Il a attendu le petit matin pour aller retirer sa signature. Et ensuite il a toujours tenu le discours qu'on ne le reprendrait pas et qu'il avait été trop loin.

 
Citation:
 "le 3 mai [1988], la rencontre décisive a eu lieu entre Mgr et le cardinal ...Mgr dit avec force à ses deux assistants :"Arrêtons-nous maintenant! Je ne veux pas continuer!"
... Néanmoins,La séance se poursuit ..." (Marcel Lefebvre,Mgr Tissier de Mallerais)

"Si seulement vous savez quelle nuit j'ai passé après la signature de cet infâme accord ! Oh! Comment je voulais voir le matin venir afin que je puisse donner à l'abbé du Chalard ma lettre de rétractation que j'avais écrite pendant la nuit.»  ... il  finit sa lettre et la met dans une enveloppe qu' il montre à l'abbé du Chalard :
"Il est essentiel que cette lettre soit apportée au cardinal Ratzinger. C'est une petite bombe! »"(Marcel Lefebvre, Mgr Tissier de Mallerais, p 555)

 (texte traduit à partir de la version anglaise du livre sur Mgr Lefebvre.)


Revenir en haut
tropdenoms
Membre

Hors ligne

Inscrit le: 20 Juin 2012
Messages: 277

MessagePosté le: Lun 11 Mar 2013, 22:55    Sujet du message: Brève réflexion sur le préambule doctrinal du 15 avril 2012 Répondre en citant

Sans même aller chercher les déclarations de Mgr Lefebvre: "Si c'était à refaire c'est moi qui poserait mes conditions, je leur demanderais, êtes-vous d'accord avec Pascendi de Pie X, etc.", comme le souligne Hugo, il n'y a pas que des textes à discuter, il y a aussi des faits absolument inacceptables.
Vatican II est tellement dépassé par les faits!


Il n'y a plus aucune discussion possible, plus aucun accord possible. Le changement doit venir de la tête, ainsi que l'a écrit Mgr Lefebvre au quatre futurs évêques le jour de leur sacre:  "j'espère que vous pourrez remettre sans tarder votre épiscopat dans les mains d'un pape vraiment catholique".


Mais en attendant, toute tentative d'accord ne peut être qu'une trahison de la Tradition ou une prétention démesurée!  Mgr Williamson l'avait si bien expliqué en 2008 dans son sernon des ordinations de Flavigny!


Comme je plains ceux qui ont des vocations en ce temps de troubles!


Je lisais dans un bulletin qu'il ne fallait pas s'en faire puisque le petit nombre allait s'en sortir... Mais je regrette, est-ce une attitude catholique d'admettre par avance la chute de quantité d'âmes? Notre-Seigneur ne nous a-t-il pas demandé d'aimer notre prochain comme nous-même?


Est-ce catholique de se dire, pourvu que je tire mes marrons du feu, tout va bien?


Non, notre devoir et celui des prêtres et de se soucier des âmes et de vouloir les amener à Notre-Seigneur Jésus-Christ. Non de les abandonner à leur sort! 


Revenir en haut
Angelico
Membre

Hors ligne

Inscrit le: 08 Déc 2012
Messages: 134

MessagePosté le: Mar 12 Mar 2013, 01:09    Sujet du message: Brève réflexion sur le préambule doctrinal du 15 avril 2012 Répondre en citant

Pour un approfondissement de la seule partie de cette déclaration qui avait été révélée par l'abbé Pfluger à Saint-Joseph à Carcassonne, il est intéressant de  se reporter à Catholique réfractaire du mois de juin 2012:

Cette analyse était déjà parue sur le forum en son temps:

Catholique Réfractaire: Analyse de la déclaration doctrinale (I)
« L’entière Tradition de la foi catholique doit être le critère et le guide de compréhension des enseignements du Concile Vatican II, lequel à son tour éclaire certains aspects de la vie et de la doctrine de l’Église, implicitement présents en elle, non encore formulés. Les affirmations du Concile Vatican II et du Magistère Pontifical postérieur relatifs à la relation entre l’Église catholique et les confessions chrétiennes non-catholiques doivent être comprises à la lumière de la Tradition entière. »




Tandis qu’il donnait une conférence à l’école Saint Joseph des Carmes (Aude) le 5 juin dernier, M. l’abbé Pflüger a lu un extrait de la déclaration doctrinale envoyée par Mgr Fellay à Rome le 15 avril dernier. Pour la première fois ce texte, jusque là gardé sous le sceau du plus grand secret, nous est partiellement révélé par le 1er assistant de la FSSPX. Même s’il ne s’agit là que d’un extrait, celui-ci est suffisamment significatif pour que nous nous y arrêtions.


En ce type de documents – il s’agit d’une déclaration doctrinale – chaque mot compte. Seule une analyse linéaire permet d’aborder à sa juste mesure la portée d’un tel texte, qui comporte trois grandes affirmations. Les deux premières énoncent des principes généraux, adaptés à un cas particulier dans la troisième.


1) L’entière Tradition de la foi catholique doit être le critère et le guide de compréhension des enseignements du Concile Vatican II. Cette première affirmation n’est pas sans lien avec la demande souvent réitérée de Mgr Lefebvre : que le concile soit lu à la lumière de la Tradition. Ces deux expressions s’équivalent-elles pour autant ?


A plusieurs reprises, l’ancien archevêque de Dakar avait précisé la portée d’une telle formule : que soient gardés les énoncés conformes à la Tradition, interprétés à la lumière de cette même Tradition les formules ambigües, et tout bonnement rejetés les affirmations qui lui sont contraires. Une telle explication laisse donc clairement entendre que Mgr Lefebvre ne considérait pas chaque affirmation du concile Vatican II comme un « enseignement » de l’Eglise. En effet, il est tout simplement interdit à l’âme catholique de rejeter un quelconque enseignement de l’Eglise, fusse-t-il exposé de façon non infaillible.


A l’inverse, la Déclaration admet comme « enseignements » tous les énoncés de Vatican II, restant simplement à en saisir la « compréhension ». Ces termes ne sont pas neutres. Parce qu’un enseignement de l’Eglise ne peut être remis en cause, ils impliquent l’acceptation globale des affirmations conciliaires, restant à en découvrir leur signification pour en avoir une juste compréhension. L’ajout de la grille de lecture avancée – l’entière Tradition de la foi catholique – n’enlève rien à cette reconnaissance, fondamentale pour la Rome d’aujourd’hui et fondamentalement nouvelle dans la bouche de représentants officiels de la FSSPX : les affirmations de Vatican II, prises globalement, sont des « enseignements » de l’Eglise.


Ce positionnement nouveau de la FSSPX n’a pas échappé aux interlocuteurs romains de Mgr Fellay, qui ont souligné le changement net de ton de ladite Fraternité à l’endroit du Concile. Ils ont laissé leur joie s’exprimer, tandis que ne pouvaient que pleurer ceux qui en conscience, ne peuvent admettre un tel changement d’attitude doctrinale.


Mais le plus grave reste à venir. La Déclaration doctrinale citée par M. l’abbé Pflüger ajoute : lequel [concile Vatican II] à son tour éclaire certains aspects de la vie et de la doctrine de l’Église, implicitement présents en elle, non encore formulés. Nous verrons demain les enjeux d’une telle formule, et son caractère profondément inacceptable.

Catholique Réfractaire: Analyse de la déclaration doctrinale (II)
« L’entière Tradition de la foi catholique doit être le critère et le guide de compréhension des enseignements du Concile Vatican II, lequel à son tour éclaire certains aspects de la vie et de la doctrine de l’Église, implicitement présents en elle, non encore formulés. Les affirmations du Concile Vatican II et du Magistère Pontifical postérieur relatifs à la relation entre l’Église catholique et les confessions chrétiennes non-catholiques doivent être comprises à la lumière de la Tradition entière. »


L’extrait de la Déclaration doctrinale que Menzigen a proposé à Rome le 15 avril dernier a déjà retenu notre attention hier. En sa première proposition, il admet comme « enseignements » de l’Eglise les affirmations de Vatican II prises dans leur globalité, « enseignements » qui néanmoins réclament une « compréhension » juste, rendue possible grâce au critère de la Tradition. Autant dire que, selon ladite Déclaration, le problème n’est pas tant le Concile lui-même que certaines interprétations erronées qui en sont données. Si Benoît XVI nous avait habitués à ces arguments ressassés et à peine dignes de la méthode Coué, nous les retrouvons pour la première fois – ô combien hélas ! – dans un texte officiel de la Fraternité Saint Pie X.


La nouveauté du discours éclate plus encore dans l’affirmation suivante : A son tour, [le Concile Vatican II] éclaire certains aspects de la vie et de la doctrine de l’Eglise, implicitement présents en elle, non encore formulés. Je suppose que les fils spirituels de Mgr Lefebvre, pour autant qu’ils aient un tant soit peu de mémoire, ne peuvent qu’être consternés devant une telle formule. Car en son temps, le fondateur de leur Fraternité avait un tout autre discours lorsqu’il couchait officiellement sur le papier son jugement sur le Concile, là aussi adressé à un Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, le Cardinal Ottaviani. C’était le 20 décembre 1966. La lettre serait à relire entièrement, n’en citons qu’un passage : 
tr_bq a écrit:
« Alors que le Concile se préparait à être une nuée lumineuse dans le monde d'aujourd'hui si l'on avait utilisé les textes préconciliaires dans lesquels on trouvait une profession solennelle de doctrine sûre au regard des problèmes modernes, on peut et on doit malheureusement affirmer que : d'une manière à peu près générale, lorsque le Concile a innové, il a ébranlé la certitude de vérités enseignées par le Magistère authentique de l'Eglise comme appartenant définitivement au trésor de la Tradition. »




Et Mgr Lefebvre de rentrer dans le détail : 
tr_bq a écrit:

« Qu’il s'agisse de la transmission de la juridiction des évêques, des deux sources de la Révélation, de l'inspiration scripturaire, de la nécessité de la grâce pour la justification, de la nécessité du baptême catholique, de la vie de la grâce chez les hérétiques, schismatiques et païens, des fins du mariage, de la liberté religieuse, des fins dernières, etc... Sur ces points fondamentaux, la doctrine traditionnelle était claire et enseignée unanimement dans les universités catholiques. Or, de nombreux textes du Concile sur ces vérités permettent désormais d'en douter. »



Après une telle énumération, que reste-t-il des grandes thèses conciliaires ? Quels sont ces « aspects de la vie et de la doctrine de l’Église » supposés être mis en lumière par Vatican II ? 


J’ai beau m’armer de bonne volonté pour tenter de les dégoter, j’avoue ne les point trouver. 


Certes la sacramentalité de l’épiscopat y a été déclarée pour la première fois. Mais même cette affirmation, qui déjà était communément admise, se trouve gravement assombrie par le Concile. Si celui-ci la mentionne, c’est afin d’avancer sa nouvelle doctrine sur la transmission de la juridiction épiscopale, contraire aux enseignements explicites de Pie XII. « Eclairage » avez-vous dit ? Ce langage n’est pas celui de Vérité. Il ne peut être celui de la Fraternité. 


Supposer l’éclairage réciproque de la Tradition et de Vatican II n’est qu’une fadaise, fruit de l’aveuglement si l’on écoute une dernière fois Mgr Lefebvre en sa déclaration de 1966 : « Ce serait nier l'évidence, se fermer les yeux que de ne pas affirmer courageusement que le Concile a permis à ceux qui professent les erreurs et les tendances [auparavant] condamnées par les Papes, de croire légitimement que leurs doctrines étaient désormais approuvées. »

Catholique Réfractaire: Analyse de la déclaration doctrinale (III)

« L’entière Tradition de la foi catholique doit être le critère et le guide de compréhension des enseignements du Concile Vatican II, lequel à son tour éclaire certains aspects de la vie et de la doctrine de l’Église, implicitement présents en elle, non encore formulés. Les affirmations du Concile Vatican II et du Magistère Pontifical postérieur relatifs à la relation entre l’Église catholique et les confessions chrétiennes non-catholiques doivent être comprises à la lumière de la Tradition entière. » 


Nos deux précédentes analyses ont manifesté la ligne en laquelle se situe le seul extrait actuellement connu de la Déclaration doctrinale rédigée en avril dernier par la FSSPX. Toutes les affirmations conciliaires y étant considérées comme des enseignements d’Eglise, la présente Déclaration soutient l’éclairage réciproque de la Tradition et de Vatican II, autrement dit fait sienne l’herméneutique de la continuité si chère à Benoît XVI. Reste à évaluer le réalisme de ce positionnement. La troisième proposition du présent extrait y aidera, d’autant plus qu’il concerne un point en délicatesse entre Rome et Menzingen : l’œcuménisme : « Les affirmations du Concile Vatican II et du Magistère Pontifical postérieur relatifs à la relation entre l’Église catholique et les confessions chrétiennes non-catholiques doivent être comprises à la lumière de la Tradition entière. » 


A la lecture de cette dernière phrase, une première question jaillit : pourquoi la question œcuménique est-elle la seule mentionnée ? L’affirmation conciliaire de la liberté religieuse, la transmission de la juridiction épiscopale, ou encore le statut du judaïsme actuel (bénéficiaire ou non de l’alliance salutaire de Dieu malgré son refus du Sauveur) ; plus profondément la nouvelle ecclésiologie délétère à l’origine de ces déviances conciliaires, toutes ces nouveautés et bien d’autres encore ne seraient-elles plus des points non négociables pour la FSSPX ? Non négociables, car relevant de la foi même de l’Eglise ? Que la bienveillance nous fasse admettre une autre thèse, même si elle n’apparaît pas en ces lignes. Supposons que la question œcuménique ne soit ici donnée qu’à titre d’exemple. 


En ces matières où la divergence engage la foi, la Déclaration demande d’accepter les « enseignements » de Vatican II pour les « comprendre » à la lumière de la Tradition. Textes à l’appui, nous ne pouvons que relever l’utopie. 


Comment admettre que l'Esprit du Christ, ne refuse se sert des communautés hérétiques ou schismatiques comme de moyens de salut (Vatican II, Unitatis Redintegratio, n°3 § 3) si l’on adhère au dogme catholique maintes fois défini par le Magistère de l’Eglise : hors de l’Eglise point de salut ? Parce que ces deux propositions sont contradictoires, elles s’excluent l’une l’autre, et l’on ne peut prétendre soutenir les deux, sauf à enlever aux mots leur signification – ce qui rend alors impossible toute profession de foi. 


Comment admettre l’enseignement du Magistère pontifical postérieur lorsqu’il affirme que tous les baptisés, catholiques ou non, sont tous vivifiés par le même et indivisible Esprit de Dieu (Jean-Paul II siège du Conseil Œcuménique des Eglises) sans remettre directement en cause la vérité la plus établie selon laquelle tout péché mortel – et qui plus est le péché mortel contre la foi qu’est le péché d’hérésie – fait perdre cette vie selon l’Esprit Saint (la grâce sanctifiante) ? Là encore, l’âme catholique est face à des propositions contradictoires en matière de foi, propositions contradictoires et donc inconciliables. 


Comment admettre que les évêques orthodoxes exercent une véritable juridiction sur leurs fidèles – enseignement commun par les tenants du Magistère depuis Vatican II – sans remettre directement en cause la foi de l’Eglise selon laquelle toute juridiction découle du Souverain Pontife qui en a seul la plénitude ? 


En ce seul domaine œcuménique, les exemples de ce genre pourraient être multipliés. La liste devrait s’allonger bien davantage s’il fallait relever tous les problèmes soulevés par les affirmations habituelles des tenants du Magistère depuis Vatican II. Comment par exemple admettre avec Benoît XVI (discours à la synagogue de Rome) que l’Ancienne Alliance demeure salvifique alors que saint Paul, dans ses épîtres aux Romains et aux Galates, affirme exactement l’inverse ? 


Ces quelques illustrations manifestent la véritable gravité de la Déclaration doctrinale envoyée à Rome en avril dernier. Elle exclut la possibilité de toute contradiction entre ces différentes affirmations, pour s’enfermer dans la voie d’une impossible herméneutique de continuité : il ne peut y avoir de développement homogène entre deux contradictoires. S’enfermer en cette logique n’est pas dommageable qu’à la seule Fraternité Saint Pie X. Elle est surtout dommageable au bien de la foi, et donc à l’Eglise tout entière.


Revenir en haut
Hugo
Membre

Hors ligne

Inscrit le: 27 Juil 2012
Messages: 136
Localisation: Andresy

MessagePosté le: Mar 12 Mar 2013, 11:35    Sujet du message: Brève réflexion sur le préambule doctrinal du 15 avril 2012 Répondre en citant

La crise que nous vivons, est certes affreuse. Elle emporte beaucoup d’âme. Mais elle a l’utilité de faire voir sa racine, que tôt ou tard il fallait identifier. Alors que la subversion est partout, on en perçoit l’épicentre : le cœur de la Foi est attaqué. Ce cœur a deux racines: les Ecritures et la Tradition, i. e. l’enseignement non écrit de NSJC. Or, dans cet épicentre de la tourmente actuelle réside la déformation de la Tradition. Cet œil du cyclone est le lieu de la corruption des Ecritures, des dogmes et de la liturgie.


Alors que la Tradition a toujours été définie et comprise par son côté objectif, à savoir : le dépôt non écrit et révélé aux Apôtres, on s’est avisé que le Magistère de l’Eglise étant chargé de la conservation du dépôt, il en était aussi l’interprète. Ce qui est vrai.
Mais, sous l’influence de l’immanentisme et de l’agnosticisme, on en est arrivé à ne tenir compte que de la fonction d’interprétation sans même la rattacher à ce qui avait déjà été interprété et sans tenir compte de l’objet à interpréter. Si bien que d’une notion objective de la Tradition, on est passé à une notion entièrement subjective et folle.  A preuve, l’affirmation du Magistère actuel estimant qu’il éclaire le Magistère antérieur, ce qu’il faut comprendre comme approuvant ou invalidant les documents des Conciles et des papes antérieurs à Vatican II. C’est pourquoi le Concile Vatican II a été donné par Paul VI comme plus important que celui de Nicée ; c’est pourquoi Gaudium et Spes a été jugé par le Card. Ratzinger comme un document légitime et pourtant contre le Syllabus de Pie IX, etc.



La notion de « Tradition vivante » signifie cette inversion de sens. Quant à la notion de «Tradition entière » que Mgr Fellay se risque à produire, elle est totalement inopérante, dangereuse, sans racine dans l’Ecriture ni même dans la vraie Tradition. Cette « entière Tradition », qu’on interprète comme on veut, est une scorie que charrie le flot actuel de la subversion. 


Revenir en haut
Visiter le site web du posteur
N.M.
Membre

Hors ligne

Inscrit le: 02 Aoû 2012
Messages: 217
Localisation: France

MessagePosté le: Mar 12 Mar 2013, 19:05    Sujet du message: Brève réflexion sur le préambule doctrinal du 15 avril 2012 Répondre en citant

Merci Hugo pour cette très profonde réflexion.

Concernant la Tradition, et les distinctions qu'il est nécessaire d'opérer, je vous soumets cette belle citation du Cardinal Journet :


« Le mot tradition, transmission, paradosis, a trois sens distincts. Il signifie : 1° la transmission par le Christ et les apôtres d’une révélation faite à l’Église primitive (sens actif), et le contenu de cette révélation (sens passif) ; 2° cette première transmission s’étant faite par voie orale ou écrite, prend le nom de Tradition dans le premier cas et d’Écriture dans le second ; 3° la transmission du dépôt divinement révélé, clos à la mort du dernier apôtre, est confiée au magistère divinement assisté pour le garder et le désenvelopper. »
Cardinal Journet, L’Église du Verbe Incarné, t. III, rééd. 2000, p. 1072, note 88.

Autrement dit, il faut distinguer :

1) La Tradition divino-apostolique qui est au sens passif le Dépôt de la Révélation, et au sens actif la transmission de ce Dépôt par le Christ et les Apôtres, divinement inspirés, après la Pentecôte (jusqu'à la mort de saint Jean ;

2) La Tradition orale - ou Tradition au sens strict - qui est cette partie du Dépôt de la Révélation que l'Eglise a reçue des Apôtres seulement par voie orale ;

3) La tradition ecclésiale, qui est la transmission par les successeurs des Apôtres du Dépôt de la Révélation clos avec la mort de saint Jean. Ce n'est plus l'Eglise révélante des Apôtres. C'est l'Eglise infailliblement transmettante des successeurs des Apôtres : nuance de taille. En un sens, il n'est pas du tout inexact de soutenir que cette tradition ecclésiale est vivante, au sens où l'Eglise progresse dans l'intelligence et dans la formulation du Dogme. C'est le fameux développement du Dogme : développement nécessairement homogène, car là où il n'y a plus homogénéité il n'y a plus la même chose.

Vatican II est venu subtilement réduire en miettes tout cela. Dei Verbum assimile les trois sens du mot tradition, de telle sorte que la Tradition divino-apostolique et la Tradition orale sont noyées dans la tradition ecclésiale. C'est la porte ouverte aux théories folles : progrès non pas dans l'intelligence et dans la formulation du Dogme, mais progrès de la Tradition divino-apostolique elle-même, au gré du cheminement  et de l'expérience du Peuple de Dieu. Et progrès qui n'est pas nécessairement homogène.

Cf. la thèse du Père de Lubac résumée par le Père Flick (Rapport d'introduction pour la seconde Semaine théologique, Université Grégorienne, 24-28 septembre 1955) :

"Les croyances ultérieures de l'Eglise ne doivent pas nécessairement être liées par un lien logique à ce qu'elle a toujours cru explicitement dès les premiers siècles."

Voilà la source du concept de "Tradition vivante".

Ajoutons également que Dei Verbum mine la doctrine des deux sources de la Révélation : Ecriture ET Tradition orale, ainsi que l'avait bien noté l'Abbé Georges de Nantes :

"Avant que le texte de Dei Verbum, une nouvelle fois remanié, soit définivement adopté, il y eut une dernière bataille, d'abord dans l'aula puis dans la Commission constituée pour examiner, rejeter ou intégrer les amendements des Pères. [...] La plupart des modi présentés par les traditionalistes commencèrent par être repoussés, au nom d'un prétendu "équilibre textuel" déjà atteint.

"Mais il en restait un, présenté par cent onze Pères, visant à définir la complémentarité de l'Ecriture et de la Tradition [orale] : "Latius patet Traditio quam Scriptura." Oui ! La Tradition est plus ouverte, a une étendue plus grande que l'Ecriture. Pour fonder par exemple la foi en l'Assomption de la Sainte Mère de Dieu...

"Si on maintenait cette vérité, la doctrine traditionnelle était sauve [sur ce point], et les observateurs protestants n'avaient plus qu'à se soumettre ou à se retirer. Si, au contraire, comme le réclamaient les réformistes, le Concile établissait que la Tradition n'enseigne rien d'autre que ce qui est dans l'Ecriture, ils triomphaient.

"Le pape [?] Paul VI, saisi de la difficulté, trouva la manière de dirimer le conflit... en faveur des réformistes. Au texte ancien, sans ambiguïté : "L'Eglise ne tire pas de la seule Ecriture sainte le contenu total de la Révélation", il ajouta un mot : "ne tire pas de la seule Ecriture sainte SA CERTITUDE sur le contenu total de la Révélation." Il voulait dire : je suis d'accord avec les protestants, la Tradition n'enseigne rien de plus que l'Ecriture, mais si on veut être parfaitement sûr de ce que l'Ecriture sainte nous enseigne, il faut avoir l'aide extérieure de l'Eglise, le témoignage de la Tradition [assimilation entre la Tradition orale et la tradition ecclésiale]."

Abbé Georges de Nantes & Frère Bruno Bonnet-Eymard, Préparer Vatican III, éd. de la CRC, 2011, pp. 54-55.

Autrement dit, Dei Verbum affirme que le contenu total du Dépôt de la Révélation est dans la sainte Ecriture, ce qui n'est pas admissible.

"Quand on déterminera les rapports de l’Écriture et de la Tradition entendue en ce deuxième sens [Tradition orale], on dira : certaines révélations ont pu être transmises à l’Église primitive par la Tradition seule ; d’autres, par l’Écriture seule ; et la majeure partie, par la Tradition et l’Écriture à la fois : saint Paul rappelle par écrit dans sa lettre aux Corinthiens ce qu’il leur avait dit auparavant oralement (I Cor., XV, 1)."

Cardinal Journet, « Dépôt divinement révélé et magistère divinement assisté », in Nova et Vetera, juillet-décembre 1950, reproduit in Œuvres complètes, t. XII, 2011, pp. 585.

Il y a bien une partie de la divine Révélation qui se trouve seulement dans la Tradition orale. Pour reprendre l'exemple donné par l'Abbé de Nantes, il est impossible de croire de foi divine à l'Assomption de la Bienheureuse Vierge Marie - c'est-à-dire de croire que cette proposition appartient au Dépôt de la Révélation - s'il n'existe pas de vérités révélées qui appartiennent seulement à la Tradition orale et pas à l'Ecriture sainte. En effet, où est consignée l'Assomption dans les saintes Ecritures ?

La Tradition selon Vatican II et les pontifes postconciliaires, c'est justement la ruine de la Tradition, dans tous les sens du terme.

Mgr Fellay joue avec le feu.

  


Revenir en haut
Hugo
Membre

Hors ligne

Inscrit le: 27 Juil 2012
Messages: 136
Localisation: Andresy

MessagePosté le: Mar 12 Mar 2013, 21:45    Sujet du message: Brève réflexion sur le préambule doctrinal du 15 avril 2012 Répondre en citant

Un grand merci, NM, pour ce complément d’information.
Si, d’une part, on accepte l’affirmation selon laquelle «  Les croyances ultérieures de l'Eglise ne doivent pas nécessairement être liées par un lien logique à ce qu'elle a toujours cru explicitement dès les premiers siècles », c’est que la Foi s’est développée selon un processus distinct de l’histoire, comme le croyait Loisy. Ainsi obtient-on la séparation entre vérités de Foi et vérités historiques, entre le Christ de la Foi et le Christ historique (ex : Le Christ est mort en Croix = vérité historique ; le Christ est ressuscité le troisième jour = vérité de Foi). D’où la possibilité, pour le Card. Ratzinger de professer des affirmations sans liens logiques avec la foi des premiers siècles. On lit, dans Foi chrétienne hier et aujourd’hui 1968 réédité en 2005 : «Parler d’ascension au ciel ou de descente aux enfers reflète aux yeux de notre génération éveillée par la critique de Bultmann cette image du monde à trois étages que nous appelons mythique et que nous considérons comme définitivement périmée ». Nous avons donc là un exemple de « Tradition vivante », qui est en fait la foi moderniste,  que nous désignerons par le chiffre 1
Par ailleurs, lorsque Mgr Müller, Préfet de la Congrégation pour la Foi, met en doute la Virginité perpétuelle de Marie, cela vient du fait, comme l’a précisé Paul VI, que l’Eglise « ne tire pas de la seule Ecriture sainte sa certitude sur le contenu total de la Révélation. » Pour lui, le contenu total de la Révélation est incertain. Attitude que nous désignerons par le chiffre 2.
Autrement dit : coexistent, juxtaposés, modernisme (1) et protestantisme (2). Quant à la Foi traditionnelle, elle est éliminée. « L’entière Tradition » de Mgr Fellay vient ajouter au désordre, car elle se comprend, dans le contexte de la déclaration « doctrinale », comme englobant à la fois le magistère actuel et le magistère ante-conciliaire. 


Revenir en haut
Visiter le site web du posteur
tom
Membre

Hors ligne

Inscrit le: 17 Déc 2012
Messages: 199

MessagePosté le: Mer 13 Mar 2013, 00:20    Sujet du message: Brève réflexion sur le préambule doctrinal du 15 avril 2012 Répondre en citant

De tout ce que vous évoquez, il y a une chose encore plus simple même pour un esprit parfois complexe (comme celui de Mgr Fellay) : comment la FSSPX fera, en cas d'accord, la synthèse entre les analyses du cardinal Ratzinger et le serment antimoderniste qu'il me semblait que tous les membres de la FSSPX devaient prêter. Il n'est tout simplement pas possible dé décliner un accord avec des fondamentaux qui lui sont totalement opposés. 
On peut signer tous les accords, tous les préambules, mais comment vont-ils s'appliquer concrètement ? 
Cela reste pour moi un mystère total que les points suivants se conjuguent avec la vision actuelle des autorités de l'Eglise   Exclamation
 
Citation:
 Deuxièmement, j'admets et je reconnais les preuves extérieures de la Révélation...particulièrement les miracles et les prophéties comme des signes très certains de l'origine divine de la religion chrétienne et je tiens qu'ils sont tout à fait adaptés à l'intelligence de tous les temps et de tous les hommes...
Citation:
 Quatrièmement, je reçois sincèrement la doctrine de la foi transmise les apôtres jusqu'à nous toujours dans le même sens et dans la même interprétation par les pères orthodoxes ; pour cette raison, je rejette absolument l'invention hérétique de l'évolution des dogmes... Je condamne également toute... invention philosophique ou une création de la conscience humaine, formée peu à peu par l'effort humain et qu'un progrès indéfini perfectionnerait à l'avenir.
Citation:

 De même, je réprouve l'erreur de ceux qui affirment que la foi proposée par l'Eglise peut être en contradiction avec l'histoire, et que les dogmes catholiques, au sens où on les comprend aujourd'hui, ne peuvent être mis d'accord avec une connaissance plus exacte des origines de la religion chrétienne.Je condamne et rejette aussi l'opinion de ceux qui disent que le chrétien savant revêt une double personnalité, celle du croyant et celle de l'historien, comme s'il était permis à l'historien de tenir ce qui contredit la foi du croyant, ou de poser des prémices d'où il suivra que les dogmes sont faux ou douteux, pourvu que ces dogmes ne soient pas niés directement. Je réprouve également la manière de juger et d'interpréter l'Ecriture sainte qui, dédaignant la tradition de l'Eglise, l'analogie de la foi et les règles du Siège apostolique, s'attache aux inventions des rationalistes et adopte la critique textuelle comme unique et souveraine règle, avec autant de dérèglement que de témérité.

 


Revenir en haut
Hugo
Membre

Hors ligne

Inscrit le: 27 Juil 2012
Messages: 136
Localisation: Andresy

MessagePosté le: Mer 13 Mar 2013, 12:10    Sujet du message: Brève réflexion sur le préambule doctrinal du 15 avril 2012 Répondre en citant

Très très bien !  En quittant le droit chemin, on tombe dans les contradictions.  Que de reniements pour un ralliement ! 

Revenir en haut
Visiter le site web du posteur
Gentiloup
Admin

Hors ligne

Inscrit le: 21 Juin 2012
Messages: 2 884

MessagePosté le: Mer 13 Mar 2013, 14:15    Sujet du message: Brève réflexion sur le préambule doctrinal du 15 avril 2012 Répondre en citant

Oui, excellent Tom! Le fond du problème est là, ce sont deux religions différentes et inconciliables, c'est bien pourquoi Mgr Lefebvre et jusqu'au chapitre de 2006 inclus, la FSSPX avait toujours exigé un accord doctrinal (sur la foi) avant tout accord canonique, juridique, pratique, quelque soit le nom qu'on lui donne, il ne s'agit qu'un accord de forme et non un accord de fond.

Or comment s'intégrer dans une forme étrangère au fond sans renier le fond?


Revenir en haut
Gentiloup
Admin

Hors ligne

Inscrit le: 21 Juin 2012
Messages: 2 884

MessagePosté le: Jeu 14 Mar 2013, 01:37    Sujet du message: Brève réflexion sur le préambule doctrinal du 15 avril 2012 Répondre en citant

Un grand merci à Tom qui a assuré la traduction du français en anglais de cette brève mais très claire critique de la Déclaration doctrinale. Okay

Revenir en haut
Contenu Sponsorisé






MessagePosté le: Aujourd’hui à 03:35    Sujet du message: Brève réflexion sur le préambule doctrinal du 15 avril 2012

Revenir en haut
Montrer les messages depuis:   
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    Un évêque s'est levé! Index du Forum -> FORUM -> LE FORUM OUVERT AUX DISCUSSIONS Toutes les heures sont au format GMT + 1 Heure
Page 1 sur 1

 
Sauter vers:  

Index | creer un forum gratuit | Forum gratuit d’entraide | Annuaire des forums gratuits | Signaler une violation | Conditions générales d'utilisation
Powered by phpBB © 2001, 2005 phpBB Group
Traduction par : phpBB-fr.com