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Le ministère sacerdotal en période de crise grave - 23 janvier 1983 - BRESIL

 
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Martin
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MessagePosté le: Sam 21 Juil 2012, 18:36    Sujet du message: Le ministère sacerdotal en période de crise grave - 23 janvier 1983 - BRESIL Répondre en citant

Le ministère sacerdotal en période de crise grave
 

Dignité et pouvoir du prêtre


1. On entend généralement par SACERDOCE le pouvoir d’offrir le sacrifice à Dieu, et conséquemment, celui de rendre le peuple participant de ce sacrifice. C’est ce qu’enseigne saint Paul dans l’Epître aux Hébreux (V, 1) : « Tout pontife (c’est-à-dire : tout prêtre), dit l’Apôtre, pris d’entre les hommes, est constitué leur intermédiaire dans les choses de Dieu, pour offrir dons et sacrifices pour les péchés. »

Comme dans la Nouvelle Loi, le vrai et unique sacrifice est le Sacrifice de la Messe, il s’ensuit nécessairement que le sacerdoce de la Nouvelle Loi consiste essentiellement et principalement dans le pouvoir de célébrer le Mystère du Corps et du Sang du Christ et, par conséquent, de rendre les fidèles aptes et capables de participer à ce sacrifice. Or le fidèle devient apte et capable de participer fructueusement au Sacrifice de la Messe en étant purifié de ses péchés. Pour cette raison, il est nécessaire que le pouvoir d’Ordre s’étende aussi à la rémission des péchés.

Il s’ensuit que le pouvoir du prêtre est double : pouvoir sur le Corps réel et physique du Christ, en le rendant substantiellement présent sur l’autel par la transsubstantiation, effectuée dans une oblation sacrificielle ; et pouvoir sur son Corps Mystique, la communauté des fidèles, dont le prêtre est le médiateur ordinaire dans la distribution des grâces du Corps et du Sang du Seigneur.


2. Ces pouvoirs sont conférés au prêtre par le sacrement de l’Ordre, au moyen d’un caractère spécifique et propre. Le caractère sacerdotal, imprimé dans l’âme de manière indélébile, a deux effets : en tant que réalité physique, il configure et conforme celui qui a été ordonné au Christ Prêtre, le transformant et faisant de lui un autre Christ qui, dans l’Eglise, agit avec les pouvoirs du Sauveur. En d’autres termes, le prêtre, par le Sacrement de l’Ordre, au moyen du caractère sacerdotal, devient ontologiquement, c’est-à-dire dans l’ordre de l’être, participant du Sacerdoce de Jésus-Christ.

Le second effet, annexe au caractère sacerdotal et découlant de lui, est de conférer à celui qui a été ordonné des pouvoirs spéciaux sur le Corps réel et physique du Christ et sur son Corps Mystique.

L’Ordination consacre les prêtres au service de l’Autel, faisant d’eux des instruments pour communiquer la vie surnaturelle au Corps Mystique du Christ. Ornés de tels pouvoirs, ils sont appelés par le Catéchisme Romain « anges et dieux », parce qu’ils représentent parmi nous le pouvoir et la majesté du Dieu immortel (II, VII, 2).


3. Ces pouvoirs sont clairement exprimés par le Pontifical Romain, lorsqu’il rappelle à l’Ordinand les sublimes fonctions du Sacerdoce : offrir à Dieu le Saint Sacrifice de la Messe, présider les exercices du culte, annoncer la Parole de Dieu, administrer les Sacrements et tous les moyens de sanctification que l’on trouve dans l’Eglise, répandre enfin sur les âmes les bénédictions du Ciel. Le caractère sacerdotal confère ces pouvoirs au prêtre, pour qu’il les exerce officiellement, avec l’autorité de sa charge sacerdotale, jure proprio (de droit propre), et comme ministre ordinaire. C’est pour cela que les actes sacerdotaux qu’il exerce sont toujours valides, à moins qu’il ne s’agisse d’actes qui, en plus du pouvoir d’Ordre, requièrent aussi le pouvoir de juridiction.

Le Concile Vatican II rappelle cette doctrine dans le n° 10 du décret sur le ministère et la vie des prêtres. On y lit : « Le don spirituel que reçoivent les prêtres dans l’ordination ne les dispose pas pour une mission délimitée, mais plutôt pour une ample et universelle mission de salut jusqu’aux confins de la terre (Act. 1, 8), parce que ce ministère sacerdotal participe de la même ample et universelle mission confiée par le Christ aux apôtres ».


4. Le Prêtre est donc essentiellement, radicalement ordonné pour l’Eglise en général, et par voie hiérarchique et disciplinaire, pour le service d’un diocèse.

Ainsi l’Histoire de l’Eglise offre des cas dans lesquels les prêtres exercèrent leurs pouvoirs sans aucun lien de dépendance avec l’Evêque diocésain. Citons ce qui arriva en Angleterre au XVIe siècle, quand les évêques embrassèrent l’hérésie et que les prêtres se maintinrent fidèles à l’Eglise. Ceux-ci continuèrent à administrer les sacrements. Ils étaient, pourtant, séparés de l’évêque qui encourait l’excommunication des hérétiques.

Un exemple semblable est fourni par les prêtres réfractaires, au moment de la Révolution française. Déliés de leurs Evêques assermentés, ils continuaient l’exercice de leur pouvoir sacerdotal. On peut dire la même chose d’un prêtre, en pays communiste, déporté dans un autre diocèse qui n’est pas le sien. Ce prêtre, nonobstant le changement de résidence (et aussi de domicile ou de quasi-domicile), exercera non seulement validement mais aussi licitement (et peut-être même obligatoirement, au moins vis-à-vis de ses compagnons d’exil) les pouvoirs d’absoudre dans le sacrement de Pénitence et d’administrer les autres sacrements, ainsi que, en général, les ministères propres de son sacerdoce. En effet, les actes du pouvoir d’Ordre en de telles circonstances (dans lesquelles pratiquement de tels prêtres ne pourraient recourir à l’Ordinaire avec espérance de succès) peuvent être exercés non seulement validement, mais encore licitement.

Quant aux actes du pouvoir de juridiction, comment pourrait-on admettre, sans injure grave, que notre Sainte Mère l’Eglise Catholique Apostolique Romaine, Epouse et Corps Mystique de Jésus-Christ, refuserait sa juridiction à des fils si nécessiteux, dans des conditions si dramatiques ? Ne nous a-t-elle pas enseigné dans les séminaires que sacramenta sunt propter homines (les sacrements ont été institués pour le bien des hommes) et que salus animarum suprema lex (le salut des âmes est la loi suprême) ? Ou bien les prêtres pourraient-ils dans ces cas et en d’autres cas analogues, garder égoïstement pour eux leurs pouvoirs, eux qui sont les « dispensateurs des mystères de Dieu » ?


Considérons, maintenant, les cas dans lesquels les pouvoirs du prêtre, issus de son Ordination sacerdotale, sont limités par le Droit Ecclésiastique.

Juridiction pour entendre les confessions et assister aux mariages


1. Le pouvoir reçu dans l’Ordination est suffisant pour célébrer validement la Sainte Messe, baptiser, évangéliser, administrer l’extrême-onction, faire de l’apostolat, donner le catéchisme, etc. Le même pouvoir est nécessaire, mais n’est pas suffisant, pour entendre validement les confessions et assister aux mariages, comme témoin qualifié : en plus du pouvoir d’ordre est requis, pour cela, le pouvoir de juridiction qui, ordinairement, est reçu de l’évêque du lieu.

D’où la question : dans quel cas les prêtres, destitués, mais sans motif juste et grave, de la juridiction concédée normalement par leur évêque diocésain, peuvent-ils malgré tout faire usage des pouvoirs reçus dans l’Ordination sacerdotale ?


2. Solution de la question.

2.1. Pour répondre à cette question, nous devons tout d’abord faire deux observations :

a) Finalité de l’autorité dans l’Eglise.

Notre Seigneur a voulu que tous les biens surnaturels nécessaires au salut fussent dispensés par le ministère des prêtres, auxquels il a concédé pour cela des pouvoirs efficaces spéciaux. De là vient pour les prêtres l’obligation d’aider les âmes nécessiteuses par leur ministère, puisque dans l’Eglise la règle suprême est le salut des âmes : salus animarum suprema lex. Il s’ensuit que, même les dispositions canoniques, qui réglementent l’exercice normal des fonctions sacerdotales, sont subordonnées à cette loi suprême, qui est de droit divin. Quand donc l’observation formelle de dispositions légales ou légalistes empêchent certainement ou entravent gravement le salut des âmes, le droit divin prévaut sur le droit ecclésiastique, conformément à la bonne théologie morale et aux principes généraux du droit lui-même.

b) Seconde observation : révocation de la juridiction.

A moins que ce ne soit pour un motif grave, les évêques ne peuvent révoquer ou suspendre la juridiction pour écouter les confessions (Canon 880, § 1) : « L'Ordinaire du lieu ou le Supérieur religieux ne révoqueront ou ne suspendront la juridiction ou la permission pour entendre les confessions que pour une cause grave. » N’ayant donc pas de cause grave, l’interdiction de l’évêque du lieu n’est qu’un abus d’autorité.

Au cours de stages de pratique administrative promus par la Congrégation alors influente du concile, leur orientateur et directeur du « Monitor Ecclesiasticus » désigne à plusieurs reprises comme un exemple typique de l’abus de pouvoir, la concession de l’usage des ordres, même aux prêtres, pour quelques mois, seulement, et l’assujettissement au paiement d’une taxe, le délai expiré, pour leur renouvellement. De même, la mutation et substitution ou transfert des responsabilités pour les paroisses par l’Evêque diocésain, que ce soit pour les curés ou les vicaires paroissiaux, est régie par le Droit Canon (Can. 2157 et 2147), d’accord avec le plus authentique esprit juridique, et est subordonnée également aux exigences irrévocables du droit acquis (jus quaesitum, can. 4), de manière à garantir la stabilité du travail et la continuité de l’oeuvre de tels responsables. S’il n’y a pas de cause grave, juridiquement la mutation est invalide. La stabilité que le droit canonique assure aux curés et à ceux qui leur sont assimilés est admirée et louée comme modèle de la législation du travail.

Ces observations sont fondamentales pour une juste appréciation de la situation des catholiques dans l’église appelée par le défunt Cardinal Benelli « église conciliaire ».


2.2. Désacralisation et perte de la foi.

De fait, que nous présente l’Eglise post-conciliaire ou conciliaire, selon l’expression du Cardinal Benelli ? Généralisation d’abus qui contribuent inexorablement à la désacralisation du sacré et à l’obscurcissement, si ce n’est à la perte de la foi : prolifération de textes catéchétiques et de revues « catholiques » où est corrompue la doctrine dogmatique de l'Eglise ; messes célébrées conjointement par des prêtres et des pasteurs protestants, c’est-à-dire l’Auguste Sacrifice de l’Autel équiparé à un spectacle humain ou profane, qui n’est pas autre chose que le simulacre de messe des protestants, destitués du véritable sacerdoce ; offices protestants dans des cathédrales catholiques pour lancer dans les âmes la confusion d’un oecuménisme conduisant à l’hérésie ; femmes près de l’autel exerçant les fonctions de clercs, contrairement à la légitime doctrine traditionnelle de l'Eglise ; ministres de l’Eucharistie qui profanent le Très Saint Sacrement ; messes avec violon et guitare, pour accompagner des rythmes typiquement profanes ; messes avec embrassades généralisées surtout à la porte de l’église ; pour ne pas parler des tenues qui excitent la sensualité.


2.3. Angoissante situation du peuple chrétien.

Dans de telles conditions, on comprend combien est angoissante la situation du peuple chrétien : beaucoup, scandalisés et découragés par la manière de faire des évêques et prêtres, leur interdisant ce qui auparavant était permis et recommandé, et vice-versa, se trouvent en danger de tout abandonner, entrant dans le scepticisme, la révolte, et embrassant quelqu'une des sectes hérétiques qui aujourd’hui pullulent de toutes parts ; d’autres, en plus grand nombre cette fois, par crainte non fondée d’un schisme, sont en péril de couler sous les nouvelles théories et pratiques de l’église progressiste. « A force de tout voir, ils finissent par tout supporter, et à force de tout supporter, ils finissent par tout approuver » (Saint Augustin).

D’autres fidèles enfin, bien avisés, suivant l’instinct de Foi ou le sensus fidei, se tournent vers les prêtres fidèles à la Messe traditionnelle, leur demandant la communication de la vie surnaturelle. Sans s’embarrasser dans les formalités juridiques et administratives, s’apercevant avec les lumières du Saint-Esprit qu’il s’agit pour eux d’une question de vie ou de mort, ils voient dans des prêtres édifiants les personnes « choisies d’entre les hommes », pour les guider et les assister, marquées d’un caractère indélébile, dotées de pouvoirs surnaturels capables de leur transmettre la doctrine révélée, l’absolution des péchés et les moyens de sanctification. Ces catholiques comprennent le droit imprescriptible de fuir le danger de perdre la Foi et de chercher les fontaines pures de la vérité et de la grâce et les reconnaissent seulement là où l’on trouve fidélité à la Tradition Apostolique immuable. Ils ont donc recours, peinés mais pleins d’espérance, aux prêtres fidèles à la Messe traditionnelle, et par le fait même, à la vérité traditionnelle.

Ces prêtres, par devoir d’état, doivent assister ces fidèles et leur communiquer les effusions de la grâce divine, conformément à la Tradition et à l’esprit des lois de l’Eglise.


2.4. Enseignement de la théologie et du droit canon.

Il faut considérer que tant la théologie catholique que le droit canon, bien compris et interprété, militent en faveur de la manière d’agir des prêtres fidèles à la Tradition et à la Messe de toujours. La théologie catholique, avons-nous vu, nous donne du prêtre fidèle à sa vocation un concept ontologique qui le lie directement et radicalement à Jésus-Christ, Souverain Prêtre, le dotant de pouvoirs surnaturels, et ce n’est qu’en second lieu, pour des motifs de gouvernement, qu’elle l’attache à l’Evêque et au diocèse.

A son tour le droit canon, compris dans le contexte catholique de charité et de zèle pour le salut des âmes, — ayant toujours cependant sa base dans la loi naturelle et présupposant la loi divine, — fournit au prêtre fidèle à la Tradition dans l’exercice de son ministère de précieuses justifications. Dans les cas urgents, ayant en vue le bien surnaturel des âmes, l’Eglise supplée à l’absence de juridiction canonique, ou mieux, elle concède directement la juridiction nécessaire pour l’efficacité de l’acte sacerdotal au bénéfice des âmes.


C’est ce que nous allons maintenant considérer.

Juridiction pour entendre les confessions

Précisons tout d’abord, que le pouvoir d’absoudre les pénitents est un pouvoir vicaire de Droit Divin, délégué par Dieu à son Eglise en la personne des prêtres. Par l’ordination, tout prêtre reçoit radicalement le pouvoir d’absoudre. Mais pour l’exercer de manière régulière et valide, le prêtre doit recevoir la juridiction de qui de droit parce que dans le sacrement de pénitence, le prêtre pratique un acte de jugement qui ne peut être exercé que sur des sujets.

Le Pontife Romain pour toute l’Eglise, l’Evêque pour ses diocésains, le Curé pour ses paroissiens, tous trois jouissent respectivement du pouvoir ordinaire pour confesser, c’est-à-dire qu’ils ont, en vertu de leurs propres charges, le pouvoir d’absoudre. Les autres prêtres, dans l’Eglise, ont un pouvoir délégué, c’est-à-dire, concédé directement aux prêtres par qui a autorité pour concéder un tel pouvoir. La délégation est donnée par un Evêque diocésain ou encore par le Droit propre.

Il y a des cas où le prêtre reçoit directement du Code de Droit Canon la juridiction qui lui manque. On dit que, dans ces cas, l’Eglise supplée la juridiction, ou la délègue au prêtre qui ne la possède pas.

Le prêtre donc, privé sans motif grave de la juridiction qui lui vient de l’évêque, peut non seulement validement mais aussi licitement se prévaloir du Droit Canon, dès qu’arrive un des cas pour lesquels il y a une délégation automatique de la juridiction nécessaire, ou d’autres qui selon la doctrine commune des canonistes se réduisent à eux, si l’on a en vue spécialement les lieux parallèles du Code, ainsi que les principes généraux du Droit d’accord avec les canons 18 et 20. Voici quelques cas principaux.

1. Péril de mort.

Par le canon 882, tout prêtre a la faculté d’absoudre de tous les péchés et censures pour tous les pénitents qui se trouvent en péril de mort. Peu importe, selon le canon, qu’un tel danger provienne d’une cause intrinsèque (maladie, extrême vieillesse, enfantement difficile, etc.) ou d’une cause extrinsèque (guerre, tremblement de terre, incendie, opération, etc.).

La Sacrée Pénitencerie équipare en 1912 et 1915 (A.A.S. VII, p. 282) à ceux qui sont en péril de mort, les soldats qui sont mobilisés pour la guerre, lesquels par conséquent peuvent être absous par n’importe quel prêtre.

Le canon 882 est éclairé et illustré par le canon 2252, en ce qui concerne l’absolution des censures en péril de mort. Les canonistes, dans l’exposition de ce canon (2252) assimilent à ceux qui sont en péril de mort : les personnes qui se trouvent dans une ville assiégée par l’ennemi, ceux qui se trouvent en grave péril de ne pouvoir recouvrer l’usage de la raison, ainsi que ceux qui se trouvent dans une telle situation à présent, qu’ils ne disposeront plus par la suite de confesseurs pour les entendre en confession et les absoudre. (Cf. Coronata, Institutiones Juris Canonici, IV, n. 1760, p. 183, 3e édition, Marietti ; D’Annibale, Sum. I, 38).

Evidemment les canons 882 et 2252 ont en vue le péril de mort physique. Ils montrent cependant comment l’Eglise se préoccupe avant tout du salut éternel des âmes. Quand celui-ci est en danger, comme en cas de péril de mort, elle ouvre les portes de ses trésors pour empêcher la condamnation éternelle de ses fils. Aussi, à bien plus forte raison, dans la situation actuelle de l’Eglise, avec la désacralisation et le scandale généralisés, le rapport avec des prêtres engagés dans la rénovation ecclésiale qui s’éloigne de la Tradition, constitue, pour un grand nombre de fidèles, un péril concret de perdre la pureté et l’intégrité de la Foi, sans laquelle personne ne peut être sauvé. A ce point de vue, on peut assimiler la condition du catholique fidèle à la Tradition de toujours à ceux qui se trouvent en péril de mort corporelle, avec cette aggravation qu’il s’agit de « mort spirituelle ». La disposition du canon 882 s’y applique.

Dans le cas où un doute demeure, l’Eglise supplée, comme on peut le voir dans le paragraphe suivant.

2. Doute positif et probable.

L’Eglise supplée aussi la juridiction quand un prêtre, alors qu’il n’a pas la juridiction, a cependant un doute positif et probable de son existence (canon 209).

Comme le dit succinctement l’édition de la B.A.C., le doute est positif « quand il se fonde sur des raisons et non sur l’ignorance », c’est-à-dire quand il y a des raisons en faveur de notre opinion (et pas seulement l’absence de raisons contraires), supposé que de telles raisons ne seraient pas suffisantes pour nous établir dans la certitude. Il est probable quand fondé sur des raisons solides ou, comme dit la B.A.C., « sérieuses et de poids ».

L’Eglise supplée la juridiction dans le doute tant de droit que de fait. Le doute de droit est le doute respectif à l’existence ou à l’interprétation d’une disposition légale. Le doute de fait est celui qui a trait aux circonstances dans lesquelles s’applique une disposition légale : par exemple, douter si le lieu où le prêtre entend les confessions se trouve sur le territoire dans lequel il a juridiction. Quand il y a un doute sérieux, tant de droit que de fait, sur l’existence de la juridiction du prêtre, l’Eglise supplée, et le prêtre peut, licitement et validement, entendre les confessions.

Dans le cas de prêtres, privés sans une cause juste et grave de la juridiction qu’ils possédaient, ou destitués de leurs paroisses également sans cause grave, comme ces moyens employés par l’autorité sont con traires au Droit Canon, il y a au moins un doute sur leur valeur : et par conséquent, la juridiction de ces prêtres et vicaires est en pratique existante, parce que dans le doute l’Eglise supplée et concède la juridiction immédiatement au prêtre pour que ses absolutions soient licites et valides.

3. Corollaire.

Il y a encore d’autres cas plus subtils, mais d’une égale sûreté canonique. Les conclusions auxquelles nous arrivons (n° 1 et 2) sont confirmées par la manière de procéder de l’Eglise.

Un canon du Droit pénal manifeste clairement la finalité de la loi et l’esprit du législateur. C’est le canon 2261. En effet, dans ce canon le Droit détermine que tout fidèle peut, pour toute juste cause, même s’il y a d’autres prêtres présents, demander les sacrements à un prêtre excommunié (du moment qu’il n’est pas excommunié vitandus ou après une sentence déclaratoire ou condamnatoire), et celui-ci peut les administrer licitement sans être tenu de demander au fidèle le motif de sa demande. Aussi si l’Eglise, dans son esprit de miséricorde, autorise l’usage de la juridiction à un prêtre frappé de la peine si grave de l’excommunication, simplement pour subvenir à une juste cause de conscience d’un fidèle en particulier, comment ne devrait-elle pas suppléer la juridiction de prêtres privés d’elle arbitrairement et injustement, pour venir en aide aux catholiques fidèles qui manquent de courage pour ouvrir leurs âmes (et ils ont des motifs pour ne pas le faire) à des prêtres engagés dans une rénovation de l’Eglise qui s’éloigne de la Tradition ? Une simple raison de conscience d’un fidèle en particulier est suffisante pour mouvoir la miséricorde de l’Eglise en permettant à un prêtre excommunié l’usage de la juridiction. Comment les très graves raisons de conscience de centaines de ses fils ne seraient-elles pas suffisantes et aptes à la mouvoir pour suppléer la juridiction de prêtres dignes, persécutés pour leur Foi ?

SOURCE


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MessagePosté le: Sam 21 Juil 2012, 18:36    Sujet du message: Publicité

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Gentiloup
Admin

Hors ligne

Inscrit le: 21 Juin 2012
Messages: 2 884

MessagePosté le: Sam 21 Juil 2012, 20:31    Sujet du message: Le ministère sacerdotal en période de crise grave - 23 janvier 1983 - BRESIL Répondre en citant

Voilà une belle étude, sur laquelle devraient s'attarder les partisans des accords qui ont tellement soif de la reconnaissance de cette "nouvelle église" qui ne professe plus la foi traditionnelle.

Dommage que les héritiers de Mgr de Castro Mayer aient été gagnés eux aussi par le besoin de rejoindre la nouvelle église, plutôt que de s'en tenir à ces saines observations.


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Chouanne
Membre

Hors ligne

Inscrit le: 19 Juin 2012
Messages: 259

MessagePosté le: Sam 21 Juil 2012, 21:19    Sujet du message: Oui! Répondre en citant

Je connais, je l'ai lu il y a quelques mois... ça vaut la peine d'être lu.

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Chouanne
Membre

Hors ligne

Inscrit le: 19 Juin 2012
Messages: 259

MessagePosté le: Lun 23 Juil 2012, 12:42    Sujet du message: Le ministère sacerdotal en période de crise grave - 23 janvier 1983 - BRESIL Répondre en citant

Juste pour faire remonter, c'est le fond de la raison d'être de la FSSPX... Il faut prendre le tmps de lire! Des textes comme ça empêchent de douter du bien-fondé de la FSSPX.

Le cas de nécéssité où se trouve plongée l'Eglise est la raison d'être d ela FSSPX. C'est un cas de nécessité du sacerdoce du prêtre hors juridiction...


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