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"La Mission de France", une erreur pré-conciliaire exposée dans la biographie du père Roger-Thomas Calmel

 
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Gentiloup
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MessagePosté le: Mar 29 Oct 2013, 19:18    Sujet du message: "La Mission de France", une erreur pré-conciliaire exposée dans la biographie du père Roger-Thomas Calmel Répondre en citant

      
    
Le Père Roger-Thomas Calmel
par le père Jean-Dominique

24.00 €

               

Dans un autre fil a été mentionné le père Loew avec sa "Mission Ouvrière Saints Pierre et Paul (MOPP)
Cela soulève la question de la Mission de France qui a été promue par un courant pré-conciliaire, ainsi qu'on peut le découvrir dans le livre passionnant de la biographie du père Roger Calmel.

Le père Calmel a vécu les événement pré-conciliaires, notamment le ralliement de 1926 et ses suites, avec de grosses secousses dans son couvent de Saint-Maximin. Parmi ces secousses, le problème des prêtres-ouvriers et de la Mission de France, deux courants distincts mais qui se recoupent.

Je ne saurais trop vous conseiller la lecture de cette biographie qui est un témoignage capital pour expliquer et comprendre les événements qui ont amené la révolution conciliaire. Leur connaissance explique ce que nous vivons aujourd'hui, mais aussi comment se défendre du libéralisme. 

Le père dominicain Roger Calmel, a été une bénédiction pour la Fraternité Saint-Pie X.
    
            

La question des œuvres de la "Mission Catholique" et des prêtres ouvriers a été brillamment traitée en un chapitre du livre: "Le père Roger-Thomas Calmel" du père Jean-Dominique Fabre, chapitre 6, de la page 106 à 112.

Le résumé de ce chapitre que je vous présente ici, vous donnera sans doute envie de lire ce livre exceptionnel du père Jean Dominique Fabre.

Le père Jacques Loew (ordonné deux ans avant le père Calmel) était au couvent de Saint-Maximin en même temps que le Père Calmel avant d'être mis à la disposition de la Mission de France à Marseille.

la Mission de France avait été fondée en 1941 sous l'inspiration du cardinal Suhard, archevêque de Paris, l'un des cardinaux issus de la mouvance pro-ralliement. Cette mission fut fondée par un collectif et non par le cardinal Suhard en personne; un collectif de cardinaux et archevêques. "Pour la première fois dans l'Histoire une commission de cardinaux et archevêques qui, en elle-même n'a aucune juridiction, prétendait donner une mission universelle à un groupe de prêtres qui, par ailleurs était fort mal défini." (Page 107)

Fondée le 24 juillet 1941, dés septembre le cardinal Suhard envoyait à tous les évêques de France l'annonce de la création d'un séminaire à Lisieux, pour former des prêtres de la Mission de France.

Voici comment ces séminaristes se définissaient eux-mêmes: "Vivre au rythme du monde, sensibles à ses moindres appels pour infuser un message chrétien partout où l'occasion s'en présentera. Cela de notre part exigera un sens très avivé des problèmes de l'heure, une inquiétude passionnée pour nos frères devenus païens, une attentive observation de la vie contemporaine, bref un contact aussi étroit que possible avec les hommes."

En 1946, la Mission de France se présente dans un tract: "Un effort séculier. Se faire solidaire des hommes, s'incarner dans leur vie: ouvriers avec les ouvriers, paysans avec les paysans."

"L'aventure ne manquait pas de générosité ni d'audace. Beaucoup de prêtres et d'évêques étaient scandalisés à la vue de ces masses énormes d'ouvriers ou de paysans qui restaient fermés à l'Evangile." (P. 106)

Dés le début les séminaristes et prêtres se singularisèrent par leurs idées modernistes ou socialistes. "On vit même des prêtres ouvriers se rendre à Moscou et faire à leur retour des déclarations prosoviétiques." "Dés 1945 Rome manifesta des inquiétudes, mais ses avis restèrent lettre morte."

Le plus grand obstacle était que la mission du prêtre était oubliée. "Le prêtre est avant l'homme de la prière et de la messe. Et son ministère auprès des âmes consiste en premier lieu à les conduire à la messe. (...) Il veut faire du bien aux hommes en leur prêchant l'Evangile, mais ceci est directement orienté à la participation active à la liturgie." (P. 107-108)

Le père Loew ressemblait en de nombreux points à son confrère le père Calmel : une spiritualité authentique, un zèle ardent pour le salut des âmes et un goût marqué pour la théologie thomiste. Il était aussi très alerté contre les dangers du communisme et sur ce que Lénine lui-même affirme: "La lutte des classes amènera les ouvriers chrétiens à la social-démocratie et à l'athéisme cent fois mieux qu'un sermon athée tout court."

Le père Loew désapprouvait ses confrères qui se lançaient dans la lutte ouvrière et les syndicats. Mais ces bonnes dispositions ne l'empêchèrent pas de tomber dans d'autres erreurs "tant il est vrai que notre manière de vivre influe sur notre mode de pensée." (P. 108).

Dans les statuts de la Mission Saint-Pierre et Saint-Paul qu'il composa en 1955, le père Loew prescrivit pour chaque prêtre deux heures d'exercices spirituels par jour comprenant la messe.  La mention de la messe n'apparait qu'une seule fois dans les statuts, comme si elle était accessoire. "Or la messe est le centre et le sommet de la vie chrétienne, spécialement la messe dominicale." (P. 109) C'est vers elle que doivent tendre tous les efforts de l'apôtre, ce qui vaut pour les pauvres comme pour les riches.

De plus le père Loew en dépit de ses bonnes intentions tombe malgré lui dans le piège de la lutte des classes. Il considère le milieu ouvrier comme une nation, à l'image des pays païens. Pour se faire entendre des ouvriers il faut donc se faire "naturaliser ouvrier" et former avec eux "une église autochtone". C'était introduire dans l'Eglise cette distinction des classes, comme s'il y avait une église des ouvriers, différente de celle des notaires ou de celle des agriculteurs etc. (P 109)

L'abbé Berto écrivait à ce sujet au père Pasquier en 1945:  Je crains même que ceux que vous convertirez, "vous ne les convertissiez pas pleinement, faute de vous appuyer assez sur la réalité du mystère de l'Eglise, faute de garder assez vif le souci de la Tradition."

Le père Calmel  écrivit un article intitulé "le sacerdoce et la mission ouvrière" (Itinéraire N°36-1959):
"Ainsi au risque de faire sourire certains, la théologie qui se révélait la mieux adaptée, dit-il, et la plus neuve était celle de Saint-Thomas et de ses disciples, un Garrigou-Lagrange, Un Mgr Journet, Gilson ou Maritain." (P. 110) [Jacques Maritain avant de plonger dans la démocratie chrétienne, fut un thomiste distingué]

Bientôt Rome allait parler. Le 20 juin 1951, le Saint-Office interdit l’acceptation de nouveaux prêtres-ouvriers dans la Mission de France. Les cardinaux Liénart, Gerlier et Feltin allèrent à Rome pour défendre la cause des prêtres-ouvriers. [Des cardinaux directement issus du choix d' évêques conciliants pour mieux faire le ralliement à la République.]  Pie XII les reçut, mais en 1953 il est fait interdiction à tous les évêques et élèves des séminaires de France, de s'engager comme stagiaire "en des travaux de quelque sorte que ce soit." (P. 110) Les évêques ayant des prêtres ouvriers dans leur diocèse durent leur prescrire de quitter leur travail. De ce fait nombreux parmi ces prêtres quittèrent le sacerdoce.

Le Père Calmel en vint à penser que ces prêtres voulaient en fait se substituer au travail des laïcs qui doivent aussi évangéliser, dans leur famille, leur environnement et leur lieu de travail.

C'est toujours le même écueil qui à chaque génération guète de nouveaux prêtres qui trouvent que Saint-Thomas d'Aquin et la Tradition sont trop rigides. Mais ils feraient mieux tel un Bernard de Chartres, de se hisser sur les épaules des géants, qui incarnent la Tradition, pour pouvoir regarder plus loin.

  Gentiloup  
  


Dernière édition par Gentiloup le Jeu 31 Oct 2013, 00:18; édité 9 fois
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MessagePosté le: Mar 29 Oct 2013, 19:18    Sujet du message: Publicité

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Messages: 277

MessagePosté le: Mer 30 Oct 2013, 10:52    Sujet du message: "La Mission de France", une erreur pré-conciliaire exposée dans la biographie du père Roger-Thomas Calmel Répondre en citant

Cette question est particulièrement intéressante au moment où François reçoit le père Guttierez fon dateur de la la thologie de la libération, qui est un mouvement apparenté à celui des prêtres ouvriers, très proche aussi du marxisme. 
Avec l'esprit de François il pourrait bien y avoir un renouveau de ces courants peut-être sous une autre forme, mais on sent que le même fond est là. 

 
 
Citation:
Le Pape rencontre le père Gutierrez, père de la théologie de la libération
 
 
 
Le pape François a reçu mercredi pour la première fois le prêtre péruvien Gustavo Gutierrez considéré comme le père de la Théologie de la libération. Information donnée jeudi par le Bureau de presse du Saint-Siège. Ce mouvement est né dans les années 1970 en Amérique latine mais a été condamné par Jean-Paul II. (Source) 

 


Le travail de ces chrétiens, provenant généralement des classes moyennes, s’appuyait sur la théologie européenne, et notamment du courant néothomiste, de L'humanisme intégral (1936) de Jacques Maritain, du personnalisme d'Emmanuel Mounier, des théologiens protestants Jürgen Moltmann et Karl Barth5 ou, plus à la marge de l’Église catholique, de l’évolutionnisme pensé par Teilhard de Chardin, des réflexions d’Henri de Lubac sur la dimension sociale du dogme, de la théologie d’Yves Congar et de Marie-Dominique Chenu, qui soutinrent les prêtres ouvriers dans les années 1950, ou du père Louis-Joseph Lebret, dirigeant du centre Economie et humanisme6. Mounier et Maritain firent cependant l'objet, par la suite, de critiques importantes6, notamment en raison de la volonté de Maritain de séparer clairement l'engagement dans la cité de la foi chrétienne7. (SOURCE) 


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Messages: 169

MessagePosté le: Jeu 31 Oct 2013, 00:33    Sujet du message: "La Mission de France", une erreur pré-conciliaire exposée dans la biographie du père Roger-Thomas Calmel Répondre en citant

Sous Pie XII les Dominicains ont été parmi les plus terribles. Le père Chenu avec le père Congar, bravaient ouvertement avec le soutien de cardinaux, comme Suhard, Verdier et bien d'autres, les ordres de Pie XII et passaient ostensiblement outre.

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MessagePosté le: Aujourd’hui à 17:02    Sujet du message: "La Mission de France", une erreur pré-conciliaire exposée dans la biographie du père Roger-Thomas Calmel

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