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sainte Catherine de Sienne exhorte Charles V à la croisade

 
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Cadoudal
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Inscrit le: 13 Juil 2012
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Localisation: ILE DE FRANCE

MessagePosté le: Sam 24 Aoû 2013, 11:16    Sujet du message: sainte Catherine de Sienne exhorte Charles V à la croisade Répondre en citant



lettre de sainte Catherine de Sienne au roi de France Charles V  pour lui rappeler son devoir de faire la croisade. 


". Faites de même, mon seigneur; ne craignez pas de perdre les biens du monde; en les perdant vous gagnerez, parce que vous réconcilierez votre âme avec votre frère (Presque tout le règne de Charles V fut troublé par les guerres avec le roi Edouard III d'Angleterre. et avec Charles le Mauvais, roi de Navarre.). Je m'étonne que vous ne sacrifiez pas, s'il était possible, votre vie même, avec les choses temporelles, envoyant la perte de tant d'âmes, la mort de tant de personnes, et de tant de religieux, de femmes et d'enfants qui ont été persécutés et chassés par cette guerre. Qu'il n'en soit plus ainsi [296], pour l'amour de Jésus crucifié. Pensez que si vous ne faites ce que vous pouvez faire vous serez cause de tout ce mal: mal pour les chrétiens, et mal pour les infidèles ;


 car votre armée est occupée, et arrête la croisade. 


Quand même il n'en résulterait que ce mal, il me semble que nous devrions craindre le jugement de Dieu. Je vous prie de ne plus causer tant de mal, et de ne plus empêcher tout le bien que ferait la délivrance de la Terre-Sainte, et de ces pauvres âmes qui ne profitent pas du sang du Fils de Dieu. Vous devriez en rougir, vous et les autres princes chrétiens; car c'est une honte devant les hommes et une abomination devant Dieu de combattre son frère, et de laisser en paix l'ennemi, de vouloir prendre le bien des autreset de ne pas recouvrer le sien : on ne peut être plus fou ni plus aveugle.


5. Je vous le dis de la part de Jésus crucifié, ne tardez pas à faire la paix; faites la paix,


 et tournez vos armes contre les infidèles ; consacrez-vous à déployer et à défendre l'étendard de la très sainte Croix ; car Dieu vous demandera compte, à vous et aux autres, au moment de la mort, de tant de négligences et d'erreurs qui se sont commises et se commettent tous les jours. 


Ne dormez plus, pour l'amour de Jésus crucifié et dans votre intérêt même., car il vous reste peu de temps (Charles V était né en 1337; il mourut dans sa quarante-troisième année, en 1380, peu de mois après sainte Catherine); le temps est court, vous devez mourir, et vous ne savez à quel moment. Qu'en vous s'allume le saint désir de suivre la Croix et de vous réconcilier [297] avec votre prochain; c'est ainsi que vous suivrez la voie et la doctrine de l'Agneau immolé et abandonné sur la Croix, et que vous observerez ses commandements. Vous suivrez sa voie en supportant avec patience les injures qui vous sont faites, sa doctrine en vous réconciliant avec le prochain.


 et vous montrerez votre amour pour Dieu en prenant part à la sainte croisade.


 Il me semble que votre frère, monseigneur le duc d'Anjou, veut, pour l'amour du Christ, se consacrer à cette sainte entreprise (Ce fut à la sollicitation du duc d’Anjou que cette lettre fut adressée à Charles V.) ; pouvez-vous en conscience l'arrêter par votre faute ?


 Non, vous suivrez les traces de Jésus crucifié, vous accomplirez sa volonté et la mienne, vous observerez ses commandements. Je vous ai dit que je désirais vous voir observer les saints commandements de Dieu. Je ne vous en dis pas davantage: pardonnez à ma hardiesse. Demeurez dans la sainte et douce dilection de Dieu. Doux Jésus, Jésus amour [298].
Table des Matières 


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MessagePosté le: Sam 24 Aoû 2013, 11:16    Sujet du message: Publicité

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Gentiloup
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Inscrit le: 21 Juin 2012
Messages: 2 884

MessagePosté le: Sam 24 Aoû 2013, 14:28    Sujet du message: sainte Catherine de Sienne exhorte Charles V à la croisade Répondre en citant

Merci cher Cadoudal pour ce rappel: plutôt que se battre contre son frère, Sainte-Catherine appelle le Roi de France à aller au secours des Chrétiens persécutés en Terre Sainte. Cette lettre est d'une actualité brûlante au moment où les dirigeants de l'Occident chrétien trahissent leurs devoirs et leurs peuples en prêtant main forte aux infidèles musulmans.

Mais la pire des trahison vient de l'Eglise officielle et de son chef  leur ouvre la voie avec le dialogue interreligieux, les voeux de "Bon Ramadan"  et le sermon éhonté de lampédusa! Comme si les Chrétiens étaient les persécuteurs tandis que les Musulmans seraient les victimes!


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Cadoudal
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Inscrit le: 13 Juil 2012
Messages: 542
Localisation: ILE DE FRANCE

MessagePosté le: Sam 24 Aoû 2013, 14:49    Sujet du message: sainte Catherine de Sienne exhorte Charles V à la croisade Répondre en citant

Merci, chère Gentiloup.


où l 'on voit la différence entre le vrai catholicisme et le néo christianisme d' Assise:

les papes de Vatican II refuseraient de mettre ste Catherine de Sienne sur les autels,


ce qui est  volonté de Dieu et  devoir à accomplir pour son  salut éternel , selon  sainte  Catherine,

devient un crime contre l 'humanité et la paix avec Vatican II.


à Assise, le pape prie une divinité , qui n'est pas le Sacré Cœur,  avec l 'infidèle,  pour la paix. 


ceux qui ne participent pas sont notés comme  intolérants.


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Henryk


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Inscrit le: 20 Aoû 2013
Messages: 150
Localisation: Velay

MessagePosté le: Mar 27 Aoû 2013, 18:48    Sujet du message: sainte Catherine de Sienne exhorte Charles V à la croisade Répondre en citant


Pensées de Charles V

En notre cœur, ineffaçablement est gravée mémoire de l'admirable gouvernement de notre très saint aïeul, prédécesseur patron, défenseur et spécial seigneur, le bienheureux Louis, fleur, honneur, lumière et miroir non seulement de notre famille royale, mais pour tous les français.

Quoique nous soyons Roi couronné, et que nous voyons toute la france soumise à notre pouvoir, nous n'avons que la force d'un homme et sans vous nous ne pourrions rien. Un Prince quelque puissant qu'il soit ne régnera paisiblement que par l'affection des ses sujets.


 

Son père Jean l’exhorta à la prudence, en se retirant, libre, de la bataille de Maupertuis 19 septembre 1356, qui l’opposait au Prince Noir car l’armée allait être mise en déroute. Prisonnier à Londres pendant 4 ans, le dauphin Charles gouverna en qualité de lieutenant général du Royaume. Les factieux du Royaume, Robert Lecoq, et Etienne Marcel lui reprochait son retrait à la bataille. Le dauphin utilisa l’expédient de l’altération des monnaies. Le prévôt des marchands, E. Marcel souleva le peuple de Paris.

Libérant le Roi de Navarre, Mgr Lecoq et E. Marcel obligèrent le dauphin de les recevoir. Celui ci ce rend au parlement, et se fait déclarer régent. Il sort ensuite de la Capitale, pour revenir en faire le blocus. Marcel au comble de l’orgueil, veut introduire le Roi de Navarre dans paris, de massacrer les partisans du Régent et de se faire couronner Roi de France par Mgr Lecoq. Averti du complot qui s’ourdissait, Jean Maillard exécute Marcel par un coup de hache mortel.

Le roi Jean traita avec Edouard, avec des conditions ruineuses pour le Royaume. Les conditions furent rejetées à Paris. Le roi anglais, rentre en France avec cent mille hommes sans obstacle. La disette des contrées atteint les troupes anglaises, et un orage, violent, tua beaucoup de ses cavaliers. Et ce fut la paix de Brétigny. Libéré, le Roi Jean se rend aux anglais après l’évasion de son second fils, des geôles anglaises. Il meurt à Londres en 1364.

Charles V monte sur le Trône, et harangue ses chevaliers. Du Guesclin, enfant bagarreur, tourne ses troupes contre Charles le Mauvais. Il dit à ses hommes : « Pour Dieu, amis, souvenez vous que nous avons un nouveau roi de France. Que sa couronne soit étrennée aujourd’hui par vous. »

Le comté de Longueville, octroyé de par le Roi, fut acquis les armes à la main.


Nous pouvons faire le parallèle de Louis XVI, avec Charles V lors de la Révolte de ce navarrais Charles le mauvais qui voulait prendre et ceindre la Couronne de France en 1358. Avec la complicité de l'évêque Le Coq, du Prévôt Marcel, Charles de Navarre massacrèrent férocement Regnault d'Acy. C'est là que le Prévôt Marcel enlève la toque du Régent et le coiffe de son propre chaperon bleu et rouge pour l'intimider et l'humilier, après le meurtre devant lui ses deux généraux. Marcel retourna place de Grève et fut ovationné par la foule. En signe de Réconciliation, tout le personnel du palais arborât le chaperon au couleurs de Paris. Charles le Mauvais s'installe à la porte de Nesles, dans un hôtel. Le régent, mis au pied du mur d'amitié factice, prépare son évasion pour Senlis. L'un de ses écuyers, Philippe le repenti, trompé, est exécuté. Il réussit son évasion, (cette fuite de Varennes vers Bouillé réussie) prétextant un protocole avec la noblesse du Cambrésis et de Picardie.

Ce fut sous son règne que fut construit la Bastille.

Charles de Navarre, qui a ramené la querelle, rentre à Paris le 14 juin 1358 et s'y pose en chef. Mais une grande partie de la noblesse qui était à ses côtés contre les Jacques ne le suit plus : l'assassinat des maréchaux pour s'allier aux Parisiens l'éloigne du sécessionniste et reste derrière le régent qui a su gagner sa confiance.

Charles le Mauvais s’établit à Saint Denis. Il est fait capitaine de Paris par acclamation et Étienne Marcel envoie des lettres dans toutes les villes du royaume pour qu’il soit fait « capitaine universel ». L’objectif est de créer une grande ligue urbaine et d’opérer un changement dynastique en faveur du Navarrais.

On engage des archers anglais pour pallier les nombreuses défections de chevaliers qui ont quitté les rangs de l’armée de Charles le Mauvais et qui, avec le dauphin, assiègent Paris à partir du 29 juin. Ce dernier est encore renforcé par l’arrivée de nombreuses compagnies qui voient dans le pillage de Paris une bonne affaire. Le dauphin veut à tout prix éviter un bain de sang qui le discréditerait et souhaite une solution négociée. Il ne fait donc pas donner l’assaut et continue le blocus en espérant que la situation se débloque. Mais les mercenaires anglais qui défendent la capitale sont considérés comme ennemis et s’attirent l’inimitié des Parisiens. Le 21 juillet, à la suite d’une rixe de taverne qui dégénère en combat de rue, trente-quatre archers anglais sont massacrés. Les Parisiens en armes en saisissent 400 qu’ils veulent soumettre à rançon.

Le lendemain, Étienne Marcel, Robert Le Coq et Charles de Navarre réunissent la populace place de grève pour calmer les esprits, mais les choses leur échappent et la foule leur demande de la débarrasser des Anglais. Pour amadouer les Parisiens (8 000 piétons et 1 600 cavaliers en arme), les trois hommes les mènent par groupes distincts aux mercenaires stationnés à Saint-Denis. Ces derniers, prévenus, taillent les Parisiens en pièces et 600 à 700 meurent dans ces affrontements.

Leurs chefs soutenant les ennemis du pays contre le régent et contre la populace, les Parisiens se sentent trahis et se désolidarisent d’Étienne Marcel, d’autant que Charles de Navarre attend son frère Philippe qui doit arriver avec des renforts anglais. Le bruit court que Philippe de Navarre arrive avec 10 000 Anglais et les Parisiens redoutent qu’ils ne vengent leurs camarades et pillent la ville. Étienne Marcel doit leur ouvrir les portes.

L'échevin Jean Maillard, chef du parti royaliste de Paris, et Pépin des Essart convainquent les Bourgeois de mander l’aide du régent. Le 31 juillet 1358, à l’aube, Étienne Marcel, surpris, devant la Porte Saint-Antoine, alors qu’il s’assure des accès à la capitale et est mis à mort sur place.

Le dauphin n’y croyant plus était en train de se diriger vers le Dauphiné quand on lui apporte la nouvelle. Il entre triomphalement dans Paris le 2 août : il a les mains propres et a donné son pardon aux Parisiens. Il n’y a que très peu de répression, seuls quinze personnes sont exécutées pour trahison (Étienne Marcel compris). L'héritier du trône veille à ne pas spolier les proches des exécutés tout en récompensant ses alliés (par exemple, des mariages avec les veuves sont organisés qui permettent de concilier les intérêts des uns et des autres).



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Henryk


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Inscrit le: 20 Aoû 2013
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Localisation: Velay

MessagePosté le: Mar 27 Aoû 2013, 19:20    Sujet du message: sainte Catherine de Sienne exhorte Charles V à la croisade Répondre en citant

XXXII (186). - AU ROI DE FRANCE CHARLES V. - Des commandements de Dieu, et de l'imitation de Jésus-Christ par la patience, le mépris du monde, la justice et l'amour du prochain. - De la paix entre les princes chrétiens et de la croisade.
(Cette lettre a été écrite pendant le séjour de sainte Catherine à Avignon, en l376. - Les numéros en chiffres arabes indiquent l'ordre des lettres de l'édition Gigli, que nous avons cru devoir changer.)



AU NOM DE JESUS CRUCIFIE ET DE LA DOUCE MARIE









1. Très cher seigneur et Père dans le Christ, le doux Jésus, moi, Catherine, la servante et l'esclave des serviteurs de Jésus-Christ, je vous écris dans son précieux sang, avec le désir de vous voir observer les saints et doux commandements de Dieu; car je ne vois pas d'autre moyen de participer au fruit du sang de l'Agneau sans tache. Ce doux Agneau Jésus nous a enseigné la voie, et il nous a dit Ego sum via, veritas et vita Je suis la voie, la vérité, la vie. C'est un doux maître qui nous enseigne sa doctrine en montant sur la chaire de la très sainte Croix. Vénérable Père, quelle doctrine, quelle voie vous a-t-il enseignées ? La voie est celle-ci les peines, les opprobres, les reproches, les affronts, les outrages ; souffrir avec une véritable patience la faim et la soif, se rassasier [293] d'opprobres, être percé et cloué sur la Croix pour l'honneur de son Père et pour notre salut. C'est par ses peines et ses opprobres qu'il a réparé notre faute et la honte où l'homme était tombé par le péché commis. Il a expié et puni nos iniquités sur son corps, et il l'a fait gratuitement, sans y être obligé. Ce doux Agneau, notre voie, a méprisé le monde avec toutes ses délices et ses honneurs; il a détesté le vice et aimé la vertu. Vous, comme un fils et un serviteur fidèle de Jésus crucifié, suivez ses traces et la voie qu'il vous enseigne, c'est-à-dire les peines, les tourments, les tribulations que Dieu permet et que le monde vous cause ; supportez-les avec une vraie patience, car la patience n'est jamais vaincue, mais elle vaincra le monde. soyez l'ami des vertus fondées sur la sainte justice, et soyez l'ennemi du vice.
2. Dans votre position, je vous prie surtout de faire trois choses pour l'amour de Jésus crucifié. La première est de mépriser le monde avec toutes ses délices, et de vous mépriser vous-même, possédant votre royaume comme une chose qui vous est confiée et qui ne vous appartient pas. Vous savez bien que ni la vie, ni la santé, ni la richesse, ni les honneurs, ni la puissance ne sont à vous : si ces biens étaient à vous, vous pourriez les posséder à votre gré ; mais l'homme veut bien se porter, et il est malade ; il veut vivre, et il meurt; il veut être riche, et il est pauvre; il veut être maître, et il est serviteur et vassal. Et il en est ainsi, parce que tout ce qu'il a, il ne le possède que selon le bon plaisir de Celui qui le lui a prêté. II est donc bien ignorant celui qui veut posséder ce qui appartient à un autre : c'est vraiment un [294] voleur, et il mérite la mort. Je vous prie donc d'agir en sage (Come savio, Charles V fut appelé Charles le Sage.), comme un bon administrateur, en possédant tout comme des biens que vous devez gouverner pour Celui qui vous les confie. La seconde chose que je vous demande, c'est de maintenir la sainte et vraie justice, et de ne jamais la laisser corrompre par l'amour de vous-même, ni par les louanges, ni par le désir de plaire aux hommes. Prenez garde que vos officiers ne commettent l'injustice pour de l'argent, et ne violent ainsi le droit du pauvre mais soyez le père des pauvres : c'est pour eux que Dieu vous a tout donné. Ayez soin que les abus qui se trouvent dans votre royaume soient punis, et que la vertu soit récompensée car c'est ce que la justice divine demande. La troisième chose est d'observer la doctrine que le maître vous a donnée sur la Croix, et c'est ce que mon âme désire le plus voir en vous : c'est l'amour de votre prochain, avec lequel vous êtes depuis si longtemps en guerre. Vous savez bien que sans cette racine de l'amour, l'arbre de votre âme ne portera pas de fruits; mais il se dessèchera, il ne pourra prendre la sève de la grâce en restant dans la haine.

3. Hélas ! mon très cher Père, la douce Vérité suprême vous a enseigné et laissé le commandement d'aimer Dieu par-dessus toute chose, et le prochain comme vous-même. Il nous a donné l'exemple, lorsqu'il était élevé sur le bois de la très sainte Croix les Juifs criaient : " Crucifiez-le Et lui criait d'une voix humble et douce: " Père, pardonnez à ceux qui [295] me crucifient, car ils ne savent ce qu'ils font. " Voyez son ineffable charité, qui non seulement leur pardonne, mais les excuse auprès de son Père. Quel exemple et quelle doctrine! Le Juste, qui n'a pas en lui le venin du péché, supporte l'injustice pour expier nos iniquités. Oh! combien l'homme devrait rougir de suivre la doctrine du démon et de la sensualité en s'appliquant plus à acquérir et à conserver les richesses du monde, qui sont vaines et passent comme le vent, qu'à sauver son âme et à aimer le prochain! Celui qui hait le prochain se hait lui-même, parce que la haine le prive de la charité divine. Il est bien fou et bien aveugle celui qui ne voit pas qu'avec le glaive de la haine du prochain, il se tue lui-même. Aussi je vous demande et je veux que vous suiviez Jésus crucifié, et que vous aimiez le salut de votre prochain, en vous montrant le disciple de l'Agneau qui, par amour pour l'honneur de son Père et pour le salut des âmes, a voulu se livrer à la mort.

4. Faites de même, mon seigneur; ne craignez pas de perdre les biens du monde; en les perdant vous gagnerez, parce que vous réconcilierez votre âme avec votre frère (Presque tout le règne de Charles V fut troublé par les guerres avec le roi Edouard III d'Angleterre. et avec Charles le Mauvais, roi de Navarre.). Je m'étonne que vous ne sacrifiez pas, s'il était possible, votre vie même, avec les choses temporelles, envoyant la perte de tant d'âmes, la mort de tant de personnes, et de tant de religieux, de femmes et d'enfants qui ont été persécutés et chassés par cette guerre. Qu'il n'en soit plus ainsi [296], pour l'amour de Jésus crucifié. Pensez que si vous ne faites ce que vous pouvez faire vous serez cause de tout ce mal: mal pour les chrétiens, et mal pour les infidèles ; car votre armée est occupée, et arrête la croisade. Quand même il n'en résulterait que ce mal, il me semble que nous devrions craindre le jugement de Dieu. Je vous prie de ne plus causer tant de mal, et de ne plus empêcher tout le bien que ferait la délivrance de la Terre-Sainte, et de ces pauvres âmes qui ne profitent pas du sang du Fils de Dieu. Vous devriez en rougir, vous et les autres princes chrétiens; car c'est une honte devant les hommes et une abomination devant Dieu de combattre son frère, et de laisser en paix l'ennemi, de vouloir prendre le bien des autres, et de ne pas recouvrer le sien : on ne peut être plus fou ni plus aveugle.

5. Je vous le dis de la part de Jésus crucifié, ne tardez pas à faire la paix; faites la paix, et tournez vos armes contre les infidèles ; consacrez-vous à déployer et à défendre l'étendard de la très sainte Croix ; car Dieu vous demandera compte, à vous et aux autres, au moment de la mort, de tant de négligences et d'erreurs qui se sont commises et se commettent tous les jours. Ne dormez plus, pour l'amour de Jésus crucifié et dans votre intérêt même., car il vous reste peu de temps (Charles V était né en 1337; il mourut dans sa quarante-troisième année, en 1380, peu de mois après sainte Catherine); le temps est court, vous devez mourir, et vous ne savez à quel moment. Qu'en vous s'allume le saint désir de suivre la Croix et de vous réconcilier [297] avec votre prochain; c'est ainsi que vous suivrez la voie et la doctrine de l'Agneau immolé et abandonné sur la Croix, et que vous observerez ses commandements. Vous suivrez sa voie en supportant avec patience les injures qui vous sont faites, sa doctrine en vous réconciliant avec le prochain. et vous montrerez votre amour pour Dieu en prenant part à la sainte croisade. Il me semble que votre frère, monseigneur le duc d'Anjou, veut, pour l'amour du Christ, se consacrer à cette sainte entreprise (Ce fut à la sollicitation du duc d’Anjou que cette lettre fut adressée à Charles V.) ; pouvez-vous en conscience l'arrêter par votre faute ? Non, vous suivrez les traces de Jésus crucifié, vous accomplirez sa volonté et la mienne, vous observerez ses commandements. Je vous ai dit que je désirais vous voir observer les saints commandements de Dieu. Je ne vous en dis pas davantage: pardonnez à ma hardiesse. Demeurez dans la sainte et douce dilection de Dieu. Doux Jésus, Jésus amour [298].
Table des Matières













XXXIII (157). - AU ROI DE FRANCE, le 6 mai 1379. - De la lumière qu'il faut pour connaître la vérité, et de l'amour-propre qui prive de cette lumière. - Urbain VI est le vrai Souverain Pontife.
(Trois autres lettres très étendues à la reine Jeanne de Naples, aux Romains, et au comte Albéric de Balbiano, portent la même date du 6 mai 1379. Cette activité d'esprit est également prouvée par le témoignage de frère Barthélemi de Sienne, qui, dans sa déposition du procès de Venise, affirme avoir souvent vu sainte Catherine dicter à deux secrétaires à la fois des lettres différentes sur des affaires très difficiles, et cela sans la moindre hésitation.)




AU NOM DE JESUS CRUCIFIE ET DE LA DOUCE MARIE









1. Mon très cher Père dans le Christ, le doux [298] Jésus, moi, Catherine, l'esclave des serviteurs de Jésus-Christ, je vous écris dans son précieux sang, avec le désir de voir en vous une vraie et parfaite lumière qui vous fasse véritablement reconnaître ce qui est nécessaire à votre salut. sans cette lumière nous marchons dans les ténèbres, et les ténèbres nous empêchent d'apercevoir ce qui nuit à l'âme et au corps et ce qui leur est utile; et alors le goût de l'âme se corrompt, les choses bonnes paraissent mauvaises, et les mauvaises paraissent bonnes; le vice et ce qui conduit au péché nous semblent agréables, tandis que la vertu et les moyens d'y parvenir nous semblent amers et pénibles. Mais celui qui a la lumière connaît bien la vérité, il aime la vertu. Dieu est la cause de toute vertu; il hait le vice, et la sensualité, qui est la cause de tout vice et qui nous prive de cette véritable et douce lumière. L'amour que l'homme a pour lui-même est un nuage qui obscurcit l’œil de l'intelligence et qui recouvre la prunelle de la très sainte Foi. L'homme va comme un aveugle et un ignorant; il suit sa faiblesse avec passion, sans consulter la lumière de la raison, semblable à l'animal dépourvu d'intelligence qui se laisse guider par son instinct. Quelle grande misère que l'homme, créé à l'image et ressemblance [299] de Dieu, se rende volontairement par son pêché pire que l'animal sans raison, qu'il méconnaisse, dans son ignorance et son ingratitude, les bienfaits de Dieu, et qu'il se les attribue à lui-même !

2. L'amour-propre est le principe de tout mal. D'où viennent les injustices et les autres fautes? De l'amour-propre : c'est lui qui fait commettre l'injustice contre Dieu, contre soi-même, contre le prochain et contre la sainte Eglise. On la commet contre Dieu en ne rendant pas honneur et gloire à son nom, comme on y est obligé; contre soi-même en ne haïssant pas le vice et en n'aimant pas la vertu; et contre le prochain en n'étant pas bon à son égard. Celui qui est puissant n'observe pas la justice lorsqu'il ne la rend que pour plaire aux créatures et dans son intérêt humain, lorsqu'il n'obéit pas à l'Eglise, qu'il ne la soutient pas, mais qu'il la persécute sans cesse. Tout ce mal vient de l'amour-propre, qui empêche de connaître la vérité parce qu'elle prive de la lumière. Ceci est bien certain, tous les jours, nous le voyons et nous l'éprouvons en nousmême.
3. Je ne voudrais pas, mon très cher Père, que ce nuage vous privât de la lumière; mais je veux que vous ayez en vous cette lumière qui fait connaître et discerner la vérité. Il me semble, d'après ce que j'ai appris, que vous commencez à vous laisser conduire par ceux qui sont dans les ténèbres et vous savez que si un aveugle en conduit un autre, ils tomberont tous les deux dans le précipice (Charles V se déclara contre Urbain VI à l'instigation des cardinaux français, et par intérêt politique. Il voulait un Pape français à Avignon, et il fut véritablement le chef du parti de l’antipape Clément VII.). Il [300] vous en arrivera de même si vous ne remédiez pas à ce que j'apprends. Je suis bien étonnée qu'un homme catholique qui veut craindre Dieu et être courageux, se laisse guider comme un enfant, et ne voie pas à quelle ruine il s'expose en laissant souiller la lumière de la très sainte Foi par les conseils de ceux que nous voyons être les membres du démon, ces arbres corrompus qui nous ont montré leur impiété, et qui ont semé le poison de l'hérésie en disant que le pape Urbain VI n'est pas le vrai Pape. Ouvrez les yeux de l'intelligence, et voyez s'ils ne mentent pas effrontément. Ne peut-on pas les confondre par eux-mêmes, et de quelque côté que nous nous tournions, ne sont-ils pas dignes de châtiments? S'ils disent qu'ils l'ont élu par crainte de la colère du peuple, ils ne disent pas la vérité, car ils l'ont élu. par une élection aussi canonique et aussi régulière qu'aucune autre élection de souverain Pontife.

4. Ils se hâtèrent, il est vrai, de faire l'élection, par crainte de quelque mouvement populaire; mais ce n'est pas par crainte qu'ils ont choisi monseigneur Bartholomeo, archevêque de Bari, qui est aujourd'hui le Pape Urbain VI. Je le reconnais et je ne le nie pas : celui qu'ils ont élu par peur, c'est monseigneur de Saint-Pierre c'est évident pour tous; mais l'élection du Pape Urbain s'est faite régulièrement, comme je l'ai dit. Ils l'ont annoncée eux-mêmes à vous, a nous, à tous les princes du monde, et ils ont confirmé leurs paroles par des actes, en [301] lui rendant hommage, en le reconnaissant pour le Christ de la terre, en le couronnant avec grande solennité, en renouvelant l'élection avec un grand accord. Ils lui demandèrent des grâces comme souverain Pontife, et ils en profitèrent. s'il n'était pas vrai que le Pape Urbain fût Pape, s'ils l'avaient nommé par peur, ne seraient-ils pas dignes d'une éternelle confusion? Quoi ! les colonnes de l'Eglise, ceux qui sont établis pour répandre la Foi, ont voulu par crainte de la mort corporelle nous entraîner avec eux dans la mort éternelle! Ils nous ont désigné pour Père celui qui ne l'était pas! Et ne sont-ils pas des voleurs, puisqu'ils ont demandé et reçu des grâces qu'ils ne devaient pas recevoir! Oui assurément; mais ce qu'ils disent est faux, et le Pape Urbain VI est bien le véritable Pape. Les pauvres insensés qu'aveugle l'amour-propre! ils nous ont montré et prouvé la vérité, et ils prétendent maintenant que c'est un mensonge. Ils l'ont reconnue, cette vérité jusqu'au moment où sa sainteté a voulu corriger leurs vices (Lettre XXXI, 8). Dès qu'Urbain VI a voulu les reprendre et leur montrer qu'il n'approuvait pas leur conduite scandaleuse, et qu'il voulait y porter remède, ils se sont aussitôt révoltés. Et contre qui? Contre la sainte Foi ils ont fait pire que des renégats.

5. O hommes misérables! ils ne connaissent pas leur malheur et la voie qu'ils suivent; s'ils la connaissaient, ils imploreraient le secours de Dieu, ils reconnaîtraient leurs fautes, et ils ne seraient pas [302] obstinés comme les démons qu'ils imitent, et dont ils remplissent l'office. L'office du démon est d'éloigner les âmes de Jésus crucifié, de les détourner de la voie de la vérité, de les conduire au mensonge et de se les attacher, à lui le père du mensonge, par les peines et les supplices, en leur donnant ce qu'il a pour lui-même. Ils font de même ils détruisent la vérité qu'ils nous avaient donnée, en propageant le mensonge; ils ont mis la division dans le monde entier; et le mal qu'ils ont, ils veulent nous le communiquer. Voulons-nous bien connaître la vérité, regardons, examinons leur vie et leurs mœurs; ils suivent les sentiers de l'iniquité, car ces démons ressemblent aux démons, ils s'accordent ensemble.
6. Pardonnez-moi, mon très cher Père. Je vous appelle Père parce que je vous crois le partisan de la vérité et l’ennemi du mensonge. Si je parle ainsi d'eux, ce n'est pas contre leurs personnes, c'est contre leurs vices, contre l'hérésie qu'ils ont répandue par toute la terre, contre la cruauté qu'ils ont pour eux-mêmes et pour les pauvres âmes qu'ils font périr; et il faudra qu'ils en rendent compte devant le Juge suprême. S'ils avaient été des hommes craignant Dieu, ou, à défaut de Dieu, les reproches du monde, le Pape Urbain aurait eu beau leur faire plus qu'il n'a fait et les couvrir d'une plus grande confusion, ils auraient tout supporté avec patience, préféré mille morts, pour ne pas faire ce qu'ils ont fait. Ils ne pouvaient tomber dans une plus grande honte et un plus grand malheur; car aux yeux de tous, ce sont des hérétiques et des schismatiques qui outragent la sainte Foi. Si je considère le tort qu'ils [303] font à leur âme et à leur corps, je vois que l'hérésie les prive de Dieu et de la grâce, et les dépouille même temporellement de leur dignité, et ils en sont eux-mêmes cause. Si je pense au jugement de Dieu, je vois qu'il est proche, s'ils ne sortent de ces ténèbres, car toute faute est punie, et toute vertu récompensée. Il est dur de résister à Dieu, lors même qu'on aurait toutes les forces des hommes. Dieu est la force suprême qui fortifie et délivre ceux qui mettent leur confiance et leur espérance en lui.

7. Nous voyons que tous les vrais serviteurs de Dieu obéissent au pape Urbain VI et le reconnaissent pour le vrai souverain Pontife, comme il l'est en effet. Vous ne trouverez pas un serviteur de Dieu qui soutienne le contraire et qui serve Dieu sincèrement (Au commencement du schisme, l’erreur ne semblait pas possible. La vérité put s'obscurcir après le concile de Pise. Saint Vincent Ferrier fut pendant quelque temps attaché à Benoît XIII; mais il le pressa toujours de rendre la croix à l'Eglise en abdiquant. (Gigli, t. II, p. 19.). Car je ne parle pas de ceux qui portent à l'extérieur le vêtement des brebis, et qui sont à l'intérieur des loups dévorants. Et croyez-vous que, si ce n'était pas la vérité, Dieu permettrait que ses serviteurs soient ainsi dans les ténèbres? Non, il ne le souffrirait pas. S'il le souffre pour les hommes coupables du monde, il ne le souffre pas pour ses serviteurs. Il leur a donné la lumière de la vérité en cette occasion, parce qu'il ne méprise pas les saints désirs, et qu’il les exauce comme un père tendre et compatissant. Ce sont les personnes que je voudrais vous voir appeler près de vous, pour vous faire [304] expliquer cette vérité et vous retirer de votre ignorance. Ne vous laissez pas conduire par l'intérêt personnel; ce serait plus fâcheux pour vous que pour d'autres. Ayez compassion de tant d'âme que vous livrez aux mains du démon. Si vous ne voulez pas faire le bien, au moins ne faites pas le mal. souvent le mal nuit plus à celui qui le fait qu'à celui auquel on veut le faire; et c'est un si grand mal que celui qui nous fait perdre la grâce de Dieu, qui détruit les biens de la terre et qui cause la mort de tant d'hommes!

8. Hélas! il semble que nous ne voyons plus la lumière; le nuage de l'amour-propre nous en a privés, et nous aveugle tellement, que nous sommes disposés à recevoir tous les faux renseignements que nous donnent contre la vérité ceux qui s'aiment eux-mêmes. Si nous avions la lumière, il n'en serait point ainsi, mais vous voudriez, avec une grande prudence et une sainte crainte de Dieu, chercher et connaître la vérité auprès de ceux qui sont instruits et consciencieux. Si vous le voulez, vous ne tomberez pas dans l'erreur, car vous avez près de vous la source de la science (Sainte Catherine désigne. ainsi l'Université de Paris, qui se prononça d'abord pour Urbain VI. Elle subit ensuite l'influence royale, et reconnut Clément VII, par un acte du 30 mai 1379. Elle répara cette faute, en travaillant avec zèle à l'extinction du schisme.). Je ne crains rien si vous y avez recours; et vous savez ce que deviendra votre royaume, si vous consultez des hommes consciencieux qui ne cèdent pas à l'opinion des hommes et à la crainte servile, mais qui n'écoutent que la [305] vérité. Ils vous éclaireront et vous mettront l'esprit et l'âme en paix. Oui, très cher Père, changez de conduite, rentrez en vous-même; pensez que vous devez mourir, et vous ne savez pas quand; considérez Dieu et la vérité, et non la passion et l'amour de la patrie. Devant Dieu, nous ne devons établir aucune différence entre les nations, car nous sommes tous sortis de sa sainte pensée, tous créés à son image et ressemblance, tous rachetés avec le précieux sang de son Fils unique. Je suis certaine que si vous avez la lumière, vous agirez de la sorte et vous n'entendrez pas le temps, car le temps ne vous attend pas (Charles V mourut l'année suivante, avec le désir de faire cesser le schisme.). Vous les inviterez à retourner à la sainte et véritable obéissance. Vous ne pouvez pas faire autrement. Je vous ai dit que je désirais voir en vous une vraie et parfaite lumière, afin qu'avec cette lumière vous aimiez et craigniez la Vérité. Alors mon âme se réjouira de votre salut en vous voyant sortir d'une si grande erreur. Je termine : demeurez dans la sainte et douce dilection de Dieu. Pardonnez-moi, si j'ai trop parlé. L'amour de votre salut me fuit désirer de vous dire ces choses de vive voix plutôt que par des lettres. Que Dieu vous remplisse de sa très douce grâce. Doux Jésus, Jésus amour [306].
Table des Matières













XXXIV (190).- AU DUC D'ANJOU. - Elle le prie de s'unir à la Croix et à la passion de Jésus-Christ, en méprisant les plaisirs et les vanités du monde. - Elle l'exhorte à se croiser contre les infidèles.
(Louis d'Anjou était second fils du roi Jean, qu'il remplaça comme otage en Angleterre. Il fut régent pendant la minorité de son neveu Charles VI, et devint chef de la seconde branche d'Anjou à Naples. La reine Jeanne l'ayant nommé son héritier, il se fit couronner roi par l'antipape Clément VII. En 1372, il passa en Italie, et disputa inutilement le trône à Charles Durazzo. Il mourut en 1382. - La lettre de Sainte Catherine est de 1376, pendant son séjour à Avignon.)



AU NOM DE JESUS CRUCIFIE ET DE LA DOUCE MARIE









1. Très cher seigneur et Frère dans le Christ, le doux Jésus, moi Catherine. l'esclave des serviteurs de Jésus-Christ, je vous écris dans son précieux sang, avec le désir de vous voir le cœur attaché et cloué sur la Croix, et le bien, que vous soyez de plus en plus enflammé de zèle et d'ardeur pour lever l'étendard de la très sainte Croix. Je suis certaine que si vous regardez l'Agneau immolé et consumé d'amour sur la Croix pour vous délivrer de la mort et vous rendre la vie de la grâce, cette sainte pensée vous excitera à le faire bientôt, et bannira de votre cœur et de votre âme toutes les jouissances déréglées et les vanités du monde. Ces jouissances passent comme le vent, et laissent toujours la mort dans l'âme de celui qui les possède; et, si avant de mourir il ne se corrige pas, elles le conduisent à la mort [307] éternelle il s'est privé par sa faute de la vision de Dieu, et il s'est rendu digne de la vision et de la société des démons. Il est juste et convenable qu'une peine infinie punisse celui qui offense Dieu, le Bien infini. Je parle de ceux qui dépensent leur vie dans les plaisirs et dans la magnificence, cherchant a se distinguer par le luxe et les grands repas. Ils n'emploient jamais à d'autres choses leurs richesses, tandis que les pauvres meurent de faim. Ils recherchent sans cesse l'abondance des provisions, la beauté des vases, les tables délicates et choisies, et les vêtements somptueux;. mais ils ne s'occupent pas de leur pauvre âme, qui se meurt de faim, parce qu'ils lui enlèvent la nourriture de la vertu, de la sainte confession, de la parole de Dieu, de son Fils le Verbe incarné, dont nous devons suivre les traces avec amour, aimant ce qu'il aime, cherchant ce qu'il cherche, aimant la vertu, détestant le vice, cherchant l'honneur de Dieu, notre salut et celui du prochain. Le Christ a dit que l'homme ne vit pas seulement de pain, mais encore de la parole de Dieu.

2. Aussi je veux, cher et doux seigneur, mon frère dans le Christ, le doux Jésus, que vous suiviez par la vertu cette douce parole de Jésus crucifié, et que vous ne vous laissiez pas tromper par le monde et entraîner par la jeunesse (En 1376, Louis d'Anjou avait trente-neuf ans.). Car si nous suivions le monde, on pourrait bien nous dire cette parole que le Christ béni adressait aux Juifs : " Ceux-là sont semblables à des sépulcres qui sont parés et blanchis au dehors, mais qui sont pleins au dedans [308] d'ossements et de corruption de mort. " Oh! que la douce Vérité suprême parlait bien Oui, Ceux qui paraissent si beaux avec tous leurs ornements, ont le cœur rempli de choses mortes et passagères qui engendrent le dégoût, la honte et la corruption dans l'âme et dans le corps. Mais j'espère de la Bonté divine que vous vous appliquerez si bien à corriger votre vie, que cela ne vous regardera pas, et que, rempli d'un ardent amour, vous prendrez la Croix, qui détruit en nous la mort du péché mortel, et lui nous donne la vie. Vous le ferez en élevant l'étendard de la Croix; vous effacerez toutes les offenses que vous avez commises contre Dieu, et Dieu vous dira ensuite Viens, mon fils bien-aimé, tu t'es fatigué pour moi, je te consolerai et je te mènerai aux noces de la vie éternelle, où le rassasiement est sans dégoût, la faim sans souffrance, et le plaisir sans honte. Ce ne sont pas comme les joies et les festins du monde, qui coûtent beaucoup sans aucun profit; plus l'homme en prend, plus il est vide; plus il trouve la tristesse. Vous l'avez bien vu hier : Vous aviez préparé un belle fête et un grand repas, et tout a fini dans la douleur (D'après les anciens manuscrits, Cet accident dont parle sainte Catherine serait la chute d’une muraille qui, au milieu d'eu grand festin, avait tué plusieurs personnes.). Dieu l'a permis par amour pour votre âme; il a voulu vous montrer à vous et à ceux qui vous entouraient que toutes nos joies sont vaines. Dieu a montré aussi que ces réunions, ces discours, ces usages, ces conseils ne lui étaient pas agréables. Hélas! je crains bien que notre folie [309] soit si grande, qu'elle nous empêche de comprendre les jugements de Dieu.

3. Je vous dis de la part de Jésus crucifié, de vous rappeler toujours la journée d'hier, afin que toutes vos actions soient faites dans l'ordre, dans la vertu et la crainte de Dieu, et non pas sans cette crainte. Ayez bon courage, parce que j'espère de la Bonté divine qu'elle vous aidera à le faire, que vous ne souffrirez pas de l’accident qui est arrivé, et que ce sera une peine profitable qui vous donnera une sainte connaissance de vous-même. Ce sera un heureux frein qui retiendra en vous toute vanité déréglée, comme on fait au cheval qui s'emporte on lui tire la bride pour qu'il ne s'écarte pas de son chemin.

4. Oui, mon doux fils dans le Christ, notre doux Jésus, embrassez la très sainte Croix, et répondez à Dieu qui vous appelle avec cette Croix; vous accomplirez ainsi la volonté de Dieu et mon désir. Je vous ai dit que je désirais voir votre cœur et vos désirs attachés et cloués à la Croix. Faites qu'avant le départ du Saint-Père (Grégoire XI partit d’Avignon le 13 septembre 1376.) vous vous entendiez définitivement avec Sa Sainteté au sujet de la croisade : le plus tôt sera le meilleur, pour le peuple chrétien et pour les infidèles. Pas de négligence, ne tardez pas davantage. Faites en sorte que le temps vous manque, plutôt pour les affaires temporelles que pour les affaires spirituelles, surtout pour cette sainte entreprise, que Dieu vous a confiée ; et rendez-vous digne de ce que souvent sa bonté infinie a fait faire à ses grands serviteurs. Je ne vous en dis pas [310] davantage. souvenez-vous, Monseigneur, que vous devez mourir, et vous ne savez pas quand. Demeurez dans la sainte et douce dilection de Dieu. Pardonnez à ma présomption. Doux Jésus, Jésus amour.
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MessagePosté le: Mar 27 Aoû 2013, 22:32    Sujet du message: sainte Catherine de Sienne exhorte Charles V à la croisade Répondre en citant

dommage qu'il n'y ait pas actuellement une autre sainte Catherine pour nous indiquer avec autorité la volonté de Dieu
dans les remous d' Assise .


je  l' imagine mal ordonnant  d' abandonner la messe catholique pour le messe de Luther imposée par Paul VI et ses successeurs.
je  l 'imagine mal allumant les bougies d' Hanouka dans une synagogue. 
je l 'imagine mal disant des paroles aimables au sorcier vaudou d' Assise , ou aux pétroleuses marxistes  qui s'y trouvaient..


elle parlerait sans doute d'une société de démons incarnés acharnée à nier la divinité du Sacré Coeur.


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MessagePosté le: Mer 28 Aoû 2013, 14:32    Sujet du message: sainte Catherine de Sienne exhorte Charles V à la croisade Répondre en citant

Des remous, il en existe à Assise, mais dans le sous sol, comme à Paris, à part que ces dernières ne sont pas annoncées dans l'actualité sismique.

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Henryk


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MessagePosté le: Jeu 29 Aoû 2013, 13:51    Sujet du message: sainte Catherine de Sienne exhorte Charles V à la croisade Répondre en citant

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