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abbé de Cacqueray : Apologues de la dernière cartouche - AVRIL 2008

 
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Gentiloup
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MessagePosté le: Lun 4 Nov 2013, 21:19    Sujet du message: abbé de Cacqueray : Apologues de la dernière cartouche - AVRIL 2008 Répondre en citant

  Apologues de la dernière cartouche
Retour aux documents officiels du District de France
    
Texte de l'abbé Régis de Cacqueray-Valménier
Suresnes - Avril 2008    

    
 
« S'il ne reste au dernier des chasseurs qu'une seule cartouche pour tuer la bête, qu'il ne croit pas qu'elle mourra s'il la tire mal et encore moins s'il ne la tire pas... »
    

    
    
Premier apologue
    

    
Au soir de cette journée, les chasseurs venaient de renverser leurs étuis : il ne leur restait plus qu’une unique et dernière cartouche. Tout naturellement, ils la remirent à celui d’entre eux qui était le meilleur fusil. En temps habituel, aucun n’aurait assurément reconnu cette supériorité de l’un d’entre eux sur les autres. Mais l’heure était suffisamment grave pour que beaucoup de sentiments d’amour-propre disparussent d’eux-mêmes. A ce dernier coup de feu, bientôt tiré, se trouverait en effet suspendue la survie de toute la population. Voilà des mois qu’ils combattaient une bête maléfique qui dévastait leurs habitations et, du cercle des chasseurs qu’ils formaient, il n’en était pas un qui ne pleurait quelque membre de sa famille emporté dans la gueule du monstre. Ils savaient, puisqu’ils avaient épuisé leur poudre, qu’ils y passeraient tous si la dernière cartouche manquait sa cible.     
Ils n’avaient pas hésité à désigner leur champion. Mais aucun d’eux ne pouvait s’empêcher de penser  qu’avec cette dernière cartouche, c’était aussi sa vie et celle de tous les siens qui se trouvait remise entre les mains d’un seul homme ! Ils se le chuchotaient entre eux et leur inquiétude montait. Chacun pensait intensément- car aucun n’était inexpérimenté dans l’art de la chasse ni ne manquait d’une réelle connaissance du terrain- au choix du meilleur affût pour se poster, de l’instant le plus favorable du jour, pour ce coup qu’il restait à tirer. 

   
Tandis que les nouvelles les plus sombres des horreurs commises par la bête continuaient de leur arriver, certains estimèrent nécessaire de donner à leur camarade, en plus de la dernière cartouche, leurs avis et vives recommandations. Ce fut un brouhaha d'opinions divergentes. Plusieurs, conscients des ravages opérés par la bête, alors même qu’on était encore en train de réfléchir et de parler, plaidaient pour qu’on ne perdît plus de temps et que l’affrontement, de toute façon inévitable, eût lieu au plus vite. D’autres, non moins justement, rétorquaient qu’à se précipiter sans avoir pris le temps de choisir le meilleur guet, le coup serait manqué et la population entière définitivement livrée à la bête. La discorde augmentait leur peine. Voilà que ceux qui devaient combattre un si grand ennemi commun se retrouvaient, à l’heure la plus grave, presque fâchés entre eux. 

   
Les premiers se tournaient vers leur champion et le sommaient de courir sus à la bête sans plus attendre. Les autres le retenaient par la manche et lui reprochaient de penser à partir au combat sans plus de réflexion. Ils ne semblaient pas s’apercevoir que par leur désunion, le ton de leur querelle et cette soudaine appréhension, ils lui faisaient endurer deux combats au lieu d’un seul, au risque de le voir arriver affaibli pour le duel décisif.     
Mais lui, conscient et même compréhensif de leur mélange de méfiance et de confiance, écoutait leurs avis et en retenait le meilleur. Il savait, depuis qu’ils avaient fait ce geste de lui remettre leur dernière cartouche et depuis qu’elle était bien passée de leurs mains dans les siennes, que, à un instant donné qui ne manquerait pas de survenir, c’est lui et lui seul qui se retrouverait devant la bête, face à face, et lui seul qui appuierait sur la gâchette.     
Chasseurs ! Si vous les croyez justes, donnez tous vos conseils de chasseur à votre champion mais prenez garde cependant de ne pas l’accabler ! Il vous est évidemment difficile de remettre votre vie entre les mains de l’un des vôtres mais souvenez-vous -c’est ainsi- qu’une cartouche n’est jamais tirée que par un seul homme. 
    

    
    
Deuxième apologue
    

    
Lorsque son étui est bien garni, le fier chasseur ne regarde pas à ses cartouches. Il se saisit impatiemment de chacune puis, qu’elle ait ou non atteint sa cible, c’est toujours son fusil, puisque la cartouche n’est plus là pour l’entendre, ou qu’il gronde ou qu’il congratule ; ce n’est jamais la cartouche.     
Mais, lorsqu’au soir de la journée, il ne lui reste plus que la dernière, voyez donc comme il la regarde, comme il la traite avec respect, comme il la polit entre ses mains ! On dirait que d'être sa dernière l'a comme transfigurée à ses yeux, qu’elle en a brusquement reçu un surcroît d’être qu’elle ne possédait pas, qu’elle mérite désormais les plus grands égards. Sans doute veut-il la tirer mais il veut encore moins la gaspiller ! Alors que le crépuscule descend, il pense qu'elle seule pourra lui procurer le couronnement de sa journée et l’ovation de ses pairs.     
Le chasseur veut donc - et pour cause !- ne tirer qu’"à coup sûr". Mais, à dire vrai, qul est le sens de cette expression ? Ne signifie-t-elle pas qu’il faut seulement tirer lorsqu’il n’y a plus aucune chance de manquer la bête maléfique ? Cependant est-ce jamais possible ? Y a-t-il un chasseur sans faiblesse et un fusil sans défaut à qui  le triomphe soit garanti ? 

   
S’il ne reste au dernier des chasseurs qu’une dernière cartouche pour tuer la bête maléfique, avant la tombée de la nuit, chacun comprend que le chasseur, les autres chasseurs et la population ne risquent la mort que pour deux motifs possibles. Il est certain qu’ils mourront si la cartouche n'est pas tirée à la nuit tombée. Ils mourront également si elle est tirée mais qu’elle manque la bête. N’apparaît-il donc pas qu’il vaut encore mieux se risquer à tirer plutôt que de ne pas tirer ? 

   
Cependant, cette certitude, au yeux du détenteur de la dernière cartouche, ne constitue pour autant qu’un premier principe de sa stratégie. Il sait bien qu’elle ne le dispense nullement de se mettre en quête de toutes les circonstances qui rendront, lorsqu’il tirera, son âme paisible, parce que son coup, prudemment et parfaitement calculé, sera un coup de maître.         

          
Comme illustration de ces deux apologues.    
Autant que le plan de Dieu nous apparaisse visible, il semble que  la dernière cartouche qui doive être tirée sur l'hydre moderniste soit la Fraternité Saint-Pie X.    
Autant que le plan de Dieu nous apparaisse visible, si cette dernière cartouche n’est jamais tirée, la bête ne sera pas tuée et finira par étouffer l’Eglise.    
Autant que le plan de Dieu nous apparaisse visible, si cette dernière cartouche est mal tirée, la bête ne sera pas tuée et finira par étouffer l’Eglise.    
Autant que le plan de Dieu nous apparaisse visible, la Fraternité Saint-Pie X est  cette dernière cartouche qui sera tirée, depuis le bon affût et à l’instant convenable, et elle tuera la bête.     
C'est à la lumière de telles considérations sur la Providence que nous avons donné notre confiance à la Fraternité.    
      
Suresnes, Avril 2008     
Abbé Régis de Cacqueray-Valménier,
Supérieur du District de France de la Fraternité Saint-Pie X.  

Ce texte a été remis à jour par Austremoine.org le 03 novembre 2013
  


Dernière édition par Gentiloup le Lun 4 Nov 2013, 22:10; édité 2 fois
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MessagePosté le: Lun 4 Nov 2013, 21:19    Sujet du message: Publicité

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Gentiloup
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Messages: 2 884

MessagePosté le: Lun 4 Nov 2013, 21:25    Sujet du message: abbé de Cacqueray : Apologues de la dernière cartouche - AVRIL 2008 Répondre en citant

Je me souviens de la parution de cet article. A cette époque déjà la Fraternité était en danger de ralliement et c'était de ce danger dont l'abbé de Cacqueray nous avertissait.

La bête qui menaçait la Fraternité était à abattre. Elle l'est toujours (à abattre) pour peu qu'on croit que les oeuvres d'Eglise sont faites pour soutenir l'Eglise ou tout au moins pour en témoigner.

Mgr Williamson a toujours fait ressortir combien la Fraternité était peu de chose. Il l'avait déjà dit lors du sermon d'ordination de Flavigny en 2008. Curieusement la même année que cet article de l'abbé de Cacquaray. Sans doute pour les mêmes raisons.

C'est dire si le ralliement de la Fraternité était déjà dans l'air à cette époque.

 
Citation:


Ils n’avaient pas hésité à désigner leur champion. Mais aucun d’eux ne pouvait s’empêcher de penser  qu’avec cette dernière cartouche, c’était aussi sa vie et celle de tous les siens qui se trouvait remise entre les mains d’un seul homme !  - Abbé de Cacqueray


C'est bien ce qui est arrivé en 2012. L'avenir de la Fraternité s'est retrouvée dépendre d'un seul homme qui sans la divine Providence, et la lettre des 3 évêques, aurait bel et bien entrainer le destin de toute la Fraternité sous l'autorité du pape conciliare.

 
Citation:


Tandis que les nouvelles les plus sombres des horreurs commises par la bête continuaient de leur arriver, certains estimèrent nécessaire de donner à leur camarade, en plus de la dernière cartouche, leurs avis et vives recommandations. - Abbé de Cacqueray

On peut dire que par cette phrase M. l'abbé de Cacqueray s'est fait prophète, quatre ans à l'avance !

Dernière édition par Gentiloup le Lun 4 Nov 2013, 22:19; édité 1 fois
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Angelico
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MessagePosté le: Lun 4 Nov 2013, 22:04    Sujet du message: abbé de Cacqueray : Apologues de la dernière cartouche - AVRIL 2008 Répondre en citant

Intéressant rappel. Moi aussi je me souviens de cet article, je l'ai dans 
mes archives. 


Dommage que Mgr Fellay n'ait pas tenu compte des avis des autres membres éminents de la Fraternité, cela nous aurait économisé cette crise.


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parvulus


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Messages: 48
Localisation: Taissy

MessagePosté le: Lun 4 Nov 2013, 23:18    Sujet du message: mais de quelle cartouche parle-t-on? Répondre en citant

je trouve les apologues fort confus...

Mr l'abbé de Cacqueray désigne comme cartouche la FSSPX, dont le chasseur serait son Supérieur...

Mais le Supérieur n'aurait-il déjà pas tiré sa cartouche? Lui en reste-t-il une? Si oui laquelle?

La FSSPX a changé les bases de sa stratègie face à la Bête, puisque c'est ainsi que l'appelle l'abbé.

Si la Bête n'est plus l'église conciliaire, mais seulement un esprit ou une tendance, ce n'est plus une bête, mais un fantôme ou un fantasme....

Pour moi la seule cartouche valable n'est pas la FSSPX, mais la profession claire de la Foi, donc sans la diplomatie d'apostasie silencieuse du chapitre de 2012.

Sans cette profession publique forte opposée à la Rome inchangée, celle vomie par Mgr Lefebvre, la FSSPX est inefficace contre la Bête, soit elle n'a plus de cartouche, soit elle ne tire pas, elle ne s'en sert pas!

C'est la seule bonne herméneutique des apologues, me semble-t-il....


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InNomineDomini
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Messages: 142

MessagePosté le: Lun 4 Nov 2013, 23:59    Sujet du message: abbé de Cacqueray : Apologues de la dernière cartouche - AVRIL 2008 Répondre en citant

On comprend pourtant assez bien l'idée générale qui ressort de cette fable: Halte danger!

parvulus a écrit:
je trouve les apologues fort confus...

Mr l'abbé de Cacqueray désigne comme cartouche la FSSPX, dont le chasseur serait son Supérieur...


Je ne comprends pas comme vous. La cartouche ce sont les accords; le fusil, la Fraternité et Mgr Fellay, le chasseur.  Ainsi c'est beaucoup plus cohérent.


Dans le sens où Mgr Lefebvre entendait le rôle de la Fraternité, on peut effectivement considérer qu'il s'agit d'un fusil à plusieurs cartouches. Mais les accords auraient été l'ultime cartouche. 

Soit cette cartouche anéantit la Bête (le libéralo_modernisme), soit la cartouche anéantit la Fraternité. D'où M. l'abbé de Cacqueray sonne le tocsin à juste titre! N'oublions pas que nous sommes en 2008, il n'était pas encore question de la Déclaration de Mgr Fellay de ... 2012!..  
Mgr Fellay en 2008 était peut-être déjà le Mgr Fellay de 2012, mais qui le savait ? Même Benoît XVI n'était pas encore tout-à-fait démasqué: Mgr Tissier de Mallerais n'avait pas encore décortiqué son modernisme...


Là nous parlons cinq ans plus tard, après la Déclaration de mars 2012... En 2008, combien parmi les supérieurs ont sonné le tocsin, je veux dire officiellement ? 


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Duns Scot
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Messages: 28

MessagePosté le: Mar 5 Nov 2013, 18:23    Sujet du message: abbé de Cacqueray : Apologues de la dernière cartouche - AVRIL 2008 Répondre en citant

Il faut relire attentivement l’abbé de Cacqueray : il écrit :
« Autant que le plan de Dieu nous apparaisse visible, il semble que  la dernière cartouche qui doive être tirée sur l'hydre moderniste soit la Fraternité Saint-Pie X. »
« Autant que le plan de Dieu nous apparaisse visible, la Fraternité Saint-Pie X est  cette dernière cartouche qui sera tirée, depuis le bon affût et à l’instant convenable, et elle tuera la bête. »
La dernière cartouche, c’est donc bien pour l’abbé de Cacqueray, autant que le plan de Dieu lui apparaisse visible, la Fraternité et uniquement la Fraternité ! Et le champion, c’est-à-dire le meilleur chasseur, c’est son Supérieur général, c’est-à-dire Mgr Fellay.
Manifestement InNomineDomini vous survolez les textes.
Petits rappels historiques pour se remémorer les circonstances de cet article : depuis 2000, en fait depuis la mort de Mgr Lefebvre, une faction de prêtres de la Fraternité travaillent activement à un ralliement et Mgr Fellay est leur champion si on peut dire. Depuis 2000 les pourparlers se sont intensifiés et Mgr Fellay a constamment hésité et tergiversé mais toujours en faisant deux pas en avant et seulement un pas en arrière. En 2001, les Dominicains d’Avrillé qui déjà à l’époque avaient mis en garde et combattu l’idée d’un accord sans conversion de Rome, furent persona non grata  dans les prieurés de la Fraternité. 2006 voit le rappel ferme du principe « Pas d’accord sans conversion de Rome » (à l’époque le chapitre général était encore sain dans son ensemble, depuis on change les membres lentement mais surement !) mais aussi l’instauration des deux préambules et des Croisades du Rosaire qui ont si bien trompés tout le monde et fait avancer l’idée d’un ralliement (cf les fils de Gentiloup sur le sujet). C’est la tactique de la Révolution : deux pas en avant, un pas en arrière ! En 2008 Mgr Fellay refuse un accord et lance sa Croisade du Rosaire. Parallèlement le GREC (avec l’abbé Lorans munis de l’autorisation de son supérieur, Mgr Fellay) écrit une lettre au pape où il montre son désappointement que l’accord n’ait pas eu lieu et promet son aide pour que cela se fasse.
C’est donc dans un contexte tendu au sein de la Fraternité, à gauche cela ne va pas assez vite, à droite on perçoit le danger d’un ralliement sans conversion de Rome et le penchant libéral de plus en plus marqué de Mgr Fellay, au centre tout va toujours très bien, c'est connu, que l’abbé de Cacqueray, à l’époque très très très confiant en Mgr Fellay, sonne « son tocsin » que l’on peut résumer ainsi : c’est le Supérieur qui a les grâces d’Etat, donc confiance, confiance, confiance : « Chasseurs ! Si vous les croyez justes, donnez tous vos conseils de chasseur à votre champion mais prenez garde cependant de ne pas l’accabler !(…) parce que son coup, prudemment et parfaitement calculé, sera un coup de maître. »…et la Fraternité est la dernière cartouche du Bon Dieu.
Sur l’obéissance et la confiance aveugles envers les Supérieurs, comme Gentiloup, je suggère la lecture de la biographie du Père Calmel qui n’a cessé de mettre en garde les fidèles et les prêtres, il en voyait toutes les conséquences dramatiques après le Concile, contre une obéissance mal comprise qui s’avère être un défaut aux conséquences graves en temps de crise. Il est particulièrement remarquable de constater cette dérive au sein de la Fraternité, cet appel constant à l’obéissance à tout prix (ce que ne se permettait pas Mgr Lefebvre, bien plus humble, mais si quelqu’un trouve un texte où Mgr parle de la confiance totale qu’il faut avoir envers lui je suis très intéressé) et étonnant que dans les circonstances si dramatiques de cette crise de l’Eglise il soit demandé aux fidèles et aux prêtres de la Tradition d’avoir une confiance aveugle envers un Supérieur qui n’a pas les promesses d’infaillibilité !
Quant à l’idée que la Fraternité, et elle seule « tuera la bête » (le modernisme), qu’elle est la dernière cartouche du bon Dieu, c’est une illusion prêchée par l’abbé de Cacqueray à l’époque et que certains ont encore malheureusement ! La réponse de Mgr Williamson est implacable, réaliste et replace la Fraternité  à sa juste place, celle que lui avait donnée Mgr Lefebvre, de société religieuse fondée pour transmettre le vrai Sacerdoce afin que les fidèles aient les vrais sacrements et pour garder la vraie Foi et non pas de société religieuse fondée pour résoudre la crise de l’Eglise et tuer le modernisme. Pour le Père Calmel d’ailleurs ce rôle est dévolu à l’Immaculée, aux prêtres et fidèles de la Tradition est dévolu uniquement le rôle de maintenir « des bastions de chrétienté, d’honneur et de prières. »
Quant au fameux champion du texte, il s’est avéré un bien mauvais chasseur qui ressemble plus au psychopathe qui retourne son fusil contre sa propre troupe. Les cartouches ont été tirées dans tous les sens et ont tué les pauvres gens dont la « vie et celle de tous les siens (…) se trouvait remise entre les mains d’un seul homme. » Les prêtres et les fidèles sont aujourd’hui divisés profondément sur des points de doctrines importants car il n’y a plus d’union doctrinale autour du seul principe qui maintenait l’unité dans les rangs : « pas d’accord sans conversion de Rome » et les fidèles (et les prêtres également) n’ont plus la même confiance qu’auparavant envers leur pasteur ni envers l’autorité. Et cela a des conséquences graves qui sont faciles à constater tant à droite qu’à gauche : un accroissement
-de l’individualisme chez les laïcs,
- de l’esprit d’indépendance sur tous les plans tant chez les prêtres que les fidèles,
-du cléricalisme, seule réponse de la plupart des prêtres pour retrouver une autorité perdue (je renvoie au Père Calmel qui combattait ce travers des prêtres),
- de l’esprit sectaire qui lui n’est pas d’Eglise, « hors de la Fraternité (ou de la Résistance pour d’autres) point de salut »,
- de l’ignorance des causes et effets de la crise de l’Eglise et de celle de la Fraternité,
- de la confusion intellectuelle, doctrinale et spirituelle qui règne partout dans les esprits,
etc.
Tout ceci est un mal et non un bien ! Voilà où le « champion » nous a mené.
Que l’on nous ressorte ce texte de 2008 peut-être excusable à l’époque mais certainement malvenu et déplacé aujourd’hui est bien le signe de cette confusion généralisée et de l’esprit orgueilleux qui sévit, encore et ce n’est pas croyable étant donné les circonstances !!!, chez les prêtres et les fidèles de la Fraternité. Quand l’orgueil tient une société cléricale, quand on ne se satisfait plus de petits garages mais que l’on souhaite des petits Versailles en Autriche et des Cluny hollywoodiens, que l’on se croit les plus puissants, les infaillibles et la dernière cartouche du bon Dieu pour résoudre la crise de l’Eglise, la chute n’est jamais bien loin : nous l’avons aujourd’hui et puisqu’on se croit toujours la dernière cartouche semble-t-il cette chute continue et continuera quoique certains ne veuillent pas ou plus la voir, utopie ou illusion quand tu nous tiens !
La réponse en 2008 de Mgr Williamson à ce texte confus comme dit Parvelus et incongru aujourd’hui démontre combien l’évêque anglo-saxon avait raison et a toujours raison de prêcher en fin de compte et avant tout l’humilité aux prêtres, aux supérieurs et aux fidèles de la Fraternité. Dommage que ses conseils avisés ne soient pas plus entendus ! Car la meilleure réponse et solution pour résoudre cette crise et stopper cette chute ne peut être qu’une vraie humilité.
 
Pour lire la réponse éclairante de Mgr Williamson à ces Apologues, voici le lien :
http://lefebvristes.forum-box.com/t2188-La-derni-re-cartouche.htm
 
 


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Gentiloup
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MessagePosté le: Mar 5 Nov 2013, 20:42    Sujet du message: abbé de Cacqueray : Apologues de la dernière cartouche - AVRIL 2008 Répondre en citant

Cet article est en effet assez anachronique. Il a été écrit en 2008 à une époque où certaines illusions pouvaient encore exister concernant Mgr Fellay. 2008, nous l'avons vu dans d'autres messages, c'était la dernière année avant le grand mutisme imposé dans la critique de Rome par Mgr Fellay à la Fraternité.

L'article de l'abbé de Cacqueray me semble plus nuancé que ne le décrivit Mgr Williamson à l'époque, en 2008. Par contre il se ressent d'un certain déchirement. On perçoit une inquiétude de la part de M. l'abbé, mais en même temps une envie de faire confiance à son supérieur. Une crainte qu'il ne commette une erreur irréparable.
La confiance au supérieur est naturelle. La défiance envers les supérieurs doit être argumentée et réfléchie, elle n'est pas catholique a priori. Dans mon souvenir du contexte, cet article était plutôt, ainsi que le dit InNomineDomini, le son du tocsin.

En fait le sujet de cet article qui avait été largement controversé dans tous les sens à sa sortie était que si on utilisait la Fraternité comme cartouche contre le modernisme inhérent à la Rome conciliaire, il n'y aurait pas d'appel. Mgr Lefebvre était mort serein après avoir consacré les quatre évêques, persuadé d'avoir fait son devoir pour la perpétuation de la Tradition.

Une oeuvre d'Eglise n'est pas un produit jetable, mésestimer une oeuvre d'Eglise c'est manquer de confiance en l'Eglise.

Certes le Bon Dieu décide, mais il se sert d'instruments pour agir. Il s'est servi de Saül pour devenir l'Apôtre des gentils. Il faut bien et il faudra bien d'autres instruments, d'autres apôtres, pour mener à bien la préservation de l'Eglise. Dieu agit avec les hommes. Mgr Lefebvre a été un de ces hommes, la Fraternité est encore aujourd'hui l'une de ces oeuvres.

Sans la Fraternité l'Eglise aurait survécu et survivra nous dit-on? Oui, mais parce que depuis toute éternité la Fraternité était intégrée dans le plan divin, comme Saint-Paul le fut pour la propagation du christianisme ou Jeannne d'Arc pour la sauvegarde en France du catholicisme etc.

Il y aura toujours de grands, ou de petits disciples pour accomplir la volonté de Dieu, ses grands et ses petits desseins, sans compter les tout petits desseins qui contribuent à réaliser les grands. Dieu ne demande pas que nous restions assis en attendant qu'Il agisse, ainsi que l'exprimait si bien le père Calmel:
 

Citation:
Je dis bien que l'abandon est situé au cœur de l'action et de l'entreprise; même lorsque l'abandon fait consentir à la mort, comme Jeanne sur le bûcher de Rouen et saint Louis sur le lit de cendres de Tunis, même alors il n'est pas démission; il l'est moins que jamais. Il est adhésion dans la nuit à la volonté divine, pour laquelle on aime mieux souffrir la mort que consentir au reniement. (...) On use jusqu'à épuisement et avec pureté, des moyens actifs; lorsque les moyens actifs sont enlevés, loin de renier l'intention divine dans la défaite on persévère à croire à sa victoire.
"Dieu fait coopérer toutes choses au bien de ceux qui l'aime" Il les unit à lui par tous les brisements. Il leur fait comprendre que, par leur sacrifice, non seulement ils s'unissent à lui, mais ils permettent à la sainteté d'habiter toujours la sainte Eglise et à la justice de ne pas déserter la terre.
 - R.Père Roger-Thomas Calmel,  Itinéraires N° 64, juin 1962
 




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Duns Scot
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MessagePosté le: Mar 5 Nov 2013, 22:26    Sujet du message: abbé de Cacqueray : Apologues de la dernière cartouche - AVRIL 2008 Répondre en citant

Bien entendu le bon Dieu se sert des instruments humains et se sert donc de la Fraternité pour le bien de son Eglise. Mais l’exemple de Saul est cependant parlant sur cette toute puissance de Dieu qui se joue des dispositions des hommes, pour nous rappeler qu’Il est et reste le Maître absolu. Il a suscité le jour de la Pentecôte, par l’opération du Saint-Esprit, le premier Collège apostolique qui devait convertir le monde, avec à sa tête le premier Pape, composé de 12 apôtres en l’honneur des 12 apôtres qui entouraient Notre-Seigneur, mais ensuite selon son bon plaisir il a suscité un 13e apôtre, le grand Apôtre des Gentils, celui que l’on appelle « l’Apôtre » avec un grand A ! Dieu mène la barque et se donne autant d’instruments qu’Il le souhaite pour accomplir ses desseins. La Fraternité est une œuvre d’Eglise pour la sauvegarde de la Foi mais Dieu peut susciter d’autres apôtres pour convertir Rome ou sauvegarder la Foi.
Tout disciple grand ou petit qui accompli la Volonté de Dieu ne peut être soumis à cette volonté divine que par l’humilité qui transparait dans une obéissance parfaite au rôle que Dieu lui donne dans son plan. Accomplir la volonté de Dieu, en se tenant à son rôle propre, c’est agir plus parfaitement, c’est agir plus réellement pour le bien que tous les activistes du monde réunis. Le rôle de la Fraternité n’est pas de convertir Rome en tuant la bête, ce n’est pas le rôle que lui a donné son fondateur, mais c’est de garder, sauvegarder, maintenir la Foi et la pureté de la doctrine, ce que le Père Calmel appelait « maintenir des bastions de chrétienté » et qui s’apparente à une lutte quotidienne, dans les couvents, les prieurés, les familles, les écoles, contre le modernisme qui s’infiltre partout. C’est certainement un rôle humble aux yeux du monde mais grand aux yeux de Dieu.
Attribuer à la Fraternité un autre rôle, plus glorieux humainement que celui du fondateur, celui de « tuer la bête » qui « finira par étouffer l’Eglise », c’est faire sortie cette œuvre d’Eglise de ses attributions et donc l’entrainer à sa perte. C’est en faire là un « produit jetable » car utilisable non plus selon la volonté de Dieu et du fondateur mais selon sa propre volonté.
En 2008 l’abbé de Cacqueray avait, semble-t-il, bien trop confiance en la « puissance » humaine de la Fraternité et en l’autorité du Supérieur mais il voyait aussi, et il faut le lui reconnaître, les dissensions et divisons dans les rangs de tout côté, ce qui explique en partie son inquiétude très perceptible dans son article et cet appel à l’union derrière Mgr Fellay.
Mais si ce texte est excusable pour l’époque il est déplacé en revanche aujourd’hui.


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Gentiloup
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MessagePosté le: Mar 5 Nov 2013, 23:41    Sujet du message: abbé de Cacqueray : Apologues de la dernière cartouche - AVRIL 2008 Répondre en citant

Cher Dun Scott, à son époque bien des jaloux parmi les chevaliers de l'entourage de Sainte Jeanne d'Arc ont du considérer qu'elle était une activiste prétentieuse qui s'arrogeait le rôle des hommes, elle une petite jeune-fille paysanne de surcroit.
Ce texte de 2008 de l'abbé de Cacqueray, loin de démontrer une confiance prétentieuse, montre au contraire une grande crainte dans le résultat des accords qui s'annonçaient. C'est ce qui ressort le plus de ce texte, même si M. l'abbé se sentait tenu de faire confiance à Mgr Fellay. En 2008, à part quelques très rares prêtres , tous les membres de la FSSPX faisaient confiance à Mgr Fellay. Nous étions enore très loin de la déclaration de 2012 de Mgr Fellay.

A la même époque, voici ce que déclarait Mgr Williamson:


 
Citation:
[10.] Diriez-vous que la Fraternité est fondée comme un contrepoids au concile Vatican II ?
 
On peut le dire ainsi, oui.
 
[11.] Est-ce que cela ne limiterait pas la Fraternité en la réduisant à n’être dans le temps qu’un moment ?
 
Et bien, les méfaits de Vatican II vont durer longtemps, donc la Fraternité a une chance que l’on ait besoin d’elle pendant bien longtemps. Mais bien sûr, l’autre aspect du châtiment c’est que l’Église va se remettre sur pied. Et là, peut-être avec de la chance, on n’aura plus besoin de la Fraternité, et nous pourrions tous partir en retraite un jour dans le futur.

Juin 2008 - Rorate Caeli



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Duns Scot
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MessagePosté le: Mer 6 Nov 2013, 09:10    Sujet du message: abbé de Cacqueray : Apologues de la dernière cartouche - AVRIL 2008 Répondre en citant

Merci beaucoup pour ces belles paroles de Mgr. Elles témoignent que même s'il était déjà très inquiet par Mgr Fellay il maintenait un grand esprit de bienveillance et un espoir que la Fraternité tienne et revienne à son rôle primordial et unique " faire le contrepoids à VII",c'est-à-dire "maintenir les bastions de chrétienté" contre le modernisme chers au Père Calmel.

Puisque pour moi est activiste celui qui sort du rôle que Dieu lui assigne, cela ne peut donc pas s’appliquer à Jeanne d'Arc...aussi je ne vois pas du tout le lien entre Jeanne d'Arc, l'activisme et mon message précédent. Mais bon passons, cela n'est vraiment pas important.


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Quousque


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MessagePosté le: Ven 8 Nov 2013, 22:42    Sujet du message: abbé de Cacqueray : Apologues de la dernière cartouche - AVRIL 2008 Répondre en citant

Ce texte est terriblement d'actualité... si on le remet à jour!


La dernière cartouche, c'est la dernière année à la tête du district de France. Après, il faudra prendre des bâtons et des fourches pour résister.
Courage, Monsieur l'abbé! Les Vendéens sont allés chercher leurs chefs!


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MessagePosté le: Aujourd’hui à 19:31    Sujet du message: abbé de Cacqueray : Apologues de la dernière cartouche - AVRIL 2008

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