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Du Royalisme au légitimisme, un peu d'histoire sur la succession espagnole

 
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Gentiloup
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MessagePosté le: Mer 11 Sep 2013, 23:07    Sujet du message: Du Royalisme au légitimisme, un peu d'histoire sur la succession espagnole Répondre en citant

N.M.
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Posté le: 11 09 2013 par NM à 16:17    Sujet et commentaires: Forum Royaliste et Catholique - Voir fil entier initié par Pierre
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En réponse à "saint Guilhem du désert" :
 
1) Merci de bien vouloir réviser votre histoire
 
- Philippe-Egalité n'a été "usurpateur" de rien du tout, puisqu'il n'a ni régné, ni gouverné. Merci de ne pas confondre Philippe-Egalité et son fils Louis-Philippe, qui a effectivement usurpé la couronne en 1830.
 
- Sous votre plume les princes d'Orléans sont voués aux gémonies en bloc en raison des fautes de tels ou tels de leurs ancêtres. Et d'un point de vue dynastique on pourrait en effet se demander comment on peut légitimement succéder aux princes que l'on a combattu, que l'on a méprisé, dont à voté la mort, dont on a volé la couronne. On peut aussi se demander comment on peut prétendre incarner la tradition monarchique française, lors même que l'on a soi ou ses ancêtres pactisé avec les principes révolutionnaires, voir admis ces mêmes faux principes ?
 
 Mais à ce compte-là il faut être honnête et ne pas réserver pareil traitement aux seuls princes d'Orléans. D'où les questions suivantes (que les orléanoclastes ne se posent que très rarement sinon jamais) :
 
- Oui ou non le roi Charles IV d'Espagne a-t-il signé en 1796 le traité d'alliance de San Ildefonso avec la République française (première du nom) qui avait fait exécuter son cousin Louis XVI ?
 
- Oui ou non le même Charles IV a-t-il été l'allié zélé de l'usurpateur Bonaparte, avant de se faire piteusement détrôner par ce dernier en 1808 ?
 
- Oui ou non la reine-régente Marie-Christine a-t-elle instauré en Espagne en 1833 un régime libéral et anticlérical au profit de sa fille Isabelle II, qui usurpait la couronne d'Espagne au détriment de son oncle Charles V (don Carlos) ?
 
- Oui ou non le régime d'Isabelle II a-t-il été militairement soutenu par le gouvernement de Louis-Philippe (avec la création de la Légion étrangère) contre les légitimistes espagnols qu'étaient les carlistes de Charles V, lors de sanglantes guerres civiles ?
 
- Oui ou non Alphonse XII (fils d'Isabelle II et trisaïeul de Louis-Alphonse) a-t-il à son tour usurpé la couronne d'Espagne en 1874 au détriment du roi de droit Charles VII (duc de Madrid et futur prétendant au trône de France sous le nom de Charles XI) et restauré la monarchie libérale de 1833 ?
 
- Oui ou non la branche isabello-alphonsine (dite branche aînée des Bourbons depuis 1936) est-elle regardée par les carlistes et les contre-révolutionnaires espagnols comme la "branche libérale", équivalent en Espagne de ce que sont les Orléans en France ?
 
- Oui ou non l'infidélité conjugale d'Isabelle II était-elle chronique et notoire au point que l'on peut très légitimement douter qu'Alphonse XII fût bien le fils du roi consort François de Bourbon (duc de Cadix) ?
 
Et de grâce ne répondez pas qu'il s'agit de simples ragots (comme pour Isabeau de Bavière et son fils Charles VII) car même les historiens universitaires s'accordent à reconnaître que la légitimité des enfants d'Isabelle II pose problème. Et de grâce encore ne nous sortez pas les ragots concernant les Orléans sur ce même chapitre, car les problèmes des uns ne résolvent pas les problèmes des autres. La seule réponse que l'on peut faire valoir est qu'en droit il y a présomption de légitimité en matière de filiation... sauf notoriété du contraire.
 
Dans les milieux royalistes français, on aime bien détester les princes d'Orléans parce qu'on a toute la matière suffisante pour ce faire. Mais comme on ne connaît généralement pas aussi bien l'histoire des princes d'Espagne - sinon par l'intermédiaire de raccourcis pudiquement élaborés par des militants de longue date, dont certains ralliés à la cause "Blanc d'Espagne" après avoir servi les Orléans - on ignore ou l'on feint d'ignorer les collusions de ces mêmes princes d'Espagne avec les faux principes révolutionnaires (collusions qui valent bien celles des Orléans) de même que certains problèmes épineux en matière de filiation.

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N.M.
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Posté le: 11 09 2013 par NM à 16:17    Sujet et commentaires: Forum Royaliste et Catholique - Voir fil entier initié par Pierre
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2) Pour en venir maintenir au problème de la loi de succession
 
- Ne vous en déplaise, la coutume successorale de France - toute vénérable qu'elle soit - n'est pas une loi divine intangible. C'est une pure et simple loi humaine qui a été élaborée patiemment en raison des nécessités du temps. Mais, ainsi que vous le soulignez à juste titre, elle possède (normalement) le grand mérite de régler la question de la personne du successeur légitime, sans discussion possible.
 
- Cependant, il ne faut jamais perdre de vue que la légitimité politique ne saurait se résumer en tout et pour tout à la seule question dynastique. La légitimité politique, c'est d'abord la question du Bien commun. C'est d'abord la question du règne politique et social du Christ-Roi. C'est ensuite le choix de la forme du régime, de préférence assurant l'indépendance du pouvoir (d'où la monarchie) et s'inscrivant de préférence dans une continuité historique (d'où la monarchie capétienne). La question dynastique vient ensuite. Autrement dit, mieux vaut un prince cadet voire un bâtard qui veuillent régner et fasse régner Jésus-Christ sur la France, plutôt qu'un aîné indiscutable qui soit indifférent ou acquis aux idées de la Révolution (je ne dis pas que ce soit le cas avec Louis-Alphonse, puisque son apathie ne nous renseigne en rien en la matière). Et à tout prendre, mieux vaut une République du Christ-Roi qu'une monarchie libérale. 
 
- Mais concernant la question dynastique, là où le bât blesse, c'est lorsque l'on ne sait plus comment interpréter convenablement la loi de succession. Si nous étions encore en monarchie - du moins sous le régime de la monarchie traditionnelle - la question se règlerait d'elle-même par la pratique (comme ce fut le cas avec l'exclusion de la succession par les femmes, avec l'extinction des Capétiens directs au début du XVème siècle). Mais tel n'est évidemment pas le cas aujourd'hui. Ni même en 1883, à la mort (en exil) du comte de Chambord, dernier roi de droit incontestable et incontesté (du moins chez les royalistes partisans de la monarchie traditionnelle).
 
Par conséquent, depuis 1883, nous devons faire non pas avec l'interprétation officielle et ayant force de loi (celle du roi en ses parlements), mais avec des interprétations privées qui n'ont pour elles que la force de leurs arguments.
 
La question est de savoir si d'une part Philippe V d'Espagne pouvait valablement renoncer à la couronne de France pour lui et sa descendance, et si d'autre part des princes partis régner et succéder dans un autre royaume pouvait ensuite valablement succéder à la couronne de France.
 
Du côté des partisans des droits des Bourbons d'Espagne, on compta notamment les savants travaux du juriste Paul Watrin (1876-1950) qui soutint, parmi d'autres, la thèse selon laquelle les renonciations étaient nulles en raison du fait que les princes appartiennent à la Couronne (et non l'inverse), en vertu du quoi ils ne peuvent ni disposer de leurs droits, ni les aliéner.
 
Mais on pourrait objecter que le principe selon lequel les princes appartiennent à la Couronne n'est pas propre au droit français, mais est bel et bien un principe général. Auquel cas on ne voit pas en raison de quoi les Bourbons d'Espagne devraient être, une fois devenus aînés des Capétiens, plutôt à la couronne de France qu'à la couronne d'Espagne. D'ailleurs, dans les faits, les princes carlistes qui étaient rois de droit en Espagne et sont devenus aînés des Capétiens à la mort du comte de Chambord en 1883, s'ils n'ont pas refusé de revendiquer la succession française, lui ont très nettement préféré la succession espagnole - au grand dam de leurs partisans français (les Blancs d'Espagne) pour lesquels ils assuraient (déjà) le service minimum. Comment restaurer la monarchie sur de telles bases ? N'est-ce pas la preuve par les faits que les princes se doivent à une couronne et une seule (sauf à fusionner les couronnes à la manière des Habsbourg d'Autriche) ?
 
Pour revenir à la bonne interprétation de la loi de succession, Paul Watrin cite plusieurs juristes contemporains des renonciations d'Utrecht adversaires de la validité desdites renonciation, parmi lesquels le chancelier d'Aguesseau (ce qui est une autorité de très grand poids).
 
Mais en même temps force est de constater que l'enregistrement des renonciations de Philippe V par les parlements (à la demande de Louis XIV) n'a jamais été cassé. Alors que les dispositions relatives au droit de succession à la couronne de France des bâtards légitimés de Louis XIV (le duc du Maine et le comte de Toulouse) ont elles été cassées sous la Régence (mais vous me répondrez peut-être que le Régent était précisément Philippe II d'Orléans).
 
Et force est de constater aussi que les ducs d'Orléans ont très officiellement été reconnus comme premiers princes du sang tout le long des règnes de Louis XV et de Louis XVI. Or le premier prince du sang est le premier prince dans l'ordre de succession après les fils et petits-fils de France. Si les Bourbons d'Espagne (de Naples et de Parme) avaient été regardés comme successibles, jamais les ducs d'Orléans n'auraient pu être reconnus comme premiers princes du sang. Ajoutons que Louis-Philippe fut également regardé comme premier prince du sang sous Louis XVIII et Charles X. C'est un argument puissant en faveur des princes d'Orléans.
 
Mais en sens contraire, on peut faire valoir que l'appellation de premier prince du sang était purement protocolaire.
 
On peut faire valoir aussi que lors des débats de l'Assemblée constituante qui ont amené l'élaboration de la Constitution de 1791, on a expressément voulu laisser ouverte la question de savoir si les Bourbons d'Espagne (de Naples et de Parme) pouvaient ou non succéder à la couronne de France.
 
Résultat des courses : juridiquement la question n'a pas été tranchée par les instances compétentes sous l'Ancien Régime, en 1791 et sous la Restauration. Il y a des arguments probants des deux côtés. Les uns et les autres font valoir des interprétations qui valent ce que valent les arguments avancés.

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N.M.
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Posté le: 11 09 2013 par NM à 16:17    Sujet et commentaires: Forum Royaliste et Catholique - Voir fil entier initié par Pierre
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3) Conclusion
 
La question dynastique n'est ni une question de foi, ni l'essentiel de la légitimité politique, ni une question juridiquement tranchée par les instances compétentes, ni une question sur laquelle on puisse avoir par ailleurs (et abstraction faite d'une interprétation juridique autorisée) une certitude absolue ou suffisante (comme ce peut être le cas pour tout problème qui ressortit de la foi et de la doctrine catholique).
 
Par conséquent, il est nécessaire de laisser cette question ouverte et libre entre Français, et a fortiori entre catholiques.
 
Je dirais même plus : il est abusif et dangereux d'impliquer un assentiment des catholiques (comme catholiques) à telle ou telle opinion dynastique, car - quoi qu'il en soit des certitudes ou des incertitudes à ce sujet - ce n'est pas et ça ne peut pas être une question qui engage en quoi que ce soit la foi des fidèles.
 
Voilà pourquoi la propagande intempestive et de surcroît non-argumentée pour tel ou tel prince n'a pas sa place en ces lieux, sinon à titre de curiosité historique et juridique dont on doit être capable de débattre sans se jeter de vaines excommunications à la figure. 
 
 
 

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N.M.
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Posté le: 11 09 2013 par NM à 16:17    Sujet et commentaires: Forum Royaliste et Catholique - Voir fil entier initié par Pierre
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 Erratum - évidemment, l'extinction des Capétiens directs et le règlement de la succession ou non par les femmes date des années 1316-1328, c'est-à-dire du début du XIVème siècle (et non du XVème siècle !).


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