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L'Eglise et les TROIS ralliements"...
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Gentiloup
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Inscrit le: 21 Juin 2012
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MessagePosté le: Lun 9 Sep 2013, 10:47    Sujet du message: L'Eglise et les TROIS ralliements"... Répondre en citant

Je trouve amusant de mon côté que vous ayez oublié mon objection sur le fait que l'encyclique de Benoît XV, Celeberima, était en contradiction avec celle de Pie X, Jamdudum in Lusitania. L'encyclique de Benoît XV, Celeberima, fut publiée seulement 7 ans après celle de Pie X Jamdudum in Lusitania. (!!!) et quelques années après l'apparition de Notre-Dame à Fatima qui se dressait contre la Franc-maçonnerie.

Alors je ne sais pas ce que vous entendez par le fait que le cardinal Sarto, (futur Pie X), lorsqu'il était patriarche de Venise, se serait "rallié au pouvoir en place". Il faudrait un peu plus de précisions.
Comme pape, il est en tout cas notoire qu'il a conduit tout l'opposé d'une politique de ralliement, prenant pour acquis le fait de la séparation de l 'Eglise et de l'Etat imposée par la république française. Cela au prix des biens de l'Eglise qui ont été confisqués. Il n'a pas hésité à rompre les relations diplomatiques du Vatican avec plusieurs Etat appelant les catholiques à lutter contre ces régimes anticléricaux.

Pour votre précédente citation:
    
Martin a écrit:
 
Aussi étonnant que ça puisse vous paraître, chère Gentiloup, cette encyclique que vous jugez ahurissante a été approuvée à l’époque par Salazar lui-même, notamment lors du discours qu’il prononça devant le IIe Congrès du “Centre catholique”, le parti catholique portugais. Si j’en crois son biographe Jacques Ploncard d’Assac (Salazar, DMM 1983, p. 36) il trouvait même excellente l’idée de Benoit XV « d’alléger la lutte proprement politique en retirant une grande masse d’individus de ces luttes, en plaçant au-dessus d’elles, étant donné son caractère d’urgence, le problème religieux, c’est-à-dire la satisfaction des revendications de l’Eglise, avec le sacrifice momentané des revendications d’ordre politique ».
   
    

Ce commentaire, tel quel pouvait être interprété dans n'importe quel sens, j'en ai découvert l'interprétation authentique en lisant "l'histoire des missions spiritaines jusqu'à Vatican II" mais pour cette allusion au sujet du patriarche de Venise, futur Pie XII, j'attends que vous m'apportiez vos lumières, je n'ai rien trouvé qui l'explique.

Ce qui est certain, c'est que comme pape il n'a pas du tout suivi une politique de ralliement, contrairement à Léon XIII, son prédécesseur et à Benoît XV et Pie XI, ses successeurs. Pie XI qui a limogé les personnes que Pie X avaient nommées: le père le Floc'h, le père Salvien qu'il a exilé, et le cardinal Billot; il a supprimé le rôle de nomination des évêques du Consistoire où le cardinal Merry del Val, Secrétaire d'Etat de Pie X, était très écoutée. Le Consistoire étant sous l'autorité du très conservateur cardinal de Laï. Ce rôle de choix des évêque français a été pour le transféré, sous la pression du gouvernement français au Secrétaire d'Etat libéral qu'était le cardinal Gaparri.

Il n'est pas difficile dans ces conditions, de comprendre pourquoi l'épiscopat français est ensuite devenu libéral... Ceci malgré des protestations de foi et des rappels  à l'ordre, énergiques,  de ces mêmes papes.

Les principes proclamés n'étaient pas toujours en accords avec la politique des applications sur le terrain, et parfois, dans ces cas-ci, ils s'en éloignaient même dramatiquement.

   


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MessagePosté le: Lun 9 Sep 2013, 10:47    Sujet du message: Publicité

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tropdenoms
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Inscrit le: 20 Juin 2012
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MessagePosté le: Lun 9 Sep 2013, 18:28    Sujet du message: L'Eglise et les TROIS ralliements"... Répondre en citant

La génération spontanée n'existe que dans l'imagination des révolutionnaires qui veulent faire table rase du passé. Pol Pot voyant que la table rase n'existait pas a fait supprimé le maximum d'adultes pour faire des enfants, des fanatiques aux cerveaux lavés. Malgré ça, malgré les exécutions par étouffements avec des sacs plastiques, des adultes par les enfants, pour aller au plus économique, il n'a pas réussi à faire table rase du passé. Si on ne peut pas faire table rase du passé, on ne peut pas inventer non plus un système à partir de rien.


Vatican II est une rupture par rapport à avant, mais l'écroulement de "l'Ancien Régime" n'aurait pas eu lieu si ses fondations n'avaient pas été copieusement lézardées à coup de boutoirs.


"L'Ancien Régime", c'est le mot employé par louis Canet, conseiller technique pour les affaires religieuses, qui va mener les tractations du ralliement avec le Saint-Siège:
 
Citation:

"Il fallait opérer avec précaution et ménager la transition de l'Ancien Régime au nouveau"  (Ph Prévost page 138)


Symptomatique l'emploi de ce mot pour qualifier la transition qui va s'opérer entre le Consistoire et la Secrétairerie d'Etat dans la nomination des évêques.


Il faut préciser que sous "l'Ancien Régime, les évêques étaient nommés par le Saint-Siège. Sous le Nouveau Régime, le but commun du Vatican et du gouvernement français, est de faire agréer la nomination des évêques par le gouvernement de la République.


Jusque dans les termes, la Révolution gronde!


PS: Le livre de Philippe Prévost: "L'Eglise et le ralliement", est en vente à Saint-Nicolas.
 


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tropdenoms
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MessagePosté le: Lun 9 Sep 2013, 18:44    Sujet du message: L'Eglise et les TROIS ralliements"... Répondre en citant

Merci Fidelis Servus de ce message, absolument nécessaire. Ce n'est pas parce que François donne une mauvaise réponse à la lutte contre la guerre en Syrie que nous devons ignorer les tourments des Chrétiens, qui sont nos frères en Jésus-Christ.


Puisque François lancent des prières blasphématoires, répondons par de vraies prières au seul vrai Dieu en Trois Personnes et au Prince de la paix qu'est Notre Seigneur Jésus-Christ.


Pour que le règne du Christ s'étende enfin!


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N.M.
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MessagePosté le: Lun 9 Sep 2013, 20:07    Sujet du message: L'Eglise et les TROIS ralliements"... Répondre en citant

 Chère Gentiloup,

Merci de nous montrer EN QUOI l'enseignement de Benoît XV s'oppose à l'enseignement de saint Pie X. 

A propos, que savez-vous de l'enseignement de saint Pie X au sujet de l'obéissance aux pouvoirs temporels, quels qu'ils soient ? Attention aux surprises...


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Gentiloup
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MessagePosté le: Lun 9 Sep 2013, 21:43    Sujet du message: L'Eglise et les TROIS ralliements"... Répondre en citant

N.M. a écrit:
 Chère Gentiloup,

Merci de nous montrer EN QUOI l'enseignement de Benoît XV s'oppose à l'enseignement de saint Pie X.



Je ne crois pas avoir employé le terme "d'enseignement".

Gentiloup a écrit:

(...) l'encyclique de Benoît XV, Celeberima, était en contradiction avec celle de Pie X, Jamdudum in Lusitania. L'encyclique de Benoît XV, Celeberima, fut publiée seulement 7 ans après celle de Pie X Jamdudum in Lusitania. (!!!)
  


Gentiloup a écrit:

Et je me répète: Par ailleurs cette encyclique est au moins en partie en contradiction avec celle de Saint-Pie X, jandudum in Lusitania, publiée six ans auparavant.


Mais ces deux encycliques se contredisent et ont des buts opposés ainsi que je l'ai déjà mentionné plus haut:
Gentiloup a écrit:

Par ailleurs cette encyclique est au moins en partie en contradiction avec celle de Saint-Pie X, jandudum in Lusitania, publiée six ans auparavant. Dans cette encyclique le saint pape énumérait pour les condamner toutes les mesures prises depuis 1910 par le pouvoir républicain contre l'Eglise. Certes le régime s'était assoupli entre-temps, mais les lois anticléricales n'étaient pas abrogées.


Mais si vous voulez davantage de précisions, elles se trouvent dans la 2ème partie du chapitre I du livre de Philippe Prévost.

Il donne le détail des mesures en rafales du pouvoir républicain portugais dés son arrivée au pouvoir en 1910:

-Divorce
-Lois promulguées le jour de Noël rebaptisé "fête de la famille" qui rendent le mariage civil obligatoire et donne les mêmes droits aux enfants illégitimes qu'aux enfants légitimes.
-Les fêtes religieuses sont supprimées
-Les prières dans les écoles supprimées
-Les ordres religieux expulsés
-Les Jésuites humiliés et traités comme des criminels
-Les maisons religieuse, les collèges et les œuvres de charité furent spoliées
-Loi de séparation de l'Eglise et de l'Etat, inspirées de la loi française
-Les évêques n'ont plus le droit de résider dans leur diocèse
-L'Eglise dépouillée de tous ses biens avec interdiction d'en acquérir à l'avenir
-Interdiction au clergé de s'occuper du culte, ce soin étant confié à des associations de laïcs comme en France
-Interdiction aux évêques de publier quoi que ce soit sans autorisation
-Interdiction aux clercs et fidèles de fonder des associations de piétés, de faire la moindre manifestation en dehors des églises
-Les républicains s'arrogent le droit de s'occuper de la discipline dans les séminaires, de désigner les professeurs, de censurer les livres
-Les prêtres frappés d'interdit par les évêques ou qui acceptent de se marier son pensionnés, tandis qu'on coupe les vivres aux autres. Mais 80% des prêtres dans une misère noire refusèrent de se laisser acheter. (Ce qui fait 20% de prêtres jureurs NDLR)

Eh bien voilà, Jamdudum in Lusitania, l'encyclique de Saint-Pie X condamnait toutes ces lois. Naturellement l'encyclique fut interdite.

Et c'est avec ce régime que Benoît XV négocie le ralliement. Dans son encyclique Celeberima, il demande aux Catholiques de se soumettre
 
Citation:

"en toute bonne foi au pouvoir civil, tel qu'il est actuellement constitué, et ils accepteront [de se soumettre] sans répugnance, en vue du bien commun de la religion et de la patrie."



Autrement dit Benoît XV demande aux catholiques de se soumettre aux lois condamnées par Pie X.

Il n'y a pas opposition d'enseignement mais opposition d'application. Opposition entre les principes et l'application, du moins dans ces cas précis et importants des ralliements de Léon XIII, Benoît XV et Pie XI.

Pour le ralliement successif à la condamnation de l'Action Française c'est encore plus gratiné.


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N.M.
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MessagePosté le: Lun 9 Sep 2013, 22:19    Sujet du message: L'Eglise et les TROIS ralliements"... Répondre en citant

 Chère Gentiloup,

J'ai sous les yeux les deux encycliques, celle de saint Pie X et celle de Benoît XV, telles qu'elles sont reproduites dans l'ouvrage d'Adrien Loubier (Echec au Ralliement, éd. Sainte Jeanne d'Arc, 1995).

Et je peux vous dire que vous faites erreur. Nulle part Benoît XV ne demande "de se soumettre aux lois condamnées par Pie X". Nulle part.

Benoît XV demande d'obéir au pouvoir civil. Nuance de taille. Mais l'obéissance au pouvoir civil ne veut pas dire obéissance à toutes lois, même les lois contraires à la loi divine et à la loi ecclésiastique, et condamnées comme telles par l'Eglise. 

Voyez l'enseignement de saint Pie X :

« Non, il ne peut prétendre à l’amour, cet État, ce gouvernement, quel que soit le nom qu’on lui donne, qui, en faisant la guerre à la vérité, outrage ce qu’il y a dans l’homme de plus sacré. Il pourra se soutenir par la force matérielle, on le craindra sous la menace du glaive, on l’applaudira par hypocrisie, intérêt ou servilisme : on lui obéira parce que la religion prêche et ennoblit la soumission aux pouvoirs humains, pourvu qu’ils n’exigent pas ce qui est opposé à la sainte loi de Dieu. Mais si l’accomplissement de ces devoirs envers les pouvoirs humains, en ce qui est compatible avec le devoir envers Dieu, rendra l’obéissance plus méritoire, elle ne sera ni plus tendre, ni plus joyeuse, ni plus spontanée, jamais elle ne méritera le nom de vénération et d’amour. »

Saint Pie X, Allocution à des pèlerins français, 19 avril 1909.

Que voyons-nous ?

- « La religion prêche et ennoblit la soumission aux pouvoirs humains ».

- En raison de quoi « on lui obéira » : les catholiques doivent obéir au pouvoir temporel.

- Dans quelle mesure ? «Pourvu qu’ils [les pouvoirs humains] n’exigent pas ce qui est opposé à la sainte loi de Dieu ».

- Est-ce à dire que les catholiques n’ont plus du tout à obéir au pouvoir temporel dès lors qu’il exige « ce qui est opposé à la sainte loi de Dieu » ?

- Non, car « en ce qui est compatible avec le devoir envers Dieu », il faut continuer à observer « l’accomplissement de ces devoirs envers les pouvoirs humains ».

- Autrement dit, il faut obéir au pouvoir temporel « en ce qui est compatible avec le devoir envers Dieu », même lorsque, par ailleurs, ce même pouvoir « exige » « ce qui est opposé à la sainte loi de Dieu ». Sauf que dans ce dernier cas – et dans ce cas seulement – il ne peut plus être question d’obéissance.

Où est-ce que Benoît XV enseigne le contraire ?

Mais s'il s'agit seulement d'une divergence d'application, peut-être pouvons-nous tomber d'accord... quoi que je ne vois pas où saint Pie X a prêché aux catholiques portugais le refus de toute soumission, de toute obéissance aux gouvernements de la République portugaise.

Je vous signale d'ailleurs que vous comme moi sommes habituellement soumis aux gouvernements de la République française. Nous payons nos impôts. Nous obéissons aux lois (sauf celles qui vont contre la loi de Dieu). Et j'ai satisfait à mes obligations militaires. Sans mentir, c'est d'ailleurs ce qu'ont toujours fait les royalistes français sous les IIIème, IVème et Vème Républiques, avant comme après le mot d'ordre de Ralliement en 1892. A l'exception sans doute des Camelots du roi (et encore, dans certaines limites) et plus encore des Cagoulards.

Quoi qu'il en soit, je vous rejoindrai pour m'interroger sur l'apparente naïveté de Benoît XV exprimant sa "confiance" dans les "assurances" "données" par "les autorités portugaises" : à savoir le respect de "la pleine liberté de l'Eglise et l'exercice de ses droits sacrés".

Mais si l'on se penche sur l'histoire - passablement mouvementée - de la République portugaise, on s'aperçoit que l'encyclique de Benoît XV (18 décembre 1919) correspond à un moment où s'esquisse un rapprochement entre le Parti démocratique (très anticlérical) et les républicains modérés qui fondent le Parti libéral et sont mieux disposés à l'endroit de l'Eglise (mais guère mieux que ça) (cf. Jean-François Labourdette, Histoire du Portugal, éd. Fayard, 2000, p. 561).   


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Martin
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Messages: 247
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MessagePosté le: Mar 10 Sep 2013, 17:14    Sujet du message: L'Eglise et les TROIS ralliements"... Répondre en citant

 
N.M. a écrit:
Mais s'il s'agit seulement d'une divergence d'application, peut-être pouvons-nous tomber d'accord... quoi que je ne vois pas où saint Pie X a prêché aux catholiques portugais le refus de toute soumission, de toute obéissance aux gouvernements de la République portugaise.

Je ne vois pas non plus. A ma connaissance, saint Pie X a toujours plaidé en faveur de la collaboration entre l’Eglise et les pouvoirs temporels, même lorsque ceux-ci étaient détenus par des hommes passablement influencés par la franc-maçonnerie. A titre d’exemple, voici le texte de la lettre qu’il écrivit au maire de Venise pour lui annoncer sa nomination au Patriarcat :

Saint Pie X (cité par P. Fernessole, Pie X - Essai historique, tome I, p. 132-133) a écrit:
Illustrissime Seigneur,

À l’approche du jour où je devrai assumer le gouvernement spirituel de cet insigne diocèse, ce m’est un devoir d’exprimer à V. S. Illustrissime et à vos honorables collègues du Conseil municipal, mes respectueux hommages. Si, en me présentant comme citoyen, je puis vous donner l’assurance que je ne manquerai jamais aux devoirs qui me sont imposés non seulement par la loi, mais par les convenances sociales ; comme patriarche, j’espère trouver dans les honorables représentants de cette illustre cité l’aide qui rendra moins difficile l’exercice de mon sacré ministère. Et ceci, non seulement je l’espère, mais je le tiens pour assuré ; car, quelque distincts que soient nos deux champs d’action, dans l’un et dans l’autre nous devons tendre au vrai bien des citoyens, et il ne peut pas y avoir de collision entre nos deux pouvoirs, puisque la religion et la société ont un seul et même Auteur. Dans la confiance que Votre Seigneurie voudra agréer l’humble office que me conseille mon cœur et que j’offre tout entier à ceux que je m’honore d’appeler mes concitoyens ; avec ma plus profonde considération, je suis votre très dévoué serviteur.

JOSEPH SARTO,
Cardinal Patriarche.

 


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Gentiloup
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MessagePosté le: Lun 16 Sep 2013, 17:11    Sujet du message: L'Eglise et les TROIS ralliements"... Répondre en citant

Je ne vais pas ouvrir un fil nouveau sur le ralliement de Pie XI avec le pouvoir maçonno-marxiste du Mexique, mais il y aurait de quoi faire.

Les Cristeros et Pie XI
        


Le cas des Cristeros du Mexique a été occulté par l'Eglise de 1926 à 1968 nous dit Philippe Provost. Et lorsqu'il en a été question dans les années 70 c'était uniquement pour parler de leur obscurantisme.
Venant de l'Eglise conciliaire, cela ne nous étonne pas qu'elle emploie le même vocabulaire militant que les ennemis de l'Eglise. Mais qu'Elle soit restée silencieuse de 1926 jusqu'après le Concile, montre le malaise dans lequel elle était plongée dés Pie XI.

On pourrait même dire qu'un voile pudique fut jeter sur cette... trahison.


Le Président du Mexique, Plutarque Calles au centre, dans une loge maçonnique avec tous ces insignes.
        

Mgr Lara y Torres, évêque de Tacambaro, dans un mémoire au cardinal Pacelli, le 25 mars 1932 écrivait:

 
Citation:



"Il meurt plus de chefs [cristeros] aujourd'hui, après les areglos [accords de ralliement Vatican/gouvernement maçonnique], que sur les champs de bataille.
Une chose est assurée: les maux qui ont suivi la suspension du culte furent très inférieurs à ce qu'entraîne aujourd'hui l'acceptation du modus vivendi....
La faute la plus monumentale, dans la signature des accords de 1929, celle qui est à l'origine de tous nos malheurs présents, parce qu'elle nous a laissé sans défense possible, fut d'accepter - même sans y souscrire, même en le condamnant - que l'Eglise ne soit pas reconnue dans sa personnalité juridique et ne jouisse d'aucun droit au sein de la législation mexicaine.
Conséquence de tous ces maux: la destruction de la conscience catholique"
(L'Eglise et le ralliement, Philippe Prévost pages 212)






Profanation religieuse
          

Témoignage confirmé par celui d'un des deux signataires pour le Vatican des areglos, Mgr Ruiz y Flores:

 
Citation:



L'expérience de deux années a montré clairement que le modus vivendi signé en juin 1929 avec l'approbation du saint-Siège est incapable d'assurer aux Catholiques et à l'Eglise la liberté qu'ils requièrent et à laquelle ils ont pleinement droit." (L'Eglise et le ralliement, Philippe Prévost pages 212)




En décembre de la même année, les fêtes du quatrième centenaire des apparitions de ND de Guadalupe attirèrent un million de personnes. Cela provoqua la colère du terrible chef de gouvernement maçonnique du Mexique, Calles; des lois et des décrets limitèrent le nombre de prêtres par Etats (le Mexique étant une confédération d'Etats comme les USA). Mgr Diaz pour protester suspendit alors le culte dans son diocèse.
 
Citation:



"Pas pour longtemps: Rome lui demanda aussitôt d'abandonner toute résistance, et précisa qu'il était interdit aux catholiques d'avoir recours à la lutte armée. Dans le même temps Pie XI cassait les deux évêques qui avaient osé protester et insinuer que le Vatican n'était peut-être pas bien informé." (L'Eglise et le ralliement, Philippe Prévost pages 213).






Meurtres et profanations
          
En dépit de toutes ces complaisances pontificales, les persécutions redoublèrent à tel point qu'une deuxième Cristiade surgit.  Alors Rome n'hésita pas, elle excommunia ces combattants de la foi tout comme elle l'avait fait quelques années auparavant avec les simples lecteurs de l'Action Française.

A signaler encore que la Cristiade n'a pas surgi sans raison mais après des persécutions inimaginables de la part des fonctionnaires, de la police, de l'armée et du gouvernement maçonnique, qui violait, tuait, rançonnait, torturait en toute liberté les villageois et tous ceux qui tombaient à leur merci. Seule l'Eglise leur offrait un refuge humain et un enseignement tel que le fit Saint-Louis Marie Grignon de Montfort pour la Vendée. C'est donc vers Elle tout naturellement que se retournaient ces pauvres gens pour chercher de la consolation. Cela était intolérable à ce pouvoir de criminels qui voyait en l'Eglise un contre-pouvoir.

La révolte des Cristeros est exactement la même que celle des Vendéens durant la Révolution de 1789, lorsqu'on a voulu les priver de leur liberté de pratiquer leur religion et de leurs prêtres.

Ces gens n'avaient strictement rien, ni armes, ni connaissances militaires, ni appuis, ils avaient contre eux la haine de la secte au pouvoir qui elle, avait des crédits et un armement quasiment illimité grâce à l'appui des USA, à leur renfort logistique et humain.


Cristeros pendus le long de la voie ferrée
    

Malgré cela, les Cristeros, aidés par toute la population et avec l'appui capital des femmes et des jeunes-filles des villes et des campagnes qui surveillaient l'armée, assuraient les liaisons et l'intendance, transmettaient les messages, prélevaient et transféraient les munitions, gagnèrent du terrain.
Après les premières tueries de 1927, les insurgés s'étaient réfugiés dans les montagnes tandis que l'armée détenait les villes, avec forte artillerie et aviation (fournie par les Américains, avec souvent les pilotes...).
Mais dans ce pays sans infrastructure routière suffisante, l'armée se déplaçait avec difficulté contrairement aux Cristeros, qui faisaient des attaques éclairs en emportant les armes et munitions avant que les renforts n'arrivent. Renforts qui fondaient sans cesse en raison des désertions.
Les cartes publiée par J. Meyer sont révélatrices; en 1929 le gouvernement mexicain était dans une situation désespérée. Il ne lui restait plus comme espoir que le Vatican qui avait imposé le silence aux évêques qui auraient voulu soutenir les Cristeros. Le Vatican savait que rien ne se passait au Mexique sans l'accord des Américains qui soutenaient les Francs-maçons. Et le Vatican croyait faire oeuvre de grande diplomatie en s'arrimant aux Américains.

C'est pourquoi lorsqu'en 1926 Calles prit des mesures qui visaient à rendre impossible tout culte catholique, Rome prit cela avec beaucoup de philosophie. Et pour cause, c'est ainsi qu'elle avait déjà agi partout depuis Léon XIII, si on excepte la courte mais ferme exception du pontificat de Pie X. Contre-exemple magitrale!

Lorsqu'en 1932 Mgr Diaz dénonça le viol répété des accords de 1929, le Vatican le désavoua et le cardinal Pizzaro, secrétaire pour les Affaires Ecclésiastiques extraordinaires, reprocha à l'épiscopat d'avoir provoqué la guerre de 1926!

Exécution d'un prêtre cristero (Ils furent nombreux!)
          
Ceux qui comme Jean Meyer et Hugues Kéraly, ont voulu écrire l'histoire de la Cristiade au Mexique, se sont trouvés devant les mêmes difficultés que ceux qui ont cherché les documents de l'affaire de l'Action Française, l'Eglise avait renié son passé, soit pour mettre pardessus un voile pudique soit pour accuser les victimes d'obscurantisme.

Enfin, si la Cristiade est si tragique en raison des pertes humaines et des persécutions inouïes, elle n'est pas à isoler des autres ralliements de Rome à des gouvernements plus ou moins de même type et notamment de celui de la république française et de la République espagnole. J'aurai l'occasion d'y revenir.

Je tire tous ces renseignements du livre: L'Eglise et le ralliement de Philippe Prévost.

A chacun de les recouper ou au contraire de les dénoncer argument contre argument. Mais de ce que j'en connais par ailleurs, cette narration des faits me semble assez juste, voire même pudique.    
     


Dernière édition par Gentiloup le Lun 14 Oct 2013, 22:23; édité 6 fois
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tropdenoms
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MessagePosté le: Lun 16 Sep 2013, 21:15    Sujet du message: L'Eglise et les TROIS ralliements"... Répondre en citant

M. l'abbé Faure parle dans sa conférence du rôle de Pie XI dans le massacre des Cristeros en disant qu'il ne faut pas toujours croire ce que disent les papes. 

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Gentiloup
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Messages: 2 885

MessagePosté le: Mar 17 Sep 2013, 17:55    Sujet du message: L'Eglise et les TROIS ralliements"... Répondre en citant

tropdenoms a écrit:
M. l'abbé Faure parle dans sa conférence du rôle de Pie XI dans le massacre des Cristeros en disant qu'il ne faut pas toujours croire ce que disent les papes


A ce propos voici ce que dit précisément M. l'abbé Faure dans sa conférence, cela corrobore bien mon petit résumé. Je rappelle que M. l'abbé Faure a vécu longtemps au Mexique:
 
Citation:

En 1962 je prends le chemin de l'exil, du Mexique. J'y découvrirai l'Histoire occultée d'une autre grande trahison. Le gouvernement mexicain franc maçon attaque l'Eglise et provoque une guerre de Vendée, une insurrection catholique qui se terminera par le meurtre du président de la République Obregon et aussi par un accord avec Rome... Qui contient la clause suivante: sous peine d'excommunication les Cristeros doivent rendre leurs armes à la république maçonnique. Malgré les garanties et les promesses leurs chefs sont ensuite assassinés les uns après les autres et bon nombre de leurs hommes. C'est encore une preuve que le successeur de Pierre, Pie XI en l'occurrence, peut commettre de très graves erreurs.
1926 c'est aussi l'année de cette tragédie catholique qui vit la condamnation de l'Action Française, le triomphe de la gauche dans les épiscopats grâce aux aumôniers d'Action catholique qui vont commencer de devenir évêques, et commencer à préparer leur Concile comme le dit le cardinal Marty de Paris. Année qui marque aussi le retournement à gauche de Jacques Maritain, l'un des pères intellectuels du Concile Vatican II.
 




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Chouanne
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Inscrit le: 19 Juin 2012
Messages: 259

MessagePosté le: Mar 17 Sep 2013, 23:32    Sujet du message: L'Eglise et les TROIS ralliements"... Répondre en citant




Voilà comment éviter l'excommunication pour les Cristeros, se faire assassiner!  


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Aurore
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Messages: 191

MessagePosté le: Mer 6 Nov 2013, 16:20    Sujet du message: Sur le ralliement de Léon XIII à la République Répondre en citant




 
« C'est le crime du XIXème siècle de ne pas haïr le mal et de lui faire des propositions. Il n'y a qu'une proposition à lui faire, c'est de disparaître. Tout arrangement conclu avec lui ressemble non pas à son triomphe partiel mais à son triomphe complet. Car le mal ne demande pas toujours à chasser le bien, il demande la permission de cohabiter avec lui. »   Ernest Hello


En 1890 la France en pleine démocratie depuis quinze ans, gouvernée par des israélites et des hommes à leur dévotion et des sectes à leur service, plie sous la persécution du régime républicain. C'est le moment que choisit le Vatican pour faire un devoir aux catholiques résistants de se rallier à ce régime sans Dieu.


Depuis dix ans Rome s'efforce de préparer en France les hommes influents de toutes tendances, à cette idée. Nous en avons vu les premiers effets. Léon XIII dès son accession au trône pontifical avait en 1879 envoyé à Paris un nonce, Mgr Czalcky, diplomate très rusé pour réduire avec patience la résistance des chefs catholiques à l'égard du gouvernement. Il les incitait à abandonner leurs principes sinon ils verraient le nombre de leurs adhérents diminuer, et leur influence disparaître et par là le bien moral impossible à réaliser.


« Ce bien, disait-il, c'est sur un autre terrain que nos amis devront s'essayer à l'accomplir, ce point de vue est celui de la reconnaissance du fait de la transformation de la France en une république et de l'acceptation de cette transformation. »
Voilà les conseils et les consignes ahurissants de Rome. Où est le combat de Sainte Jeanne d'Arc contre l'envahisseur à Orléans, celui de Pie V contre l'ennemi à Lépante ? Rome inventait le sens irréversible de l'Histoire.
Que s'était-il donc passé ? D'où Rome tenait-elle cette nouvelle mentalité si contraire à sa tradition, si contraire à l'enseignement de ses docteurs et de ses pontifes, si contraire aux « deux glaives », aux « deux étendards », à « l'appel du Roi » des Saints Exercices code de tout bon soldat du Christ ?


Le Pape Léon XIII depuis dix ans professe pourtant par ses encycliques la doctrine la plus orthodoxe, la plus conforme à celle de ses prédécesseurs sur les problèmes sociaux et politiques.
Ses grandes encycliques sur la constitution chrétienne des états : Diuturnum Illud, Immortale Dei, Libertas, Sapientiae Christianae, Graves de Communi, forment un corps de doctrine bien contraire à sa diplomatie ! Son encyclique Humanum Genus sur la franc-maçonnerie est une condamnation sans appel.


D'où vient cette contradiction entre la doctrine et la pratique ?


La cause la plus apparente est le penchant de Léon XIII à la conciliation pour obtenir la paix et permettre aux catholiques de prendre une place à l'intérieur des affaires politiques. C'était sous-estimer les forces et la détermination des adversaires du catholicisme en France.


La cause profonde, réelle, est l'infiltration avancée de la subversion, de la F.M. dans l'Eglise et à tous les niveaux. La Haute-Vente italienne, organisation maçonnique créée pour abattre l'Eglise par l'intérieur, était parvenue à de considérables résultats que semblait ignorer le tempérament libéral du Pape.


Savait-il que son Secrétaire d'Etat Rampolla était franc-maçon et qu'il allait aux ordres dans une loge en Suisse et qu'il fonda la première loge au Vatican ? Pourquoi avait-il choisi ce cardinal comme premier collaborateur qui utilisait sa tendance libérale pour l'aider à marier l'Eglise et la Révolution ?


Pour le Vatican l'heure semblait venue de sortir des voies de l'intrigue et de la diplomatie, et de rendre publique la politique vaticane, c'est-à-dire le ralliement obligatoire des catholiques à la république athée et persécutrice. Le ralliement fut officiellement proposé aux catholiques français par le cardinal Lavigerie 1 le 12 novembre 1890 à Alger au palais archi-épiscopal au cours d'un dîner offert aux officiers de l'escadre commandée par l'amiral Duperré, en ces termes :
« Quand la volonté d'un peuple s'est bien affirmée, dit le cardinal, que la forme du gouvernement n'a rien en soi de contraire, comme le proclamait dernièrement Léon XIII, aux principes qui seuls peuvent faire vivre les nations chrétiennes et civilisées ; lorsqu'il n'y a plus pour arracher son pays aux abîmes qui le menacent, que l'adhésion sans arrière pensée à la forme du gouvernement, le moment vient de déclarer la preuve faite et de mettre un terme à nos divisions... »
On appela cela le « toast d'Alger ».


Comment ? forme de gouvernement n'ayant rien de contraire aux principes qui seuls peuvent faire vivre les nations chrétiennes ? Cette loi du nombre qui ne reconnaît aucun principe, si ce n'est celui des caprices, des humeurs de l'opinion du moment manipulée par les forces occultes ! Se rallier à un régime dont les gouvernements se livraient à la persécution religieuse depuis quinze ans !
C'était le coup de poignard. Et Lavigerie de conclure : « C'est ce que j'enseigne autour de moi, c'est ce que je souhaite voir imité en France par tout notre clergé et en parlant ainsi, je suis certain de n'être démenti par aucune voix autorisée. »
Le cardinal était l'instrument autorisé, le porte-parole du Vatican. D'ailleurs la voix autorisée, après cette annonce va passer aux actes. L'histoire du catholicisme donne peu d'exemples où les catholiques loyaux et fidèles n'aient pas été trahis par leur chefs, clercs ou laïcs. C'est ainsi ! et cela ne doit pas nous décourager, au contraire.


La politique de ralliement trouvant encore trop d'opposition, Léon XIII multiplie les pressions, il nomme à Paris un nouveau nonce chargé d'orienter plus énergiquement les évêques et les fidèles vers la république. Dès son arrivée Mgr Ferrata fut tellement élogieux à l'égard du Président Carnot que les protestations s'élèvent un peu partout. Mgr d'Hulst lui-même écrit au sujet du nonce : « Malgré l'illusion formidable sur laquelle repose la mission qu'il a reçue, il ne tardera pas à s'éclairer » et le recteur de l'Institut Catholique poursuit « le vrai fléau en ce moment, c'est l'africain. A Rome, on dit qu'il hypnotise le Pape ; en France, il nous terrorise... et invente un degré d'obéissance servile qu'aucun siècle chrétien n'a connu... »


Cette obéissance servile, insensée, Léon XIII va en user, en abuser voici comment : en exploitant le libéralisme des meilleurs. Il appelle à Rome un homme à tout faire, on en trouve toujours en tous les temps, chez les libéraux, de ces hommes bien placés qui se prêtent soit par inconscience, soit par ambition, soit par servilité aux besognes de trahison. L'un de ces hommes choisis par Léon XIII est Monsieur Piou. Qui est Jacques Piou, qui sera pilote de la politique pontificale en France pendant quinze ans ? Un des députés monarchistes et catholiques des plus en vue à la Chambre. Opportuniste, comme la quasi totalité des hommes politiques de tous les temps. Après la monarchie, il essaiera du boulangisme, puis en 1890, il fonde à la Chambre le groupe de la Droite « indépendante » (c'est la pente habituelle !) lorsque le Pape le reçoit le 10 janvier 1891 et le charge de faire le nécessaire en France en amenant d'autres prélats à reprendre à leur compte le toast d'Alger. Il lui rappelle ses directives : « Accepter la constitution, fait accompli, mais pas la législation, fait réformable, et pour cela, par les élections sous étiquette républicaine, s'insérer dans le régime républicain et y faire de bonnes lois. »
C'était commettre une grave erreur au plan des principes, comme au plan de la tactique. Descendre sur le terrain de l'adversaire en utilisant sa doctrine ! Un manque de sens politique que l'adversaire va exploiter avec un art consommé.
Léon XIII précipite et intensifie ses pressions sur le peuple de France, il accorde le 17 février 1892 à un journal non catholique, le plus lu de France (Le Petit Journal) une interview où il réitère sa consigne de ralliement : « Il n'y a que le gouvernement que la France s'est donné ». La veille il avait signé l'encyclique Au milieu des sollicitudes, dite aussi sur le Ralliement, et le 21 la presse l'a fait connaître au monde.


Le Pape intervenant directement, dans un domaine qui n'est pas le sien, y fait devoir aux catholiques d'abandonner la tradition catholique, qui fit la France, pour les jeter dans l'aventure de la Révolution, qui va la défaire.


Un disciple de Lamennais, éminent membre de l'Institut : Anatole Leroy-Beaulieu ne s'y trompe pas, il écrira un peu plus tard dans son livre Christianisme et Démocratie - Christianisme et Socialisme 2 :


« C'est parce que Lamennais se trouvait en avance sur son époque, que Lamennais a été abandonné et condamné par Rome, c'est un demi-siècle plus tard, après le bref essai du Pape Pie IX de 1848, c'est à Léon XIII qu'est revenu l'honneur de reconnaître qu'il était l'heure pour l'Eglise de se décider à tendre la main à la « Reine des Temps Nouveaux » et Léon XIII l'a fait avec une netteté et une résolution qu'il est impossible de contester. »
Et Monsieur Piou transforme à la Chambre sa Droite « indépendante » en Droite « républicaine » ! Nous suivons toujours bien le fil conducteur du libéralisme, il se fait de plus en plus gros, de plus en plus visible. Rappelons-nous bien, et toujours, ce que Saint Cyprien au IIIème siècle nous enseignait, au début de notre étude : « Il existe un mal pire et plus meurtrier que la persécution, c'est l'empoisonnement perfide de la mentalité. »
Un grand nombre de catholiques sont soutenus par de courageux et clairvoyants prélats, avant les élections municipales de 1892, recommandant aux électeurs de porter leurs votes à des candidats qui professent et soutiennent les croyances catholiques.


Que pensez-vous qu'il arriva ? Le nonce Ferrata, au nom du Pape, désapprouva ces évêques, avant les élections !


C'était l'époque de la deuxième vague des anticléricaux : Jean Macé, Jules Guesde, Alexandre Millerand, Clemenceau, Jean Jaurès, Combes, Ferdinand Buisson.


Et Léon XIII insistait : « Inutile de rappeler que tous les individus sont tenus d'accepter ces gouvernements et de ne rien tenter pour les renverser ou pour en changer la forme. » Oui, ne rien tenter pour renverser cette république anti-chrétienne qui ruine les âmes !!!


Trois mois après l'encyclique, le Pape s'adressait aux cardinaux français : « Acceptez la République, c'est-à-dire le pouvoir constitué... respectez-le, soyez-lui soumis, comme représentant le pouvoir venu de Dieu. »


Qui s'est imposé de telle manière au Pape : L'Esprit Saint ou le cardinal Rampolla ? Il est douloureux d'insister, mais pour bien comprendre, pour tout comprendre, il est indispensable de le faire.


Au Baron de Montagnac, vieux serviteur du trône et de l'autel, c'est-à-dire bon français et bon catholique, le Pape dit : « Faites-vous républicain d'une bonne république. Vous comprenez ? Je veux que tous les catholiques entrent, comme une cohue dans la République. »


« Je ne puis, Saint Père, et ne pourrai jamais abandonner ma tradition que j'ai reçue des miens, et que je dois transmettre à mes héritiers. »


« Les traditions, reprit Léon XIII, doivent céder pour un moment... vous les retrouverez après l'œuvre accomplie... il faut abandonner les traditions pour le moment, un petit moment seulement. »
Un petit moment qui durera !


A même époque l'intrépide Albert de Mun, qui depuis vingt ans se battait courageusement, lui à qui Léon XIII avait refusé la création sept ans plus tôt d'un parti catholique monarchiste, accepte maintenant un parti catholique républicain. Lui qui luttait contre la persécution religieuse, accepte sur ordre le régime des persécuteurs !


Rampolla discret, travaille puissamment, il fait agir le Pape, il exhorte, encourage tous les exécuteurs des basses œuvres à exploiter et à aller au delà des directives de Léon XIII.


C'est ainsi qu'après le congrès de l'Association Catholique de la Jeunesse Française (A.C.J.F.) à Grenoble, l'un de ses dirigeants pousse les jeunes dans les bras du régime anti-catholique en ces termes : « Quand je dis accepter (la République) je n'entends pas parler d'une adhésion émise du bout des lèvres... d'une de ces formules banales que l'on prononce pour la galerie tout en n'en pensant rien... il faut une acceptation franche, loyale, sans arrière-pensée... (il faut que) le pays puisse se dire que les institutions qu'il s'est données et qu'il a le devoir de conserver , vous les faites vôtres, non seulement vous ne les combattez pas mais vous les considérez comme acquises, comme définitives ... Grâce au ciel la grande parole tombée du Vatican est venue rassurer les hommes d'avant-garde (les félons), enhardir les indécis (les libéraux), aiguillonner les retardataires (les inconscients). »


Après ce beau discours, partiellement rapporté ici, le Secrétaire d'Etat Rampolla adresse ses félicitations reproduites dans la presse : « Rome 31 mai 1892 - Très honoré Monsieur. J'ai lu avec plaisir le discours... Je vous félicite et me réjouis avec vous..... C'est ainsi qu'on pourra atteindre le but que poursuit sa Sainteté... »


Le lavage de cerveau n'est pas une technique nouvelle, ni exclusivité du marxisme, il est propre à toutes les formes de subversion, fussent-elles affublées de soutanes et de mitres.


Les consignes descendaient assez bas, ainsi « les prédicateurs de retraite dans les réunions d'Enfants de Marie, comme dans les séminaires tonnaient contre l'insoumission (aux directives romaines). Ce n'étaient plus les passions mauvaises qu'ils s'appliquaient à extirper des cœurs, leur mission semblait n'être plus que d'en arracher le sentiment monarchique... » 3 Le péché était là ! Les rouages de L'Eglise en France malgré quelques résistances, se livraient patiemment à cette tâche de désagrégation.


Le libéralisme triomphe.


Le fléau, le délire, règnent en crosses et en mitres, en France et ailleurs. Ceux qui s'en aperçoivent l'expriment avec délicatesse, surtout lorsqu'il sont diplomates, écoutez ceci, c'est une lettre adressée par Mgr l'archevêque de Bénévent, ancien nonce à Paris, à l'un de ses amis le baron Tristan Lambert directeur d'un journal français :
« Il est évident que lorsqu'un Pape parle de choses aussi sérieuses que... des principes sur lesquels reposent les états, il ne peut guère se mettre en contradiction avec les autres (Papes) et si parfois quelque apparence de contradiction apparaît aux esprits légers, il faut la corriger avec les enseignements des autres pontifes... »
Signé Cardinal Siciliano, arch. de Benévent.


Sans commentaires !


Amé d’Hérival 

 
1 « Entre la France religieuse et la France politique, Léon XIII visait à amortir les conflits. En 1890, au lendemain du Boulangisme, il suscita le toast retentissant par lequel Lavigerie selon les termes d'une entente avec Jules Ferry, recommandait l'adhésion sans arrière-pensée à la République. » in Histoire Religieuse de la France, G. Goyau. p.330. Plon 1942.
2 P.19 - Collection Science et religion - Ed. Bloud - 1905.
3 Abbé Emmanuel Barbier in Rome et l'Action libérale Populaire - p.69-70 - Paris 1906.


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AupiedelaCroix
Membre

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Inscrit le: 31 Aoû 2012
Messages: 285

MessagePosté le: Mer 6 Nov 2013, 20:59    Sujet du message: L'Eglise et les TROIS ralliements"... Répondre en citant

 Merci Aurore Okay , cet article aurait peut-être mérité d'ouvrir un nouveau fil ?

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Gentiloup
Admin

Hors ligne

Inscrit le: 21 Juin 2012
Messages: 2 885

MessagePosté le: Ven 4 Aoû 2017, 08:13    Sujet du message: L'Eglise et les TROIS ralliements"... Répondre en citant

Incroyable de voir combien dans ce fil certains qui se réclament le plus de la Tradition défendent mordicus la soumission aux franc-maçons, du moment qu'elle est réclamée par les papes ante-Vatican II... Ils sont donc du même avis finalement que ceux issus de Vatican II...  

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MessagePosté le: Aujourd’hui à 07:21    Sujet du message: L'Eglise et les TROIS ralliements"...

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