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Principales condamnations de la liberté religieuse aux XIXème et XXème siècles par les papes

 
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Gentiloup
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Messages: 2 884

MessagePosté le: Mer 28 Aoû 2013, 15:34    Sujet du message: Principales condamnations de la liberté religieuse aux XIXème et XXème siècles par les papes Répondre en citant

"Ils l'ont découronné" est le livre de base pour bien comprendre en quoi la Liberté religieuse promue par Vatican II et emplifiée par tous les papes conciliaires est fondamentalement contraire à la Tradition de l'Eglise.     
D'où l'importance de dénoncer sans relâche et sans se lasser, les atteintes par la papauté conciliaire, à la véritable Eglise du Christ. Il s'agit de témoigner de l'Eglise pour le Christ! GL
     
______________________________
     

     
Cet extrait du livre de Mgr Lefebvre permet en quelques lignes, d'avoir présente à l'esprit la multiplicité des condamnations magistérielles de la liberté religieuse.
     
     

     
Partie I
Chapitre X –
La liberté religieuse sous la condamnation des papes
     

     
Extrait de "Ils l'ont découronné"  P. 68 à 79, de l'édition édition originale
     

La liberté religieuse sous la condamnation des papes   
Source DICI     
Ref. version originale: Chapitre X, pages 68 à 79
     

Résumé : La condamnation. Ce qui est condamné. Motif de la condamnation
" La liberté civile de tous les cultes propage
la peste de l’indifférentisme" .
Pie IX
     
Je vais rassembler en ce chapitre, au risque de me répéter, les textes des principales condamnations de la liberté religieuse au XIXe siècle, afin que vous voyiez bien ce qui a été condamné, et pourquoi les papes l’ont condamné.
     

     
I — LA CONDAMNATION     

Pie VI. Lettre Quod aliquantulum, du 10 mars 1791, aux évêques français de l’Assemblée Nationale.      
Citation:
" L’effet nécessaire de la Constitution décrétée par l’assemblée est d’anéantir la religion catholique et, avec elle, l’obéissance due aux rois. C’est dans cette vue qu’on établit, comme un droit de l’homme en société, cette liberté absolue qui non seulement assure le droit de n’être pas’ inquiété sur ses opinions religieuses, mais qui accorde encore cette licence de penser, de dire, d’écrire et même de faire imprimer impunément en matière de religion tout ce que peut suggérer l’imagination la plus déréglée ; droit monstrueux qui paraît cependant résulter à l’assemblée de l’égalité et de la liberté naturelles à tous les hommes. Mais que pouvait-il y avoir de plus insensé que d’établir parmi les hommes cette égalité et cette liberté effrénée qui semble étouffer la raison, le don le plus précieux que la nature ait fait à l’homme et le seul qui le distingue des animaux ? "2.



     
Pie VII. Lettre apostolique Post tam diuturnitas, à l’évêque de Troyes, en France, condamnant la " liberté des cultes et de conscience" accordée par la constitution de 1814 (Louis XVIII).      
Citation:
" Un nouveau sujet de peine dont Notre cœur est encore plus vivement affligé, et qui, Nous l’avouons, Nous cause un tourment, un accablement et une angoisse extrêmes, c’est le 22e article de la Constitution. Non seulement on y permet la liberté des cultes et de conscience, pour Nous servir des termes mêmes de l’article, mais on promet appui et protection à cette liberté, et en outre aux ministres de ce qu’on nomme les cultes. Il n’est certes pas besoin de longs discours, Nous adressant à un évêque tel que vous, pour vous faire reconnaître clairement de quelle mortelle blessure la religion catholique en France se trouve frappée par cet article. Par cela même qu’on établit la liberté de tous les cultes sans distinction, on confond la vérité avec l’erreur, et l’on met au rang des sectes hérétiques et même de la perfidie judaïque l’Epouse sainte et immaculée du Christ, l’Eglise hors de laquelle il ne peut y avoir de salut. En outre, en promettant faveur et appui aux sectes des hérétiques et à leurs ministres, on tolère et on favorise, non seulement leurs personnes, mais encore leurs erreurs. C’est implicitement la désastreuse et à jamais déplorable hérésie que saint Augustin mentionne en ces termes : " Elle affirme que tous les hérétiques sont dans la bonne voie et disent vrai, absurdité si monstrueuse que je ne puis croire qu’une secte la professe réellement"2.



     
Grégoire XVI. encyclique Mirari vos, du 15 août 1832, condamnant le libéralisme soutenu par Félicité de Lamennais.      
Citation:
" De cette source empoisonnée de l’Indifférentisme, découle cette maxime fausse et absurde ou plutôt ce délire : qu’on doit procurer et garantir à chacun la liberté de conscience ; erreur des plus contagieuses, à laquelle aplanit la voie cette liberté absolue et sans frein des opinions qui, pour la ruine de l’Eglise et de l’Etat, va se répandant de toutes parts, et que certains hommes, par un excès d’impudence, ne craignent pas de représenter comme avantageuse à la religion. " Quelle mort plus funeste pour les âmes, que la liberté de l’erreur !" , disait saint Augustin3. En voyant ôter ainsi aux hommes tout frein capable de les retenir dans les sentiers de la vérité, entraînés qu’ils sont déjà à leur perte par un naturel enclin au mal, c’est en vérité que nous disons qu’il est ouvert ce puits de l’abîme, d’où saint Jean vit monter une fumée qui obscurcissait le soleil, et des sauterelles sortir pour la dévastation de la terre4. De là, en effet, le peu de stabilité des esprits ; de là, la corruption toujours croissante des jeunes gens ; de là, dans le peuple, le mépris des droits sacrés, des choses et des lois les plus saintes ; de là, en un mot, le fléau le plus funeste qui puisse ravager les Etats ; car l’expérience nous l’atteste et l’antiquité la plus reculée nous l’apprend : pour amener la destruction des Etats les plus riches, les plus puissants, les plus glorieux, les plus florissants, il n’a fallu que cette liberté sans frein des opinions, cette licence des discours publics, cette ardeur pour les innovations"5.



     
Pie IX. encyclique Quanta Cura, du 8 décembre 1864. Le pape réitère la condamnation de son prédécesseur.      
Citation:
" Il vous est parfaitement connu, Vénérables Frères, qu’aujourd’hui il ne manque pas d’hommes qui appliquent à la société civile l’impie et absurde principe du naturalisme, comme ils l’appellent : ils osent enseigner " que la perfection des gouvernements et le progrès civil exigent absolument que la société humaine soit constituée et gouvernée sans plus tenir compte de la religion que si elle n’existait pas, ou du moins sans faire aucune différence entre les différentes religions, entre la vraie religion et les fausses" . De plus, contrairement à la doctrine de l’Ecriture, de l’Eglise et des saints Pères, ils ne craignent pas d’affirmer que " le meilleur gouvernement est celui où l’on ne reconnaît pas au pouvoir l’office de réprimer par la sanction des peines les violateurs de la religion catholique, si ce n’est lorsque la tranquillité publique le demande" .
En conséquence de cette idée absolument fausse du gouvernement social, ils n’hésitent pas à favoriser cette opinion erronée, on ne peut plus fatale à l’Eglise catholique et au salut des âmes et que Notre prédécesseur d’heureuse mémoire Grégoire XVI appelait un délire6, savoir "que la liberté de conscience et des cultes est un droit propre à chaque homme ; qu’il doit être proclamé dans tout Etat bien constitué et que les citoyens ont droit à la pleine liberté de manifester hautement et publiquement leurs opinions, quelles qu’elles soient, par la parole, par l’impression ou autrement, sans que l’autorité ecclésiastique ou civile puisse le limiter". Or, en soutenant ces affirmations téméraires, ils ne pensent pas, ils ne considèrent pas qu’ils prêchent " une liberté de perdition"7 et que, " s’il est toujours permis aux opinions humaines d’entrer en conflit, il ne manquera jamais d’hommes qui oseront résister à la vérité et mettre leur confiance dans le verbiage de la sagesse humaine, vanité extrêmement nuisible que la foi et la sagesse chrétiennes doivent soigneusement éviter, conformément à l’enseignement de Notre Seigneur Lui-même"8.9



     
Pie IX. Syllabus : collection d’erreurs modernes condamnées, extraites des divers actes du magistère de Pie IX, et publiées en même temps que Quanta Cura.      
Citation:
77. " A notre époque, il n’est plus utile que la religion catholique soit considérée comme l’unique religion de l’Etat, à l’exclusion de tous les autres cultes.
78. Aussi c’est avec raison que, dans quelques pays catholiques, la loi a pourvu à ce que les étrangers qui s’y rendent y jouissent de l’exercice public de leurs cultes particuliers.
79. Il est faux que la liberté civile de tous les cultes et que le plein pouvoir laissé à tous de manifester ouvertement et publiquement toutes leurs pensées et toutes leurs opinions, jettent plus facilement les peuples dans la corruption des mœurs et de l’esprit, et propagent la peste de l’Indifférentisme"10.



     
Léon XIII. Encyclique Immortale Dei, du 1er novembre 1885, sur la constitution chrétienne des Etats.      
Citation:
" … et dès lors que le peuple est censé la source de tout droit et de tout pouvoir, il s’ensuit que l’Etat ne se croit lié à aucune obligation envers Dieu, ne professe officiellement aucune religion, et n’est pas tenu de rechercher quelle est la seule vraie entre toutes, ni d’en préférer une aux autres, ni d’en favoriser une principalement ; mais qu’il doit leur attribuer à toutes l’égalité de droit, du moment que la discipline de la chose publique n’en subit pas de détriment. Par conséquent, chacun sera libre d’embrasser la religion qu’il préfère, ou de n’en suivre aucune si aucune ne lui agrée… etc" . — la suite a déjà été citée au chapitre VIII11, j’y renvoie le lecteur.



     
Ce qui est condamné     

Ce qui est commun à toutes ces condamnations pontificales, c’est la liberté religieuse, désignée sous le nom de " liberté de conscience", ou " liberté de conscience et des cultes" , à savoir : le droit reconnu à tout homme d’exercer publiquement le culte de la religion de son choix, sans être inquiété par la puissance civile.

     

     
II — MOTIF DE LA CONDAMNATION     

Les papes, vous l’aurez remarqué dans les textes précédents, ont le souci de remonter aux causes et de dénoncer les origines libérales du droit à la liberté religieuse : c’est essentiellement le libéralisme naturaliste et rationaliste qui est dénoncé, celui qui prétend que la raison humaine est l’unique arbitre du bien et du mal (rationalisme) ; qu’il appartient à chacun de décider s’il doit adorer ou non (indifférentisme) ; enfin, que l’État est l’origine de tout droit (monisme étatique).

De cela certains théologiens modernes ont cru pouvoir inférer trois thèses :      
Citation:
1. Les papes n’ont pas condamné la liberté religieuse en elle-même, mais seulement parce qu’elle apparaissait "comme découlant d’une conception naturaliste de l’homme"12, ou quelle "dérivait de la première prémisse du rationalisme naturaliste"13 ou des deux autres : "au-delà des conséquences (liberté religieuse) ce sont les principes qui sont ici visés : l’Église condamne le rationalisme, l’indifférentisme et le monisme étatique"14, un point c’est tout.
2. Placés devant les traductions concrètes des principes modernes (lutte contre la puissance temporelle de la papauté, laïcisation des Constitutions, spoliation de l’Église, etc.) les papes auraient "manqué de la sérénité nécessaire pour juger en toute objectivité le système des libertés modernes en cherchant à faire la part du vrai et du faux"  ; "il était inévitable que le premier réflexe de défense fût une attitude de condamnation totale"15 il était difficile à ces papes de "reconnaître une valeur au contenu quand la motivation était hostile aux valeurs religieuses… ainsi fut boudé pendant un long temps l’idéal signifié par les droits de l’homme, parce qu’on ne réussissait pas à y reconnaître le lointain héritage de l’Évangile"16.
3. Mais il est possible aujourd’hui de redécouvrir la part de vérité chrétienne contenue dans les principes de 1789 et de réconcilier ainsi l’Église avec les libertés modernes, avec la liberté religieuse en particulier. Le P. Congar a été le premier à tracer la ligne à suivre à cet égard
" Réconcilier l’Église avec un certain monde moderne ne pouvait pas se faire en introduisant telles quelles dans l’Église les idées de ce monde moderne ; cela supposait un travail en profondeur, par lequel les principes permanents du catholicisme prissent un développement nouveau en assimilant, après les avoir décantés et au besoin purifiés, les apports valables de ce monde moderne"17.



     
Roger Aubert se fit l’écho fidèle de cette vue l’année suivante : parlant des collaborateurs de l’Avenir, journal catholique-libéral de Lamennais au XIXe siècle il dit :      
Citation:
"Ils n’avaient pas pris suffisamment soin de repenser les principes qui permettraient moyennant les discernements et les purifications nécessaires, d’assimiler au christianisme les idées de démocratie et de liberté, qui nées en dehors de l’Église, s’étaient développées dans un esprit hostile à celui-ci"18.



     
Or le travail de purification et d’assimilation, des principes de 1789, Vatican II a affirmé qu’il était son premier but :      
Citation:
Le Concile se propose avant tout de juger à cette lumière (de la foi) les valeurs les plus prisées par nos contemporains (droits de l’homme, liberté, tolérance…) et de les relier à leur source divine. Car ces valeurs, dans la mesure où elles procèdent du génie humain qui est un don de Dieu, sont fort bonnes ; mais il n’est pas rare que la corruption du cœur humain les détourne de l’ordre requis : c’est pourquoi elles ont besoin d’être purifiées"19.



     
Et c’est bien ce que le Concile a réalisé, nous affirme le cardinal Ratzinger      
Citation:
"Le problème des années soixante était d’acquérir les meilleures valeurs exprimées de deux siècles de culture " libérale" . Ce sont en fait des valeurs qui, même si elles sont nées en dehors de l’Eglise, peuvent trouver leur place — purifiées et corrigées — dans sa vision du monde. C’est ce qui a été fait"20.




     
J’ai voulu vous citer tous ces textes qui montrent le consensus écrasant de tous ces théologiens qui ont préparé, réalisé et exécuté le Concile. Or ces affirmations, qui vont jusqu’à se répéter littéralement de l’une à l’autre, ne sont qu’une épouvantable imposture. Affirmer que les papes n’ont pas vu ce qu’il y a de vérité chrétienne dans les principes de 1789, c’est dramatique ! — Voyons de plus près      
Citation:
1. Certes les papes ont condamné le rationalisme, l’indifférentisme de l’individu et le monisme étatique. Mais ils n’ont pas condamné que cela ! Ils ont bel et bien condamné en elles-mêmes les libertés modernes. C’est pour ce qu’elle vaut, que la liberté religieuse est condamnée, et non en raison de ses motivations historiques de l’époque ; car, pour ne prendre que cet exemple, le libéralisme d’un Lamennais (condamné par Grégoire XVI) n’est pas le libéralisme absolu et athée des philosophes du XVIIIe siècle (condamné par Léon XIII dans Immortale Dei), et pourtant tous ces libéraux, quels que fussent leurs principes parfois très divers ou leurs nuances, ont revendiqué la même liberté religieuse. Ce qui est commun à tous les libéralismes, c’est la revendication du droit à ne pas être inquiété par le pouvoir civil dans l’exercice public de la religion de son choix ; leur dénominateur commun (comme le dit le cardinal Billot) c’est la libération de toute contrainte en matière religieuse. Et cela, les papes l’ont condamné, je vais vous le montrer dans un instant.
2. C’est une impiété et une injustice envers les papes que de leur dire : " vous avez enveloppé dans la même condamnation les faux principes du libéralisme et les bonnes libertés qu’il propose ; vous avez commis une erreur historique" . Ce ne sont pas les papes qui ont fait une erreur historique ou qui étaient prisonniers des circonstances historiques, ce sont bien plutôt ces théologiens, qui sont imbus du préjugé historiciste, même s’ils s’en défendent21. Pourtant il suffit de lire les exposés historiques de Roger Aubert et J. Courtney Murray sur la liberté religieuse pour constater que systématiquement ils relativisent les énoncés du magistère des papes du XIXe siècle, selon un principe que l’on peut exprimer ainsi : " tout énoncé doctrinal du magistère est strictement relatif à son contexte historique, de telle sorte que le contexte changeant, la doctrine peut changer" . Je n’ai pas besoin de vous dire combien ce relativisme et cet évolutionnisme doctrinal sont contraires à la stabilité du roc de Pierre au milieu des fluctuations humaines et en définitive contraires à la Vérité immuable qui est Notre-Seigneur Jésus-Christ. Ces théologiens, en fait, ne sont pas des théologiens, ni même de bons historiens, car ils n’ont aucune notion de la vérité ou d’une doctrine permanente de l’Eglise, surtout en matières sociale et politique, ils s’égarent dans leur érudition et sont prisonniers de leurs propres systèmes d’interprétation ; ce sont des têtes farcies, mais pas des têtes bonnes. Pie XII avait bien raison de condamner sous le nom d’historicisme leur théologie de girouette :
Citation:




" A cela s’ajoute un faux historicisme qui, s’attachant aux seuls événements de la vie humaine, renverse les fondements de toute vérité et de toute loi absolue, en ce qui concerne tant la philosophie que les dogmes chrétiens eux-mêmes"22.




3. Quant à réconcilier l’Eglise avec les libertés nouvelles, ce sera effectivement tout l’effort de Vatican II, dans Gaudium et spes et dans la déclaration sur la liberté religieuse ; je reviendrai sur cette tentative, d’avance vouée à l’échec, de marier l’Eglise avec la Révolution.



Pour l’instant voici les vrais motifs, immédiats et concrets de la condamnation de la liberté religieuse par les papes du XIXe siècle, motifs toujours valables comme on peut en juger : elle est absurde, impie, et mène les peuples à l’indifférence religieuse : je reprends les termes-mêmes des papes:

   
Absurde, la liberté religieuse l’est, puisqu’elle accorde le même droit à la vérité et à l’erreur, à la vraie religion et aux sectes hérétiques ; or, dit Léon XIII " le droit est une faculté morale, et comme nous l’avons dit et comme on ne peut trop le redire, il serait absurde de croire qu’elle appartienne naturellement et sans distinction ni discernement à la vérité et au mensonge, au bien et au mal"23.
Impie, la liberté religieuse l’est aussi : puisqu’elle " attribue à toutes les religions l’égalité de droit" , et " met au rang des sectes hérétiques et même de la perfidie judaïque, l’Epouse sainte et immaculée du Christ"  ; puisque de plus, elle implique " l’indifférentisme religieux de l’Etat" qui équivaut à son " athéisme" , ce qui est l’impiété légale des sociétés, l’apostasie forcée des nations, le rejet de la royauté sociale de Notre Seigneur Jésus-Christ, la négation du droit public de l’Eglise, son élimination de la société ou son assujettissement à l’Etat.
— Enfin, elle conduit les peuples à l’indifférence religieuse, comme le déclare le Syllabus en condamnant la proposition 77. C’est l’évidence : si actuellement, l’Eglise conciliaire et la majorité des catholiques en arrivent à voir dans toutes les religions des voies de salut, c’est parce que ce venin de l’indifférentisme leur a été administré, en France et ailleurs, par bientôt deux siècles de régime de liberté religieuse. 
___________________________
Notes:
    
  1. PIN. I.
  2. PIN. 19.
  3. Commentaire sur le Ps. 124.
  4. Apo. 9.3.
  5. PIN. 24, cf. Dz 1613-1614.
  6. Cf. supra, Mirari vos, que Pie IX cite très librement.
  7. S. Augustin, Lettre 105 (166).
  8. S. Léon, Lettre 164 (133).
  9. PIN. 39-40, cf. Dz. 1689-1690.
  10. PIN. 53, cf. Dz. 1777-1779.
  11. PIN. 143-146.
  12. Roger Aubert, Le magistère ecclésiastique et le libéralisme, dans Tolérance et communauté humaine, Casterman, 1951, p. 81.
  13. John Courtney Murray, Vers une intelligence du développement de la doctrine de I Église sur la liberté religieuse, dans Vatican II, La liberté religieuse, p. 112.
  14. Jérôme Hamer o.p., Histoire du texte de la déclaration, dans Vatican II, La liberté religieuse, Cerf, Paris 1967.
  15. Roger Aubert, op. cit. p. 82. 16
  16. Commission théologique internationale, les chrétiens d’aujourd’hui devant la dignité et les droits de la personne humaine, Commission pontificale Justifia et Pax, Cité du Vatican, 1985, p. 44, cité par Documents épiscopat, bulletin du secrétariat de la conférence épiscopale française, octobre 1986, p. 15.
  17. Y. Congar o.p., Vraie et fausse réforme dans I’Église (Unam Sanctam, 20), Cerf, Paris, 1950, p. 345, cité par Roger Aubert op. cit. p. 102.
  18. Roger Aubert, op. cit. p. 81-82.
  19. Gaudium et spes, 1I, § 2.
  20. Entretien avec Vittorio Messori, mensuel Jesus, novembre 1984, p. 72.
  21. Le P. Courtney Murray, cherchant à expliquer comment le magistère a pu passer des condamnations du XIX’ siècle à la liberté religieuse de Vatican II, déclare d’abord : “ Cette intelligibilité n’est pas accessible a priori, ou simplement par le jeu de l’application de quelque théorie générale du développement de la doctrine. Pour l’heure nous n’avons pas de théorie générale de ce genre ”.
  22. Encyclique Humani generis, du 12 août 1950, Documents pontificaux de Pie XII, XII, 303 ; cf. DS. 2306.
  23. Libertas, PIN. 207
     


Dernière édition par Gentiloup le Sam 31 Aoû 2013, 00:49; édité 2 fois
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MessagePosté le: Mer 28 Aoû 2013, 15:34    Sujet du message: Publicité

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Angelico
Membre

Hors ligne

Inscrit le: 08 Déc 2012
Messages: 134

MessagePosté le: Jeu 29 Aoû 2013, 08:53    Sujet du message: Principales condamnations de la liberté religieuse aux XIXème et XXème siècles par les papes Répondre en citant

Merci de nous ramener aux fondamentaux! Okay

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tropdenoms
Membre

Hors ligne

Inscrit le: 20 Juin 2012
Messages: 277

MessagePosté le: Ven 30 Aoû 2013, 09:58    Sujet du message: Principales condamnations de la liberté religieuse aux XIXème et XXème siècles par les papes Répondre en citant

J'aurais pensé que le rappel du Magistère sur une question centrale de la révolution conciliaire intéresserait plus de monde! 


On dirait qu'il faut de la polémique pour que les gens soient intéressés. N'est-ce pas un signe de démocratisation/Droit-del'Hommesque des esprits, même chez les traditionalistes? A moins que tout le monde sache tout sur ce sujet?  qui est à la base de la fondation par Mgr Lefebvre de la Fraternité et du sacre des quatre évêques en 1988. 


Mgr Lefebvre s'est battu principalement pour le règne du Christ-Roi, ça crève les yeux dans "Ils l'ont découronné", et encore dans le livre: "Nos rapports avec Rome" de l'abbé Pivert, qui est une synthèse de la pensée de Mgr Lefebvre à partir d'une compilation de ses interventions.
 
Vatican II et les conciliaires se battent eux contre le règne du Christ-Roi.
 
L'essentiel de la question se trouve résumée dans les positions des papes d'après la Révolution qui se sont moult fois prononcés de façon archi-claire contre l'œcuménisme/syncrétisme prôné par Vatican II. L'œcuménisme/syncrétisme qui découle de la liberté religieuse au sens révolutionnaire du terme, qui s'est imposé en politique avec la Révolution de 1789. Et avec l'Eglise conciliaire depuis 1965 avec Vatican II.
Le concile Vatican II a condamné les positions traditionnelles des papes du XIX et XXème siècle jusqu'à Pie XII inclus, qui combattaient cette volonté de créer une super religion mondialiste à l'encontre de ce que l'Eglise avait toujours fait et toujours cru, toujours et partout, depuis le Christ, à travers les Apôtres, les pères de l'Eglise, les saints et les papes. Pendant 2000 ans!


C'est pour ça que ces rappels du magistère (ci-dessus) est fondamental pour savoir pour quoi nous nous battons.


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Alix
Membre

Hors ligne

Inscrit le: 23 Juil 2012
Messages: 1 049
Localisation: montagne

MessagePosté le: Ven 30 Aoû 2013, 13:24    Sujet du message: Principales condamnations de la liberté religieuse aux XIXème et XXème siècles par les papes Répondre en citant

 Je pense que chacun de nous en est bien conscient, je pense, aussi, que rajouter des mots à ces textes qui nous font connaître les fondements de notre foi, est inutile! Mais qu'il est indispensable que nous les relisions pour ne rien oublier.

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tropdenoms
Membre

Hors ligne

Inscrit le: 20 Juin 2012
Messages: 277

MessagePosté le: Ven 30 Aoû 2013, 13:56    Sujet du message: Principales condamnations de la liberté religieuse aux XIXème et XXème siècles par les papes Répondre en citant

Oui Alix, mais pour le lire il faut ouvrir le lien... Au moment où j'ai écrit il y avait beaucoup de moins de lectures. Je pense que d'avoir écrit a au moins fait ouvrir le lien. Cela ne prouve pas que le texte ait été lu. A défaut on aura lu mon petit commentaire... Et puis le sujet est revenu au premier plan. 


A lire certains commentaires, ici ou ailleurs, il n'est pas certain que tout le monde ait bien conscience de l'enjeu.
Moins optimiste que vous, Madame Alix!


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Henryk


Hors ligne

Inscrit le: 20 Aoû 2013
Messages: 150
Localisation: Velay

MessagePosté le: Ven 6 Sep 2013, 10:44    Sujet du message: Principales condamnations de la liberté religieuse aux XIXème et XXème siècles par les papes Répondre en citant

Le cardinal Billot et le Sacré Coeur

Louis Billot, né en 1846 à Sierck-les-Bains et mort le 18 déc 1931 à Galloro, près de Rome, est un théologien et prêtre jésuite français. Créé cardinal par le pape Pie X en 1911, il démissionne en 1927 en raison de son désaccord avec la condamnation de l'Action française prononcée par Pie XI.

Il a suivi ses études secondaires dans les collèges jésuites de Metz et de Bordeaux. Il entre au Grand séminaire de Blois et est ordonné prêtre le 22 mai 1869. Quelques mois plus tard il est admis au noviciat de la Compagnie de Jésus à Angers.


Dans les années 1870 il est professeur d’Écriture sainte à Laval. Après 1879 son enseignement est entièrement tourné vers la théologie dogmatique à Angers d'abord, puis au scolasticat de Jersey. En 1885, le pape Léon XIII l'appelle à Rome pour enseigner à l'Université grégorienne : il vient de publier l'encyclique Aeterni Patris (1879) qui prône le retour à l'étude de l'œuvre de saint Thomas d'Aquin dans les séminaires.

Participe à l'instruction du procès d'Alfred Loisy en tant qu'expert auprès de l'index (1897-1903),
Nommé par Pie X consulteur au Saint-Office et on lui attribue une grande partie de la rédaction de l'encyclique Pascendi qui condamne le modernisme.
Ce pape, en dérogation à la pratique de la Compagnie de Jésus, en dépit de la règle,  l'éleva au rang de cardinal lors du consistoire du 27 novembre 1911. Électeur aux conclaves de 1914 et 1922, il est aussi président de l'Académie pontificale Saint-Thomas-d'Aquin et membre de la Commission biblique pontificale.

Ses œuvres publiées entre 1892 et 1912 sont des traités de théologie écrits en latin : ils sont fondés sur des commentaires de la Somme Théologique.
La vigueur de l'argumentation, la profondeur de la pensée « de même que [son] art de la synthèse [qui] est capable de ramener tout un ensemble à quelques principes métaphysiques » en font un des plus éminents théologiens de son temps. 

 À la suite d'une série d'articles publiés dans la revue Études, il publie un livre sur La Parousie (1920) où il démontre, face aux modernistes, que les premiers chrétiens croyaient au retour du Christ à la fin des temps.

Modeste autant qu'affable il est aussi un redoutable polémiste qui combat contre le libéralisme, le modernisme, le Sillon et se montre réservé vis-à-vis de l'Action catholique.

Le cardinal Billot critiqua sévèrement la conduite du pape Pie XI vis-à-vis de l'Action française, condamnée  en 1926 (condamnation levée par Pie XII en 1939), si bien que le pape le convoqua au Vatican pour des explications.

C'est le 13 septembre 1927 que Pie XI le reçut en audience. Les collaborateurs de la Curie s'attendaient à entendre des cris et des paroles enflammées à travers la porte du bureau du pape, mais l'audience du cardinal Louis Billot fut étrangement brève et silencieuse. Quand Billot sortit de chez le pape, il n'était plus cardinal : il s'était sans cérémonie dépouillé de ses insignes et de son titre cardinalice, indigné de la prise de position du souverain pontife et du Secrétariat d'État contre le mouvement fondé par Charles Maurras.
Tous les insignes de l'ex-cardinal Louis Billot restèrent dans le bureau du pape, qui accepta officiellement sa démission le 21 octobre.


Son geste sera expliqué publiquement, mais après sa mort, par la publication d'une de ses lettres datée du 2 mars 1928 à Études par cette citation:

citation:
« (…) J'ai toujours répondu, soit de vive voix, soit par écrit, à tous ceux qui me consultaient sur la ligne de conduite à tenir, qu'il leur fallait non seulement éviter avec soin tout ce qui aurait un semblant d'insoumission ou de révolte mais encore faire le sacrifice de leurs idées particulières pour se conformer aux ordres du Souverain Pontife. Pour ma part personnelle, je me suis, tout le premier, tenu à cette règle… »

C'est comme prêtre jésuite qu'il mourut près de Rome le 18 déc 1931, à 85 ans. Il est enterré au cimetière du Campo Verano à Rome.


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Angelico
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MessagePosté le: Ven 6 Sep 2013, 23:47    Sujet du message: Principales condamnations de la liberté religieuse aux XIXème et XXème siècles par les papes Répondre en citant

Merci Henrik pour cette excellente biographie du cardinal Billot, grand ami du père Le Floc'h; ils ont tous les deux été sanctionnés pour leur incompréhension de la condamnation de l'Action Française par Pie XI. Et tous les deux ont été réhabilités par Pie XII.
Du reste l'Histoire leur donne amplement raison.


Leurs sympathies pour l'Action Française est la raison officielle donnée pour les évincer. La réalité c'est qu'ils occupaient les postes-clefs pour les nominations des évêques. Or les évêques (en raison de la séparation de l'Eglise et de l'Etat et en raison de la fermeté de Pie X qui avait rompu les relations diplomatiques avec certains Etats), étaient alors, dans leur grande majorité, fermement anti-libéraux et anti-modernistes. Nous avions un épiscopat vertébré.
Il fallait donc, pour les besoins des ralliements avec les Etats en difficulté diplomatique, renouveler cet épiscopat trop traditionnel. Pour le renouveler par des évêques libéraux, il fallait changer les personnes qui étaient aux postes-clefs dans le choix des évêques et mettre à leur place des personnes moins sourcilleuses. C'est la vraie raison du limogeage de ses personnalités de qualités exceptionnelles.


Il est à remarquer que Benoît XV et Pie XI ont fait, dans le domaine politique, systématiquement l'inverse de Pie X. Et qu'ils ont limogé ou écarté ceux qui avaient été mis en poste par lui.  Ils ont pris la suite de Léon XIII, comme si Pie X était passé (trop vite!) pour leur compliquer la tâche.


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Henryk


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MessagePosté le: Sam 7 Sep 2013, 08:46    Sujet du message: Principales condamnations de la liberté religieuse aux XIXème et XXème siècles par les papes Répondre en citant

Le problême, pour cette condamnation, il met à l'index toute la politique de la chambre "vareuse catholique" qui est battu par les radicaux en 1924,(lire Léon Daudet pour se faire une idée du débat politique au parlement)le St père fait là, une action politique majeure.

 En mettant les catholiques d'action  française au retrait, il combat au travers du nationalisme de Maurras, la politique légitime en France peu active dans dans ses périodes, car toute l'Europe  y compris la Sainte Russie qui s'effondre dans du nationalisme de gauche, (famine génocidaire en Ukraine, nettoyge des pays baltes...) bascule dans le nationalisme et le faschisme après l'effondrement des systèmes monarchiques.

Mgr Andrieu curieusement fut l'un des temoins, juge et partie de cette condamnation.


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MessagePosté le: Sam 7 Sep 2013, 09:12    Sujet du message: Principales condamnations de la liberté religieuse aux XIXème et XXème siècles par les papes Répondre en citant

l' impeccabilité pontificale n'est pas un dogme.


"l'Eglise militante renferme deux sortes de personnes , les bons et les méchants."
"les méchants participent aux mêmes sacrements et professent la même foi que les bons."


" c'est une vérité qu'on ne saurait trop redire aux Fidèles, afin que si , par malheur , "
"la vie de leurs chefs spirituels devenait scandaleuse , ils sachent bien que mêmes de tels pasteurs "
"appartiendraient toujours à l 'Eglise , et ne perdraient rien de leur autorité."


Concile de Trente   
commentaire sous "credo in ecclesiam" 


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MessagePosté le: Aujourd’hui à 16:58    Sujet du message: Principales condamnations de la liberté religieuse aux XIXème et XXème siècles par les papes

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