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Le Motu Proprio sur "la messe extraordinaire" de Benoît XVI, est-il annulé par François?

 
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Gentiloup
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MessagePosté le: Lun 29 Juil 2013, 14:54    Sujet du message: Le Motu Proprio sur "la messe extraordinaire" de Benoît XVI, est-il annulé par François? Répondre en citant

Le Motu  Proprio Summorum Pontificum de Benoît XVI, sur la messe, serait-il annulé par François?              


Rappelons-nous. le Père Bugnini et Paul VI imposèrent la nouvelle messe protestantisée et maçonnisée, le 30 novembre 1969.
             
Jean-Paul II, son successeur, face à la résistance de la Tradition, allait promulguer l'indult de la  Lettre Quattor abhinc annos du 3 octobre 1984 qui permettait de façon très restrictive aux évêques diocésains d'autoriser la messe dans le rite traditionnel. (1)

Suite à la consécration de quatre évêques par Mgr Lefebvre, Jean-Paul II  avait promulgué le Motu Proprio Ecclesia Dei Adflicta, qui allait aboutir à la création de communautés ralliées (Notamment la Fraternité Saint-Pierre).

Puis dans le sillage du GREC (Groupe de Rencontre entre Catholiques) Benoît XVI allait promulguer le Motu proprio summurum pontificum du 07 07 2007 qui prétendait libérer la messe traditionnelle, en reconnaissant qu'elle n'avait jamais été supprimée(1) tout en précisant qu'il y aurait désormais deux rites: le rite nouveau et protestantisé appelé "ordinaire" et la messe tridentine baptisée "extraordinaire".
Cette étape était destinée à faire avancer le processus de ralliement de la Fraternité Saint-Pie X.

Cela pouvait sembler être un progrès et un retour vers la normale. En réalité le projet de Benoît XVI, disait-on, était de fondre les deux rites en un seul rite bâtard (solve et coagula). De nouveaux missels avaient même été annoncés. (2) Quoiqu'il en soit de ce projet, l'étape semble avoir été pulvérisée par François, ce dont on ne peut que se réjouir pour la clarté de la situation :
             
Selon Sandro Magister , dans un article intitulé "Pour la première fois François contredit Benoît",
 
Citation:


Un "décret a été publié, peu de temps avant le voyage du pape François au Brésil, par la Congrégation pour les Religieux, avec l'approbation explicite du pape lui-même (...)

Ce décret est daté du 11 juillet 2013, avec le numéro de protocole 52741/2012. Il porte la signature du préfet de la congrégation, le cardinal Joao Braz de Aviz, membre des Focolari, et celle du secrétaire de cette même congrégation, l'archevêque José Rodríguez Carballo, franciscain."

Braz de Aviz est le seul haut dirigeant de la curie qui soit de nationalité brésilienne, raison pour laquelle il a accompagné le pape François dans son voyage à Rio de Janeiro. Il a la réputation d’être progressiste, même si celle d’esprit brouillon lui correspond mieux. (...)

Rodríguez Carballo, en revanche, jouit de la pleine confiance du souverain pontife. Sa promotion au rang de numéro deux de la congrégation a été voulue par le pape François lui-même, au début de son pontificat.

Il est donc difficile de penser que le pape Bergoglio ne se serait pas rendu compte de ce qu’il approuvait lorsque le décret lui a été présenté avant d’être publié.

Le décret met un commissaire apostolique – en la personne du capucin Fidenzio Volpi – à la tête de toutes les communautés de la congrégation des Frères Franciscains de l'Immaculée.
Ce qui constitue déjà un motif d’étonnement. Parce que, parmi les communautés religieuses nées dans l’Église catholique au cours des dernières décennies, les Franciscains de l'Immaculée sont l’une des plus florissantes. Ils comportent des branches masculines et féminines, les vocations y sont nombreuses et jeunes et ils sont implantés sur plusieurs continents, avec entre autres une mission en Argentine.
Ils se veulent fidèles à la tradition, dans le plein respect du magistère de l’Église. C’est si vrai que, dans leurs communautés, ils célèbrent la messe aussi bien selon le rite ancien que selon le rite moderne, (...) appliquant ainsi l’esprit et la lettre du motu proprio "Summorum pontificum" de Benoît XVI.

Mais c’est précisément cela qui leur a été contesté par un noyau de dissidents internes. Ceux-ci ont fait appel aux autorités vaticanes pour se plaindre de la propension excessive de leur congrégation à célébrer la messe selon le rite ancien, ce qui aurait pour effet de créer des exclusions et des oppositions au sein des communautés, de miner l'unité interne et, pire encore, d’affaiblir le "sentire cum Ecclesia" (termes de Benoît XVI - NDLR).

Les autorités vaticanes ont réagi en envoyant, il y a un an, un visiteur apostolique. Et maintenant voici qu’un commissaire est nommé.
Mais ce sont les cinq dernières lignes du décret du 11 juillet qui suscitent le plus d’étonnement :

"En plus de ce qui est indiqué ci-dessus, le Saint Père François a décidé que tous les religieux de la congrégation des Frères Franciscains de l'Immaculée sont tenus de célébrer la liturgie selon le rite ordinaire et que, éventuellement, l'usage de la forme extraordinaire (Vetus Ordo) devra être explicitement autorisée [sic] par les autorités compétentes, pour tous les religieux et/ou communautés qui en feront la demande".


L’étonnement est dû au fait que ce qui est ainsi décrété contredit les dispositions prises par Benoît XVI. Celles-ci n’exigent, pour la célébration de la messe selon le rite ancien "sine populo", aucune demande préalable d’autorisation.



Cette étape nouvelle de la révolution conciliaire a  l'immense avantage de clarifier la situation.
Avec un tel décret on ne voit pas trop comment la Fraternité pourrait désormais se rallier à l'Eglise conciliaire. GL
__________________

(I) Cette messe [rite tridentin] avait été canonisée "A PERPETUITE", par saint Pie V qui fixe :
 
Citation:


sans que "SOUS PEINE DE NOTRE MALEDICTION", [...] "jamais rien ne soit ajouté, retranché ou modifié à notre missel que nous venons d'éditer. [...) Au nom de notre autorité apostolique, nous concédons et accordons que ce même missel pourra être suivi EN TOTALITE dans la messe chantée ou lue, DANS QUELQUE EGLISE QUE CE SOIT, sans aucun scrupule de conscience, et sans encourir aucune punition, condamnation ou cenusre, et qu'on pourra valablement l'utiliser librement et licitement, ET CELA A PERPETUITE. Et d'une façon analogue, nous avons décidé et déclarons que... les prêtres de quelque nom qu'ils sont désignés, ou les religieux de n'importe quel ordre, ne peuvent être tenus de célébrer la messe AUTREMENT QUE NOUS L'AVONS FIXE, et que JAMAIS ET EN AUCUN TEMPS, QUI QUE CE SOIT NE POURRA LES CONTRAINDRE ET LES FORCER A LAISSER CE MISSEL, OU A ABROGER LA PRESENTE INSTRUCTION, OU LA MODIFIER, MAIS QU'ELLE DEMEURERA TOUJOURS EN VIGUEUR ET VALIDE, DANS TOUTE SA FORCE [...] Si cependant, quelqu'un se permettait une telle altération, qu'il sache qu'il encourrait L'INDIGNATION DE DIEU TOUT-PUISSANT ET DE SES BIENHEUREUX APÔTRES PIERRE ET PAUL."

Saint Pie V, Bulle Quo primum tempore, donné à Rome, à Saint Pierre, l'an mil cinq cent soixante dix de l'Incarnation du Seigneur, la veille des ides de Juillet, en la cinquième année de notre Pontificat.




 (2)
Citation:
Vers un unique « missel de Benoît XVI » ?
Dans la pensée de Benoît XVI, la célébration publique du rite tridentin en de nombreux lieux ne peut qu’aider puissamment à mettre en œuvre sa conviction profonde : procéder à une "réforme de la réforme". Au-delà du rétablissement du droit du missel de Saint Pie V, le Motu Proprio Summorum Pontificum pourrait alors annoncer quelque chose comme un missel de Benoît XVI…



    

     


Dernière édition par Gentiloup le Sam 24 Aoû 2013, 04:09; édité 4 fois
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MessagePosté le: Lun 29 Juil 2013, 14:54    Sujet du message: Publicité

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Catharina TOP
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MessagePosté le: Lun 29 Juil 2013, 20:55    Sujet du message: Le Motu Proprio sur "la messe extraordinaire" de Benoît XVI, est-il annulé par François? Répondre en citant

SANDALS & FIDDLEBACKS
FRANCISCAN TRADITIONAL LATIN MASS



Franciscans of the Immaculate
 


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Croy
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MessagePosté le: Mar 30 Juil 2013, 13:34    Sujet du message: Le Motu Proprio sur "la messe extraordinaire" de Benoît XVI, est-il annulé par François? Répondre en citant

Oui, ce motu proprio était une tromperie. S'il était restreint ou annulé, les choses seraient clarifiées. Comment Mgr Fellay pourrait-il rallier la Fraternité si elle n'est même pas assurée de pouvoir dire exclusivement la messe de Saint-Pie V? Là il n'est même plus question de doctrine...
Rendez-vous compte si le ralliement avait eu lieu, maintenant il faudrait demander l'autorisation à l'évêque diocésain pour chaque messe...
Sur le forum Catholique Ennemond continue de faire comme si François était innocent...  


Merci Gentiloup pour l'extrait portant sur la canonisation de la Sainte Messe par Saint-Pie V. Je ne sais pas si les lecteurs y ont prêté attention, c'est en note. Mgr Lefebvre s'y référait souvent, on le voit dans sa biographie par Mgr Tissier de Mallerais, entre autre.


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Augustin
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MessagePosté le: Mar 30 Juil 2013, 14:22    Sujet du message: Le Motu Proprio sur "la messe extraordinaire" de Benoît XVI, est-il annulé par François? Répondre en citant

Juste une question : Les franciscains de l'Immaculée font partie des communautés Ecclesia Dei au même titre que la FSSP ou bien est elle indépendante ?

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Gentiloup
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MessagePosté le: Mar 30 Juil 2013, 14:32    Sujet du message: Le Motu Proprio sur "la messe extraordinaire" de Benoît XVI, est-il annulé par François? Répondre en citant

Voici Augustin un commentaire qui répond assez bien à votre question, vous remarquerez que les Frères Franciscains de l'Immaculée font bien partie des communautés Ecclesia Dei:


Citation:
Les principales mouvances ecclésiastiques séculières du traditionalisme


Le traditionalisme peut être divisé en trois mouvances ayant chacune ses caractéristiques. Il y a d'abord les instituts ou communautés traditionnelles Ecclesia Dei, directement rattachés au Saint-Siège, qui acceptent le concile Vatican II et qui reconnaissent pleinement l'autorité du pape. Ensuite, vient la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X, fondée par Mgr Lefebvre, dont le rapport à l'autorité romaine est ambigu et qui contestent tout ou partie des enseignements de Vatican II8. Enfin, la dernière mouvance est incarnée par les sédévacantistes qui refusent l'application de Vatican II mais aussi toute autorité romaine car ils ne reconnaissent, en général, aucun pape depuis Jean XXIII.
La mouvance « Ecclesia Dei » au sein de l'Église
Article détaillé : Commission pontificale « Ecclesia Dei ».
La première partie de la mouvance des fidèles traditionalistes, bénéficiant de l'indult Ecclesia Dei permettant l'utilisation du rite selon les livres liturgiques de 1962, réclame la lecture « à la lumière de la tradition » des textes du concile Vatican II et veut en « effectuer une critique sérieuse et constructive » en se référant notamment au discours du pape Benoît XVI du 22 décembre 2005. Ses composantes les plus importantes sont :
Les principales communautés séculières Les principaux ordres et abbayes ecclésiastiques réguliers
Il s'agit d'ordres religieux qui ont obtenu une autorisation toute particulière d'utiliser le rite tridentin au lendemain de Vatican II; ou bien ont fait de la résistance en utilisant l'ancien rite jusqu'à l'indult Quattuor abhinc Annos du 3 octobre 1984 du pape Jean-Paul II. Quel que soit leur cas d'origine, leur situation a été, généralement, régularisée par le motu proprio Ecclesia Dei de 1988. Cette régularisation, si besoin était, était aussi facilitée par le fait que les monastères et les abbayes ne dépendent pas des évêques, à la différence des laïcs.

Article complet ici

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Augustin
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Messages: 33
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MessagePosté le: Mar 30 Juil 2013, 14:49    Sujet du message: Le Motu Proprio sur "la messe extraordinaire" de Benoît XVI, est-il annulé par François? Répondre en citant

Merci beaucoup Gentiloup pour votre réponse, je ne vous en demandez pas autant !  

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Gentiloup
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MessagePosté le: Mar 30 Juil 2013, 15:50    Sujet du message: Le Motu Proprio sur "la messe extraordinaire" de Benoît XVI, est-il annulé par François? Répondre en citant

Voici le décret en anglais paru sur Rorate Caeli, traduit de l'italien, le dernier paragraphe qui contredit Summorum Pntificum a été repris de façon très exact par Sandro Magister:

"En plus de ce qui est indiqué ci-dessus, le Saint Père François a décidé que tous les religieux de la congrégation des Frères Franciscains de l'Immaculée sont tenus de célébrer la liturgie selon le rite ordinaire et que, éventuellement, l'usage de la forme extraordinaire (Vetus Ordo) devra être explicitement autorisée [sic] par les autorités compétentes, pour tous les religieux et/ou communautés qui en feront la demande".


 
Citation:
UPDATE - TEXT OF THE DECREE

The text of the decree in Italian is transcribed below. The last paragraph, with the specific papal order abrogating Summorum Pontificum for the priests of the FFI, is exactly as reported by Magister.

Full text (Italian - source Messa in Latino):



CONGREGATIO
PRO INSTITUTIS VITAE CONSECRATAE
ET SOCIETATIBUS VIATE APOSTOLICAE

PROT. N. 52741/2012

DECRETO


La Congregazione per gli Istituti di vita consacrata e la Società di vita apostolica, attese le consiedrazioni formulate nella Relazione presentata dal Rev.do Mons. Vito Angelo Todisco a conclusione della Visita Apostolica disposta con decreto del 5 luglio 2012, al fine di tutelare e promuovere l'unità interna degli Istituti religiosi e la comunione fraterna, l'adeguata formazione alla vita religiosa e consacrata, l'organizzazione delle attività apostoliche, la corretta gestione dei beni temporali, ha ritenuto necessario nominare un Commissario Apostolico per la Congregazione dei Frati Francescani dell'Immacolata con le conseguente attribuite dal diritto particolare ed universale al Governo Generale del citato Istituto religioso.

Atteso che la suddetta decisione il 3 luglio 2013 è stata oggetto di approvazione in forma specifica a norma dell'art. 18 della cost. ap. Pastor Bonus dal Santo Padre Francesco, con il presente decreto si nomina



il Reverendo P. Fidenzio Volpi O.F.M. Cap.
Commissario Apostolico
ad nutum Sanctae Sedis,
per tutte le Comunità e i sodali della Congregazione dei Frati Francescani dell'Immacolata

Nell'espletamento delle sue mansioni, il Rev.do P. Volpi assumerà tutte le competenze che la normativa particolare dell'Istituto e quella universale della Chiesa attribuiscono al Governo Generale.

Sarà inoltre sua facoltà avvalersi, se lo riterrà opportuno, di collaboratori scelti a sua discrezione e da lui nominati previo assenso di questo Dicastero, a cui potrà chiedere il parere quando lo riterrà necessario.

Il Rev.do P. Volpi ogni sei mesim, dovrà informare questo Dicastero del suo operato, inviando una dettagliata relazione scritta circa le dicisioni adottate, i risultati conseguiti e le iniziative che riterrà utili realizzare per il bene dell'Istituto.
Infine, spetterà all'Istitutodei Frati Francescani dell'Immacolata sia il rimborso delle spese sostenute da detto Commissario e dai collaboratori da lui eventualmente nominati, sia l'onorario per il loro servizio.
In aggiunta a quanto sopra, sempre il 3 luglio u.s. il Santo Padre Francesco ha disposto che ongi religioso della Congregazione dei Frati Francescani dell'Immacolata è tenuto a celebrare la liturgia secondo il rito ordinario e che, eventualmente, l'uso della forma staordinaria (Vetus Ordo) dovrà essere esplicitamente autorizzata dalle competenti autorità per ogni religioso e/o comunità che ne farà richiesta.

Nonostante qualunque disposizione contraria

Dato dal Vaticano, l'11 luglio 2013

f.to Joao Braz Card. de. Aviz
prefetto

+ José Rodrìguez Carballo, O.F.M.
Arcivescovo Segretario



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TradiPaulVI


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Messages: 43

MessagePosté le: Mer 7 Aoû 2013, 15:28    Sujet du message: Le Motu Proprio sur "la messe extraordinaire" de Benoît XVI, est-il annulé par François? Répondre en citant

Je me demande comment Benoît XVI vit les contradictions du nouveau Pape.
Je trouve que cette interdiction est grave, et les ralliés devraient vraiment vite changer de terrain !!


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Gentiloup
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Inscrit le: 21 Juin 2012
Messages: 2 884

MessagePosté le: Jeu 5 Sep 2013, 00:18    Sujet du message: Le Motu Proprio sur "la messe extraordinaire" de Benoît XVI, est-il annulé par François? Répondre en citant

Ça a le mérite d'être clair, et conforme à ce que nous avons pu observer des deux papes. GL

____________

François et François
posté par Gregory Solari le 3 septembre 2013


Entre François et François, rien ne va plus. Entendez, entre le pape François et François d’Assise, ou plus exactement une branche de ses frères : les Franciscains de l’Immaculée. A la faveur du Motu proprio de 2007 rendant sa visibilité à la forme extraordinaire du rite latin, les Franciscains de l’Immaculée ont adopté la liturgie tridentine en raison de son caractère contemplatif. Si l’on en croit les récents événements, ce choix n’a pas fait l’unanimité dans la communauté. Certains frères ont fait appel à la Congrégation pour les religieux, invoquant notamment le problème que l’adoption des livres liturgiques antéconciliaires posait par rapport à «l’unité ecclésiale» de la communauté. Résultat : depuis le 11 août 2013, à la suite de la décision prise par la Congrégation des religieux, les Franciscains de l’Immaculée doivent célébrer ordinairement dans la forme ordinaire (Missel de Paul VI), et extraordinairement dans la forme extraordinaire. 

 
Résurrection liturgique 

 
La chose mérite attention pour deux raisons. La première est que la décision de la Congrégation a très probablement été approuvée par le pape François. Elle donne la tonalité de la position du Saint Père par rapport à la question de la forme extraordinaire, et d’une manière plus générale, par rapport à la liturgie. La seconde est qu’elle pourrait donner à croire que cette décision entre en collision avec sinon la lettre du moins l’esprit du Motu proprio de Benoît XVI. En redonnant sa visibilité au Missel du Bienheureux Jean XXIII (ie, le missel dit tridentin), le pape émérite avait deux intentions majeures : 1) inscrire la réforme liturgique – et via celle-ci le concile tout entier – dans une histoire non dialectique de l’Eglise ; 2) permettre une possible fécondation mutuelle (du point de vue de l’éthos célébratoire avant tout) des formes du rite latin. La question des revendications de la Fraternité Saint-Pie-X vient en troisième lieu. Il n’était pas question, comme on l’a entendu un peu trop dire dans les milieux dits de «la tradition», de revenir petit à petit sur la réforme, voire de la remettre en cause, ou sur le concile. Le retour à une papauté de style tridentin n’était pas à l’ordre du jour ; la renonciation de Benoît XVI l’a clairement démontré. Comme le pontificat actuel. Cela veut-il dire que les lectures tridentinisantes du Motu proprio se soient complètement trompées ? Non. 

 
 Le risque d’une Eglise fantôme 

 
Le concile l’a rappelé : liturgie et ecclésiologie sont inséparables. Réintroduire le missel tridentin, c’était aussi réintroduire quelque chose de l’ecclésiologie qui l’a façonné. Je sais bien que le missel dit tridentin remonte dans sa structure à Grégoire le Grand, mais il reste que via le «ritus servandus» (la règle de la célébration), c’est le concile de Trente qui lui a donné la forme que nous lui connaissons aujourd’hui. Or avec ce missel, étant donné que tous les autres livres liturgiques antéconciliaires ont été autorisés, y compris le Pontifical qui est utilisé pour l’ordination des prêtres, c’est toute l’ecclésiologie d’avant Lumen gentium (et des autres documents à portée ecclésiologique) qui a ressurgi avec le Motu proprio. Comme un fantôme. Du moins c’est le risque que présente ce retour si les communautés ou les prêtres qui célèbrent la forme extraordinaire ne sont pas assez enracinés intérieurement dans l’enseignement du Magistère vivant. D’où, dans certains cas, cet effet, qui est contraire aux attentes de Benoît XVI : alors que la forme extraordinaire devait souligner la continuité, elle a pu manifester une certaine rupture latente. 

 
Ite, missa est 

 
La décision, si elle a bien été approuvée par le pape François, a le mérite de confirmer l’intention de son prédécesseur – celle-ci était d’ailleurs très claire dans la lettre accompagnant le Motu proprio –, mais que les négociations avec la FSSPX ont un peu fait perdre de vue : la forme extraordinaire ne doit pas être un «réduit» ecclésial – la traduction liturgique d’un «donatisme» ecclésiologique. En ce sens, la décision du pape François n’entre pas en collision avec le Motu proprio, comme a pu l’écrire le vaticaniste Sandro Magister. Il est vrai cependant, et tout le monde a pu l’observer depuis son élection, que le pape François n’a pas la fibre liturgique de Benoît XVI. Entre les deux pontifes, il y a la différence d’un saint Benoît – ou d’un saint François – et d’un saint Ignace par rapport à la liturgie. Benoît XVI était l’homme du chœur et du narthex, de l’Eucharistie et de la Parole – de Sacramentum caritatis et de Verbum Domini ; François est le pontife du seuil – de l’«ite missa est», c’est-à-dire de l’envoi en mission, non pas au terme de la célébration, mais au moment où après la communion à la Parole et à l’Eucharistie le chrétien doit élargir cette communion en la portant au monde entier. En ce sens, l’Eglise n’est pas «à côté» du monde ; elle est l’annonce du Monde à venir, sa présence et sa réalisation mystérieuse, sacramentelle. L’«ite missa est» (intraduisible en vernaculaire), c’est au fond le prolongement dans le temps de la mission trinitaire ; le Père envoie le Fils ; le Fils envoie l’Esprit ; l’Esprit, par l’Eglise, qu’il conduit et anime de l’intérieur, envoie le chrétien. Où ? Dans le monde, ce cosmos créé par la Trinité, blessé par le péché, et que le chrétien a pour mission de ramener à sa Source. Par la prière, par le service, par l’amour de charité. C’est cette mission qui «fait» le chrétien. Voilà pourquoi le pape François fustige les retours sur soi, les retours en arrière, les replis identitaires. Ils sont pour lui des manques à l’amour dont le Fils de Dieu nous a donné l’exemple dans sa propre mission sur terre. C’est ce que le Pape a appelé la tentation «pélagienne» dans son discours aux évêques du CELAM, lors des JMJ de juillet dernier. « Elle apparait fondamentalement sous la forme d’une restauration», écrit-il. «Devant les maux de l’Église, on cherche une solution seulement disciplinaire, par la restauration de conduites et des formes dépassées qui n’ont pas même culturellement la capacité d’être significatives. En Amérique Latine, on la rencontre dans des petits groupes, dans quelques Congrégations religieuses nouvelles qui recherchent de manière exagérée une « sécurité » doctrinale ou disciplinaire. Elle est fondamentalement statique, même si elle promet une dynamique ad intra, qui retourne en arrière. Elle cherche à “récupérer” le passé perdu.» 

 
 La liturgie comme mission 

 
Je reviendrai dans une prochaine chronique sur ce discours, ainsi que sur celui prononcé devant les évêques brésiliens. Il suffit d’avoir ses lignes à l’esprit pour comprendre la position de François par rapport aux Franciscains de l’Immaculée, comme à tous les attachements liturgiques insuffisamment fondés ecclésialement. Le peu de cas qu’il fait de l’ordo liturgique («ne cantat, ne rubricat», dit-on à Rome) ne doit pas tromper la lecture ici. Pour lui, la liturgie n’est pas d’abord un ensemble de rites mais une dynamique – encore une fois : une mission, un mouvement qui doit pénétrer le monde. En ce sens, sa vision s’apparente à celle de Romano Guardini, d’Henri de Lubac, de Louis Bouyer, de Hans Urs von Balthasar, lesquels travaillèrent à la réduction de la dichotomie opérée par la Contre Réforme entre deux réalités : le monde et l’Eglise. Mais avant eux, c’est bien sûr à saint Ignace que se rattache l’esprit de ce pontificat franciscain. Comment (ré)concilier Françoise d’Assise et Ignace ? Peut-être dans ce sens cosmique de l’Eglise et de sa mission, qui fait que le pape prend toujours plus la figure d’un Père universel, au delà même des limites visibles de l’Eglise. 
  

posté par Gregory Solari le 3 septembre 2013


La Croix

 


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