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Un coupable d'hérésies est-il automatiquement hérétique?

 
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Gentiloup
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MessagePosté le: Dim 24 Juin 2012, 15:13    Sujet du message: Un coupable d'hérésies est-il automatiquement hérétique? Répondre en citant

Les sacrements d'un vieil évêque conciliaire, ordonné suivant le rite traditionnel, sont-ils hérétiques, lorsqu'ils sont accomplis suivant le rite traditionnel?

Voici une courte et très intéressante analyse découverte dans le bulletin de liaison d'un prêtre, à laquelle je rajouterai un commentaire dans un message ci-dessous.

                                                                                                               Gentiloup
Nota bene: c'est moi qui ait écourté certaines parties du texte original avec des (...)


Citation:

Voici le texte presque complet d’une lettre reçue, et qui mérite une réponse un peu développée parce qu’elle soulève des points importants.
(...)
Il me semble déceler dans votre texte sur la confirmation une contradiction, cher Monsieur l’Abbé ; en effet, comment, nous, fidèles lambda, perdrions-nous la foi en professant les erreurs de Vatican  II, tandis qu’un évêque, lui, ne perdrait pas la foi alors qu’il les professe depuis 50 ans ? Même si plus personne n’est là pour le condamner, pas davantage que pour condamner les fidèles lambda que nous sommes, selon votre énoncé, il a lui aussi perdu la foi. Or il faut qu’il fasse ce que veut l’Église… Le peut-il ? S’il a lui-même perdu la vraie foi, comment son sacrement de confirmation pourrait-il être valide et plus encore légitime ? Peut-être que oui, mais peut-être que non…

Du reste, lorsque Mgr C. Q-A aura disparu, l’Église disparaîtra-t-elle aussi ? Car même si la véritable Église survit sous le voile de l’Église conciliaire, ce que je crois, encore lui faut-il un corps enseignant qui enseigne la vraie foi… Peut-être que le Bon Dieu remettra bon ordre à ce désordre dans lequel l’Église conciliaire tend à se fondre dans une seule religion mondialiste, mais comment pourrions-nous parier sur l’avenir ?
(...)
Si j’ose un bien humble avis, ne faudrait-il pas voir, tout simplement, dans nos épreuves au sein de celles de l’Église, le “Mystère d’iniquité”, celui qui par définition nous dépasse. Et dans ce cas, l’Église (la Vraie naturellement) ne supplée-t-elle pas aux exigences de la Loi, lorsque la Foi est intacte ?

Réponse

Vous avez porté quelque intérêt aux lignes que j’ai écrites à propos des Confirmations, et je vous en remercie ; dans ces lignes, vous décelez une contradiction, et c’est de cela que je vous veux entretenir, parce que nous touchons là à un problème-clef de la compréhension de la crise de l’Église.

1.  Impact du modernisme et situation de la foi

Le modernisme est l’« égout collecteur de toutes les hérésies » comme l’a dit saint Pie  X ; cette parole est bien vraie, mais il ne suffit pas de la répéter souvent pour en comprendre la portée.

Ce qu’il importe de voir, c’est le point d’impact précis du modernisme. S’il a un caractère d’universalité, ce n’est pas parce qu’il passe en revue toutes les vérités de fois pour les nier l’une après l’autre. Ce serait trop simple ! Il est universel parce qu’il s’attaque à la vertu de foi dans sa racine : non pas sa racine divine – cela est totalement hors de sa portée – mais sa racine dans l’intelligence humaine. Il vide les formules de la foi de leur contenu intelligible (pour le transférer vers l’opinion, l’imagination, le sentiment, l’évolution) et s’attaque ainsi directement à l’intelligence de la foi. Il tente de rendre la foi vaine et vide en lui soustrayant son sujet : l’intelligence humaine. Celle-ci, ne pouvant plus s’exercer selon sa rectitude naturelle, devient incapable de produire un acte de foi chez celui qui en possède la lumière par l’effet de son Baptême.

Saint Pie  X a très vigoureusement condamné le modernisme, s’attachant à en réunir tous les fils apparemment disparates, bâtissant patiemment le puzzle qui permet de le voir dans sa totalité et son unité factice. C’est une œuvre admirable. Mais cette condamnation n’a pas vaincu le modernisme. C’est saint Pie  X lui-même qui dit que les modernistes se sont constitués en société secrète (motu proprio Sacrorum Antistitum du 1er septembre 1910, promulguant un ensemble de mesures pour enrayer la progression des modernistes qui se sont constitués en société secrète, et instituant le serment anti-moderniste).

Cette société secrète a été très active. Semblant délaisser le domaine dogmatique, elle a investi les domaines « périphériques » comme l’étude de l’Écriture sainte, l’histoire, la doctrine sociale et l’Action catholique. Puis elle est revenue triomphante après la guerre. L’encyclique Humani generis (1950) a un instant ralenti sa marche et la suite… nous la connaissons.

C’est pour deux raisons que je rappelle cette histoire à grands traits.

La première est que Vatican  II, éclatement du modernisme au grand jour, s’est abstenu de nier trop directement les dogmes de la foi : c’est le plus souvent de façon larvée, par petites touches, par dérobades, que les vérités sont gauchies, travesties, rendues inopérantes — sauf pour faire un paravent trompeur.

La seconde raison correspond à cette première, non plus dans les textes écrits, mais dans l’intelligence de ceux qui ont fait ou reçu Vatican  II : l’intelligence peut être chez eux si affaiblie qu’ils ne voient plus les contradictions, les contrariétés et les incompatibilités avec une acuité qui sollicite la foi et fait réagir.

Pour en revenir donc à la contradiction que vous décelez dans mon texte, elle se résout ainsi.

Les textes de Vatican  II sont, pour un certain nombre d’entre eux, objectivement et profondément incompatibles avec la foi catholique ; et il en est de même pour la religion-mentalité-doctrine générale qui se dégage de l’ensemble. Voilà le fait objectif, gravissime, corrosif, et de toute évidence incompatible avec la nature de Concile œcuménique de l’Église catholique, incompatible avec la présence d’un Pape qui étendrait son autorité au Concile.

De cela, avec la grâce de Dieu, j’ai la certitude complète, j’ai l’évidence et une évidence raisonnée. Si donc moi (oui moi, l’Abbé Belmont) j’adhère à Vatican  II, par le fait même je nie les points de foi catholique que je sais incompatibles avec Vatican  II. Si j’adhère à Vatican  II, je perds la foi théologale (Dieu m’en garde, priez pour moi).

Si mon voisin (ou un vieil évêque…) adhère à Vatican  II, c’est peut-être parce qu’il nie les vérités de foi avec lesquels Vatican  II est incompatible – alors, il est hérétique. Mais c’est peut-être aussi parce qu’il ne voit pas l’incompatibilité, parce qu’il n’en a pas l’évidence et parce qu’aucun acte du Magistère de l’Église n’est actuellement « agissant » pour le contraindre à reconnaître l’incompatibilité. Dans ce cas-là, il n’est pas hérétique.

Il se peut même que l’aveuglement de mon voisin (ou d’un vieil évêque…) soit la conséquence d’une faute grave (paresse intellec­tuelle, indifférence pratique, négligence) : cela n’en fait pas encore un hérétique. C’est la négation pertinace d’une vérité de foi qui fait l’hérétique, non un péché d’une autre nature, si grave qu’on le suppose.

Le fait de savoir que je serais hérétique si j’adhérais à Vatican  II ne m’autorise pas à estimer que toute personne qui adhère à Vatican  II est hérétique. Car si le Magistère s’impose à tous, mon évidence ne s’impose qu’à moi.

Je peux donc affirmer simultanément sans contradiction et qu’il m’est impossible sous peine de perdre la foi d’adhérer à Vatican  II, et qu’il est possible que Mgr C. Q.-A. qui adhère à Vatican  II ait conservé la foi. En l’occurrence, je suis persuadé qu’il l’a effective­ment conservée.

2.  L’ordre sacramentel

Sur votre lancée, vous écrivez : « Il faut qu’il [l’évêque] fasse ce que veut l’Église… Le peut-il ? S’il a lui-même perdu la vraie foi, comment son sacrement de confirmation pourrait-il être valide et plus encore légitime ? Peut-être que oui, mais peut-être que non… »

Permettez-moi de corriger avec vigueur à ce que vous dites.

Il y a certes un rapport très intime entre la foi et les sacrements, entre la profession de la foi catholique et l’efficacité des sacrements. Les sacrements sont « les sacrements de la foi », et on ne dira jamais assez combien séparer la foi et les sacrements, c’est faire ce qui serait apte à détruire l’Église si elle n’était pas indestructible.

Mais ici saint Thomas d’Aquin et Luther se séparent diamétra­lement. Non pas simplement parce que Luther corrompt la nature et le contenu de la foi, mais parce que là où Luther prétend que c’est la foi du ministre qui rend le sacrement efficace, saint Thomas d’Aquin dit que c’est la foi de l’Église. Et c’est tout autre chose !

Ce n’est pas la foi du ministre (foi possédée ou foi manifestée) qui influe sur la validité d’un rite sacramentel ; c’est la foi de l’Église, qui, immanente au rite, rend celui-ci instrument de Jésus-Christ et en procure donc l’efficacité (la validité). Un sacrement est la foi de l’Église en acte ; à travers le rite catholique, elle spécifie l’intention du ministre qui doit « vouloir faire ce que fait l’Église ». Lisez saint Thomas d’Aquin : « L’efficacité – ou vertu – des sacrements, provient de trois choses : de l’institution divine qui est son principal agent ; de la passion du Christ qui est sa première cause méritoire ; de la foi de l’Église qui met l’instrument en continuité avec l’agent principal » (IV  Sent. d. I q. I a. 4 sol. 3).

Même si le ministre n’a pas la foi (parce qu’il est formellement hérétique), mais qu’il utilise le rite catholique qui contient et exprime la foi de l’Église, le sacrement qu’il donne est parfaitement valide. L’intention du ministre est spécifiée par « faire ce que veut faire l’Église » parce qu’effectivement il le fait, et il le fait sérieuse­ment. Ce que fait l’Église, c’est le rite sacramentel catholique, c’est la mise en œuvre sa foi qui est « coulée » dans le rite catholique.

Recourir au rite de l’Église est un acte de foi, spécifié par la foi de l’Église catholique. Vous demandez que l’évêque professe la foi ?… mais il le fait en acte, en efficacité de grâce. Cette Confirmation est une grande grâce pour soi, un bien irremplaçable pour l’Église, et une grande charité pour l’évêque. Faire 15 000 km pour aller recevoir catholiquement le sacrement de Confirmation est un témoignage de foi, autrement réel que de s’efforcer de paraître un dur de chez dur !

Ce recours ne résout pas le problème dans son ensemble : la solution n’appartient qu’à Dieu, c’est lui qui promet l’indéfectibilité de son Église, c’est-à-dire son identité et son apostolicité jusqu’au retour de Jésus-Christ. Mais il fait persévérer dans l’Église, dans sa doctrine, dans son esprit et dans sa charité : c’est tout ce qui importe.

Abbé BELMONT- La Sainte-Espérance N° 270 - Juillet 2012





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MessagePosté le: Dim 24 Juin 2012, 15:13    Sujet du message: Publicité

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MessagePosté le: Dim 24 Juin 2012, 16:08    Sujet du message: Un coupable d'hérésies est-il automatiquement hérétique? Répondre en citant

Merci Chère Gentiloup,de nous avoir mis en ligne ce texte de l'abbé Belmont qui redéfinit bien les conditions de la validité des sacrements. J'en avais déjà eu connaissance par un intervenant sur un autre forum.
On voit que beaucoup de gens connaissent mal ces règles et prennent souvent des positions qui ne correspondent pas avec la réalité. On m'avait raconté, par exemple, il y a pas mal d'année de celà, qu'un évêque qui ordonnait un futur prêtre, en disant que le prêtre est un homme comme tout le monde, accomplissait, en disant cela, un sacrement totalement invalide!
Hé bien, c'est apparemment faux. Ce qui prouve bien qu'avant de lancer de telles affirmations fracassantes,il conviendrait peut-être de savoir ce que dit l'Eglise à ce sujet...


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Coeur2chouan
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MessagePosté le: Dim 24 Juin 2012, 16:12    Sujet du message: Petite question sur la le message précédent à propos du MYSTERE D'INIQUITE Répondre en citant

Gentiloup a écrit:
Citation:


Voici le texte presque complet d’une lettre reçue, et qui mérite une réponse un peu développée parce qu’elle soulève des points importants.
(...)
Si j’ose un bien humble avis, ne faudrait-il pas voir, tout simplement, dans nos épreuves au sein de celles de l’Église, le “Mystère d’iniquité”, celui qui par définition nous dépasse. Et dans ce cas, l’Église (la Vraie naturellement) ne supplée-t-elle pas aux exigences de la Loi, lorsque la Foi est intacte ? (Le correspondant de l'abbé Belmont)






Personnellement j'aurais bien aimé avoir aussi une réponse sur cette question, qui arrive en fin de lettre du correspondant de l'abbé Belmont. Une réponse sur le Mystère d'iniquité sur lequel bien peu de monde semble s'attarder et qui pourtant apparaît dans la deuxième lettre de Saint-Paul aux Thessaloniciens:

5Ne vous souvenez-vous pas que je vous disais ces choses, lorsque j'étais encore chez vous?
6Et maintenant vous savez ce qui le retient, pour qu'il se manifeste en son temps.
7Car le mystère d'iniquité s'opère déjà, mais seulement jusqu'à ce que celui qui le retient encore paraisse au grand jour
8Et alors se découvrira l'impie, que le Seigneur (Jésus) exterminera par le souffle de sa bouche, et anéantira par l'éclat de son avènement.
9Dans son apparition cet impie sera, par la puissance de Satan, accompagné de toutes sortes de miracles, de signes et de prodiges mensongers,
10avec toutes les séductions de l'iniquité, pour ceux qui se perdent, parce qu'ils n'ont pas ouvert leur coeur à l'amour de la vérité qui les eût sauvés.
11C'est pourquoi Dieu leur envoie des illusions puissantes qui les feront croire au mensonge,
12en sorte qu'ils tombent sous son jugement tous ceux qui ont refusé leur foi à la vérité, et ont au contraire pris plaisir à l'injustice.

Merci de vos commentaires et réponses.


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MessagePosté le: Dim 24 Juin 2012, 16:57    Sujet du message: Un coupable d'hérésies est-il automatiquement hérétique? Répondre en citant

Oui oui, Je suis d'accord, on est bien dans le mystère d'iniquité ou alors vraiment c'est totalement incompréhensible. 
Les contradictions ne manquent pas d'ailleurs.  Paroles de Notre-Seigneur à ses apôtres :
 - "Quand je reviendrai, retrouverai-je la foi sur terre ?" Paroles prophétiques qui ne laissent pas de place au doute à mon avis et peut-être devrions nous envisager que son retour soit proche quand on voit dans quel état catastrophique se trouve la foi aujourd'hui !

- " Voici que je suis avec vous jusqu'à la fin des temps!"
- " Tu es Pierre et sur cette pierre, je bâtirai mon Eglise et les portes de l'enfer ne prévaudront pas contre elle ! "

Avouez que c'est difficile de s'y retrouver. C'est pourquoi je crois fermement plus à une intervention spéciale du Ciel pour modifier le cours des choses et revenir à ce qui faisait l'essentiel de notre foi jusqu'en 1963, qu'à de piètres accords qui ne feront qu'aggraver le malaise existant et qui n'apporteront de toutes façons pas de réponses directement ou indirectement aux erreurs professées depuis le concile Vatican II


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Coeur2chouan
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Messages: 139

MessagePosté le: Dim 24 Juin 2012, 16:58    Sujet du message: Puisque le sujet vous intéresse, cher Précurseur... Répondre en citant

Tout en profitant de l'occasion pour vous souhaiter une excellente fête du "Précuseur", saint Jean-Baptiste, je vous mets en ligne les références canoniques du sujet exposées par John Daly dans le même bulletin:
Citation:


Communicatio in sacris ? Quelques notes…  
La constitution Ad evitanda scandala (1418) du pape Martin  V autorise explicitement la communicatio in sacris avec ceux qui n’ont pas été personnellement condamnés ou déclarés comme étant excommuniés. Cette autorisation s’applique en soi non seulement aux autres excommuniés mais aussi aux hérétiques et schismatiques non condamnés (Benoît  XIV [1]).

La constitution Ad evitanda scandala reste en vigueur, étant repris par le Canon  2261 du Code de 1917 dont il figure comme source. Ce canon autorise la communicatio in sacris avec tout excommunié non condamné, surtout dans l’absence d’autres ministres.


Tous les canonistes et moralistes sont unanimes pour affirmer que la prière privée entre un catholique et un non catholique est permise si la prière elle-même est catholique (Wernz-Vidal, etc.).


Le Saint-Office a déclaré en 1949 que la récitation en commun par un groupe mixte de catholiques et de non catholiques du Notre Père ou d’une prière approuvée par l’Église ne constitue pas un acte de communicatio in sacris interdit (Saint-Office, 20 décembre 1949, Instructio ad locorum Ordinarios, « De Motione Œcumenica », ad  v).


Il n’y a donc aucune loi divine qui interdit de façon absolue et en tout cas la communicatio in sacris avec tout hérétique ou schismatique même avant sa condamnation.


Toutefois la loi divine ou naturelle interdit bien la communicatio in sacris si le ministre n’est pas validement ordonné, si le rite employé n’est pas intégralement catholique, si les circonstances sont telles que la communion sacramentelle vaut affirmation d’hérésie, ou pour cause de scandale [2].


Et dans le cas des prêtres appartenant au schisme oriental, l’Église a toujours jugé « presque impossible » que ces empêchements soient tous absents. Elle a donc toujours jugé illicite la communicatio in sacris entre catholiques et les membres des sectes schismatiques orientales [3].


Le Code de 1917 déclare illicite la participation active « dans les rites des non-catholiques ». Aucun commentateur ne se trouve pour qui cette interdiction s’applique à un rite catholique employé par un ministre dûment ordonné dans l’Église catholique et qui serait tombé dans un acte d’hérésie ou de schisme personnel, sans s’attacher à une secte condamnée, et sans avoir été l’objet d’une sentence directe.


Le Canon 2316 désigne comme « suspect d’hérésie » celui qui communie in divinis avec des hérétiques « contre la stipulation du Canon 2158 ». Cette peine n’atteint pas un acte qui n’est pas opposé au Canon 2158 ; notamment le cas de prière privée, le cas des schis­matiques non hérétiques, le cas des personnes n’étant ni condamnées elles-mêmes ni membres d’une secte directement condamnée.


Un évêque ayant accepté Vatican  II est-il nécessairement hérétique ou schismatique ?


Les notes ci-dessus montrent qu’au pire un évêque qui a accepté Vatican  II serait hérétique ou schismatique non condamné et donc que la communicatio in sacris avec lui [4] tombe sous l’autorisation de la constitution Ad evitanda scandala, et du Canon 2261, et non sous l’interdiction du Canon 2158.
Mais ce « pire » est-il une certitude ?


Rappelons que :


1.  Au Concile de Rimini (année 359) des évêques orthodoxes mais faibles ont cédé à la pression des hérétiques et ont signé des hérésies. Pourtant les papes ayant à s’occuper de cette situation (saint Libère  et saint Damase) ne les ont pas jugés ipso facto déchus de leur office mais seulement s’ils refusaient l’ordre formel de se rétracter après la condamnation de leurs erreurs.


2.  Le pape Pie  VI a agi de même avec les évêques catholiques ayant signé la « Constitution civile du clergé de France » au temps de la Révolution. Il les a sommés à se rétracter, sous peine d’être excommuniés et déchus de leurs offices.


3.  La crise arienne du ive siècle a engendré tant de différents degrés de complicité avec l’hérésie que même les saints n’avaient pas parfaitement le même jugement entre eux pour savoir avec qui l’on pouvait être en communion ou non. Saint Hilaire s’est vu accusé d’un excès de tolérance à l’égard des égarés.


L’exemple du bienheureux Noël Pinot est éloquent. Il refuse de consentir à la Constitution Civile du Clergé, voyant son caractère hérétique et schismatique, mais tant qu’elle n’a pas été condamnée par Rome, il continue de partager son église et les offices avec son vicaire, qui l’a signée. « En tout cas, le pape ne s’étant pas prononcé encore au sujet de la Constitution Civile de Clergé, M. Garanger n’avait encouru, du fait de son “jurement”, aucune censure. Confiant que les instructions attendues de Rome lui dessilleraient les yeux, M. Pinot le laissera poursuivre comme auparavant ses activités dans la paroisse… » (Mgr Francis Trochu : Vie du Bienheureux Noël Pinot, p. 65) Nous attendons pour savoir pourquoi il est impossible d’appliquer de nos jours le même raisonnement au clergé trompé par Vatican  II mais qui semble sincèrement croire que ce concile et ses réformes sont compatibles avec la foi.





[1]     Tractatus de synodo diœcesana, lib. v, cap. 5 et Saint-Office, rescrit du 10 mai 1753, cité par Gasparri, Fontes, Vol. IV, p. 83.
[2]     Un acte est dit « scandaleux » en théologie, non pas parce qu’il choque ou étonne ou s’attire le désaccord et la désapprobation, mais dans le cas où il provoque les autres à commettre un péché.

[3]     Saint-Office, rescrit du 10 mai 1753.

[4]     Dans un acte de culte conforme à la foi catholique.






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Coeur2chouan
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Inscrit le: 19 Juin 2012
Messages: 139

MessagePosté le: Dim 24 Juin 2012, 17:12    Sujet du message: Un coupable d'hérésies est-il automatiquement hérétique? Répondre en citant

Le Précurseur a écrit:
 - "Quand je reviendrai, retrouverai-je la foi sur terre ?" Paroles prophétiques qui ne laissent pas de place au doute à mon avis et peut-être devrions nous envisager que son retour soit proche quand on voit dans quel état catastrophique se trouve la foi aujourd'hui !

- " Voici que je suis avec vous jusqu'à la fin des temps!"
- " Tu es Pierre et sur cette pierre, je bâtirai mon Eglise et les portes de l'enfer ne prévaudront pas contre elle ! "
Avouez que c'est difficile de s'y retrouver. C'est pourquoi je crois fermement plus à une intervention spéciale du Ciel pour modifier le cours des choses et revenir à ce qui faisait l'essentiel de notre foi jusqu'en 1963, qu'à de piètres accords qui ne feront qu'aggraver le malaise existant et qui n'apporteront de toutes façons pas de réponses directement ou indirectement aux erreurs professées depuis le concile Vatican II
C'est vrai que le Mystère d'iniquité a l'avantage d'expliquer ce qui semblent être des contradictions au sein même des Écritures.

Je partage votre avis, j'en ai parlé ce matin avec un prêtre après la messe: comment humainement cette Église conciliaire pourrait-elle d'elle-même rebrousser chemin alors qu'elle est en marche vers une religion mondiale des Droits de l'Homme qui n'est ni plus ni moins que le mariage adultère de l’Église et de la Révolution, selon la formule de Mgr Lefebvre?

Pour résoudre ce mystère je ne vois que deux solutions, soit la Parousie de Notre Seigneur, soit un très grand miracle. Dieu peut tout, donc, c'est possible!


Les "accordistes" répondent à cela: "les hommes batailleront et Dieu donnera la victoire". Ce n'est pas à rejeter à priori, sauf que Jehanne d'Arc n'a fait aucun compromis avec la Foi! Ce qui ne semble pas pouvoir être le cas dans cette histoire, sinon trouble, du moins tenue sous le boisseau.

Dieu nous vienne en aide!


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InDominoSperavi
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Messages: 318
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MessagePosté le: Dim 24 Juin 2012, 18:03    Sujet du message: Un coupable d'hérésies est-il automatiquement hérétique? Répondre en citant

Selon de nombreux exégètes, dont le vénérable Barthélémy Holzhauser, notre époque correspond dans l'Apocalypse à l'Eglise de Sardes (Ap. III,1-6), l'Eglise suivante est l'Eglise de Philadelphie et correspondra à la période qui va du Saint Pape et du Grand Monarque jusqu'à l'arrivée de l'Antéchrist. La dernière Eglise, Laodicée, durera de l'Antéchrist jusqu'à la Parousie. C'est un prêtre de la fraternité Saint Pie X qui m'a fait connaître le vénérable Barthélémy Holzhauser. Selon lui, c'est fiable. Il me semble aussi.

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MessagePosté le: Aujourd’hui à 03:35    Sujet du message: Un coupable d'hérésies est-il automatiquement hérétique?

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