Un évêque s'est levé!  Index du Forum

Un évêque s'est levé!
Forum

 FAQFAQ   RechercherRechercher   MembresMembres   GroupesGroupes   S’enregistrerS’enregistrer 
 ProfilProfil   Se connecter pour vérifier ses messages privésSe connecter pour vérifier ses messages privés   ConnexionConnexion 



 SOUTIEN A NOS EVÊQUES, PRÊTRES, RELIGIEUX, RELIGIEUSES REFRACTAIRES 


           
témoignage d'une garde à vue lors de la manifestation

 
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    Un évêque s'est levé! Index du Forum -> FORUM -> LE FORUM OUVERT AUX DISCUSSIONS
Sujet précédent :: Sujet suivant  
Auteur Message
Le Précurseur
Membre

Hors ligne

Inscrit le: 21 Juin 2012
Messages: 146
Localisation: Ploermel

MessagePosté le: Ven 31 Mai 2013, 18:10    Sujet du message: témoignage d'une garde à vue lors de la manifestation Répondre en citant

Voilà le témoignage de ce qu’a vécu ma fille Laure !

"Fin de soirée de la Manif pour tous : après les attroupements, avec une dizaine d'amis nous somme assis aux pieds des CRS à chanter, discuter et rigoler.

Puis d'un seul coup, sans sommation, les CRS fondent sur nous en filet et nous attrapent tous.

23h15: fouille : vider les poches, renifler les paquets de cigarettes, palpation complète. Départ pour le bus escorté chacun par un CRS.

Dans le bus, nous retrouvons beaucoup d'amis qui ont été arrêtés un peu plus loin. Conduite pas très convenable (freinages très brusques pour faire tomber tous les terroristes casseurs violents), gazage quand il y a trop de bruit, attente pendant un très long moment, tous bien entassés dans ce bus, rue de l'évangile.

A la descente du bus, de nouveau fouillés, puis lâchés dans le "camp de concentration" (espace clôturé avec du barbelé roulé en haut, attente de plus de 2h1/2 dans le froid). Certains essaient de dormir sur le bitume, d'autres chantent, d'autres discutent.

Prise d'identité : le policier a été très surpris quand je suis arrivée en lui disant "bonjour monsieur". Attente dans un couloir du commissariat d'une heure avant d'être appelée à 4h pour être envoyée dans le commissariat du 7ème sous les Invalides où nous sommes arrivés à 4h30. Retour à la case départ !

Dans le 7eme, tous assis sur un banc à attendre qu'on nous fouille et qu'on nous retire nos effets personnels (Heureusement qu'un des méchants terroristes m’a donné un sweat sinon j'aurais été sans rien sur le dos ( juste mon soutien gorge), puis on nous enferme en cellules (2 matelas pour 4 du coté filles, pas de couverture). Les policiers parlaient entre-eux et disaient : "on les a arrêté leur 300. Ils ne vont pas nous obliger à les interroger ? On voit bien que ce ne sont pas des terroristes ! Et puis on a autre chose à faire !
Vers 8h30, le petit dej arrive!!! une brique de jus d'orange. Première personne à faire sa déposition à 12h (moi en l'occurrence) pdt 3/4d'h.
Les clefs de la cellule n'étant plus à leur place, j'ai été menottée au banc.
Pause dej, pâtes au basilic, réclamation pour avoir de l'eau qui n'est jamais venue.
Ré-appelée pour prendre les empreintes et les photos (de toute beauté après une nuit blanche et déjà 13h de GAV) pour le fichier. On me signifie que mon signalement sera gardé pendant un an et qu'au prochain "faux pas" le sursis tombera !

Retour en cellule, et au suivant!

Fin de GAV à 16h30.

Laure, 22 ans"


Le lundi matin, en partant travailler, j'entendais aux infos que 300 jeunes, violents et extrémistes, avaient été mis en garde à vue. Intérieurement, je pestais à l'idée qu'une minorité gache ce mouvement de 500 000 personnes pacifiques et déterminées.

Le témoignage de ma fille, et tous ceux que j'ai lu, montrent que l'information est tronquée et manipulée. Ces 300 jeunes, pris au hasard, ont été arrêtés, sur ordre du gouvernement.

Que ce qu'a vécu Laure serve à informer sur la manipulation d'opinion dont se rend coupable notre "démocratie" ?

Bien amicalement à tous


Revenir en haut
Publicité






MessagePosté le: Ven 31 Mai 2013, 18:10    Sujet du message: Publicité

PublicitéSupprimer les publicités ?
Revenir en haut
Gentiloup
Admin

Hors ligne

Inscrit le: 21 Juin 2012
Messages: 2 884

MessagePosté le: Ven 31 Mai 2013, 20:20    Sujet du message: témoignage d'une garde à vue lors de la manifestation Répondre en citant

Merci Précurseur pour le témoignage de cette jeune-fille de vos connaissances.
Voici un autre témoignage d'une autre sorte mais qui va dans le même sens:
[media] Un avocat remet en place des policiers qui violent la loi, mais non sans difficulté et insistance.
C'est une vidéo du Point, elle ne peut donc pas être exportée sur le forum. Elle est accompagnée d'un petit texte, mais la vidéo est très parlante:


31 mai 2013

   
La police profite de l’ignorance des gens et de son impunité pour violer elle-même la loi comme on l’a vu souvent ces temps-ci (voir le communiqué du Renouveau français précédemment, avec son directeur arrêté préventivement !).
Mais quand un avocat en tenue et en train de filmer leur rappelle la loi, ils finissent par céder, comme on le voit ci-dessous, quand maître Jérôme Triomphe fait libérer des jeunes interpellés pour port d’un sweat « manif pour tous ».   


Dernière édition par Gentiloup le Sam 1 Juin 2013, 13:14; édité 2 fois
Revenir en haut
AupiedelaCroix
Membre

Hors ligne

Inscrit le: 31 Aoû 2012
Messages: 285

MessagePosté le: Ven 31 Mai 2013, 20:47    Sujet du message: témoignage d'une garde à vue lors de la manifestation Répondre en citant

La police était très active autour du Palais de Justice, et les avocats aussi... C'est de plus en plus suspect d'être des honnêtes gens... La police ne peut pas être partout... Bannir
J'ai reçu cet article sans la source dans ma messagerie: 
Citation:
Trois jeunes filles arrêtées pour port de sweat Manif Pour Tous à proximité de la Saint Chapelle C’est l’histoire de trois copines qui voulaient simplement visiter la Sainte Chapelle…

Comme il faisait beau et doux, dans la file d’attente pour rentrer dans la Sainte Chapelle, l’une d’entre elle enleva son manteau et apparu avec un sweat rose. Et alors me diriez-vous ? Mais le sweat abordait une famille : un papa une maman et deux enfants !!!! Alors qu’elles faisaient la queue comme tout le monde, elles se sont vu entourées par trois CRS : « Mesdemoiselles veuillez nous suivre ! ». Entrainées à l’ écart de la foule de touristes qui ouvraient de grands yeux, elles ont attendu plus d’une heure. Quoi ? Qui ? Mystère. Après le contrôle d’identité de rigueur, la relève est arrivée. Une vingtaine de gars musclés

(CRS) pour trois jeunes filles, cela fait une belle …et ridicule escorte ! L’un d’eux a tout de même eu l’intelligence de le reconnaitre et la moitié des CRS sont repartis ailleurs !! Trois autres personnes ont ensuite rejoint la fête, la raison de leur interpellation? Ils avaient serré la main à une personne repérée par la police comme un dangereux manifestant… (On était à proximité du palais de justice avec les comparutions en cours des dangereux casseurs d’extrême droite de Manuel Gaz !) Fouillées, puis mis dans le fourgon, une des trois copines appela son avocat, celui-ci (Me Triomphe) qui était alors dans le palais de justice juste à côté en train de s’occuper des comparutions en cours, débarqua avec Me Pichon et il n’eut pas besoin de beaucoup de temps pour réduire à néant cette arrestation sans motif…Il ouvrit alors les portes du fourgon en clamant haut et fort à la presse alentour: « Mesdemoiselles vous êtes libres d’aller vous promenez où bon vous semble : ». Libérés les jeunes gens suivirent l’avocat qui fit une

Citation:

déclaration à la presse, portant plainte pour abus de pouvoir, pour arrestation non justifiée!! Le groupe se sépara, mais les trois copines n’avaient toujours pas visité la Sainte Chapelle… contournant la ruelle pour prendre l’autre entrée, elles rencontrèrent après les CRS, les gendarmes: « Mesdemoiselles, contrôle d’identité!!! » Et de nouveau elles durent attendre. Finalement le chef arriva et elles purent passer, au bout de 20 minutes, on leur dit cependant: « il vous sera interdit de visiter la Sainte Chapelle, enfin, à vos risques et péril… » Trois heures à essayer de rentrer dans la Sainte Chapelle: c’est long la file d’attente!!! Et tout cela pour se voir interdire l’entrée d’un lieu public!! Comme quoi aujourd’hui si vous voulez vraiment visiter Paris surveillez votre tenue…



Revenir en haut
DEO GRATIAS
Membre

Hors ligne

Inscrit le: 03 Juil 2012
Messages: 214

MessagePosté le: Ven 31 Mai 2013, 22:00    Sujet du message: témoignage d'une garde à vue lors de la manifestation Répondre en citant


 
Citation:
Témoignage d’une jeune gardée à vuemai30 par jjdandrault
 
Une de mes amies, restée sur place après la manifestation de dimanche, a été envoyée en garde à vue sans ménagements, alors qu’elle n’avait fait qu’assister passivement aux événements. Je lui ai proposé de publier son témoignage, que voici. Même s’il n’est qu’une vision personnelle, il donne une idée de la répression que beaucoup, même parmi les pro-mariage pour tous trouvent scandaleuse.Témoignage d’une jeune gardée à vue
La manifestation contre le mariage pour tous se termina vers 19h30, et ce fut ensuite vraiment la guerre entre certains manifestants et la police. La police attaquait les manifestants avec des bombes lacrymo, et, parallèlement, des bouteilles de bière et des pétards étaient lancés sur les CRS. J’ai l’impression qu’il y avait quelques manifestants franchement excités qui voulaient montrer qu’ils n’accepteraient jamais la loi Taubira, mais qu’il y avait aussi des provocateurs de la police, des flics en civil, aisément reconnaissables.
À partir de 22h, le nombre de manifestants a largement diminué, mais ça restait hyper pacifique dans l’ensemble. Moi, je discutais tranquillement avec un ami en attendant que la rue de l’université, bloquée par un important barrage de CRS, soit ouverte pour pouvoir quitter l’esplanade des Invalides. Un groupe s’était formé et attendait assis sur le trottoir en train de gentiment chanter des chants, comme « Santiano » par exemple. On a alors voulu s’approcher du groupe mais, soudain, des flics en civil se sont énervés, je me suis alors fait violemment projeter en avant, j’ai couru suivant le mouvement de foule pour m’échapper, mais un barrage de CRS nous coupait la route et nous ordonna d’aller de l’autre côté pour partir. Cependant, une fois de l’autre côté, ils nous dirent la même chose, c’était donc trop tard, nous étions encerclés ! J’ai perdu mon ami au moment ou les flics en civil m’ont poussé, et j’ai appris plus tard qu’il s’était fait très violemment tabasser …
 
Il y a alors deux bus qui sont arrivés. Nous avons été forcés d’y monter. Une fois dans le bus, alors que l’ambiance était bon enfant et que les manifestants restaient joyeux, calmes et souriants, malgré la fatigue et l’énervement dus à une GAV sans raison, les policiers nous gazaient pour qu’on fasse moins de bruit !J’ai été particulièrement frappée par la violence des CRS lorsque des jeunes filles qui nous encourageaient joyeusement lorsque nous sommes passés en bus devant elles furent violemment projetées contre le sol de la route par des flics en civil !
Nous sommes alors allés au commissariat rue de l’Evangile, où nous avons passé une grande partie de la nuit dehors, en attendant d’être mis en garde à vue. Nous chantions des chants pour faire passer le temps et rester éveillés.
Nous avons ensuite été dispersés dans différents commissariat de Paris et de banlieue, le mien était celui des Invalides. Une fois là bas, j’ai été mise dans une cellule avec trois autres jeunes filles, nous avions deux matelas pour quatre, nous nous gelions, c’était définitivement impossible de dormir, bref, une bonne nuit blanche, offerte généreusement par la préfecture de police !
Puis, nous avons été auditionné chacune notre tour et nous avons du suivre toutes les procédures comme la prise d’empreinte, les photos … Avant d’être libérés, le procureur de la république devait valider notre audition. C’était vraiment important, puisqu’on menaçait la République ! Or, entre 17h et 18h, mes amies ont toutes été libérées, alors que je ne l’étais toujours pas. Les garçons de la cellule d’à côté étaient eux aussi partis, je me sentais bien seule avec comme seuls compagnons des murs blancs très sales, des barreaux, le froid et la faim …
À un moment, une policière est passée, je lui ai alors demandé pourquoi je n’étais pas libéré comme les autres, elle m’a répondu « je ne sais pas, c’est peut-être à cause de votre passé judiciaire » et elle a ajouté que ma garde à vue serait peut être prolongée de 24h, rien de bien rassurant … D’ailleurs, elle avait raison, j’ai un énorme passé judiciaire, il s’appelle : néant ! Les larmes qui coulaient sur mes joues face à la solitude, la fatigue d’une nuit sans dormir et l’injustice profonde que je pouvais ressentir ne sembla en rien l’apitoyer … J’ai lu après-coup sur internet que :
Citation:
« hormis pour certaines infractions, la durée maximale d’une garde à vue est en principe fixée à 24 heures. Cependant, elle peut être prolongée de 24 heures supplémentaires lorsque le délit ou le crime concerné est puni d’une peine supérieure à un an d’emprisonnement. »


J’ai donc compris pourquoi elle m’avait menacé de prolonger ma peine de 24h. C’est évident que le fait d’avoir discuté avec un ami au mauvais endroit devait être puni d’au moins un an d’emprisonnement ! Quelle cruche ! Mais c’est quoi ce pays ?
 
Vers 21h00, après avoir fortement tapé sur la vitre pour qu’un policier daigne venir me voir, j’ai demandé mon portable à une policière pour prévenir mes parents pour éviter qu’ils ne s’inquiètent. Elle m’a dit qu’elle allait se renseigner, mais elle n’est jamais revenue. Merci, madame la policière !Vers 21h30, on m’a dit que j’allais enfin pouvoir sortir, mais c’est seulement vers 22h30 qu’ils m’ont relâché, après m’avoir à nouveau posé quelques questions.
Au final, j’ai donc passé 23h en garde à vue, alors que mon seul délit reste d’être allé au mauvais endroit au mauvais moment. Il m’importe ici de rappeler que cet endroit, l’esplanade des Invalides, reste un espace public quoi qu’il advienne ! Mais quelles étaient les consignes données aux CRS ?



Disproportion ?


 


Je ne sais pas si c'est bien de manifester mais ce qui est sûr c'est qu'on est en pleine dictature: répression, propagande, désinformation!



 
 


Revenir en haut
Prague
Membre

Hors ligne

Inscrit le: 17 Oct 2012
Messages: 169

MessagePosté le: Ven 31 Mai 2013, 22:04    Sujet du message: témoignage d'une garde à vue lors de la manifestation Répondre en citant

"Il est bien malheurex d'être opprimé, il n'y a de honte qu'à se soumettre!" Paroles d'un chant chouan.

Revenir en haut
DEO GRATIAS
Membre

Hors ligne

Inscrit le: 03 Juil 2012
Messages: 214

MessagePosté le: Ven 31 Mai 2013, 22:16    Sujet du message: témoignage d'une garde à vue lors de la manifestation Répondre en citant

anti « mariage » homosexuel



 
Citation:
Le ministre de l’intérieur était en déplacement à Bordeaux et logeait cette nuit à l’hôtel de la préfecture. Vers 05h30 ce matin, plusieurs dizaines de jeunes sont venus le réveiller avant son départ pour Marseille, aux cris de « Valls démission », « Hollande ta loi on n’en veut pas » ou encore « dictature socialiste ». 

 
Les forces de l’ordre étaient en nombre, et dirigées par le commissaire Jean-Claude Borel-Garin (photo), elles avaient bouclé tout le quartier. Ce dernier n’a pas hésité à faire sortir les gazeuses face à des manifestants totalement pacifiques. 
Face à la pression des anti « mariage pour tous », les sorties en province des ministres sont désormais couvertes par d’importants dispositifs policiers. Le signe d’un gouvernement de plus en plus coupé du peuple ? 

INFO-BORDEAUX





 


Revenir en haut
Chouanne
Membre

Hors ligne

Inscrit le: 19 Juin 2012
Messages: 259

MessagePosté le: Sam 1 Juin 2013, 13:17    Sujet du message: témoignage d'une garde à vue lors de la manifestation Répondre en citant

Vendredi 31 mai 2013

Un détenu pendant 70 heures du 26 témoigne
   
   
 
   
   
Dimanche 26 mai, esplanade des Invalides, aux alentours de 20h30, la tension monte entre certains manifestants décidés à rester sur place le plus longtemps possible et des CRS ayant reçu ordre d'interpeller toute personne qui ne se soumettrait pas à la dispersion. Début des affrontements, jets de canettes et de pavés contre lacrymogènes et coups de tonfas.  
   
   
Je suis dans les premiers interpellés, vers 21h, des CRS m'embarquent, me font traverser la zone des affrontements, pour arriver derrière les barrières de camions et de boucliers. Un policier me regarde en répétant plusieurs fois « Toi, tu vas manger ! Toi, tu vas manger ! ». Ambiance... Je suis donc placé dans le bus destiné aux arrestations, en attendant qu'il se remplisse avant notre transfert dans le dépôt spécialement aménagé pour l'occasion dans le dix-huitième arrondissement. Transfert qui a lieu après environ deux heures d'attente. Peu avant minuit, notre mise en garde à vue nous est notifiée. Nous sommes alors une trentaine dans une grande cellule, en attente d'être répartis dans les différents commissariats de la ville, puisqu'il faudra trouver de la place pour environ trois cents personnes cette nuit !  
   
   
Dans mon cas, aucune violence ne m'est reprochée, mais je suis coupable d'un « refus de se soumettre à un ordre de dispersion ». On s'attend donc à quelques heures de garde à vue, avec une probable libération lundi en milieu de journée, et un rappel à la loi ; c'est ce qui semble le plus logique.  
   
   
Aux alentours de deux heures du matin, vient mon tour d'être placé dans une petite P.J. du dix-neuvième arrondissement, que nous remplissons à quatorze. Pour moi, la cellule n°3 : 1,5 mètre de large, 1,7 mètre de long, une banquette de 30 centimètre de large, dans laquelle nous sommes trois. Il est donc impossible de s'allonger sans devoir coller les genoux au torse, mais c'est bien ici que nous devrons dormir, une seule nuit nous l'espérons...  
   
   
Lundi matin, première surprise : il n'y aura pas de petit-déjeuner aujourd'hui, pour cause de « problèmes de livraison ». A onze heures du matin, c'est donc en n'ayant rien mangé depuis une vingtaine d'heures que commence ma première audition. Très rapidement, il se confirme que rien de particulier ne m'est reproché, si ce n'est d'avoir voulu rester aux Invalides après 20h. Sur les quatorze personnes en garde à vue dans cette P.J., nous sommes quatre dans ce cas-là, puisque les policiers avaient reçu l'ordre d'interpeller tout le monde. Les autres sont accusés de violences (jets de bouteilles), ou d'outrages. L'officier m'affirme qu'il n'y a effectivement pour moi aucun risque de jugement, mais qu'il n'a aucune idée de la suite de la procédure. Selon lui, l'affaire est « tellement politique » que le procureur reçoit ses ordres directement du ministre. Quatorze heures, premier repas. Les auditions continuent, une par personne, plus les rendez-vous avec les avocats et les médecins.  
   
   
C'est à dix-neuf heures que tombe la nouvelle : toutes les gardes à vue sont prolongées de 24h à la demande du procureur, pour permettre des confrontations avec les policiers nous ayant interpellés. Un seul sera finalement libéré dès ce soir, à cause de son âge : seize ans. Cette annonce porte un coup très rude à notre moral déjà bien affaibli par notre ignorance totale de ce qui se prépare. Quelques-uns pleurent en silence dans leurs cellules. Nous décidons de nous en remettre à la Sainte Vierge et récitons le chapelet, qui agit immédiatement sur nous pour nous redonner le courage et l'espérance nécessaires. Nous entamons donc notre deuxième nuit de détention à peu près assurés de notre libération après les confrontations, qui auront lieu en milieu de journée.  
   
   
La journée de mardi est exactement la même. C'est difficile de décrire ce que l'on ressent dans cette situation, mais l'impossibilité de connaître l'heure qu'il est, de marcher ne serait-ce que quelques pas, et de savoir quand l'on sortira pourrait faire craquer n'importe qui. Alors nous chantons. Toute la journée. Tout le répertoire scout et patriotique y passe, pour soutenir notre moral, ce qui arrange plutôt les gardiens, habitués à se faire insulter toute la journée par des délinquants. Mais nous, nous sommes bien plus dangereux : nous sommes opposés à la pensée unique. La surprise de la journée sera aujourd'hui d'être nourris par un repas périmé depuis presque trois semaines, foutus problèmes de livraison...  
   
   
Au fil des auditions et des confrontations, le brouillard tend à se dissiper un peu, et laisse place à une probabilité qui devient vite quasi-certitude : nous allons tous être déférés à la fin de nos 48h de garde à vue, certains pour être jugés, d'autres pour recevoir une « bonne leçon », leçon de démocratie j'imagine.  
   
   
Encore une fois, c'est à dix-neuf heures qu'arrive le petit papier du parquet, nous sommes effectivement tous déférés, nous serons transférés durant la nuit à la Conciergerie sur l'Ile de la Cité pour y rencontrer le procureur ou ses substituts. A nouveau, le moral défaille, à nouveau, nous nous remettons à la Vierge par le chapelet, à nouveau nous nous endormons dans l'inquiétude. La signature de la fin officielle de notre garde à vue à dix-neuf heures marque à la fois la fin de l'enquête, et le début d'une course contre-la-montre pour le parquet : il faut nous faire rencontrer un procureur ou substitut dans les vingt heures qui viennent (avant mercredi, quinze heures), pour éviter une annulation de toute la procédure, et donc une impossibilité totale de jugement.  
   
   
Pour moi, le camion vient me chercher à cinq heures du matin, nous constatons ainsi à quel point ils savent choisir les horaires les plus agréables, en plein milieu de la nuit. En sortant de la P.J., nous voyons le car qui va nous transporter : ce ne sont ni plus ni moins que des cages à l'arrière d'une camionnette. L'effarement est visible sur tous les visages, nous allons être transportés dans des cages, dans lesquelles la largeur d’épaules passe à peine, alors qu'il existe tant de camions avec de simples bancs ! L'humiliation est à son comble quand les policiers nous insultent en nous affirmant que nous faisons exprès de ne pas réussir à rentrer dedans, mais en forçant ça passe...  
   
   
Arrivée à la Conciergerie vers cinq heures trente du matin, et en cellule une demi-heure plus tard. A partir de maintenant, je n'aurais plus aucune nouvelle de personne, dans ma cellule, jusqu'à ce qu'un gendarme vienne me chercher, à quinze heures dix, pour aller voir le procureur. Pour moi, la libération doit donc être automatique, le délai est dépassé. Dans les « cellules d'attente » pour les différents rendez-vous (avocats, associations, juges, procureurs), je retrouve une vingtaine de camarades qui n'ont pas eu la même chance que moi : ils ont vu le procureur après 19h et 50 minutes, ce dernier les faisant passer deux par deux dans son bureau pour que le maximum d'entre nous puisse être jugé.  
   
   
Je finis par voir enfin le procureur à quinze heures quarante, qui me fait signer mon rappel à la loi, et me confirme ma libération. Quelle est la valeur de cette sanction donnée trop tard ? Aucune idée, mes pensées vont plutôt à ceux qui ont eu un rendez-vous express pour faire cesser le délai de 20 heures, et qui retournent en cellule en attente de leur jugement, prévu à vingt-deux heures trente...  
   
   
Je sors de la Conciergerie mercredi 29 mai à dix-sept heures, après 68 heures d'enfermement, dont 53 dans une cellule de garde à vue minuscule, libre enfin, et conscient que certains n'ont pas eu la même « chance » que moi.  
   
P.S. : il me semble important de préciser que tous les policiers ne sont pas à mettre dans le même sac. Il est évident que certains ont tout fait pour nous humilier et détruire nos capacités de résistance morale ; néanmoins, une bonne partie d'entre eux étaient réellement compatissants à notre égard, et plusieurs ont fait ce qu'ils ont pu pour rendre notre détention moins désagréable, et plus humaine. Ici, il s'agit plutôt de pointer du doigt un « système » politique et judiciaire, non pas des individus particuliers, en ne faisant pas croire que tous pensent et agissent de la même manière.    

 


Revenir en haut
Vladimir
Membre

Hors ligne

Inscrit le: 23 Déc 2012
Messages: 105

MessagePosté le: Sam 1 Juin 2013, 20:33    Sujet du message: témoignage d'une garde à vue lors de la manifestation Répondre en citant

J'ai bien aimé cette vidéo qui en dit long sur les provocateurs du pouvoir:  26 mai : quand les casseurs mettent leur brassard "police" (Salon Beige)


 


Revenir en haut
Croy
Membre

Hors ligne

Inscrit le: 29 Nov 2012
Messages: 120
Localisation: France

MessagePosté le: Dim 2 Juin 2013, 12:16    Sujet du message: La réinformation de la voix de la Russie Répondre en citant

 

 
Excellent reportage qui montre la vérité par opposition aux médias français  


Revenir en haut
Le Précurseur
Membre

Hors ligne

Inscrit le: 21 Juin 2012
Messages: 146
Localisation: Ploermel

MessagePosté le: Dim 2 Juin 2013, 14:29    Sujet du message: témoignage d'une garde à vue lors de la manifestation Répondre en citant

j'ai trouvé un texte de St Thomas d'Aquin qui convient parfaitement à notre sujet...Rien à ajouter !!!



 « Toute loi portée par les hommes n'a raison de loi que dans la mesure où elle découle de la loi naturelle. Si elle dévie en quelque point de la loi naturelle, ce n'est alors plus une loi mais une corruption de la loi. » (Saint Thomas d'Aquin, Somme théologique I, II, q 95, a 2). L'Eglise enseigne encore que « Si donc, b il arrive aux dirigeants d'édicter des lois ou de prendre des mesures contraires à l'ordre moral et, par conséquent, à la volonté divine, ces dispositions ne peuvent obliger les consciences (…) Bien plus, en pareil cas, l'autorité cesse d'être elle-même et dégénère en oppression. »


Revenir en haut
Bordelais
Membre

Hors ligne

Inscrit le: 20 Sep 2012
Messages: 78
Localisation: BORDEAUX

MessagePosté le: Lun 3 Juin 2013, 10:43    Sujet du message: témoignage d'une garde à vue lors de la manifestation Répondre en citant

Les témoignages que vous publiez sont vraiment édifiants. J'étais aussi présent aux Invalides, dimanche dernier. La manifestation s'est déroulée de manière parfaitement pacifique.
Les "débordements" ne sont intervenus que vers 20h, et sont l'expression der la colère du vrai peuple de France. Pas de "nervis d'extrême-droite" ou de crânes rasés dans les manifestants qui ont courageusement affrontés les forces du désordre. Beaucoup de jeunes gens et jeunes filles, désireux de faire entendre leur voix par ce pouvoir sourd et aveugle. Les flics en civil grouillaient également, ont-ils provoqués?, je ne sais pas, mais c'est probable. En tout cas, ils se sont montrés d'une grande violence. L'un des frères de la filleule de ma femme a été littéralement kidnappé de l'esplanade des Invalides par 3 policiers en civil, qui l'ont roués de coups de matraque télescopique, dans un recoin de l'esplanade. Le même jeune avait été interpellé le matin même, avec un groupe du Renouveau-Français, à la sortie de Saint-Nic.
Pour être resté sur place jusqu'à 22h15, j'ai pu constaté la grande détermination de la jeunesse de France, la vraie. Elle a su, à plusieurs reprises, faire reculer les flics, derniers gardiens du régime corrompu et pourris qui nous gouverne. Plusieurs abbés étaient également présents pour soutenir le moral des combattants, dont l'abbé de Tanouarn, dans les premières lignes. Un groupe du MJCF est également venu nous soutenir par la prière du chapelet et par des chants. Il semble que l'ensemble du groupe ait été interpellé.

Honte à ce gouvernement, notre détermination n'est que plus forte.
On ne lâche rien! Jamais.


Revenir en haut
Lucile


Hors ligne

Inscrit le: 29 Mai 2013
Messages: 65

MessagePosté le: Mar 4 Juin 2013, 09:14    Sujet du message: témoignage d'une garde à vue lors de la manifestation Répondre en citant




27/05/2013 en 2013 comme en 1904, les socialistes font des fiches sur les militaires
1904, 2013: Militaires cathos fichés : quand la République des loges renoue avec ses vieux démons
Sous la IIIe République, le scandale avait été si énorme, que le Gouvernement était tombé : tous les officiers de l'armée française qui allaient régulièrement à la messe avaient été fichés et « placardisés » sur la demande d'un gouvernement sous forte influence du Grand Orient de France. Sans tenir compte des compétences, les militaires fréquentant les loges verront leur carrière accélérée au détriment des catholiques pratiquants. Une promotion politique qui se révélera désastreuse et particulièrement meurtrière dès les premiers combats de 1914 avec des généraux francs-maçons et incompétents à la tête d'une armée en guerre.
Plus d'un siècle plus tard, l'histoire bégaie et l'actuel Gouvernement Ayrault qui compte un très grand nombre de ministre affiliés au GOF, semble renouer avec ces vilaines pratiques de fichages des « mal-pensants ».
 
On peut ainsi lire dans le Canard Enchaîné du 22 mai que deux enquêtes ont été diligentées auprès de la DCRI et la DPSD (Direction de la Protection et de la Sécurité de la Défense) pour repérer, au sein des armées, les militaires actifs dans le mouvement de la “Manif pour tous” ainsi que les sympathisants anti mariage gay. Le Gouvernement s'est dit troublé par la proportion d'enfants de militaires parmi les gardés à vue de ces dernières semaines, ainsi que par les informations confidentielles dont disposent les militants MLPT concernant notamment les déplacements des ministres sur le territoire. Cette double enquête de flicage révèle surtout l'inquiétude d'un Gouvernement aux abois, qui sent sa légitimité et sa politique contestées au cœur même de ses institutions régaliennes (police, gendarmerie, armée). Poursuivons le combat, maintenons la pression : surtout ne lâchons rien !
Source





Revenir en haut
Contenu Sponsorisé






MessagePosté le: Aujourd’hui à 23:34    Sujet du message: témoignage d'une garde à vue lors de la manifestation

Revenir en haut
Montrer les messages depuis:   
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    Un évêque s'est levé! Index du Forum -> FORUM -> LE FORUM OUVERT AUX DISCUSSIONS Toutes les heures sont au format GMT + 1 Heure
Page 1 sur 1

 
Sauter vers:  

Index | creer un forum gratuit | Forum gratuit d’entraide | Annuaire des forums gratuits | Signaler une violation | Conditions générales d'utilisation
Powered by phpBB © 2001, 2005 phpBB Group
Traduction par : phpBB-fr.com