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La Sapinière et son influence - Evolution de Pie X à Pie XI

 
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Gentiloup
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MessagePosté le: Dim 13 Oct 2013, 17:28    Sujet du message: La Sapinière et son influence - Evolution de Pie X à Pie XI Répondre en citant

Dans la série: Le Catholicisme intégral face aux ralliements, Voir:
Les Cristeros et Pie XI     
De Pie X à Jean XXIII, ou de La Sapinière à Vatican II - Etude                
 
                
La Sapinière et son milieu d'influence de Pie X à Pie XI                
 

                
Le contexte                

                
Inlassablement, sous  Pie X, Mgr Begnini, avec sa fondation, le Sodalitium Pianum (S.P.), rattaché à la Congrégation consistoriale du cardinal De Laï, s'employa à démasquer les "ennemis du dedans", Mais à la mort du saint pape, la divine parenthèse du catholicisme intégral va se refermer. Mgr Begnini n'aura alors plus qu'à précéder les papes qu'il ne pourra plus suivre, mais il restera le héraut infatigable d'une croisade pour un catholicisme intégral.                 

                
Les modernistes qui avaient été traqués sous Pie X soupçonnaient l'existence d'une organisation du type de La Sapinière, mais Pie X vivant ils n'avaient pas osé contre-attaquer trop visiblement. A sa mort ils vont tâter le terrain dans un premier temps, avant de bondir sur l'occasion trop belle des papiers saisis par les occupants allemands chez un correspondant de La Sapinière en Belgique, l'avocat et journaliste Alphonse Joncks. Les militaires allemands voyant que les papiers saisis n'avaient aucun intérêt pour eux les transmettront, très curieusement, au dénonciateur en Allemagne, au lieu de les rendre à son légitime propriétaire. A partir de là, Le Sodilatium Pianum de Mgr Benigni va être diffamé et calomnié à travers une campagne de presse tapageuse.                
L'abbé Birot n'hésitera pas à écrire, par exemple: "Une agence d'espionnage et de délation, que dirige sans mandat un prélat , Mgr Benigni, étend sur toute l'Europe chrétienne un réseau de surveillance qui imite les procédés de l'Inquisition" (1).                

                
Manipulation                

                
Les dénonciateurs de La Sapinière ont cru tenir la poule aux œufs d'or avec cette saisie d'une partie de la correspondance de la Sapinière en brodant dessus. Et de fait l'instrumentalisation de ces papiers leur a permis de prendre leur revanche. En réalité ils ont mis l'éclairage sur ce qui les arrangeait, sur "cette puissance qui avait entravé leur route" sous Pie X et qui ne cessait de les harceler depuis.                 
L'explication ne manquait pas d'avantages: en isolant un homme (Mgr Benigni, prélat de la Curie) et en grossissant ses exploits, ils évitaient d'aller plus loin et surtout plus haut. Si Pie X ou le cardinal DE Laï (toujours en place à la tête de la Consistoriale à l'époque de la dissolution de la Sapinière) avaient été mis en cause, Benoît XV n'aurait pas pu les suivre.                 
Habilement, ils ont donc présenté un Pie X assiégé par d'habiles marionettistes intégristes. Mais Emile Poulat (2) en mettant à jour les véritables dossiers de La Sapinière va ramener le S.P. (Sodilatium Pianum) à ses véritables dimensions. Paradoxalement, loin de perdre en importance, Le S.P. en acquiert une insoupçonnée: une même cause profonde explique en effet son incapacité à se développer et le bruit de ses combats. Le S.P. n'est pas un corps étranger au sein du mouvement catholique, il en est un produit naturel, mais à un moment où les tensions qui travaillent celui-ci" (voir LETTRE ENCYCLIQUE DE N.S.P. LE PAPE PIE X SUR " LE SILLON ") atteignent un point critique et n'épargnent même plus les organisations les mieux garanties. Mgr Benigni et "ses amis freinent à mort cette évolution funeste" qui aboutira en bout de course au concile Vatican II. "Ils se veulent le dernier carré des incorruptibles  qui, sans trêve et sans égard, dénoncent infiltrations et compromissions. "                

                
Jeanne Caron dans son ouvrage, le Sillon et la démocratie chrétienne en 1967 fera le même constat: "C'est renchérir sur la thèse vulgaire mais ignorer et dénaturer l'histoire que voir dans l'intégralisme "un courant de pensée travaillant en marge de l'Eglise hiérarchique, mais mordant parfois sur elle, et dans l'enseignement de l'Eglise tels que le transmettent et le traduisent alors Pie X et son entourage, une forteresse que l'intégrisme assiège."                 

                
Qu'en est-il de la réalité ?                  

                
Mgr Benigni, à la demande du cardinal Sbarretti donnera la liste des ses collaborateurs en 1921. Les ennemis de La Sapinière lui prêtaient 1000 membres, elle n'en a compté qu'une cinquantaine au mieux, dont "on peut mettre en question leur rôle et leurs idées, mais d'aucun son honorabilité." Parmi eux de grands noms du catholicisme, tels que le père Alphonse George, rédemptoriste, le père Charles Maignen, du séminaire français de Rome, (des frères de Saint-Vincent de Paul), le père Jules Saubat, des pères du Sacré-Cœur de Bétharam.                 

                
I - Quelques figures des membres de La Sapinière, nous la rendra plus vivante:                

                
Henri Merlier (1869 -1952), né à Amiens. Très tôt attiré par le journalisme il se fait vite une figure de polémiste redoutable: Il passe de la Chronique Picarde à la Riposte d'Amiens pour devenir simultanément directeur du Journal d'Albert, rédacteur en chef de la Picardie et directeur de La Vigie. Ensuite, toujours directeur, il passe successivement au Nouveau publicateur de la Vendée, à la Libre Vendée, puis simultanément au Courrier de la Manche de Saint-Lô et à l'Opinion de la Manche d'Avranches jusqu'en 1932, date à laquelle il revient à Paris pour s'occuper de la collection Vérités.                
"Toutes les formes de gouvernement m'indiffèrent", proclame-t-il en 1901. Il se considérait volontiers comme un "chevalier" et un "ligueur", à qui son indépendance coûtera périodiquement son journal. "Je sers des principes, non des hommes", répond-il régulièrement aux pressions, tant monarchistes que démocrates , "je ne fais ma cour ni à la République ni au Roi (...) Je suis un catholique endurci, un clérical si vous préférez, mais c'est tout, et je suis très heureux de n'être que cela. Je marche droit, n'ayant à la patte aucun fil."                
Il révisa son jugement pourtant lorsqu'il adhéra à l'Action Française en 1922 quand il se fut convaincu de l'insuffisance d'une action purement religieuse. Une fois de plus, cette date coïncide à la suppression de La Sapinière. "A certaines heures, l'indifférentisme politique est un crime", expliquera-t-il dans le Fanion Picard en 1928. "D'autre part, mon vieil anti-libéralisme religieux devait forcément rejoindre les doctrines de l'A.F. La logique devait me conduire au Roi. J'y suis allé par probité intellectuelle autant que par amour de mon pays." 
                
L'abbé Paul Boulin, autre figure incontournable de la Sapinière (1875 - 1933), prêtre du diocèse de Troye en 1898, puis dans l'Oise en 1906, rédacteur à "l'Univers" en 1908, (il signe Roger Duguet), il en devient Secrétaire général en 1912 lors de son rachat par un groupe monarchiste. Mais la nouvelle orientation ne lui convient pas et il envisage de collaborer à La Vigie, mais son évêque, Mgr Amette, le fait rappeler dans son diocèse d'origine où il redevient curé. Dés la déclaration de guerre son domicile est perquisitionné (Sic!) et il est muté au service auxiliaire de l'armée active. Démobilisé en 1919, il est nommé professeur au collège diocésain de Troye, mais la mort du cardinal Amette en 1920 lui permet de revenir à Paris. Il retourne au journalisme  en 1921  avant de devenir de 1922 à 1929 le rédacteur principal de la Revue Internationale des Sociétés Secrètes de Mgr Jouin, où il signe souvent Pierre Comet. 

              
De 1929 à sa mort en 1933 il est en retraite forcée, suite à un article très critique sur les accords du latran de Pie XI avec  Mussolini: "Loin de mettre fin à la plus meurtrière entreprise, le fascisme en remplit intégralement le programme (...) M. Mussolini n'est qu'un lieutenant attardé de Garibaldi et la jeune Italie qui triomphe sous nos yeux, voilà l'héritière de l'ancienne conjuration". Cette rupture avait été précédée d'une rupture plus brutale et douloureuse avec Mgr Benigni, sur leurs dissensions sur la question des accords du Latran. Il reprocha à celui-ci "la fibre italienne qui parla toujours beaucoup plus haut que vingt années de luttes communes pour la transcendance de la foi romaine." Cela n'empêcha pas son évêque, Mgr Feltin, de considérer "qu'après avoir joui jadis d'un réel crédit à Rome, il y gardait encore des relations sérieuses." 

              
Si La Sapinière ne compte que peu de membres inscrits dans ses listes, dans ses abords immédiats s'étend le vaste champ idéologique (doctrinal pourrait-on dire) dans lequel elle baigne; il n'est pas nécessaire de lui être affilié pour avoir avec elle des liens très étroits.                

                
II - Pour bien comprendre l'importance de l'aura de La Sapinière, arrêtons-nous sur deux figures éminentes de son vaste champ d'influence.
 
              
L'important article consacré à la biographie du père Salvien par le site des Augustins de l'Assomption de la province de France, dans lequel j'ai largement puisé, nous donne un exemple intéressant du vaste champ idéologique dans lequel baigne La Sapinière. On remarquera que la vocation journalistique de Mgr Benigni s'est heureusement rencontrée avec celle des plus éminents soutiens de La Sapinière. Le père Salvien, journaliste talentueux et infatigable, comme lui, en est un exemple emblématique.                

le Père Salvien.               
Une trempe de journaliste, batailleur et documenté. Charles-Félix-François-Joseph Miglietti est né à Marseille (Bouches-du-Rhône), le 8 janvier 1873, de parents italiens piémontais. A sa majorité légale, il opte pour la nationalité française. Il entre au grand séminaire de Marseille (1891-1893) où son attrait pour le journalisme, La Croix de Marseille, lui attire la suspicion des Lazaristes et la faveur des Assomptionnistes. Il fait son noviciat, à Livry (Seine-Saint-Denis) où il prend l'habit en août 1893. Profès annuel l'année suivante sous le nom de Frère Salvien, il passe quelques mois à la Bonne Presse à Paris (1894-1895). Il est accepté aux vœux perpétuels l'année suivante le 15 août 1896. Il a été entre temps envoyé à Toulouse (1895-1896) où, en autodidacte averti, il achève ses études philosophiques, théologiques et canoniques et où il collabore à La Croix du Midi dirigée par un autre batailleur, le P. Roger des Fourniels. Il passe ensuite tout naturellement à la Bonne Presse, à Paris, où il est placé, aux côtés du P. Vincent de Paul Bailly, au secrétariat général de La Croix et où il devient l'intermédiaire obligé de toutes les publications religieuses: le Bulletin des Congrégations (1896), le Mois littéraire et pittoresque (1899), La Croix des Comités (1889), Annuaire pontifical catholique (1898), Questions actuelles (1905), l'Action catholique 1910), les Actes des papes.                 
Bourreau de travail, d'une mémoire exceptionnelle, s'il ne rédige pas tout à lui tout seul, il contrôle tout, se documente soigneusement sur toutes les questions disputées et tranche. En 1906, par un concours de circonstances, il se trouve à la tête d'un organe de revue de presse, le Bollettino et s'en inspire pour créer un équivalent français chargé d'informer la Secrétairerie d'état des mouvements et tendances de l'opinion française et de ses supports écrits. Chaque soir, le P. Salvien confie personnellement aux ambulants Paris-Rome un paquet à déposer à la maison généralice, Piazza dell'Ara Caeli, pour être remis sans intermédiaire directement au Vatican. Le colis contient de nombreuses coupures de la presse française soigneusement annotées et présentées.                 
Le P. Salvien se tient aussi en relation étroite avec des jurisconsultes catholiques qui lui permettent d'analyser les évolutions du droit civil français. Ainsi naît dès 1913 l'idée de la Documentation Catholique, fondée en 1919, de la fusion de quatre revues. Questions actuelles, La Croix des comités, Le Bulletin des Congrégations et L'Action catholique.         
      
Le P. Salvien baigne dans l'air ambiant de la tendance du temps et du pontificat anti-moderniste. De tempérament polémiste, il n'évite pas toujours la partialité, malgré son souci minutieux d'information.  Il est aidé dans son travail par le Frère Francisque Cusin.                 

                
Le Père Salvien et La Sapinière                
On sait aussi aujourd'hui que le P. Salvien, dénoncé comme membre du réseau 'La Sapinière' n'en a pas lui-même fait partie, même s'il partage bon nombre de ses convictions (anti-modernisme, anti-laïcisme, anti-républicanisme, opposition à tout mouvement de nouveautés catholiques). Mais ce qui a les faveurs du pontificat sous Pie X peut conduire à une chute sous Pie XI. Le cardinal Gasparri prend prétexte en 1921 des changements opérés dans l'Eglise pour liquider ce mouvement. Le Père Salvien était devenu compromettant et embarrassant dans le cadre de la politique de ralliement de Benoît XV et de Pie XI. Il va donc être sacrifié (avec d'autres) sur l'autel de ces personnes infréquentables qui ont été auparavant des collaborateurs-informateurs de premier plan. Le pape demande, par l'intermédiaire du nonce en France, son éloignement hors d'Europe. Pendant plus d'un an, le P. Salvien tergiverse, argumente pied à pied, soutenu dans sa résistance par le cardinal Maurin qu'il a connu à Marseille dans ses jeunes années et d'autres évêques auxquels il est lié. Il doit quand même quitter Paris le 28 février 1923 pour gagner San Remo. La maison se préparant à fermer, il se dirige sur Locarno en Suisse en juin 1923. C'est là qu'il résidera jusqu'à ce qu'une congestion cérébrale le frappe au début de l'année 1933. Transporté à Lorgues (Var), hémiplégique, il y meurt le 26 octobre 1934. Il y est inhumé.                
On notera que le décès du père Salvien intervient juste quelques mois avant celui de Mgr Benigni.                

                
l'abbé Emmanuel Barbier est né à Poitiers en 1851.                 
Recteur à Paris en 1887 de l'externat Saint-Ignace (rue de Madrid) et fondateur de l'externat Saint-Louis de Gonzague; recteur en 1895 du collège de Poitiers auquel il donna une vive impulsion jusqu'à la loi de 1901. A cette date, la Compagnie de Jésus étant interdite en Franœ, le père Barbier se retrouva religieux « clandestin ». Il avait obtenu de quitter la compagnie en raison d'un conflit d'orientations qui allait l'engager dans la bataille doctrinale par une intense production littéraire. Il devint ainsi  prêtre séculier et put s'engager, par la plume, contre le libéralisme catholique. Il commença alors une campagne argumentée à propos du Sillon de Marc Sangnier (cinq ouvrages en trois ans), qui ne fut pas sans influence sur la condamnation de ce mouvement par Rome, en 1910. En 1902 il devint  aumônier régional de l'A.C.J.F, et en 1905 il se fait incardiner au diocèse de Poitiers. En 1908, il fonde une revue intitulée La Critique du libéralisme, qui devint le principal organe en France, du combat mené pour soutenir les directives antimodernistes de saint Pie X. Cette revue parut jusqu'en août 1914.                
L'abbé Barbier a ainsi pris rang parmi les figures majeures de l'antilibéralisme catholique. Apologiste du Syllabus et  adversaire du Ralliement et de l'américanisme.                
Après la Première guerre mondiale, l'abbé Barbier écrivit des ouvrages pédagogiques, et mourut à peu près oublié en 1925, non sans avoir publié, juste avant sa mort, une monumentale Histoire du catholicisme  libéral et du catholicisme social en France, du concile Vatican I à l'avènement de Benoît XV (1870-1914). Très appréciée des spécialistes.                 
Il est certainement la personnalité la plus marquante du catholicisme intégral en France, la plus en vue aussi, dont les démêlés se succèdent, contre qui tous les arguments sont bons. Il eut été plus vulnérable s'il n'avait pas toujours trouvé à Rome sympathie et soutien.                 
Concordance de dates, le L.S. est dissout en 1921.                
___________________                

                
(1) dans G. Combès paru en 1948 à Alpbi, P. 223 
(2) "Intégrisme et catholicisme intégral", 1969, Emile Poulat.

                
Sources principales de cette étude par ordre d'importance :
              

                
Beaucoup d'aspects du catholicisme intégral sont encore à voir,
A un prochain épisode si Dieu veut! 
              

                
Gentiloup                


Dernière édition par Gentiloup le Lun 14 Oct 2013, 22:29; édité 5 fois
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MessagePosté le: Dim 13 Oct 2013, 17:28    Sujet du message: Publicité

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Aurore
Membre

Hors ligne

Inscrit le: 15 Oct 2012
Messages: 191

MessagePosté le: Dim 13 Oct 2013, 20:16    Sujet du message: La Sapinière et son influence - Evolution de Pie X à Pie XI Répondre en citant

Merci Gentiloup de nous faire partager le fruit de vos recherches sur le mouvement du catholicisme intégral, dont nous essayons, mais dans un contexte de plus en plus difficile, d'être les dignes héritiers. Nous sommes maintenant dans nos derniers retranchements...

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Martin
Membre

Hors ligne

Inscrit le: 22 Juin 2012
Messages: 247
Localisation: Belgique

MessagePosté le: Dim 13 Oct 2013, 20:31    Sujet du message: La Sapinière et son influence - Evolution de Pie X à Pie XI Répondre en citant

 
Sur le Sodalitium pianum, la meilleure source est probablement la Disquisitio rédigée par le futur cardinal Antonelli pour la canonisation de Pie X : Conduite de Saint Pie X dans la lutte contre le modernisme (Courrier de Rome, 1996). Ceci dit, en dépit de certaines incompréhensions liées à ses positions hétérodoxes personnelles, Émile Poulat reste dans l’ensemble un historien assez honnête.

Concernant la biographie de l’abbé Barbier, Yves Chiron a entre autres le mérite d’y exposer objectivement (p. 140 et sv.) comment le pape saint Pie X, malgré toute son affection pour ce prêtre courageux, fut amené à condamner deux de ses ouvrages :

Yves Chiron a écrit:

Une double mise à l’Index


En 1907, quatre ans après la mort de Léon XIII, l’abbé Barbier faisait paraître un gros livre, en deux volumes, intitulé Les progrès du libéralisme catholique en France sous le pape Léon XIII : histoire documentaire. L’abbé Barbier a résumé lui-même sa démonstration en deux thèses placées en tête de son livre :

I. - Quoique le Souverain Pontife Léon XIII ait enseigné aussi fortement qu’aucun de ses prédécesseurs les droits de Dieu et de l’Église dans la société civile et le devoir pour les chrétiens d’y soutenir ces droits, sa politique libérale a directement et très efficacement contribué à affaiblir en France, et à faire tomber en désuétude l’énergique défense de cette cause sacrée, qui avait illustré précédemment les évêques et les catholiques de ce pays et y maintenait la foi vivace.

II. - Quoique le Souverain Pontife Léon XIII ait condamné plus d’une fois le libéralisme comme ses prédécesseurs, et l’ait réfuté avec une grande force dans ses encycliques, sa politique a considérablement favorisé la diffusion de toutes les erreurs sociales et religieuses qui sont, à notre époque, autant de formes du libéralisme.

De nombreuses citations des encycliques de Léon XIII venaient corroborer l’apologie de son rôle doctrinal.

L’ouvrage suscita une grande controverse. Bientôt, l’abbé Barbier déplorera « les efforts passionnés du parti libéral pour le faire désavouer et blâmer par Rome » (1). Pour se défendre, il publiera quelques mois plus tard, en juin 1907, une courte et vive brochure intitulée Ne mêlez pas Léon XIII au libéralisme.

L’abbé Barbier refusait d’exempter Léon XIII de libéralisme, mais il distinguait la saine doctrine que le pape n’avait cessé d’enseigner et les « conseils » et « volontés d’ordre humain » qui avaient été l’expression de ses « vues personnelles faillibles » enclines au libéralisme ; l’abbé Barbier visait au premier chef la consigne de « Ralliement » à la République donnée aux catholiques français. L’abbé Barbier maintenait sa démonstration : il y a « un rapport de cause à effet entre le pontificat de Léon XIII et le progrès du libéralisme ». Si l’enseignement de Léon XIII, explique-t-il, n’a pas été entaché de libéralisme, il a imposé « au nom de sa suprême autorité » des « conseils » et des « volontés d’ordre humain » qui étaient « dictés par des vues personnelles faillibles ». Ces vues toutes personnelles de Léon XIII « sont devenues par suite des principes de conduite pour les catholiques eux-mêmes » (Ne mêlez pas Léon XIII au libéralisme, p. 8).

Cette brochure suscita à nouveau une controverse. L’Ami du clergé, revue très répandue chez les prêtres français, publia trois articles successifs (les 27 juin, 25 juillet et 15 août 1907) pour contester les démonstrations de l’abbé Barbier.

Le premier livre, Le Progrès du libéralisme catholique, avait été dénoncé à Rome. Une « dizaine d’évêques » français avaient demandé sa condamnation par la Congrégation de l’Index (2). Quand l’abbé Barbier s’était rendu à Rome, en mars 1908, le cardinal Merry del Val lui avait fait un « accueil très réservé » (3) et ne lui avait pas caché que le livre était examiné par le Saint-Office (4). Mais on a vu aussi quel bon accueil lui avait réservé Pie X.

Pourtant, deux mois plus tard, la Sacrée Congrégation de l’Index inscrivait le livre, et aussi sa suite (Ne mêlez pas Léon XIII au libéralisme) à l’Index librorum prohibitorum (Index des livres interdits) (5). On sait aujourd’hui, grâce aux archives de la Congrégation, que Pie X a d’abord jugé inopportune une telle condamnation (6). Le 1er avril, « par ordre du Saint-Père », le cardinal Secrétaire d’État avait adressé une lettre au cardinal préfet de la Congrégation de l’Index, lui demandant de considérer comme « inopportune » la « dénonciation faite par quelques évêques français ». Mais la procédure suivait quand même son cours — signe d’ailleurs que Pie X n’était pas omnipotent. Le 14 mai, en congrégation préparatoire, seuls trois consulteurs sur onze se prononcèrent pour la condamnation. Le 25 mai, lors de la congrégation plénière des cardinaux, le préfet de l’Index, le cardinal Segna, demandait qu’au livre à condamner (Le Progrès du libéralisme catholique), on en ajoutât un second (Ne mêlez pas Léon XIII au libéralisme). Les cardinaux furent unanimes pour porter condamnation des deux ouvrages. Pie X ratifia le décret et en ordonna la promulgation.

Les deux décrets sont datés du 25 mai 1908. Pie X a donc finalement cru nécessaire de donner cette réprimande publique à l’abbé Barbier. On sait aussi qu’un de ses plus fermes soutiens à Rome, le cardinal Vives y Tutó, a dit que « le livre de l’abbé Barbier sur Léon XIII lui a fait de la peine » (Propos rapporté par l’abbé Desgranges qui le rencontre le 21 mai 1908, Carnets intimes, op. cit., p. 48).

Un autre combattant antilibéral a expliqué ainsi la condamnation : « Le titre et quelques énoncés de thèse mettaient trop tôt et trop directement en cause le nom et la politique d’un Pontife, à peine descendu du trône de Saint-Pierre. [...] Quelques hautes personnalités ecclésiastiques, blessées dans leurs préjugés les plus contestables, feignirent d’être atteintes dans leurs vénérations légitimes. » (Roger Duguet [abbé Paul Boulin], art. cité.)

L’abbé Barbier, bien que blessé par cette condamnation, qu’il devait juger injustifiée, se soumit à la décision. Il fit retirer son livre du commerce et envoya à Rome un acte de soumission. Sa soumission sera rendue publique par la Sacrée Congrégation de l’Index en date du 4 janvier 1909 :

« Emmanuel Barbier s’est soumis louablement au décret de la Sacrée Congrégation édicté le 25 mai 1908, par lequel certains livres écrits par lui ont été blâmés et inscrits dans le catalogue de l’Index des livres défendus. »

___________

1 - Abbé Emmanuel Barbier, Ne mêlez pas Léon XIII au libéralisme, Lethielleux, 1907, p. 5.
2 - Information donnée par Mgr Benigni à l’abbé Desgranges le 17 mai 1908 (abbé Desgranges, Carnets intimes, La Palatine, 1960, t. I, p. 43). Benigni était très bien informé. J. Prévotat, Les Catholiques et l’Action française, op. cit., p. 557, donne la liste de ces évêques, qu’il a pu établir d’après les Archives de l’actuelle Congrégation pour la Doctrine de la Foi : Lécot (Bordeaux), Bardel (Sées), Dadolle (Dijon), Berthet (Gap), Mignot (Albi), Germain (Toulouse), Dénécheau (Tulle), Ricard (Auch), Sagot du Vauroux (Agen), Touzet (Aire).
3 - Lettre de l’abbé Barbier à Mgr Turinaz, le 21 mai 1908, Archives du diocèse de Nancy, 50 J I.
4 - Témoignage de l’abbé Desgranges reçu par le card. Merry del Val le 22 mai 1908, Carnets intimes, op. cit., p. 50.
5 - Index librorum prohibitorum. 1600-1966, publié sous la direction de J. M. De Bujanda, Montréal, Médiaspaul / Genève, Librairie Droz, 2002, p. 102.
6 - Précisions fournies par J. Prévotat, Les Catholiques et l’Action française, op. cit., p. 188.


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Gentiloup
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Hors ligne

Inscrit le: 21 Juin 2012
Messages: 2 884

MessagePosté le: Dim 13 Oct 2013, 21:47    Sujet du message: La Sapinière et son influence - Evolution de Pie X à Pie XI Répondre en citant

Merci, pour ces intéressantes précisions concernant l'abbé Barbier et la position personnelle de Pie X. Cela donne en effet un éclairage qui accentue encore le côté combatif de Pie X, même s'il se range finalement à l'avis de l'Index.

Concernant la Disquisitio, cher Martin, je l'ai déjà citée dans un précédent article, à propos du travail du père Antonelli et de ses conclusions à propos des blâmes de Pie X à l'encontre le cardinal Ferrari, accusé de libéralisme. Alors que Jean XXIII allait ouvrir le procès en béatification de ce cardinal et que Jean-Paul II allait le béatifier.

Part contre la Disquisitio, qui ainsi que je l'indique à la suite d'Emile Poulat, a provoqué une petite contre-révolution intégraliste à son époque dans les années 50 et jusqu'au Concile, a depuis montré ses limites avec le livre qui me sert de trame pour ces différents articles:  Intégrisme et catholicisme intégral, 1969, d'Emile Poulat

A propos de la Disquisitio, petit rappel:
     

Citation:

En se tournant vers la Consistoriale Le père Antonelli ne s'attendait pas à une telle fortune qui modifiait le cours de son enquête. Rarement chercheur n'a été soumis à pareille émotion, note-t-il, et celle-ci le stimule si fort qu'il boucle son enquête fort rapidement en 54 jours. Ses conclusions étaient sans équivoque:                         
  1. Pie X se montra toujours "ferme sur les principes, droit dans ses intentions patient et bon avec les personnes, même quand il eut à en souffrir."
  2. "Il fut réellement en faveur de la presse purement et strictement catholique, celle qui sans compromis et moyens termes, affirmait les principes catholiques dans le champ doctrinal aussi bien que pratique de la vie chrétienne, dans tous les secteurs, religieux, politique, social, culturel et se montrait prompte à suivre en tout, les directions du saint-Siège... Une autre ligne de conduite serait inexplicable."
  3. Il fut contraire à la presse catholique dite "de pénétration", dont il est faux de dire qu'elle fut disposée à suivre les directions du saint-Siège. Et sur ce point, l'archevêque de Milan - pour lequel le rapporteur est sans complaisance -  ne réussit jamais à entrer dans les vues du pape.
  4. Il n'a pas approuvé pour autant les intempérances et les imprudences des journalistes intransigeants. S'il ne l'a jamais fait savoir publiquement, c'est en raison de l'exploitation du premier signe public de blâme et qui aurait entraîné la disparition en bloc de la presse intransigeante.
  5. Il a subventionné le Sodalitium Pianum de Mgr Benigni, dont il a connu et approuvé l'activité: "et pour qui connaît Pie X et sa rectitude jamais démentie, c'est un indice absolument sûr que le pape a vu dans le Sodalitium Painum une institution  bonne, et il avait raison de le penser", parce que "ses statuts et son programme ne présentait rien qui ne se puisse approuvé".
  6. On ne peut cependant lui imputer les intempérances et les éventuelles imprudences de Mgr Benigni, mais on doit "déplorer que personne jusqu'à ce jour n'ait fait une étude sérieuse et documentée sur l'activité de ceux qui suivirent les directives de Pie X, parmi lesquels Mgr Benigni, avec tous ses défauts personnels et avec toutes ses intempérances, occuperait une place d'honneur."

Cependant, les  pièces fournies par la Consistoriale allaient être amplement augmentées, le tout étudié minutieusement; Jacques Maître et à sa suite Emile Poulat ont fait des recherches sur les papiers saisis de l'avocat Joncks, correspondant de La Sapinière, en Belgique; en remontant toute leur histoire, ils ont retrouvé les originaux et une bonne partie des papiers qui n'avaient jamais été exploités jusqu'alors, même pas par le père Antonelli qui les ignorait. La Disquisitio du Père Antonelli tenait ses sources de la Consistoriale, qui les lui avait transmise à sa demande. Il avait entrepris ses recherches, ainsi qu'expliqué dans l'article en référence, parce que le cardinal Gasparri, ancien secrétaire d'Etat du Vatican sous Benoît XV et Pie XI, avait émis des réserves sur la canonisation de Pie X. C'était lui, le père Antonelli, qui avait été chargé d'approfondir le problème soulevé par le cardinal Gasparri.

En d'autres termes, Emile Poulat a apporté des pièces NOUVELLES en 1969, (La Disquisitio est de 1949) intégralement rapportées dans son livre: Intégrisme et catholicisme intégral, dont la majorité sont de la correspondance chiffrée, qu'il a donc décodée. Ces éléments affinent beaucoup l'éclairage qu'on peut avoir sur le Sodalitium Pianum (L.S., dit encore La Sapinière).

     


Dernière édition par Gentiloup le Dim 13 Oct 2013, 23:32; édité 1 fois
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Gentiloup
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MessagePosté le: Dim 13 Oct 2013, 23:28    Sujet du message: La Sapinière et son influence - Evolution de Pie X à Pie XI Répondre en citant

J'ajoute à mon précédent message:

En d'autres termes, Intégrisme et catholicisme intégral, d' Emile Poulat paru en 1969; il s'agit d'une compilation de tous les documents concernant La Sapinière, dont beaucoup d'inédits, qu'Emile Poulat a minutieusement déchiffrés (mais en rappelant quand même le code), ordonnés et abondamment annotés.

Difficile de faire un travail plus honnête.

J'ai le livre qui est difficile à trouver. Voir aussi ici:
 
Citation:

De ce dossier M. Poulat livre ici toutes les pièces qui intéressent l'intégrisme, classées en cinq catégories et suivant l'ordre chronologique, de 1909 à 1921, elles sont pour le plus grand nombre d'entre elles extraites de la correspondance privée de Joncks, à ce dossier sont joints des éléments empruntés à la Disquisitio  (...) et d'autres pièces réunies par F. Mourret pour informer le tome X, jamais paru, de son histoire de l'Eglise consacrés  au pontificat de Pie X (Documents conservés  au séminaire Saint-Sulpice sous le titre "contribution à l'histoire de La Sapinière.)



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Martin
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MessagePosté le: Lun 14 Oct 2013, 10:16    Sujet du message: La Sapinière et son influence - Evolution de Pie X à Pie XI Répondre en citant

 
Attention ! Je n’ai pas mis en cause l’honnêteté de Poulat, ni l’intérêt de ses recherches. Le problème est que, pour apporter un éclairage correct – un “décodage” correct si vous préférez – à l’histoire de l’Eglise, il faut pratiquement avoir la foi. Et il suffit de lire Poulat pour comprendre qu’il ne l’a pas (ou qu’il ne l’a plus, s’il l’a jamais eue). Il analyse la société Eglise comme si on pouvait faire abstraction de son élément surnaturel, d’où son éloge appuyé du “magnifique ouvrage” du libéral de Broglie, pourfendu à l'époque pour son naturalisme par Dom Guéranger.

Si vous imaginez que j’exagère, parcourez donc le débat qui l’opposait à Madiran dans le numéro 224 de La Nef (mars 2011) : Du modernisme à la crise dans l'Eglise. Madiran en appelait sans cesse aux données intangibles de la foi et de la saine philosophie, alors que Poulat cultivait manifestement l’illusion qu’un dialogue entre l’Eglise et le monde moderne aurait permis d’éviter le conflit, et partant, la crise actuelle : en d’autres termes, la 80e proposition (condamnée) du Syllabus...

M.
 


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Gentiloup
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MessagePosté le: Lun 14 Oct 2013, 21:02    Sujet du message: La Sapinière et son influence - Evolution de Pie X à Pie XI Répondre en citant

Je vous remercie, cher Martin, pour ce lien vers cet important débat. Je n'ai pas le temps de le lire maintenant mais je le ferai, cela m'intéresse particulièrement étant donné le sujet qui m'occupe actuellement: le catholicisme intégrale.

Je ne sais rien à vrai dire d'Emile Poulat, j'en saurai donc un peu plus, grâce à vous. J'ai pris son livre tel quel et j'en reste admirative, indépendamment du parcours de l'auteur. J'ai pris son livre objectivement.

je le recommande fortement : Intégrisme et catholicisme intégral, à condition d'avoir envie de s'atteler à une lourde tache. Je le répète, il s'agit d'un dossier exhaustif, de documents, seulement classés et déchiffrés, et agrémentés d'une profusion de notes. C'est-à-dire que parmi les papiers de La Sapinière se trouve le code qui permet de décoder la correspondance. Nous avons donc les textes codés et décodés, suivis d'une multitude de notes pour décoder ce qui ne fait pas partie du code à proprement parler... C'est une merveille de minutie et de recherche.

Ce qui est tout particulièrement intéressant
  • C'est en premier lieu l'objectivité quasi absolue de l'ouvrage puisque c'est une compilation intégrale et minutieuse de tous les documents connus sur le sujet de La Sapinière, du moins en 1969, mais je n'ai rien trouvé de plus complet sur le sujet après.
  • En second lieu, alors que ce livre a été publié en 1969, les rares commentaires personnels d'introduction des pièces du dossier par l'auteur, mettent en relief l'évidence que la doctrine défendue par La Sapinière est celle qu'a toujours défendue l'Eglise. Et le fait que cette doctrine de toujours est attaquée de toutes parts, assiégée. L'auteur reprend souvent ce mot. Les adversaires de La Sapinière et de l'intégralisme, ne sont pas ménagés du tout.
Et ceci alors qu'on sent bien que l'auteur s'évertue à ne pas prendre position. Ainsi il explique qu'il a pris pour titre "intégrisme" ce qui était le nom donné au catholicisme intégral par ses adversaires et "catholicisme intégral" qui est le terme en usage chez les intégralistes de l'époque, terme que Pie X ne se prive pas d'employer. Ce qui rend les commentaires d'Emile Poulat encore plus remarquables.

J'ai eu l'impression de tomber sur un trésor en découvrant cet ouvrage. Je ne suis pas tombée sur Emile Poulat, mais sur ce livre d'Emile Poulat.
L'auteur ne fait certes, pas œuvre de foi, mais seulement d'historien qui transmet des données.

Entre 1969, date de la parution du livre, et 2011, date du débat avec Madiran, il a du couler de l'eau sous le pont et alors il s'agit de l'opinion d'Emile Poulat. Aussi est-ce l'ouvrage que je recommande et sur lequel je m'appuie et non l'auteur qui s'efface complètement devant son dossier.
  


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Martin
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MessagePosté le: Mar 15 Oct 2013, 09:44    Sujet du message: La Sapinière et son influence - Evolution de Pie X à Pie XI Répondre en citant

 
Gentiloup a écrit:
En second lieu, alors que ce livre a été publié en 1969, les rares commentaires personnels d'introduction des pièces du dossier par l'auteur, mettent en relief l'évidence que la doctrine défendue par La Sapinière est celle qu'a toujours défendue l'Eglise. Et le fait que cette doctrine de toujours est attaquée de toutes parts, assiégée. L'auteur reprend souvent ce mot. Les adversaires de La Sapinière et de l'intégralisme ne sont pas ménagés du tout.

Je partage votre avis : l’objectivité de Poulat est perceptible, y compris dans l’ouvrage qui a succédé à celui dont vous parlez (Catholicisme, démocratie et socialisme, qui est en gros une biographie de Mgr Benigni).

Gentiloup a écrit:
Entre 1969, date de la parution du livre, et 2011, date du débat avec Madiran, il a dû couler de l'eau sous le pont (...)

Il est probable en effet que l’auteur a passablement évolué. Je pense également à son mépris pour l’ouvrage Pie XII devant l’histoire de Mgr Roche et Philippe de Saint-Germain, qualifié par lui de livre “invraisemblable”, alors qu’il s’agit d’un témoignage capital sur ce pontificat – et sur le rôle trouble qu’y ont joué certains collaborateurs du pape, à commencer par le futur Paul VI ! – témoignage d’autant moins contestable que les auteurs ne sont nullement des “tradis”...

M.

N.B. Sur le sujet dont vous traitez – et surtout sur la manière dont il a été déformé par les modernistes et leurs alliés – il y a aussi le livre de Madiran : L’intégrisme, histoire d’une histoire (1964), toujours en vente, notamment chez DPF.
 


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MessagePosté le: Aujourd’hui à 23:34    Sujet du message: La Sapinière et son influence - Evolution de Pie X à Pie XI

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