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François se livre...

 
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Gentiloup
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MessagePosté le: Jeu 26 Sep 2013, 20:49    Sujet du message: François se livre... Répondre en citant

Posté le: Ven 20 Sep 2013 par Tropdenoms - 21:49    Sujet du message: François se livre ...

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DOCUMENT - Le pape François vient d'accorder une très longue interview aux revues jésuites du monde entier. Elle éclaire le sens d'un pontificat encore difficile à décrypter. Publiée intégralement sur le site de la revue Études, en voici les principaux extraits. 
 

Le secret a été incroyablement bien gardé. Sans doute parce qu'il était aux mains des Jésuites, cet ordre religieux prestigieux fondé par l'Espagnol saint Ignace de Loyola et reconnu par l'Église en 1540, et dont le pape François est issu. Premier jésuite de l'histoire de l'Église à avoir été élu sur le trône de Pierre, il a choisi de confier la première grande interview écrite de son pontificat - simultanément publiée le mercredi 19 septembre à 17h, heure de Rome - à une quarantaine de revues jésuites dans le monde. En France, c'est la revue intellectuelle Études  qui délivre sur son site l'intégralité de l'entretien qui a été accordé au directeur de la revue La civilta cattolica, le P. Antonio Spadaro, jésuite italien. 

 
  
Ce dernier a rencontré François dans son petit bureau de la chambre 201 de la maison Sainte Marthe du Vatican où il réside désormais, pendant six heures, à trois reprises, les 19, 23 et 29 août, donc après le retour du Pape des JMJ de Rio. Il raconte que «ce fut une conversation plutôt qu'une interview» et que, «sur le plan linguistique, nous passions sans rupture de l'italien à l'espagnol». Il ne précise pas si le Pape a revu la version finale, ce qui paraît évident, qui demeurera comme un document très éclairant sur ce pontificat surprenant et encore difficile à saisir. 

Les passages publiés sont extraits de la version officielle française disponible sur le site de la revue Etudes et dont la traduction a été établie par deux jésuites français: François Euvé, directeur de cette revue, et Hervé Nicq. Quant aux notes explicatives [NDLR], elles sont de la rédaction duFigaro. L'interview couvre beaucoup d'aspects de sa personnalité, de ses sources spirituelles et culturelles, de sa vision de la gouvernance de l'Église et des défis de son pontificat. En voici une sélection. 


LA PERSONNALITÉ DU PAPE• Sa vision de lui-même 


«Je ne sais pas quelle est la définition la plus juste… Je suis un pécheur. C'est la définition la plus juste… Ce n'est pas une manière de parler, un genre littéraire. Je suis un pécheur. (…) Si, je peux peut-être dire que je suis un peu rusé (un po'furbo), que je sais manœuvrer (muoversi), mais il est vrai que je suis aussi un peu ingénu. Oui, mais la meilleure synthèse, celle qui est la plus intérieure et que je ressens comme étant la plus vraie est bien celle-ci: je suis un pécheur sur lequel le Seigneur a posé son regard. (…) Je suis un homme qui est regardé par le Seigneur.» 


• Son besoin de ne pas être seul 


«La communauté est pour moi vraiment fondamentale. J'ai toujours cherché une vie communautaire. Comme prêtre, je ne me voyais pas seul: j'ai besoin d'une communauté. C'est pourquoi je suis là, à Sainte-Marthe. Quand j'ai été élu, j'habitais par hasard dans la chambre 207. La chambre où nous sommes maintenant, la 201, était une chambre d'hôte. J'ai choisi de m'y installer car, quand j'ai pris possession de l'appartement pontifical, j'ai entendu distinctement un “non” à l'intérieur de moi. L'appartement pontifical du Palais apostolique n'est pas luxueux. Il est ancien, fait avec goût, mais pas luxueux. Cependant, il est comme un entonnoir à l'envers. S'il est grand et spacieux, son entrée est vraiment étroite. On y entre au compte-gouttes, et moi, sans les personnes, non, je ne peux pas vivre. J'ai besoin de vivre ma vie avec les autres.» 


• Sa méthode de décision 


«Ce discernement requiert du temps. Nombreux sont ceux qui pensent que les changements et les réformes peuvent advenir dans un temps bref. Je crois au contraire qu'il y a toujours besoin de temps pour poser les bases d'un changement vrai et efficace. Ce temps est celui du discernement. Parfois au contraire le discernement demande de faire tout de suite ce que l'on pensait faire plus tard. C'est ce qui m'est arrivé ces derniers mois. Le discernement se réalise toujours en présence du Seigneur, en regardant les signes, étant attentif à ce qui arrive, au ressenti des personnes, spécialement des pauvres. Mes choix, même ceux de la vie quotidienne, comme l'utilisation d'une voiture modeste, sont liés à un discernement spirituel répondant à une exigence qui naît de ce qui arrive, des personnes, de la lecture des signes des temps. Le discernement dans le Seigneur me guide dans ma manière de gouverner. Je me méfie en revanche des décisions prises de manière improvisée. Je me méfie toujours de la première décision, c'est-à-dire de la première chose qui me vient à l'esprit lorsque je dois prendre une décision. En général elle est erronée. Je dois attendre, évaluer intérieurement, en prenant le temps nécessaire. La sagesse du discernement compense la nécessaire ambiguïté de la vie et fait trouver les moyens les plus opportuns, qui ne s'identifient pas toujours avec ce qui semble grand ou fort.» 
 
• Ses difficultés avec les Jésuites 


«J'ai été moi-même témoin d'incompréhensions et de problèmes que la Compagnie a vécus récemment. Ce furent des temps difficiles, spécialement quand il s'est agi d'étendre le “quatrième vœu” d'obéissance au pape à tous les jésuites et que cela ne s'est pas fait. Ce qui me rassurait au temps du père Arrupe [alors supérieur général des jésuites de 1965 à 1981, NDLR], c'est qu'il était un homme de prière. Il passait beaucoup de temps en prière. Je me souviens de lui priant assis par terre, en tailleur, comme le font les Japonais. C'est pour cela qu'il avait une attitude juste et qu'il a pris les bonnes décisions.» 


• Son naturel optimiste 


«Je n'aime pas utiliser le mot “optimiste” parce qu'il décrit une attitude psychologique. Je préfère le mot “espérance”. (…) L'espérance chrétienne n'est pas un fantôme et elle ne trompe pas. C'est une vertu théologale et donc, finalement, un cadeau de Dieu qui ne peut pas se réduire à l'optimisme qui n'est qu'humain.» 


• Sa façon de prier 


«Je prie l'Office chaque matin. J'aime prier avec les psaumes. Je célèbre ensuite la messe. Et je prie le rosaire. Ce que je préfère vraiment, c'est l'Adoration du soir, même quand je suis distrait, que je pense à autre chose, voire quand je sommeille dans ma prière. Entre 7 et 8 heures du soir, je me tiens devant le saint sacrement pour une heure d'adoration. Mais je prie aussi mentalement quand j'attends chez le dentiste ou à d'autres moments de la journée. La prière est toujours pour moi une prière “mémorieuse” (memoriosa), pleine de mémoire, de souvenirs, la mémoire de mon histoire ou de ce que le Seigneur a fait dans son Église ou dans une paroisse particulière. (…) Je me demande: “Qu'ai-je fait pour le Christ? Qu'est-ce que je fais pour le Christ? Que dois-je faire pour le Christ?” (…) Par-dessus tout, je sais que le Seigneur se souvient de moi. Je peux L'oublier, mais je sais que Lui, jamais. Jamais Il ne m'oublie.» 


• Sa vision de Dieu 


«Mais le Dieu “concret”, pour ainsi dire, est aujourd'hui. C'est pourquoi les lamentations ne nous aideront jamais à trouver Dieu. Les lamentations qui dénoncent un monde “barbare” finissent par faire naître à l'intérieur de l'Église des désirs d'ordre entendu comme pure conservation ou réaction de défense. Non: Dieu se rencontre dans l'aujourd'hui.» 


L'HOMME DE GOUVERNEMENT• Sa vision du pouvoir 


«À dire vrai, dans mon expérience de supérieur dans la Compagnie je ne me suis pas toujours comporté ainsi. Je n'ai pas toujours fait les consultations nécessaires. Et cela n'a pas été une bonne chose. Au départ, ma manière de gouverner comme jésuite comportait beaucoup de défauts. C'était un temps difficile pour la Compagnie: une génération entière de jésuites avait disparu. C'est ainsi que je me suis retrouvé provincial très jeune. J'avais 36 ans: une folie (una pazzia)! Il fallait affronter des situations difficiles et je prenais mes décisions de manière brusque et individuelle. Mais je dois ajouter une chose: quand je confie une tâche à une personne, je me fie totalement à elle ; elle doit vraiment faire une grosse erreur pour que je la reprenne. Cela étant, les gens se lassent de l'autoritarisme. Ma manière autoritaire et rapide de prendre des décisions m'a conduit à avoir de sérieux problèmes et à être accusé d'ultra-conservatisme. J'ai vécu un temps de profondes crises intérieures quand j'étais à Cordoba. Voilà, non, je n'ai certes pas été une bienheureuse Imelda, mais je n'ai jamais été de droite. C'est ma manière autoritaire de prendre les décisions qui a créé des problèmes. 
 

Je partage cette expérience de vie pour faire comprendre quels sont les dangers du gouvernement. Avec le temps, j'ai appris beaucoup de choses. Le Seigneur m'a enseigné à gouverner aussi à travers mes défauts et mes péchés. C'est ainsi que, comme archevêque de Buenos Aires, je réunissais tous les quinze jours les six évêques auxiliaires et, plusieurs fois par an, le conseil presbytéral. Les questions étaient posées, un espace de discussion était ouvert. Cela m'a beaucoup aidé à prendre les meilleures décisions. Maintenant, j'entends quelques personnes me dire: “Ne consultez pas trop, décidez.” Au contraire, je crois que la consultation est essentielle. Les consistoires, les synodes sont, par exemple, des lieux importants pour rendre vraie et active cette consultation. Il est cependant nécessaire de les rendre moins rigides dans leur forme. Je veux des consultations réelles, pas formelles. La consulte des huit cardinaux, ce groupe consultatif outsider [qui va se réunir début octobre à Romepour travailler sur la réforme de la curie, NDLR] n'est pas seulement une décision personnelle, mais le fruit de la volonté des cardinaux, ainsi qu'ils l'ont exprimée dans les congrégations générales avant le conclave. Et je veux que ce soit une consultation réelle, et non pas formelle.» 


• Sa vision de la réforme 


«Les réformes structurelles ou organisationnelles sont secondaires, c'est-à-dire qu'elles viennent dans un deuxième temps. La première réforme doit être celle de la manière d'être. Les ministres de l'Évangile doivent être des personnes capables de réchauffer le cœur des personnes, de dialoguer et cheminer avec elles, de descendre dans leur nuit, dans leur obscurité, sans se perdre. Le peuple de Dieu veut des pasteurs et pas des fonctionnaires ou des clercs d'État.» 


• Sa vision de la curie romaine 


«Les dicastères [ministères, NDLR] romains sont au service du pape et des évêques: ils doivent aider soit les Églises particulières soit les conférences épiscopales. Ils sont des organismes d'aide. Dans certains cas, quand ils ne sont pas bien compris, ils courent le risque de devenir plutôt des organismes de censure. C'est impressionnant de voir les dénonciations pour manque d'orthodoxie qui arrivent à Rome! Je crois que ces cas doivent être étudiés par les conférences épiscopales locales, auxquelles Rome peut fournir une aide pertinente. De fait, ces cas se traitent mieux sur place. Les dicastères romains sont des médiateurs et non des intermédiaires ou des gestionnaires. (…) Il est peut-être temps de changer la manière de faire du synode [organisme romain, créé par le concile Vatican II, censé faire travailler les évêques du monde entier entre eux, NDLR] car celle qui est pratiquée actuellement me paraît statique. Cela pourra aussi avoir une valeur œcuménique, tout particulièrement avec nos frères orthodoxes. D'eux, nous pouvons en apprendre davantage sur le sens de la collégialité épiscopale et sur la tradition de la  synodalité [terme ecclésial qui désigne la gouvernance fondée non sur un seul mais sur la consultation permanente des évêques, censés guider l'Église, NDLR].» 


SA VISION DU MONDE ET DE L'ÉGLISE• Les urgences pour l'Église 


«Je vois avec clarté que la chose dont a le plus besoin l'Église aujourd'hui, c'est la capacité de soigner les blessures et de réchauffer le cœur des fidèles, la proximité, la convivialité. Je vois l'Église comme un hôpital de campagne après une bataille. Il est inutile de demander à un blessé grave s'il a du cholestérol et si son taux de sucre est trop haut! Nous devons soigner les blessures. Ensuite nous pourrons aborder le reste. Soigner les blessures, soigner les blessures… Il faut commencer par le bas. (…) L'Église s'est parfois laissé enfermer dans des petites choses, de petits préceptes. Le plus important est la première annonce: “Jésus-Christ t'a sauvé!”» 
«Cette Église avec laquelle nous devons sentir, c'est la maison de tous, pas une petite chapelle qui peut contenir seulement un petit groupe de personnes choisies. Nous ne devons pas réduire le sein de l'Église universelle à un nid protecteur de notre médiocrité. Et l'Église est mère. L'Église est féconde. Elle doit l'être.» 
«Au lieu d'être seulement une Église qui accueille et qui reçoit en tenant les portes ouvertes, cherchons plutôt à être une Église qui trouve de nouvelles routes, qui est capable de sortir d'elle-même et d'aller vers celui qui ne la fréquente pas, qui s'en est allé ou qui est indifférent.» 


• Sa vision des prêtres, religieux et religieuses 


«Les ministres de l'Église doivent être avant tout des ministres de miséricorde. Le confesseur, par exemple, court toujours le risque d'être soit trop rigide soit trop laxiste. Aucune des deux attitudes n'est miséricordieuse, parce qu'aucune ne fait vraiment cas de la personne. Le rigoureux s'en lave les mains parce qu'il s'en remet aux commandements. Le laxiste s'en lave les mains en disant simplement: “Cela n'est pas un péché” ou d'autres choses du même genre. Les personnes doivent être accompagnées et les blessures soignées.» 
 

«Quand je me rends compte de comportements négatifs des ministres de l'Église, de personnes consacrées, hommes ou femmes, la première chose qui me vient à l'esprit, c'est: “voici un célibataire endurci” ou “voici une vieille fille”. Ils ne sont ni père ni mère. Ils n'ont pas été capables de donner la vie. En revanche, lorsque je lis la vie des missionnaires salésiens qui sont allés en Patagonie, je lis une histoire de vie, de fécondité.» 


• La «sainteté» de l'Église 


«Je vois la sainteté du peuple de Dieu dans sa patience: une femme qui fait grandir ses enfants, un homme qui travaille pour apporter le pain à la maison, les malades, les vieux prêtres qui ont tant de blessures mais qui ont le sourire parce qu'ils ont servi le Seigneur, les sœurs qui travaillent tellement et qui vivent une sainteté cachée. Cela est pour moi la sainteté commune. J'associe souvent la sainteté à la patience: pas seulement la patience comme hypomonè (supporter le poids des événements et des circonstances de la vie), mais aussi comme constance dans le fait d'aller de l'avant, jour après jour. C'est cela, la sainteté de l'Iglesia militante (Église militante) dont parle aussi saint Ignace. Cela a été celle de mes parents: de mon père, de ma mère, de ma grand-mère Rosa qui m'a fait tant de bien. Dans mon bréviaire, j'ai le testament de ma grand-mère Rosa, et je le lis souvent: pour moi, c'est comme une prière. C'est une sainte qui a tant souffert, moralement aussi, et elle est toujours allée de l'avant avec courage.» 


• Les homosexuels 


«À Buenos Aires, j'ai reçu des lettres de personnes homosexuelles, qui sont des “blessés sociaux”, parce qu'elles se sentent depuis toujours condamnées par l'Église. Mais ce n'est pas ce que veut l'Église. Lors de mon vol de retour de Rio de Janeiro, j'ai dit que, si une personne homosexuelle est de bonne volonté et qu'elle est en recherche de Dieu, je ne suis personne pour la juger. Disant cela, j'ai dit ce que dit le Catéchisme [de l'Église catholique, NDLR]. La religion a le droit d'exprimer son opinion au service des personnes, mais Dieu dans la création nous a rendus libres: l'ingérence spirituelle dans la vie des personnes n'est pas possible. Un jour, quelqu'un m'a demandé d'une manière provocatrice si j'approuvais l'homosexualité. Je lui ai alors répondu avec une autre question: “Dis-moi: Dieu, quand il regarde une personne homosexuelle, en approuve-t-il l'existence avec affection ou la repousse-t-il en la condamnant?” Il faut toujours considérer la personne.» 


• Place des questions morales 


«C'est aussi la grandeur de la confession: le fait de juger au cas par cas et de pouvoir discerner ce qu'il y a de mieux à faire pour une personne qui cherche Dieu et sa grâce. Le confessionnal n'est pas une salle de torture, mais le lieu de la miséricorde dans lequel le Seigneur nous stimule à faire du mieux que nous pouvons.» 
«Nous ne pouvons pas insister seulement sur les questions liées à l'avortement, au mariage homosexuel et à l'utilisation de méthodes contraceptives. Ce n'est pas possible. Je n'ai pas beaucoup parlé de ces choses, et on me l'a reproché. Mais lorsqu'on en parle, il faut le faire dans un contexte précis. La pensée de l'Église, nous la connaissons, et je suis fils de l'Église, mais il n'est pas nécessaire d'en parler en permanence.» 
«Les enseignements, tant dogmatiques que moraux, ne sont pas tous équivalents. Une pastorale missionnaire n'est pas obsédée par la transmission désarticulée d'une multitude de doctrines à imposer avec insistance. L'annonce de type missionnaire se concentre sur l'essentiel, sur le nécessaire, qui est aussi ce qui passionne et attire le plus, ce qui rend le cœur tout brûlant, comme l'eurent les disciples d'Emmaüs. Nous devons donc trouver un nouvel équilibre, autrement l'édifice moral de l'Église risque lui aussi de s'écrouler comme un château de cartes, de perdre la fraîcheur et le parfum de l'Évangile. L'annonce évangélique doit être plus simple, profonde, irradiante. C'est à partir de cette annonce que viennent ensuite les conséquences morales.» 
«L'annonce de l'amour salvifique de Dieu est premier par rapport à l'obligation morale et religieuse. Aujourd'hui, il semble parfois que prévaut l'ordre inverse.» 


• Place de la femme 


«Il est nécessaire d'agrandir les espaces pour une présence féminine plus incisive dans l'Église. Je crains la solution du “machisme en jupe” car la femme a une structure différente de l'homme. Les discours que j'entends sur le rôle des femmes sont souvent inspirés par une idéologiemachiste. Les femmes soulèvent des questions que l'on doit affronter. L'Église ne peut pas être elle-même sans les femmes et le rôle qu'elles jouent. La femme lui est indispensable. Marie, une femme, est plus importante que les évêques. Je dis cela parce qu'il ne faut pas confondre la fonction avec la dignité. Il faut travailler davantage pour élaborer une théologie approfondie du féminin. C'est seulement lorsqu'on aura accompli ce passage qu'il sera possible de mieux réfléchir sur le fonctionnement interne de l'Église. Le génie féminin est nécessaire là où se prennent les décisions importantes.» 
 
• Place du doute 


«Bien sûr, dans ce “chercher” et “trouver” Dieu en toutes choses, il reste toujours une zone d'incertitude. Elle doit exister. Si quelqu'un dit qu'il a rencontré Dieu avec une totale certitude et qu'il n'y a aucune marge d'incertitude, c'est que quelque chose ne va pas. C'est pour moi une clé importante. Si quelqu'un a la réponse à toutes les questions, c'est la preuve que Dieu n'est pas avec lui, que c'est un faux prophète qui utilise la religion à son profit. Les grands guides du peuple de Dieu, comme Moïse, ont toujours laissé un espace au doute. Si l'on doit laisser de l'espace au Seigneur, et non à nos certitudes, c'est qu'il faut être humble.» 


• Place des certitudes 


«Si le chrétien est légaliste ou cherche la restauration, s'il veut que tout soit clair et sûr, alors il ne trouvera rien. La tradition et la mémoire du passé doivent nous aider à avoir le courage d'ouvrir de nouveaux espaces à Dieu. Celui qui aujourd'hui ne cherche que des solutions disciplinaires, qui tend de manière exagérée à la “sûreté” doctrinale, qui cherche obstinément à récupérer le passé perdu, celui-là a une vision statique et non évolutive. De cette manière, la foi devient une idéologie parmi d'autres. Pour ma part, j'ai une certitude dogmatique: Dieu est dans la vie de chaque personne. Dieu est dans la vie de chacun. Même si la vie d'une personne a été un désastre, détruite par les vices, la drogue ou autre chose, Dieu est dans sa vie. On peut et on doit Le chercher dans toute vie humaine. Même si la vie d'une personne est un terrain plein d'épines et de mauvaises herbes, c'est toujours un espace dans lequel la bonne graine peut pousser. Il faut se fier à Dieu.» 
 
• Priorité aux frontières 


«Quand j'insiste sur la frontière, je me réfère à la nécessité pour l'homme de culture d'être inséré dans le contexte dans lequel il travaille et sur lequel il réfléchit. Il y a toujours en embuscade le danger de vivre dans un laboratoire. Notre foi n'est pas une foi-laboratoire mais une foi-chemin, une foi historique. Dieu s'est révélé comme histoire, non pas comme une collection de vérités abstraites. Je crains le laboratoire car on y prend les problèmes et on les transporte chez soi pour les domestiquer et les vernir, en dehors de leur contexte. Il ne faut pas transporter chez soi la frontière mais vivre sur la frontière et être audacieux» 


• Évolution de la pensée de l'Église 


«La compréhension de l'homme change avec le temps et sa conscience s'approfondit aussi. Pensons à l'époque où l'esclavage ou la peine de mort étaient admis sans aucun problème. Ainsi on grandit dans la compréhension de la vérité. Les exégètes et les théologiens aident l'Église à faire mûrir son propre jugement. Les autres sciences et leur évolution aident l'Église dans cette croissance en compréhension. Il y a des normes et des préceptes secondaires de l'Église qui ont été efficaces en leur temps, mais qui, aujourd'hui, ont perdu leur valeur ou leur signification. Il est erroné de voir la doctrine de l'Église comme un monolithe qu'il faudrait défendre sans nuance.» 

 
  
  Jean-Marie Guénois 


SOURCE: LE FIGARO
 



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MessagePosté le: Jeu 26 Sep 2013, 20:49    Sujet du message: Publicité

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