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Au sujet d'un essai historique de Jean de Viguerie

 
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Nonpossumus
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Hors ligne

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Messages: 46
Localisation: Bretagne

MessagePosté le: Sam 28 Sep 2013, 14:49    Sujet du message: Au sujet d'un essai historique de Jean de Viguerie Répondre en citant

L’utopie

   
J’ai lu « Les Pédagogues » de Jean de Viguerie. Il s’agit d’un essai historique sur l’utopie pédagogique. Cette étude, remarquable, est très actuelle, si l’on considère les attaques que subit le système scolaire français. Ce livre mérite d’être lu car les caractéristiques de l’utopie se dégagent fort bien de cet essai.
Viguerie fait remarquer très justement dans sa conclusion le parallèle qui existe entre l’utopie pédagogique et l’utopie politique (page 152). Je n’ai pas résisté à poursuivre sur un parallèle avec l’utopie que j’appellerai « réconciliatrice » qui ravage la Fraternité Saint Pie X.
Voici, sous forme de tableau ce parallèle, où l’on constatera une progression partant du refus de la réalité pour aboutir in fine à la haine de Dieu. Cette progression est inexorable dans le temps, mais chaque utopiste la parcourt à sa manière, en n’allant pas toujours jusqu’au stade ultime.


   
Utopie pédagogique
Utopie politique
Utopie réconciliatrice
Refus de l’enfant tel qu’il est ; les utopistes considèrent l’enfant comme dénué de tout (intelligence, talents, mémoire…certains le voient comme un amas de chair)
Refus de la réalité déjà créée (la « tabula rasa » de Descartes)
Refus de la réalité historique de la crise dans certaines de ses conséquences, notamment les plus inexplicables : comment un pape catholique peut-il faire les réunions œcuméniques d’Assise etc ?
Le pédagogue façonne l’enfant, le modèle comme une cire. L’enfant « est créé par son éducation »
Dénaturation du savoir vu comme une quantité (l’école « enseigne tout à tous ») ou comme un moyen, non comme une fin en soi
Fabrication en entier de l’homme par lui-même et par la société (fabrication stéréotypée, égalitaire, lisse, conventionnée et conventionnelle, bien démocratique)
Façonnage d’un modèle théorique de tradition intra muros, d’une dimension traditionnelle dans « l’église visible », d’une tradition réconciliée
Méfiance envers la famille, voire exclusion ; amoindrissement ou négation du rôle des parents
Exclusion des structures naturelles : famille, église, patrie ; disparition des corps intermédiaires
Communication directe vers les prêtres, mais sans retour possible vers l’autorité ; même chose avec les laïcs : conférences très longues, sans question
Le pédagogue prétend fabriquer l’enfant, et finalement s’empare de lui pour créer une société nouvelle. L’aboutissement est une négation de l’homme au profit de la société conçue nécessairement comme idyllique
La personne mutée en individu, les rapports de masse, le travail obligatoire, le collectivisme, le Goulag
Exercice hors norme de l’autorité ; refus de toute concertation ; exclusion des résistants ; monitions, sanctions
Conséquence ultime : l’idée initiale (généreuse)  d’élève parfaitement éduqué, pleinement adapté à la société engendre en réalité ignorance et  incompétence (ce que nous vivons actuellement, plusieurs siècles après Erasme, premier utopiste pédagogue cité par Viguerie)
Conséquence ultime : l’idée initiale (généreuse) de « bonheur de l’humanité » (une masse) engendre en réalité, le malheur de chaque homme en particulier
Conséquence ultime : l’idée initiale (généreuse) de retour à l’unique Eglise Romaine engendre en réalité la division de la Fraternité, l’exclusion des « mal pensants », la persécution
La perversion directe (attaque de la foi, de la morale, de toute forme d’expression religieuse, apprentissage des déviations sexuelles, etc)
La Haine de Dieu (sous ses diverses formes, allant de l’apostasie silencieuse à la lutte armée)
La perte de la Foi (par petites étapes : passivité, non condamnation des erreurs, silences coupables, libéralisme, modernisme)

Viguerie a étudié 13 pédagogues, des gens instruits qui ont écrit, et beaucoup plus rarement enseigné (cas typique : JJ Rousseau). Treize, pour combien d’utopistes convaincus qui n’ont rien écrit ? Mais l’utopie progresse.
De même pour l’utopie « réconciliatrice » : elle se répand et progresse. Elle n’est pas défendue en tant que système, elle est seulement rêvée dans un premier temps et imposée dans un deuxième temps.
L’utopie est un projet idéal et imaginaire, un rêve finalement néfaste, car l’utopiste veut le faire vivre. Le Larousse au mot « utopie » note : « projet dont la réalisation est impossible ». L’utopiste, inconscient de son utopie par définition (il s’agit d’un rêve), lorsqu’il aborde le monde réel, a donc nécessairement recours à la contrainte pour faire vivre son « projet ».
   


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MessagePosté le: Sam 28 Sep 2013, 14:49    Sujet du message: Publicité

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Gentiloup
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Hors ligne

Inscrit le: 21 Juin 2012
Messages: 2 884

MessagePosté le: Sam 28 Sep 2013, 15:44    Sujet du message: Au sujet d'un essai historique de Jean de Viguerie Répondre en citant

Merci pour ce tableau très synthétique des glissements dans tous les domaines ET particulièrement très bien vu votre troisième colonne:  Utopie réconciliatrice.

Le problème est que celui qui a cèdé à la première glissade, sera gagné par la confusion intelectuelle et sa vue perdra de son acuité. Comme fatalement le chemin large et descendant qui mène à la perdition ne donne pas les résultats escomptés par l'utopiste, au lieu de se  corriger en reprenant le chemin étroit et pentu qui mène au salut,  l'utopiste cherche des consolations dans la facilité, c'est de glissades en glissades, la chute inexorable.
Cela se retrouve au plan individuel dans la corruption des mœurs. Dés qu'on cède sur un point, par exemple la drogue, toutes les autres perversions s'en suivent. Un livre de Dominique Morin mettait ce phénomène en exergue de façon lumineuse, à propos de son expérience personnelle. Il en est revenu , mais les retours sont rares.

Pardon de dévier quelque peu de votre sujet, mais c'est à ce livre, presque oublié, que j'ai lu il y a quelques années, que j'ai immédiatement pensé en lisant votre tableau : "De l'amour libre à l'amour"
  
 
Citation:

Extrait du livre :
Il y a quatorze ans maintenant, alors que nous subissions les mensonges de la culture de mort sur la sexualité, presque résignés à ne plus entendre un autre discours que celui qui nous était imposé, s'est révélé brutalement à moi une séquelle de ma jeunesse agitée, le sida. Parallèlement au combat quotidien contre ce virus qui me tuait, j'ai commencé à témoigner d'un regard de vérité et d'espérance sur l'amour à partir de mon expérience.
Nous vivons le paradoxe d'une société se croyant affranchie de toute loi morale, avançant à coups d'incantations magiques vers le bonheur terrestre universel, qui se retrouve finalement si démunie et angoissée par l'apparition du sida. C'était pourtant inévitable, faute d'avoir l'humilité de reconnaître qu'elle s'était fourvoyée et le courage, la charité dirais-je, de se remettre en cause.
Il y a donc maintenant treize années, riches d'ensei­gnements et de grâce, que j'ai commencé à parler publi­quement. Au début, c'était une goutte d'eau de vérité dans l'océan du mensonge. Mais par la suite, une demande importante s'est fait sentir venant de lycées et collèges catholiques, l'enseignement dit laïc m'étant fermé pour des raisons dont je reparlerai plus loin. Cela reste toujours une goutte d'eau, mais enrichie, je l'espère, de l'Esprit Saint.
Je me suis donc investi dans le témoignage, dans une perspective à court terme, ma vie étant alors très menacée. Quand sont apparues les nouvelles thérapies antivirales, mon état immunitaire et général s'est peu à peu amélioré. Ma situation sociale d'invalide me laissant du temps libre, le témoignage a progressivement occupé ma vie. Entre temps, les sujets abordés et ma propre maturation avaient purifié mes interventions des polémiques stériles du début et d'une certaine impatience de convaincre. La vérité transmise avec charité se suffisant finalement à elle-même.

Extrait de l'introduction

A force de tout voir, on finit par tout tolérer
A force de tout tolérer on finit par tout admettre
A  force de tout admettre on finit par tout justifier!»

Saint-Augustin – Cité de Dieu


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MessagePosté le: Aujourd’hui à 19:46    Sujet du message: Au sujet d'un essai historique de Jean de Viguerie

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