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Comment concilier la reconnaissance du Pape, tout en ne le lui obéissant pas?

 
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Chouanne
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Inscrit le: 19 Juin 2012
Messages: 259

MessagePosté le: Ven 29 Juin 2012, 16:45    Sujet du message: Comment concilier la reconnaissance du Pape, tout en ne le lui obéissant pas? Répondre en citant

Rappelons-nous que Saint-Paul s'est dressé face à face contre Saint-Pierre, parce que celui-ci était sur la mauvaise voie.
Cela ne signifiait pas que Saint-Paul désobéissait au Pape. Mais que Saint-Paul obéissait au véritable Chef de l’Église, le Christ, dont le Pape est la présence visible.

Saint-Pierre a eu l'humilité de reconnaître son erreur devant Saint-Paul. Les Papes depuis Vatican II se sont au contraire enfermés dans des erreurs de plus en plus profondes.

Ainsi quand on voit le pape on voit le chef visible de l’Église, mais seul le Christ est le vrai Chef. Chef visible dans la Sainte-Hostie. C'est Lui qu'on adore, c'est le Christ présent dans le Saint-Sacrement, pas le Pape, qui n'est pas son incarnation.
Le Pape n'est donc pas l'autorité suprême de l’Église, c'est le Christ l'autorité suprême. Lorsque le Pape se prononce sous les exigences de l’infaillibilité, il parle comme le Christ et il en est le chef suprême (selon ce que définit Vatican I)

Mais lorsque le Pape défaille et qu'il dit ou commet des erreurs comme depuis Vatican II, il n'a plus aucune autorité légitime. D'autres papes dans le passé ont déjà été condamnés pour leurs hérésies par leurs successeurs, parce qu'ils professaient des erreurs en rupture avec la foi de toujours de leurs prédécesseurs.

Avec un Pape qui vit et enseigne des erreurs, il est du devoir des fidèles de luiL' désobéir pour n'obéir qu'à Dieu seul. Dans ce cas, le Pape perd l'autorité d'intermédiaire. "Il faut obéir à Dieu plutôt qu'aux hommes" dit Saint-Pierre.

L'Église catholique, a donc aujourd'hui un représentant sans la moindre autorité. L'Église, Elle, reste sainte sous la conduite invisible de son véritable Chef, suivant la foi de toujours contenue dans les deux sources de la Tradition: les Saintes-Ecritures et la Tradition qui commence avec la mort du dernier Apôtre jusqu'à Vatican II qui a voulu tout changer. L'une des sources étant éclairée par l'autre qui ne peut en aucun cas interpréter la première différemment de ce qu'elle a toujours été interprétée. 

La foi de l’Église est ce qui a été cru toujours et partout en son sein. Les hommes d’Église et donc le Pape qui professent des hérésies modernistes n'ont aucune autorité légale à imposer leurs hérésies dans le corps ecclésial de l’Église.

Nous avons le devoir impératif de leur retirer notre confiance et de leur désobéir.

Ils sont encore le corps visible de l’Église, mais ils en ont perdu l'esprit, ils sont en état de grave péché public. Ils n'écoutent plus l'Esprit-Saint qui semble les avoir abandonné. Ils ont perdu l'esprit de vérité.


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MessagePosté le: Ven 29 Juin 2012, 16:45    Sujet du message: Publicité

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EA
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Inscrit le: 23 Juin 2012
Messages: 115

MessagePosté le: Ven 29 Juin 2012, 17:38    Sujet du message: Comment concilier la reconnaissance du Pape, tout en ne le lui obéissant pas? Répondre en citant

"Nous avons le devoir impératif de leur retirer notre confiance et de leur désobéir."

Cette phrase ne vaut que pour l'obéissance à tenir ou à propager d'éventuelles hérésies.

Pour tout le reste, l'obéissance reste due au pape. C'est la raison pour laquelle il n'y a pas d'obstacle théologique à un accord purement pratique.


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Chouanne
Membre

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Inscrit le: 19 Juin 2012
Messages: 259

MessagePosté le: Ven 29 Juin 2012, 19:58    Sujet du message: Pour tout le reste, quoi au juste? Répondre en citant

EA a écrit:
"Nous avons le devoir impératif de leur retirer notre confiance et de leur désobéir."

Cette phrase ne vaut que pour l'obéissance à tenir ou à propager d'éventuelles hérésies.

Pour tout le reste, l'obéissance reste due au pape. C'est la raison pour laquelle il n'y a pas d'obstacle théologique à un accord purement pratique.
Je ne pense pas que cela s'applique à la situation d'aujourd'hui.  Il y a trop d'erreurs, d'ambiguïtés, tout cela aux contours flous. Pour retrouver le vrai du faux c'est impossible. On risque juste d'y perdre son âme. Plus rien n'est clair et net, même dans sa défense de la vie, le pape n'est plus très catholique. Et cela personne ne s'en aperçoit. C'est un glissement lent. Il y a trop de danger à le suivre dans sa Super religion des Droits de l'homme.

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EA
Membre

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Inscrit le: 23 Juin 2012
Messages: 115

MessagePosté le: Ven 29 Juin 2012, 22:09    Sujet du message: Comment concilier la reconnaissance du Pape, tout en ne le lui obéissant pas? Répondre en citant

Que notre situation soit atypique, sui generis, je veux bien vous le concéder.
Mais alors, il n'est pas possible d'être certain de faire les bons choix. Surtout en s'appuyant exclusivement sur l'histoire de l'Eglise.


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Gentiloup
Admin

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Inscrit le: 21 Juin 2012
Messages: 2 884

MessagePosté le: Sam 30 Juin 2012, 01:05    Sujet du message: L'histoire de l'Eglise ou Sa Tradition? Répondre en citant

EA a écrit:
Que notre situation soit atypique, sui generis, je veux bien vous le concéder.
Mais alors, il n'est pas possible d'être certain de faire les bons choix. Surtout en s'appuyant exclusivement sur l'histoire de l'Eglise.
:shock: Qui donc s'appuie exclusivement sur l'histoire de l’Église?  re :shock: Vous confondez la Tradition de l’Église avec son histoire? Cela m'étonne de vous!

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Martin
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Inscrit le: 22 Juin 2012
Messages: 247
Localisation: Belgique

MessagePosté le: Sam 30 Juin 2012, 09:41    Sujet du message: Comment concilier la reconnaissance du Pape, tout en ne le lui obéissant pas? Répondre en citant

 
Gentiloup a écrit:
EA a écrit:
Que notre situation soit atypique, sui generis, je veux bien vous le concéder.Mais alors, il n'est pas possible d'être certain de faire les bons choix. Surtout en s'appuyant exclusivement sur l'histoire de l'Eglise.


:shock: Qui donc s'appuie exclusivement sur l'histoire de l’Église? re :shock: Vous confondez la Tradition de l’Église avec son histoire? Cela m'étonne de vous!



Bonjour chers amis,

Je pense que l’exemple de saint Paul s’opposant à saint Pierre se rapporte plus à une erreur de tactique ou de gouvernement qu’au cas présent, qui porte avant tout, au moins depuis Vatican II, sur des divergences doctrinales par rapport au magistère antérieur.

La meilleure référence à mon avis est celle de l’épître aux Galates (I, 6-10), car il y est justement question de doctrine. Je manque de temps pour développer, mais elle a été commentée à plusieurs reprises par les Pères et les Docteurs de l’Eglise. Pendant le grand schisme d’Occident, saint Vincent Ferrier l’invoquait contre ceux qui voulaient lui faire reconnaître l’autorité du pape de Rome.

Pour répondre à EA, l’exemple de saint Vincent (qui, tout théologien qu’il était, s’est trompé en l’occurrence !) montre bien que nous n’avons aucune “certitude” absolue d’avoir raison, pas plus que les Galates auxquels saint Paul adressait sa recommandation. L’apôtre considérait cependant qu’il était de leur devoir d’agir ainsi, il les traite même d’insensés pour ne l’avoir pas fait : parce que la volonté d’être fidèle à la doctrine révélée par Dieu doit l’emporter sur toute autre autorité, si haut placée soit-elle (apôtre ou plus haut encore : “même un ange venu du Ciel”).

Saint Paul ne poussait pas pour autant les Galates dans une sorte de protestantisme avant la lettre. Parlant de saint Vincent et de tous ceux qui étaient dans son cas, l’Année Liturgique explique : “leur attachement restait immuable à l’unité de la Chaire romaine, quel qu’en fût dans cette incertitude l’occupant véritable. Aussi l’Occident, disjoint en fait, mais toujours un quant au principe, se rejoignit comme de lui-même au temps marqué par Dieu pour ramener la lumière.”

M.


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Françoise Romaine


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Inscrit le: 19 Juin 2012
Messages: 125

MessagePosté le: Sam 30 Juin 2012, 11:46    Sujet du message: Comment concilier la reconnaissance du Pape, tout en ne le lui obéissant pas? Répondre en citant

Je souscris au développement de Martin.

Cependant, la grande différence entre notre temps et le grand Schisme est que sous le grand Schisme il y avait deux puis trois papes qui professaient tous la même doctrine, avaient la même profession de foi. Les âmes ont pu se tromper de pape mais leur Foi n'en a pas changé pour autant aussi il y eut des saints des deux côtés.

Aujourd'hui, nous avons un seul pape qui ne professe plus la Foi dans son intégrité, qui professe on peut dire par son relativisme plusieurs formes de Foi,, de dogmes, chacun voyant les choses de la Foi selon son expérience personnelle. Notre désobéissance à ce pape dans son enseignement magistériel est donc un devoir pour tout catholique qui veut garder la Foi dans son intégrité et tout accord pratique qui nous met entre les mains de ceux qui professent des hérésies est absurde ainsi que l'explique ce fidèle à Mgr Fellay :
"imaginez donc un berger décidant de transposer sa bergerie en plein parc naturel de loups, ours, et chacals...sous prétexte qu’il ne s’agit que d’un parc naturel, dont les animaux ne seraient plus si sauvages, et parce qu’un « berger en chef » en train de perdre son troupeau vous appelle ? Si vous tentez le risque de la débandade, je ne vous suivrai pas."




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Coeur2chouan
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Inscrit le: 19 Juin 2012
Messages: 139

MessagePosté le: Sam 30 Juin 2012, 12:13    Sujet du message: La Doctrine n'a pas prévu le cas littéralement stupéfiant de la crise actuelle de l'Eglise Répondre en citant

Martin donne à juste titre l'estampille doctrinale des pères de l'Eglise à l'utilisation de la Sainte-Ecriture, cependant Françoise Romaine a raison de préciser qu'aujourd'hui pour la première fois dans l'Histoire de l’Église, la foi de toujours est trahie au plus au niveau de l'Eglise et par la majorité de son corps enseignant.

Ennemond invoquait comme argument aux accords le fait que le Pape professait le Credo. Faux! dirait Mgr Tissier de Mallerais, dans son étude magistrale "
l'étrange théologie de Benoît XVI". En effet, s'il prononce les mêmes mots et les mêmes phrases, il ne leur attribue pas du tout le même sens. Mgr de Galaretta, suite aux discussions doctrinales l'a fort bien analysé.
Benoît XVI professe une sorte de panthéisme.




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Mane nobiscum Domine
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Messages: 37

MessagePosté le: Sam 30 Juin 2012, 12:38    Sujet du message: Comment concilier la reconnaissance du Pape, tout en ne le lui obéissant pas? Répondre en citant

Et quand il prie dans une mosquée, dans une synagogue, au mur des lamentations ou dans un temple protestant, c'est parce qu'il croit à chaque fois que c'est le même Dieu

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Gentiloup
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Inscrit le: 21 Juin 2012
Messages: 2 884

MessagePosté le: Sam 30 Juin 2012, 12:48    Sujet du message: "Votre père est le père du mensonge!" Répondre en citant

Mane nobiscum Domine a écrit:
Et quand il prie dans une mosquée, dans une synagogue, au mur des lamentations ou dans un temple protestant, c'est parce qu'il croit à chaque fois que c'est le même Dieu
En effet! Et ainsi lorsque le Pape dit le Credo, il ne croit pas à ce qu'il récite, puisqu'il dit qu'il croit en Jésus-Christ, le Fils unique du Père... Or il démontre le contraire en allant prier dans une mosquée ou dans une synagogue. S'il croyait en Jésus-Christ "Dieu, né de Dieu", il ne pourrait pas le faire, de même "je reconnais un seul baptême"... Etc, tout le Credo est un mensonge dans la bouche de Benoît XVI!

"Vous n'êtes pas les fils d'Abraham, dit Notre-Seigneur aux Pharisiens, votre père est le père du mensonge!"


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InDominoSperavi
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Messages: 318
Localisation: France

MessagePosté le: Sam 30 Juin 2012, 18:05    Sujet du message: Comment concilier la reconnaissance du Pape, tout en ne le lui obéissant pas? Répondre en citant

          Pour répondre à EA, il me semble, qu'après avoir lu l'analyse de Mgr de Galaretta, on peut être certain de faire le bon choix. La situation est plus facile que du temps de saint Vincent Ferrier, du fait des actions et paroles non-catholiques du pape actuel. Je pense qu'il est possible, après étude, de faire le bon choix avec certitude. Certains articles de antiModerniste.info peuvent vraiment éclairer.
          EA avait objecté, il y a quelques jours, que cet article de Mgr de Galaretta était écrit contre le préambule doctrinal de septembre 2011 et risquait de ne plus être d'actualité. Cela aurait pu être un inconvénient, en effet. Mais après lecture attentive, on s'aperçoit que le préambule doctrinal de septembre est peu abordé. Par contre, tous les problèmes actuels sont traités. Donc ce travail reste d'une brûlante actualité et satisfait pleinement notre intelligence par ses raisonnements imparables et ses analyses pleines de finesse. Mgr Lefebvre est cité à maintes reprises, à chaque fois d'une façon très éclairante.
          Oui, nous pouvons être sûrs, après avoir lu ce texte, que nous sommes dans la vérité. Notre-Seigneur nous voit, nous aime et ne peut nous demander de nous décider à l'aveugle. Il ne demande qu'à nous éclairer avec certitude et il le fait. La question est délicate, mais elle n'est pas au-dessus de nos forces. Jésus, en même temps qu'Il nous éprouve, nous donne toujours les moyens de Le suivre avec certitude, si nous Le cherchons avec humilité, persévérance et confiance. Courage à tous ceux qui cherchent la vérité. Marc XI, 24 :
"C'est pourquoi je vous le dis, tout ce que vous demanderez dans la prière, croyez que vous l'obtiendrez, et vous le verrez s'accomplir."


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Mane nobiscum Domine
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Inscrit le: 25 Juin 2012
Messages: 37

MessagePosté le: Sam 30 Juin 2012, 18:56    Sujet du message: Comment concilier la reconnaissance du Pape, tout en ne le lui obéissant pas? Répondre en citant

Lors des sacres, une génération a été mise à l'épreuve de faire un bon choix. 


Aujourd'hui, le Seigneur éprouve à nouveau son petit troupeau pour lui demander comme à eux, "M'aimes-tu" et comme alors il ne faut pas céder à la fausse obéissance.


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Chouanne
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Inscrit le: 19 Juin 2012
Messages: 259

MessagePosté le: Sam 30 Juin 2012, 21:06    Sujet du message: Réponse à EA Répondre en citant

EA a écrit:
Que notre situation soit atypique, sui generis, je veux bien vous le concéder.
Mais alors, il n'est pas possible d'être certain de faire les bons choix. Surtout en s'appuyant exclusivement sur l'histoire de l'Eglise.
In Domine Speravi, plus haut,  expose bien l'analyse que je fais également.

Si Rome est dans l'ambiguïté, pour nous la situation est très claire.

En effet au moment du Grand Schisme, les fidèles avaient à se poser la question de savoir quel était le bon Pape en vertu du Droit canon. Aujourd'hui nous n'avons plus aucune question à nous poser sur le pape; il n'y en a qu'un mais ce n'est pas le droit qui nous préoccupe, mais la foi. Or il est évident, de la plus grande évidence, qu'il erre très gravement.


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Gentiloup
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Inscrit le: 21 Juin 2012
Messages: 2 884

MessagePosté le: Dim 1 Juil 2012, 17:24    Sujet du message: La critique doctrinale de Mgr de Galaretta est très éclairante: HALTE AUX ACCORDS! Répondre en citant

La critique doctrinale de Mgr de Galaretta est très éclairante. Je l'ai lue hier soir, il cite beaucoup Mgr Lefebvre qui parle en prophète de notre situation présente, d'une façon assez stupéfiante.
Bien qu'il soit difficile de dater cette critique du préambule doctrinale, (elle n'apparaît nulle part!) Il semble qu'elle soit consécutive à la réunion du Chapitre d'Albano en octobre 2011.

Mgr de Galaretta lance un cri d'alarme dans cette critique que je vous recommande de lire. Il en est à se demander s'il n'aurait pas fallu renoncer aux discussions doctrinales et il avertit du danger de division interne à la FSSPX en cas de poursuite. Et plus encore, l'immense péril pour la Tradition, puisque clairement Rome veut convertir la FSSPX au Concile!

J'ai extrait du texte les commentaires de Mgr de Galaretta en supprimant toutes les citations qui les appuient, cela est plus court et plus facile à lire:



Citation:
Pour me limiter à la « Note préliminaire » et au « Préambule doctrinal », je dois dire d'emblée qu'ils sont confus, équivoques, faux et mauvais pour l'essentiel. Même l'apparente ouverture à une critique du Concile est sibylline et rusée, un piège bien dressé (« ... légitime [?] discussion... d'expressions ou de formulations... » selon les « critères d'interprétation de la doctrine catholique nécessaire... », c'est-à-dire, selon « Préambule » II et III, 2, surtout in fine). Ce document est substantiellement inacceptable. Il est pire que le Protocole de 1988, en particulier par rapport au Concile et au magistère postconciliaire.
(...)

De fait il correspond parfaitement à la pensée et à la position que la Commission Romaine a manifestée tout le long des discussions doctrinales. Il est essentiel pour la question actuelle d'avoir présent à l'esprit le constat indubitable que nous venons de faire à cette occasion : ils ne sont pas prêts à renoncer au Concile Vatican II, ni aux doctrines libérales de celui-ci, et leur intention, leur volonté manifeste, est de nous y ramener. Tout au plus, Rome accepterait un rééquilibrage et une meilleure formulation, toujours dans le cadre de « l'herméneutique du renouveau dans la continuité ». Et là on peut discuter et nous sommes même utiles... pour cautionner le renouveau de la reforme avec la continuité.

(...)
Suite à la proposition romaine, la vraie question, cruciale, est la suivante : devons-nous, pouvons-nous, nous engager dans la voie d'un « possible» accord d'abord pratique ? Est-il prudent et convenable de maintenir des contacts avec Rome en vue d'un tel accord ? Pour moi la réponse est claire : nous devons refuser cette voie parce que nous ne pouvons pas faire un mal pour qu'un bien arrive (bien d'ailleurs incertain) et parce que cela va nécessairement engendrer des maux (très certains) pour le bien commun que nous possédons, pour la Fraternité et pour la famille de la Tradition. Voici en résumé quelques unes des raisons de mon point de vue :

I. Comment nous soumettre et obéir à des autorités qui continueront à penser, à prêcher, et à gouverner en modernistes ? Nous avons des fins et des buts contraires, des moyens différents même, comment travailler sous leurs ordres ? Le problème n'est pas d'intentions subjectives, mais objectives, manifestes, du constat que nous venons de faire sur leur volonté : acceptation du Concile Vatican II et ses principes libéraux. Pour l'essentiel rien n'est changé, il n'y a pas de « retour ».
(...)
II. Comment alors ne pas aller contre la confession et la défense publiques de la foi, contre la nécessairement publique protection des fidèles et de l'Église ? À cet égard, si nous faisons un accord purement pratique nous sommes, dans les circonstances actuelles, déjà dans la duplicité et dans l'ambiguïté. Le fait même est un témoignage et un message publiques : nous rentrerions en « pleine communion » avec des autorités qui demeurent modernistes. Nous ne pouvons pas faire non plus abstraction du contexte, c'est-à-dire, des événements et des enseignements constants dans la vie de l'Église actuelle : visites réitérées aux temples protestants et synagogues, béatification (bientôt canonisation), de Jean Paul II, Assise III, prédication à temps et contretemps de la liberté religieuse, et un long etcetera.
Par ailleurs si nous faisons un accord nous perdrons la liberté de parole, nous devrons mettre en sourdine nos critiques publiques des faits, des autorités et même de certains textes du Concile et du magistère postconciliaire. Pour comprendre et illustrer les points I et II, il suffit de regarder ce qui est arrivé avec tous les ralliés, depuis la F. St. Pierre jusqu'à l'IBP : ils sont inéluctablement devant l'alternative de céder ou trahir leurs engagements... et c'est le premier qui arrive.
(...)
III. Il faut regarder le cadre dans lequel ils entendent nous incorporer. Un accord est, qu'on le veuille ou non, nous intégrer dans leur système, dans une pensée et une réalité données qui ne dépendent pas de nous mais qui dépendent de leur pensée, leur théologie et leur action. Et c'est comme cela qu'ils vont le présenter (cf. Campos, texte signé par Mgr. Licinio). Or, nous venons de constater dans les discussions doctrinales quelle est leur conception : du pur modernisme révisé et corrigé. En particulier il y en aura sous-entendus trois principes que nous accepterions implicitement :

I - Relativisme de la vérité, même dogmatique, nécessité du pluralisme dans l'Église. Pour eux nous avons l'expérience et le charisme de la Tradition, bons et utiles à l'Église, mais seulement vérité partielle. Leur système moderniste et dialectique (qui réclame les contraires) leur permet de nous intégrer au nom de « l'unité dans la diversité », comme un élément positif et même nécessaire, pourvu que nous soyons dans la pleine communion (soumission à l'autorité .et respect des autres personnes et réalités ecclésiales) et que nous restions ouverts au dialogue, toujours à la recherche de la vérité. La preuve de ceci en est qu'ils sont prêts à nous accepter après le constat, de part et d'autre, d'une opposition doctrinale -de foi- foncière et essentielle. Comment accepter implicitement un tel principe, par une intégration explicite dans leur système et par l'interprétation officiellè qu'ils en donneront, alors qu'il est le fondement même du modernisme et qu'il est destructeur de toute vérité naturelle et surnaturelle ? C'est accepter le relativisme de la Tradition, de la seule vraie foi.

2.- On peut interpréter tout Vatican II en accord avec la Tradition. Nous pourrions aider à trouver, au besoin, la « bonne » interprétation. C'est « l'herméneutique de la continuité ». « L'herméneutique de la rupture » (alors que c'est la vraie) doit être rejetée, parce que ni Vatican II ni le magistère postconciliaire majeur ont pu se tromper. Après les discussions et le document proposé, il. n'est que trop clair, qu'ils ne nous accepteraient que dans le cadre de la première et le rejet de la seconde. C'est avaliser Vatican II.

3.- La vérité de foi évolue, les dogmes aussi, les formules dogmatiques et les définitions de la foi sont seulement des approches substantiels aux mystères de la foi. Le noyau demeure, tout le reste évolue au gré des temps, des cultures, des circonstances historiques, de l'expérience et du vécu du.Peuple de Dieu. En conséquence la Tradition est vivante, la Tradition c'est Vatican II, les condamnations du libéralisme et du modernisme sont dépassées.
(...)
Dans toutes les révolutions, après la « fureur » et la « terreur » il y a un temps de rééquilibrage dans la nouvelle situation, une période d'institutionnalisation. D'autre part il est prévisible que, si retour il y en a, il soit graduel. Nous savons donc à l'avance qu'il y aura des phases- plus confuses : à côté d'un mieux dans la pratique et peut-être dans les intentions, d'un peu plus d'ordre (tout cela par rapport au pire), il y aura nécessairement une aggravation par rapport à la clarté des choses, l'erreur sera plus trompeuse ,et séductrice, moins évidente et plus subtile, bref, beaucoup plus dangereuse... capable de tromper même les élus. L'erreur est plus équivoque et dangereuse lorsqu'elle rassemble d'avantage à la vérité, comme par exemple la fausse monnaie Nous savons donc à l'avance que notre combat et notre position seront de moins en moins compris, plus difficiles à expliquer, à justifier et à maintenir. Les choses vont nécessairement évoluer comme cela : il faut donc une réponse appropriée de notre part, pour ainsi dire, inversement proportionnelle à la confusion. Les trois raisons citées ci-dessus montrent que nous sommes dans cette phase d'une fausse restauration, d'un faux retour. L'attitude du Pape et de la Curie romaine - beaucoup plus confuse, contradictoire et séductrice- n'a que l'apparence de Tradition. Il faut bien distinguer les bons aspects du pontificat actuel -accidentels ou ponctuels de l'enseignement et de la direction doctrinale. Or, notre combat est doctrinal. C'est sur le terrain doctrinal que se joue la victoire ou la défaite de la foi et par là de tous les biens de l'Église.
(...)
IV. Aller dans le sens d'un accord pratique serait renier notre parole et nos engagements devant nos prêtres, nos fidèles, Rome et devant tout le monde. Cela aurait des conséquences négatives énormes ad intra et ad extra. Il n'y a aucun changement au point de vue doctrinal de la part de Rome qui justifierait le nôtre. Bien au contraire, les discussions ont démontré qu'ils n'acceptent en rien nos critiques. Il serait absurde de notre part d'aller dans le sens d'un accord pratique après le résultat et les constatations des iscussions. Ou alors il faudrait penser que Mgr. Rif-fan et l'abbé Aulagnier avaient raison. Une telle démarche manifesterait une grave faiblesse diplomatique de la part de la Fraternité, et à vrai dire, plus que diplomatique. Il serait un manque de cohérence, de droiture et de fermeté, qui auraient comme effets la perte.de crédibilité et de l'autorité morale dont nous jouissons.


IMPLOSION DE LA FRATERNITE


V. Le simple fait de nous engager dans cette voie engendrera chez nous le doute, des disputes, méfiances, partis, et surtout la division. Beaucoup de supérieurs et de prêtres auront un problème de conscience légitime et s'y opposeront. L'autorité et le principe même de l'autorité seront remis en question, minés. Nous ne pouvons pas aller à la remorque dans nos contacts avec Rome, nous devons garder les commandes, marquer les temps et les conditions. Il nous faut donc une ligne définie à l'avance, claire et ferme, indépendante des sollicitations et des éventuelles manœuvres romaines. En conséquence, ce n'est pas le moment de changer la décision du Chapitre de 2006 (pas d'accord pratique sans solution de la question doctrinale) et il n'est pas correct ni prudent de se lancer à préparer les esprits dans le sens contraire, avant qu'il n'y ait chez nous la conviction, le consensus et la décision de changer. Le contraire ne fait que provoquer la division et, par réaction, une guéguerre, l'anarchie.

VI. L'avertissement du R. P. Ferrer, secrétaire du Card. Cailizares : « Ne faites pas d'accord avec Rome, elle ne pourra pas tenir ce qu'elle vous promettra ». Nous avons reçu d'autres avertissements similaires à Rome.

Alors que faire, quoi répondre ? Ce que nous avons de mieux à faire c'est de garder la ligne qui a assuré la cohésion et la survie de la Fraternité et qui a donné beaucoup de fruits vis-à-vis de Rome, pour l'Église. Ils hésitent, ils commencent à céder, leur édifice s'écroule, ils ne peuvent pas s'en passer de nous... Restons fermes dans notre politique et attendons qu'il y ait des conditions clairement sûres et garanties. Comme le signalait Mgr. Lefebvre après les sacres, il faudra attendre, malheureusement, que la situation s'aggrave chez eux... jusqu'à ce qu'ils soient prêts à lâcher Vatican II. Nous pourrions répondre que, vues les Conclusions des discussions, par fidélité et loyauté envers Dieu, envers notre conscience, envers l'Église et même envers le Saint Siège, nous ne pouvons pas nous engager dans une voie premièrement pratique, mais comme nous l'avions déjà dit, que nous restons ouverts à collaborer ou participer dans une étude et critique doctrinale du Concile.


S'ils coupent alors avec nous, une pause dans la tension constante que signifient les contacts pour la Fraternité, serait bienvenue et, à mes yeux, providentielle. De toutes façons, les connaissant, ils ne tarderaient pas longtemps à reparler avec nous.


En conclusion, nous ne devons pas devancer la Providence, c'est Elle qui résoudra la crise. Nous devons faire très attention à la tentation sub specie boni, éviter l'empressement, patienter, et seulement nous engager dans cette voie lorsqu'il n'y aura pas un seul doute que Rome (le Pape) veut la Tradition, qu'ils ont une idée juste de celle-ci, que c'est prudent et que c'est la volonté de Dieu. Il nous faut plus de raisons pour changer que pour rester dans la ligne sûre et éprouvée que nous avons. Or, c'est le contraire qui arrive.
GARE AU DANGER !

Pour le bien de. la Fraternité ..et de la Tradition, il faut refermer au plus vite la « boîte de Pandore », afin d'éviter le discrédit et la démolition de l'autorité, des contestations, des discordes et des divisions, peut-être sans retour. Dans ce sens, la vraie question à laquelle il faut répondre est la suivante : quelles sont les autres conditions requises, ad intra et ad extra, dans le cas hypothétique d'une proposition « bonne », totalement acceptable en elle-même, pour tenter de faire un accord ? Les textes cités de Monseigneur Lefebvre nous permettent d'y répandre avec clarté et fermeté.

+ Mgr. Alfonso de Galarreta
(SOURCE)





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