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Dom Thomas d’Aquin OSB - Dom Gérard Calvet - Article N°1 - SUIVI DE Don Basile du Barroux et réponse par N.M.

 
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Gentiloup
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MessagePosté le: Mar 2 Oct 2012, 16:49    Sujet du message: Dom Thomas d’Aquin OSB - Dom Gérard Calvet - Article N°1 - SUIVI DE Don Basile du Barroux et réponse par N.M. Répondre en citant


Posté le: 02 oct 2012  à 16:11    Sujet du message: Le Barroux reconnaît Vatican II, suivi de l'histoire du ralliement par Don Thomas d'Aquin-Brésil

     
DOM GÉRARD CALVET
 par Le père Thomas d'Aquin - Septembre 2011 - En français dans le texte

[Ce message est suivi d'un article de "La Vie" du 27 septembre 2012: Don Basile
]
     

      

      
Nous étions au mois de Mai 1974 quand je suis arrivé à Bédoin, accompagné par un ami de ma famille, M. Gladstone Chaves de Melo.

Je vois encore cette porte de service qui donnait sur la route, et Dom Gérard, en habit de travail, qui nous a reçus avec une grande gentillesse. Le cadre du monastère et le monastère lui-même étaient très beaux, surtout la petite chapelle du XIième siècle avec sa tour au sommet arrondi. Dom Gérard avait tout aménagé avec goût, en gardant un esprit de grande pauvreté. Sur la table de notre cellule j’ai trouvé le livre « La doctrine Monastique de Dom Romain Banquet », où j’ai pu pendre connaissance de la vie et de l’œuvre du Père Muard.

Quelques mois après, le 2 octobre au soir, j’ai reçu l’habit et j’ai commencé mon noviciat.

A cette époque Dom Gérard était très uni à Mgr. Lefebvre. Il sera même suspens a divinis et exclu de l’ordre bénédictin à cause de son attachement au fondateur d’Ecône, puisque à la suite d’un passage de Mgr. Lefebvre au monastère en 1975, une terrible tempête s’est déchainée sur notre communauté. Monseigneur avait conféré les ordres mineurs à deux de nos frères, les frères Jehan de Belleville et Joseph Vannier. Cela avait suffit pour que le Père Abbé de la Pierre-Qui-Vire, Dom Denis Huerre, vienne nous rendre visite. Autant que j’ai pu comprendre il voulait enlever Dom Gérard et mettre un autre supérieur à sa place. Les moines, réunis au chapitre devant un supérieur en costume, ont déçu les espérances de ce dernier. Dom Denis est réparti fort mécontent et nous avons été exclus de l’ordre bénédictin.

En 1976 notre frère Jehan de Belleville a été ordonné prêtre à Ecône, en cette cérémonie qui est restée gravée pour toujours dans la mémoire des assistants. Mgr. Lefebvre venait de prendre la résolution d’aller de l’avant dans son combat pour la Tradition malgré les interdictions de Rome. « Je ne veux pas entendre, après ma mort, Notre Seigneur me dire : ‘Alors, vous aussi, vous avez contribué à détruire mon Eglise’ ». Tout le monastère, et Dom Gérard en tête, était uni de cœur et de pensée avec le grand évêque dont la foi et la confiance en Dieu étonnaient le monde entier et remplissaient d’admiration et de joie les vrais catholiques.

Cette même année, j’ai fait mes vœux perpétuels. Gustavo Corção est venu pour la cérémonie. Il a écrit ensuite un bel article sur Dom Gérard et le monastère. Il semblait heureux du choix fait par son ancien élève. Deux ans plus tard, il s’éteignait en sa maison, à Rio, laissant l’exemple d’une fidélité qui ne s’était jamais démentie.

En 1980 j’ai été ordonné prêtre à Ecône. Tout souriait à la jeune communauté qui semblait être la branche religieuse la plus vigoureuse et la plus fidèle de la Tradition. Des vocations de presque tous les continents nous arrivaient et nous nous apprêtions à déménager pour le Barroux, quittant à regret, le petit monastère de Bédoin, trop exigu pour recevoir les nombreux candidats qui frappaient à nos portes.

Cependant, malgré l’enthousiasme qui régnait au monastère, il y avait déjà chez nous quelque chose de fort inquiétant qui explique, à mon avis, la dérive qu’allait connaître notre communauté quelques années plus tard. Cela peut surprendre. Le monastère ne jouissait-il pas, à juste titre, de la considération et de l’estime générale ? Toute la chrétienté, comme disait un père dominicain, n’y venait-elle pas pour s’abreuver aux sources limpides de la Tradition ? Il n’y a pas de doute que plusieurs ont trouvé ou retrouvé la Tradition à Bédoin. Cependant quelque chose nous manquait et ce qui nous manquait était cela même qui faisait le centre et la raison d’être de l’œuvre de Mgr. Lefebvre : la formation sacerdotale à la foi de la communauté et, il faut le dire, de son supérieur.

Quelqu’un m’a dit que Mgr. Lefebvre avait proposé à Dom Gérard d’envoyer ses futurs prêtres à Ecône. C’est bien probable. Monseigneur a toujours ouvert généreusement les portes de son séminaire. Mais le fait est que Dom Gérard a préféré nous garder au monastère. C’était peut-être mieux pour la formation religieuse, mais certainement pas pour la formation sacerdotale.

Il vaut la peine de s’attarder un peu sur cette question parce qu’elle est capitale. La formation donnée à Bédoin, quand je suis arrivé et jusqu’à mon ordination, était assez informelle. Dom Gérard, il est vrai, faisait appel au dévouement de quelques savants religieux qui venaient nous faire quelques cours. C’est ainsi que nous avons eu le Père Guérard des Lauriers OP pour la Métaphysique et le Père Simon OMI pour les sacrements et bien d’autres pour des conférences fort intéressantes ou pour des retraites. Ainsi nous avons pu connaître le Père Eugène de Villeurbanne OFM, le Père de Chivré OP, le Père Philibert de Saint Didier OFM, le Père de Monléon OSB et des laïcs comme Jean Madiran, Pierre Virion, Gustave Thibon, Hugues Kéraly, et bien d’autres. Mais ces conférences et même ces cours ne formaient pas un ensemble capable de nous donner une vraie et solide formation. Les cours, d’ailleurs, n’étaient pas donnés dans l’ordre voulu et, pour la pluspart, ils sont restés bien incomplets. Dom Gérard s’est alors improvisé professeur pour nous enseigner quelques traités, celui de l’Eglise en suivant Journet, celui du ‘de Deo Uno’ et du ‘De Trinitate’, mais d’une manière trop sommaire, malheureusement. Il demandait aussi aux moines qu’ils se donnent des cours les uns aux autres alors que nous n’en étions pas assez capables. Il y avait très peu de classes par semaine et les examens étaient rarissimes. C’est ainsi que plusieurs matières sont restées plus au moins ignorées ou mal approfondies par la première génération de Bédoin.

Dom Gérard lui-même était très éclectique. Il avait fait sa synthèse, comme il disait, en prenant des matériaux un peu partout. Il pensait que nous devions être capables de faire de même. Comme les abeilles font leur miel de l’essence de toutes les fleurs, disait-il, le moine doit pouvoir faire son miel de plusieurs auteurs différents. Même chez les fleurs vénéneuses le moine prudent sait trouver son avantage. C’est bien beau, mais tout d’abord il faut devenir ce moine prudent, et pour cela on ne nous donnait pas les moyens adéquats.

La manière de faire de Dom Gérard était plus romantique que réaliste. Saint Thomas, selon lui, avait un système. D’autres en avaient d’autres. Cela laissait planer un doute sur le bien-fondé d’une formation franchement scholastique et de sa réelle nécessité telle que Saint Pie X la présente dans l’encyclique Pascendi, et dans le Code de Droit Canonique.

Dom Gérard était beaucoup plus proche des écrivains que des théologiens. Nous avions souvent l’impression de faire davantage de littérature à Bédoin que de la vraie philosophie et de la vraie théologie.

Le résultat était que de la scholastique nous connaissions plutôt le nom que la méthode, et de la Somme, plutôt les conclusions que l’argumentation. Nous contemplions de l’extérieur le bel édifice doctrinal de l’Eglise sans pénétrer vraiment dans l’intérieur et si nous y pénétrions quelque peu c’était comme des profanes et non comme des hommes de métier. On peut dire que le rôle des moines n’est pas celui de devenir des théologiens. Les contemplatifs n’ont pas besoin d’un grand bagage pour s’adonner à la contemplation. Cela peut être vrai dans certains cas mais, si nous étions destinés à recevoir le sacerdoce, si nous étions moines et prêtres, si parmi nous certains étaient destinés à enseigner, alors, il est peu concevable que nous ne soyons pas formés à la méthode de Saint Thomas, selon les directives de la Sainte Eglise, surtout dans la crise actuelle.

La théologie morale était encore une autre épine. Dom Gérard semblait méfiant vis-à-vis des auteurs communément enseignés. Quand je suis allé à Ecône pour une année d’études et de repos, quatre ans après mon ordination, en 1984, Dom Gérard m’a défendu d’assister aux cours de morale de l’abbé Laroche dont le livre de référence était Prümmer OP. Certainement Dom Gérard le trouvait quelque peu borné ou insuffisant ou peut-être y a-t-il encore quelque chose qui m’échappe ? Et à coté de cela, Dom Gérard téléphonait souvent à Mgr. Lefebvre pour lui soumettre des cas de morale dont la réponse était, tout simplement, dans les livres qu’il n’étudiait pas ni ne voulait que nous étudiions. Conduite contradictoire, fruit de ce manque de formation sacerdotale pour ne pas dire de ce manque de foi éclairée ou, au moins, de bon sens.

Au manque de science s’ajoutait, comme il était prévisible, la fausse science. C’est obligé. Que de choses étranges nous avons entendues dans l’enceinte du monastère, soit dans les cours, soit dans des conversations avec les professeurs ou avec Dom Gérard.

La thèse selon laquelle des erreurs se trouvent dans l’Ecriture y a été enseignée et nous avons eu du mal à faire comprendre à Dom Gérard que cela était faux et combien grave. Des tendances vers la liturgie de Paul VI se faisaient jour dans la communauté et des innovations ont été introduites dans ce sens à la messe. En exégèse nous entendions la fausse théorie du Père Benoît OP au sujet de l’identification entre Résurrection et Ascension. Sans tomber dans l’excès de dire qu’à Bédoin et au Barroux nous étions des modernistes, il est certain que nous n’avions pas en Dom Gérard la même pureté, vigilance et sûreté doctrinale qu’en Mgr. Lefebvre. Si nous n’étions pas des modernistes le climat qui y régnait ne nous protégeait pas assez contre leurs doctrines ni contre un certain libéralisme.

Je me suis ouvert à Mgr. Lefebvre de tout cela quand j’étais à Ecône. Il m’a écouté paternellement. Il m’a invité à la patience. Malgré sa préoccupation Monseigneur avait la sagesse qui sait que les choses humaines sont, par nature, imparfaites, fragiles, périssables, sujettes à des sursauts salutaires ou alors à des chutes irréparables. Cela n’était pas encore le cas, mais allait le devenir, malheureusement.

C’est à cette époque, 1984 ou 1985, que Dom Gérard est allé à Rome pour, si je ne me trompe, traiter de la régularisation de notre monastère, exclu depuis 1975 de l’ordre bénédictin. Il a vu alors le cardinal Ratzinger et en est revenu ébloui. « Le cardinal, disait-il, est quelqu’un avec qui on peut travailler. Mgr. Lefebvre est trop renfermé. » Et il mimait l’attitude de Monseigneur comme quelqu’un qui boude dans son coin. « D’ailleurs, il n’est pas nécessaire que soit Mgr. Lefebvre qui ordonne nos prêtres. Un autre évêque peut aussi bien le faire, pourvu que ce soit avec l’ancien rituel. » On avait froid dans le dos en entendant tout cela.

Dom Gérard décide alors de faire un accord avec Rome. Mais il veut d’abord obtenir l’approbation de Mgr. Lefebvre. Il lui téléphone. Monseigneur en est épouvanté et fait tout pour dissuader Dom Gérard. Mais Dom Gérard tient à son idée. « Il faut savoir perdre une bataille pour gagner la guerre », disait-il. Mgr. Lefebvre téléphone alors à des amis du monastère et leur demande d’intervenir pour éviter le pire. Finalement Dom Gérard cède, à contrecœur probablement. On avait échappé de justesse, mais pour un temps seulement.

Pendant ces échanges téléphoniques je me trouvais à Ecône et Monseigneur m’a fait part de ses soucis. Il devait aller au Barroux pour nous prêcher une retraite, mais il ne se sentait pas à l’aise pour y aller. « Je crains, disait-il, que les paroles ne sortent pas de ma bouche ». Les rapports, comme on peut le voir, étaient tendus. J’ai fait de mon mieux pour le convaincre d’y aller. Heureusement il est venu.

Cette retraite, prêchée en 86, a fait beaucoup de bien à notre communauté. Du coup nos sœurs ont en voulu une aussi. Monseigneur la leur a prêché en 87. Elles ont été encore plus contentes que les moines, paraît-il.

Fin 86 je suis parti au Brésil avec le père Joseph Vannier pour voir un terrain qui nous était offert par un généreux bienfaiteur en vue d’une fondation. J’étais un peu soulagé de quitter le Barroux dont l’atmosphère se faisait de plus en plus lourde. On sentait le monastère glisser sur une mauvaise pente.

Le 3 mai 1987 le monastère de Sainte Croix est officiellement fondé. Dom Gérard vient nous visiter en septembre de la même année, pour la fête de l’Exaltation de la Sainte Croix. Mgr. Lefebvre lui avait, malgré tout, confié une importante mission : celle de sonder Mgr. de Castro Mayer pour savoir s’il aurait quelques prêtres de Campos qui pourraient être sacrés à Ecône. Bien que je fusse présent je ne me souviens pas de la réponse de Mgr. de Castro Mayer. Je crois qu’il n’a rien répondu sur le moment. Un laïc m’a assuré que Mgr. de Castro Mayer était plutôt favorable à l’idée, mais il a eu, au moins, une hésitation. Peut-être la date des sacres, prévues d’abord pour la fête du Christ-Roi de l’année 1987 ou une autre date de la même année, a laissé peu de temps à Mgr. de Castro Mayer pour réfléchir. En tous cas, Dom Gérard a rempli sa mission et est rentré en France.

L’année suivante Mgr. Lefebvre décide de réaliser les sacres le 30 juin à Ecône, après tous les dramatiques événements qui sont connus de tous. Dom Gérard, qui tout d’abord avait pris parti pour les sacres avec un retentissant sermon, finit par changer d’idée. Rome saisit l’occasion (si n’est elle qui a causé ce changement) pour faire des avances à Dom Gérard. Le cardinal Mayer prend contact avec le Barroux. Du Brésil je pars pour Ecône, avec ceux qui accompagnent Mgr. de Castro Mayer.

A Ecône je vois arriver le Père Basile qui me confie une mission, ou mieux, un ordre de la part de Dom Gérard. Je dois « présenter » le Père Basile à Mgr. Lefebvre parce que le Père Basile a une importante communication à faire à Monseigneur. Il s’agit, ni plus ni moins, d’expliquer à Monseigneur que Dignitatis Humanæ ne va pas contre la Tradition. Voilà où aboutissait la formation du Barroux.

Le lendemain, après le petit déjeuner, je vais trouver Monseigneur et lui explique en quelques mots l’affaire. Il était encore dans le couloir et s’apprêtait à ouvrir la porte de sa chambre. Il me répond, alors que le Père Basile se tenait un peu à distance: “Si le Père Basile n’a pas encore compris la question, il ne la comprendra jamais. De toutes façons, ce n’est pas le moment de traiter de cela”. Nous étions au 29 juin, si ma mémoire est bonne. La cérémonie des ordinations n’allait pas tarder à commencer. Malgré cela, ce même matin, j’allais être obligé de revenir chez Monseigneur pour une autre affaire à laquelle il donnera toute son attention. En effet, Dom Gérard, qui était déjà au séminaire, m’apportait des nouvelles. Dans le couloir qui longe le réfectoire d’Ecône il me parle de l’entretien qu’il a eu avec Mgr. Lefebvre à Zaitzkofen, quelques jours plus tôt. « Monseigneur est d’accord pour que nous fassions un accord avec Rome ». Sans y croire, je comprends qu’il me faut revenir chez Monseigneur, malgré l’heure. Je quitte Dom Gérard et je m’entends avec le service d’ordre qui me laisse passer. Je frappe à la porte de Monseigneur. Il me fait rentrer. Je lui raconte alors ce que Dom Gérard venait de me dire. Frappant un coup sur sa table il dit : « Je n’ai pas dit cela ! C’est très grave ! C’est très grave ! ». Pauvre Monseigneur ! Voilà qu’à la veille des sacres il devait porter la très lourde croix d’un probable « schisme » de Dom Gérard. Cela risquait de diviser la Tradition en France et de renforcer le parti des prêtres de la Fraternité Saint Pie X qui s’apprêtaient déjà à fonder la Fraternité Saint Pierre. Quelle force d’âme ne devait-il avoir pour présider sereinement aux longues cérémonies du 29 et du 30 juin, portant dans son cœur tant de soucis ? A la fin de notre bref entretien il me dit : « Faites quelque chose avec votre Père Prieur ». Il y avait peut-être un peu d’humour dans ces mots. Peut-être aussi un petit espoir que Dom Gérard ne se laisse pas totalement aveugler. Cependant il me semblait impossible pour moi d’avoir une quelconque influence sur Dom Gérard.

On m’a dit que le soir du 29 juin Dom Gérard s’est rendu à Hauterive pour la fondation de la Fraternité Saint Pierre. Le 30, en effet, il semblait excessivement excité. Pendant la cérémonie il s’est lévé, à un moment, pour aller prendre l’air. Il ne tenait pas en place.

Rentré au Barroux, après les sacres, j’ai eu la confirmation que Dom Gérard avait forcé les paroles de Monseigneur entendues à Zaitzkofen. C’est un père qui était témoin de l’entretien entre Dom Gérard et Mgr. Lefebvre qui me l’a dit. J’ai tout de même signalé à Dom Gérard ce que Monseigneur m’avait dit à Econe. J’ai reçu une réponse assez brutale : « Monseigneur, avec l’âge, perd la mémoire et le caractère ». La cassure était consommée. Ce qui allait suivre ne serait que la conséquence.

Dom Gérard détruisait ainsi son œuvre. Cette œuvre, malgré ses lacunes, n’en était pas moins une belle œuvre. Les offices y étaient dits avec beaucoup de soin, les vertus monastiques y étaient en honneur et nous avions de très bonnes vocations qui nous venaient des familles vraiment catholiques et traditionnelles. Chez nos sœurs aussi, il y avait de très bonnes religieuses.

Dom Gérard avait voulu faire un monastère traditionnel, mais il lui manquait une compréhension approfondie de la crise actuelle. Dom Gérard voyait la nécessité de garder la messe de toujours ; de garder les observances monastiques, mais il ne voyait pas assez le danger du modernisme et du libéralisme. L’aspect le plus profond de la crise actuelle lui échappait. Tout cela nous permet de mieux mesurer la valeur de Mgr. Lefebvre et de son œuvre. C’est Monseigneur qui a vu juste, c’est Monseigneur qui a discerné le mal, c’est lui qui a sondé toute la gravité de la crise. Monseigneur a eu une vision vraiment de foi, une vision théologique au sens le plus précis du mot. Cela manquait à Dom Gérard qui, comme Jean Madiran, voyait plutôt la défection des évêques que celle, helàs, des Papes conciliaires.

Entre-temps j’étais retourné à Santa Cruz. Je savais que quelque chose se préparait au Barroux. Dom Gérard, après les sacres, avait évité la rencontre avec Mgr. de Castro Mayer qui était allé au Barroux pour le voir. Dans la communauté plusieurs étaient inquiets. Chez nos sœurs aussi le climat était tendu.

Quand la nouvelle des accords est arrivée nous nous y attendions déjà. Nous avons d’abord pensé à quitter Santa Cruz et tout laisser à Dom Gérard et à ceux qui voulaient le suivre. Une lettre de Mgr. Lefebvre nous a fait changer d’idée et nous avons gardé Santa Cruz dans le giron de la Tradition avec l’aide de laïcs, en particulier de Maître Júlio Fleichman qui, cependant, devait, dans la suite, raconter ces événements d’une manière inexacte nous obligeant à protester contre sa version des faits.

Dom Gérard, venu au Brésil, a dû repartir sans obtenir ce qu’il espérait.

Après ces douloureux événements nous n’avons plus eu de contacts avec lui. Par contre Mgr. Lefebvre est devenu de plus en plus ce qu’il est pour tous les catholiques fidèles, c’est-à-dire, l’évêque fidèle successeur des apôtres qui nous a donné la doctrine et les sacrements de Notre Seigneur Jésus Christ pour le salut de nos âmes. A lui notre éternelle gratitude.

fr. Thomas d’Aquin OSB"



Source: Supplément N°3 au bulletin des Amis du monastère de Santa Cruz - Septembre ou octobre 2011


http://www.beneditinos.org.br/index.php?option=com_content&view=article&id=90:bulletin-no-45&catid=63:numeros-anciens&Itemid=93

 





Dernière édition par Gentiloup le Lun 17 Déc 2012, 12:29; édité 4 fois
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MessagePosté le: Mar 2 Oct 2012, 16:49    Sujet du message: Publicité

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Gentiloup
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MessagePosté le: Mar 2 Oct 2012, 17:11    Sujet du message: Dom Thomas d’Aquin OSB - Dom Gérard Calvet - Article N°1 - SUIVI DE Don Basile du Barroux et réponse par N.M. Répondre en citant

Posté le: 02 octobre 2012 à 17:54    Sujet du message: Le Barroux reconnaît Vatican II, suivi de l'histoire du ralliement par Don Thomas d'Aquin-Brésil


 
Citation:

Voici l'article complet de La Vie: Basile Valuet, moine : « Pourquoi mon monastère s’est finalement converti à la vision de Vatican II »


http://www.lavie.fr/

La Vie



50 ans après Vatican II Basile Valuet, moine : « Pourquoi mon monastère s’est finalement converti à la vision de Vatican II »
Jean Mercier - publié le 27/09/2012
Basile Valuet, de l’abbaye bénédictine du Barroux (84), qui a rompu avec les lefebvristes, sur la question de la liberté religieuse.




« Mon monastère, avant 1988, suivait les positions de Mgr Marcel Lefebvre. Celui-ci rejetait la déclaration Dignitatis humanae sur la liberté religieuse, où il croyait que l’Église, se reniant, reconnaissait la liberté de conscience que les papes Grégoire XVI et Pie IX avaient condamnée un siècle plus tôt. À partir de 1986, notre fondateur, dom Gérard Calvet, m’a demandé de creuser le sujet. J’en ai tiré la conviction qu’il n’y avait pas de contradiction entre Vatican II et ce qu’avaient dit les papes au XIXe siècle, pour la bonne raison que le concept de liberté religieuse avait changé, et qu’on ne parlait plus de la même chose.

Au XIXe siècle, Grégoire XVI et Pie IX condamnaient une liberté civile au sens d’une licence donnée par l’État à ­chacun de pratiquer la religion qu’il voulait ou aucune, selon le choix capricieux d’une conscience sans loi. Derrière cette liberté-là se profilait un rejet violent de la religion, une vision de l’homme qui ne doit rien à Dieu, alors qu’on se trouvait encore, en Europe, en régime de chrétienté.
En 1965, nous sommes dans un tout autre contexte : l’Église opère dans un univers mondialisé où la pluralité de fait des confessions et des religions est devenue incontournable. La liberté religieuse de ­Vatican II est le droit pour toute personne de ne pas être empêchée, par la force, d’agir selon sa conscience en matière religieuse. Vatican II sanctuarise pour chacun un espace de liberté propre, où les autres le laissent en paix pour chercher la vérité, même s’il peut se tromper.

Pour autant, cette liberté n’est aucunement un « droit à l’erreur », comme le pensait Mgr Lefebvre, car Vatican II maintient l’obligation pour tous d’adhérer à la vraie religion, et même de se défendre de l’erreur, y compris légalement, si l’erreur met en péril l’ordre public juste. Mgr Lefebvre n’a pas su voir la portée de ces distinctions. C’est pour cette raison, entre autres, que nous n’avons pas pu le suivre après les sacres épiscopaux de 1988. »







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Gentiloup
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Inscrit le: 21 Juin 2012
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MessagePosté le: Mer 3 Oct 2012, 14:19    Sujet du message: Dom Thomas d’Aquin OSB - Dom Gérard Calvet - Article N°1 - SUIVI DE Don Basile du Barroux et réponse par N.M. Répondre en citant

N.M.
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Localisation: France

Posté le: 03 octobre 2012 par N.M. à 14:57    Sujet du message: Liberté religieuse : de Montalembert à Vatican II


Dom Basile Valuet a tout à fait raison d'expliquer que Vatican II se contente d'enseigner un droit négatif de tout homme à ne pas être empêché de pratiquer publiquement sa religion (ce qui implique le droit à ne pas être empêché de pratiquer publiquement une fausse religion). Il serait tout à fait abusif d'attribuer à Vatican II l'affirmation d'un droit positif d'adhérer à l'erreur, ou pire encore un droit moral d'adhérer à l'erreur.

Histoire d'exonérer la déclaration de Vatican II sur la liberté religieuse (Dignitatis Humanae - DH) de toute contradiction avec l'encyclique Quanta Cura (QC) du pape Pie IX, Dom Basile prétend que QC a condamné le droit positif d'adhérer à l'erreur (et a fortiori le droit moral d'adhérer à l'erreur) et non pas le droit pour tout homme à ne pas être empêché de patiquer publiquement sa religion.

Une telle affirmation ne tient pas. En effet, le comte de Montalembert, effectivement visé par les condamnations portées par Pie IX dans QC, se contentait - dans ses discours devant le congrès de Malines (1863) - d'affirmer un droit négatif à ne pas être empêché de pratiquer publiquement sa religion... c'est-à-dire ni plus ni moins ce qu'enseigne Vatican II dans le passage litigieux de (
DH n°2 § 1). Il y a donc bel et bien opposition de contradiction entre QC (Pie IX) et DH (Vatican II).  



1 - Réactions catholiques aux discours de Malines

- Tout d'abord la réaction du comte Val de Beaulieu, ami de Louis Veuillot, dans son ouvrage "L'Erreur libre dans l'Etat libre" - qui se présente explicitement comme une réponse à Montalembert - ouvrage publié fin 1863, avec un bref de félicitation adressé par Rome :

"Le bien ne sera libre que le mal étant assujeti ; il faut choisir, et le choix entre ces deux libertés, liberté du bien, liberté du mal, ne peut être indécis. Voilà pourquoi la meilleure définition de la liberté est : l'absence d'obstacle à l'exercice des facultés de l'homme, conformément à sa fin dernière, le salut ; l'absence d'obstacle à la pratique du bien. Ce n'est donc pas la liberté pour toutes les opinions les plus opposées, les plus exclusives. [...]

"La protection contre les envahissements de l'erreur doit en être la conséquence ; c'est pourquoi, dans un pays où règne l'unité de la foi, la première règle de la liberté pour la vérité, de paix pour la population, c'est d'empêcher l'introduction et la propagande de l'erreur."


- Lettre du Cardinal Pie au Pape Pie IX, remise à ce dernier fin octobre 1863 par l'Abbé Albert de Briey, Vicaire général du diocèse de Poitiers :

"Le congrès de Malines a été l'occasion de paroles bien regrettables. Celui qui les a proférées, homme d'ailleurs illustre par les plus grands services rendus à la cause religieuse, ayant terminé son discours en déclarant qu'il en soumettait toutes les idées au Saint-Siège Apostolique, Votre Sainteté dans sa haute et suprême sagesse ne jugera-t-elle point que, soit pour éclairer cet orateur lui-même, soit pour détruire l'effet de ses paroles dans l'esprit de tant de milliers de lecteurs, il y aurait lieu de lui adresser, par exemple par le Cardinal Préfet de l'Index, une lettre où, en le louant de sa subordination à l'autorité du Saint-Siège, il lui serait déclaré que ce discours, en effet, contient beaucoup de pensées, d'assertions, et de propositions qui s'éloignent de la doctrine et de la pratique de l'Eglise, et qui sont en contradiction avec les Brefs de Pie VI en 1791 et 1792, avec les réclamations de Pie VII en 1814, avec les Encycliques de Grégoire XVI et les allocutions du Pape régnant ?"

(Lettre citée par Mgr Baunard, "Histoire du Cardinal Pie", Oudin, 1886, t. II, pp. 206-207 et Roger Aubert, "L'intervention de Montalembert au congrès de Malines en 1863", in Collectanea Mechliniensa, 1950, t. XXXV, pp. 525-551.)


- Dans sa lettre du 30 octobre 1863 au Cardinal Pie, l'Abbé de Briey rapporte la réponse orale faite par le Pape Pie IX à la lettre de l'Evêque de Poitiers :

"C'est un sujet dont le Pape semble tellement plein qu'il en parle, comme dit l'Ecriture, opportune et importune. Son attention était particulièrement très excitée sur la fameuse formule : l'Eglise libre dans l'Etat libre. Venant ensuite à ce qu'on appelle le grand principe de liberté de conscience : "L'Eglise, m'a dit le Pape, n'admettra jamais comme un bien et un principe que l'on puisse prêcher l'erreur et l'hérésie à des peuples catholiques. Le Pape veut bien la liberté de conscience en Suède et en Russie ; mais il ne la veut pas en principe ; il la veut comme un moyen que la Providence pourrait susciter de répandre la vérité dans ces régions.""

(Baunard, idem, t. II, p. 207)


2 - Lettre du Cardinal Antonelli, Secrétaire d'Etat, au comte Montalembert, en date du 5 mars 1864 :

"Je regrette de vous dire que le résultat de l'examen a prouvé que les accusations portées contre les susdits discours ne manquaient pas de fondement. On les reconnaît répréhensibles par le conflit dans lequel ils se trouvent avec les enseignements de l'Eglise catholique, avec les actes émanés de divers Souverains Pontifes, spécialement avec les maximes enseignées dans divers brefs et allocutions de Pie VI, dans l'une desquelles, portant la date du 26 septembre 1791, il caractérise comme plane exitiosum et pestilens cet édit de Nantes exalté avec tant d'éloges dans les susdits discours. Ces maximes sont rappelées et confirmées dans la lettre de Pie VII à Mgr de Boulogne, évêque de Troyes, en 1814 ; dans l'encyclique de Grégoire XVI du 15 août 1832, que vous connaissez bien ; et depuis dans divers actes solennels du Souverain Pontife régnant."

Le Cardinal Antonelli fait clairement allusion aux condamnations suivantes (parmi tant d'autres)


Pie VI, Lettre "Quod aliquantum", 10 mars 1791 :

"C'est dans cette vue qu'on établit, comme un droit de l'homme en société, cette liberté absolue qui non seulement assure le droit de ne pas être inquiété sur ses opinions religieuses, mais qui accorde encore cette licence de penser, de dire, d'écrire et même d'imprimer impunément en matière de religion tout ce que peut suggérer l'imagination la plus déréglée."


Pie VII, "Post tam diuturnas", 29 avril 1814 :

"Un nouveau sujet de peine dont Notre coeur est encore plus vivement affligé, et qui, Nous l'avouons, Nous cause un tourment, un accablement et une angoisse extrêmes, c'est le 22ème article de la Constitution. Non seulement on y permet la liberté des cultes et de conscience, pour Nous servir des termes mêmes de l'article, mais on promet appui et protection à cette liberté, et en outre aux ministres de ce qu'on nomme les cultes*. Il n'est certes pas besoin de longs discours, Nous adressant à un évêque tel que vous, pour vous faire reconnaître clairement de quelle mortelle blessure la religion catholique en France se trouve frappée par cet article."

* Notez les "ministres de ce qu'on nomme les cultes" ! Nous sommes à des années-lumières d'"Unitatis redintegratio" et de "Nostra Aetate"...


Grégoire XVI, "Mirari vos", 15 août 1832 :

"De cette source infecte de l'indifférentisme découle cette maxime absurde et erronée, ou plutôt ce délire, qu'il faut assurer et garantir à qui que ce soit la liberté de conscience."


Le Cardinal Antonelli, qui écrit au nom de Pie IX, est d'une grande clarté : les thèses soutenues par Montalembert dans ses discours de Malines tombent sous l'effet des condamnations de Pie VI, Pie VII et Grégoire XVI.

Et pourtant, notons-le bien, Montalembert ne revendique une liberté de conscience ni illimitée ni fondée sur l'indifférentisme.

"Un catholique qui vient défendre devant une assemblée catholique la liberté des cultes, laquelle n'est autre chose que l'application pratique et sociale de la liberté de conscience, ne saurait être soupçonné de vouloir professer ou défendre la ridicule ou coupable doctrine que toutes les religions sont également vraies et bonnes en elles-mêmes, ou que l'autorité spirituelle n'oblige pas la conscience." (Discours du 20 août 1863).

"Est-il besoin d'ajouter que la liberté religieuse, telle que je l'invoque, ne saurait être illimitée, pas plus qu'aucune autorité ? La liberté des cultes, comme toutes les autres, doit être contenue par la raison éternelle et la religion naturelle. L'Etat, incompétent, en thèse générale, à juger entre les cultes et les opinions religieuses, demeure juge et compétent (quoique non infaillible) de ce qui importe à la paix publique, aux moeurs publiques. Contre tout ce qui attente à la société civile, il a le droit de la légitime défense." (Discours du 21 août 1863).

Au panégyrique de la liberté civile en matière religieuse en tant que telle répond la condamnation de cette même liberté en tant que telle.



3 - L'examen des discours de Malines par le Saint-Office

A la fin de l'année 1863 (cf. G. Martina, "Nuovi Documenti sulla genesi del Sillabo", in Archivum Historiae Pontificae, 6, 1968), le barnabite Luigi Bilio, consulteur du Saint-Office, est chargé d'examiner les discours de Montalembert. Son travail est examiné par les membres du Saint-Office en janvier 1864.

"Il peut être à bon droit considéré comme l'expression de la position de la curie vaticane, et dans une large mesure de Pie IX lui-même, sur le délicat problème de la liberté de conscience."

Que dit Bilio au sujet des thèses de Montalembert ?

"La condamnation du pouvoir coactif de l'Eglise formulée à Malines se fonde sur une prévision politique non démontrée ni démontrable, le futur triomphe des régimes (pour le présent l'auteur exagère, pour le futur, nous espérons qu'il est faux prophète), sur une vision unilatérale du passé, comme si les peines contre les hérétiques n'avaient produit que des fruits négatifs, sur l'incompréhension de la vraie finalité des peines, rétablissement de l'ordre, défense de la société, correction du coupable, sur une fausse vision de l'Eglise et sur une conception réductrice de son infaillibilité sur le rejet des textes communément admis. [...]

"Cette proposition ["Il nous faut renoncer, une fois pour toutes, à la prétention d'appeler la force matérielle au secours de la vérité"] est erronée... en tant qu'elle présuppose que la foi ou la vérité religieuse n'ont pas droit à être protégées avec la force matérielle. Scandaleuse, en tant qu'elle détourne les fidèles de l'importante obligation d'accorder le secours de la force à la vérité. Injurieuse à l'Eglise, en tant qu'elle appelle folle prétention l'exigence que la force serve et soit subordonnée à la vérité religieuse. [...]

"La thèse est contraire au Concile de Trente ["Principes catholicos Deus sanctae fidei Ecclesiaeque esse voluit", session 25, c. 20], aux affirmations réitérées des théologiens comme Bellarmin ["De Laicis", lib. III, c. 18] et des Pontifes qui présentent l'autorité civile vouée avant tout à la protection de l'Eglise, ainsi qu'à la claire déclaration de Pie IX à Napoléon III dans sa lettre du 20 novembre 1863 : "L'absolue prééminence appartient naturellement à la Religion catholique, en tant qu'unique vraie, spécialement dans les pays catholiques."


Sur la lancée de l'examen des discours de Malines, Bilio présente au Saint-Office, en mai 1864, sa "Censure théologique de cinq propositions relatives à la liberté de culte et de presse et à la coercition matérielle pour motif religieux". Le mémoire de Bilio est approuvé par le Saint-Office, en date du 8 juin 1864.

Les cinq thèses erronées sont les suivantes :

" - La liberté qu'on appelle des cultes ou de conscience dans les affaires de religion, de telle sorte qu'il soit libre à tous de suivre n'importe quelle religion même fausse, est un droit propre de chaque homme, qui ne doit être empêché ni par l'Eglise, ni par le gouvernement civil.

" - Cette même liberté des cultes et de la conscience est toujours et partout très utile à l'Eglise, et même plus, nécessaire à la protection de sa liberté et de sa prospérité.

" - Les citoyens possèdent un droit absolu de déclarer leurs idées quelles qu'elles soient soit par l'impression, soit par des discussions publiques, sans qu'il puisse être restreint par aucune autorité ecclésiastique ou civile.

" - La meilleure condition de la société est celle où l'on ne reconnaît au gouvernement ni le droit, ni le devoir de réprimer les violateurs de la religion catholique par la sanction des peines, si ce n'est dans la mesure où la tranquilité publique le demande.

" - L'Eglise n'a pas le droit de réprimer les violateurs de ses lois par des peines temporelles."



4 - L'encyclique

En août 1864, Pie IX consulte le Saint-Office. Les Cardinaux Inquisiteurs concluent à la nécessité de la condamnation des thèses de Montalembert, et proposent pour ce faire la publication par le Pape d'une Lettre-Encyclique. Pie IX se rend aux avis du Saint-Office le 12 août 1864.

Bilio est à nouveau le maître d'oeuvre.

Le 28 septembre 1864, Pie IX confie à Bilio la rédaction de la prochaine encyclique. Une liste de 84 propositions condamnées est adjointe par Bilio : le fameux Syllabus.

L'encyclique "Quanta cura" et le "Syllabus" sont promulgués par Pie IX le 8 décembre 1864.

Les cinq propositions condamnées du document présenté par Bilio le 8 juin 1864 sont reprises dans "Quanta cura".

Exemple :

- "Quanta cura" :

"La liberté de conscience et des cultes est un droit propre à chaque homme qui doit être proclamé et garanti par la loi dans toute société bien constituée."

- Document du 8 juin 1864 :

"La liberté qu'on appelle des cultes ou de conscience dans les affaires de religion, de telle sorte qu'il soit libre à tous de suivre n'importe quelle fausse religion, est un droit propre de chaque homme, qui ne doit être empêché ni par l'Eglise, ni par le gouvernement civil."



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