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Deux lettres, deux sources, par Arsenius - Octobre 2012

 
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Gentiloup
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MessagePosté le: Mar 30 Oct 2012, 10:06    Sujet du message: Deux lettres, deux sources, par Arsenius - Octobre 2012 Répondre en citant

Deux lettres, deux sources, par Arsenius


Deux lettres, deux sources.

par Arsenius   
    
    
    
    
Arsenius analyse en détail les lettres échangées en avril par les quatre évêques. Tout d'abord, il étudie la lettre des trois évêques et il met en parallèle des citations de Monseigneur Lefebvre, afin de montrer la parfaite conformité de leur pensée avec celle de leur père spirituel. Il analyse ensuite la lettre de Mgr Fellay et montre la divergence de pensée de celui-ci par rapport à celle du fondateur de la Fraternité Saint Pie X.
 


Comme on le sait, un inconnu a publié une lettre des trois évêques de la Fraternité saint Pie X au Supérieur général et la réponse de celui-ci (datée d'avril de cette année 2012). A ceux qui ne veulent pas prendre connaissance du contenu public de ces documents, publication considérée comme un péché mortel, nous disons, Felix culpa ! Heureuse faute qui nous a apporté des connaissances importantes, sur un sujet du plus haut intérêt pour tous ceux qui aiment la Sainte Eglise. Cela nous a permis de connaître la pensée des trois prélats ainsi que  celle du Supérieur. Je ne pense pas commettre un "péché mortel" en analysant des documents qui sont déjà tombés dans le domaine public... Dans les circonstances actuelles, il semble que ces lettres ont perdu tout intérêt, mais en fait eIles continuent à être de la plus haute importance et il faut bien connaître leur contenu.


 


Premièrement, nous avons relevé des passages du texte de la lettre des trois évêques entrecoupés de citations de Mgr Lefebvre [1] ou de références à ce qu'il a dit. Ensuite, nous verrons les points de la lettre de réponse de Mgr Fellay (citée dans son intégralité, de ne pas nous accuser faussement de dénaturer le sens du texte, de le sortir de son contexte).


 

ANALYSE DE LA LETTRE DES TROIS EVEQUES   


 

1) L'opposition à un accord pratique sans accord doctrinal   


 


Mgrs Tissier de M., de Galarreta et Williamson écrivent à Mgr Fellay : 


« Les discussions doctrinales de 2009 à 2011 ont prouvé qu’un accord doctrinal est impossible avec la Rome actuelle. » « Comment peut-on croire qu’un accord pratique puisse arranger un tel problème ? » Compte tenu que « la pensée du Pape actuel est également imprégnée de subjectivisme. » « Un accord même purement pratique ferait nécessairement taire progressivement, de la part de la Fraternité, toute critique du Concile ou de la nouvelle messe. En cessant d’attaquer ces victoires les plus importantes de toutes de la Révolution, la pauvre Fraternité cesserait nécessairement de s’opposer à l’apostasie universelle de notre lamentable époque et elle s’enliserait elle-même. » « On a beau le nier, ce glissement est inévitable. » « Comment obéir et continuer à prêcher toute la vérité ? Comment faire un accord sans que la Fraternité « pourrisse » dans la contradiction ? » De plus, « la condition émisse par le Chapitre de 2006 ne s’est nullement réalisée (changement doctrinal de Rome qui permettrait un accord pratique) » Ainsi, les trois évêques expriment « l’unanimité de leur opposition formelle à tout accord semblable. »
 


Comment Mgr Lefebvre a-t-il vu cet aspect du problème ?
 

Juste après les Consécrations de 1988, lorsque de nombreux braves gens insistaient auprès de Mgr Lefebvre pour qu'il fît un accord pratique avec Rome ce qui ouvrirait un grand champ d'apostolat, il dit sa pensée aux quatre évêques : « Un grand champ d'apostolat peut-être, mais dans l'ambiguïté et en suivant deux directions opposées à la fois, ce qui aurait fini par nous pourrir. » Et, lorsqu'une année plus tard, Rome semblait faire de vrais gestes de bienveillance envers la Tradition, Mgr Lefebvre se méfiait toujours. Il craignait qu'il ne s'agisse que de « manœuvres pour séparer de nous le plus grand nombre de fidèles possible. Voilà la perspective dans laquelle ils semblent céder toujours un peu plus et même aller très loin. Nous devons absolument convaincre nos gens qu'il ne s'agit que d'une manœuvre, qu'il est dangereux de se mettre entre les évêques conciliaires et de la Rome moderniste. C'est le plus grand danger qui menace nos gens. Si nous luttons depuis 20 ans pour résister aux erreurs conciliaires, ce n'est pas pour nous mettre maintenant entre les mains de ceux qui professent ces erreurs. »
 


Nous mettons ici une citation également bien connue, mais pas assez méditée : « Mais si je vis encore un peu et en supposant que d'ici à un certain temps Rome fasse un appel, qu'on veuille nous revoir, reprendre langue, à ce moment-là c'est moi qui poserai les conditions. Je n’accepterai plus d’être dans la situation où nous nous sommes trouvés lors des colloques. [2] C’est fini. Je poserai la question au plan doctrinal : « Est-ce que vous êtes d'accord avec les grandes encycliques de tous les papes qui vous ont précédé. Est-ce que vous êtes d'accord avec Quanta Cura de Pie IX, Immortale Dei, Libertas de Léon XIII, Pascendi de Pie X, Quas Primas de Pie XI, Humani generis de Pie XII ? Est-ce que vous êtes en pleine communion avec ces papes et avec leurs affirmations ? Est-ce que vous acceptez encore le serment antimoderniste ? Est-ce que vous êtes pour le règne social de Notre Seigneur Jésus-Christ ?
 

Si vous n'acceptez pas la doctrine de vos prédécesseurs, il est inutile de parler. Tant que vous n'aurez pas accepté de réformer le Concile en considérant la doctrine de ces papes qui vous ont précédé, il n’y a pas de dialogue possible. C'est inutile. Les positions seraient ainsi plus claires. » (Fideliter, n° 66, pp. 12-14).


 

2) L'état actuel des autorités romaines est semblable à la situation qui a suivi le Concile Vatican II jusqu’en 1988   


 


Mgrs Tissier de M., de Galarreta et Williamson écrivent à Mgr Fellay :
 

« Depuis Vatican II, les autorités officielles de l’Église se sont séparées de la vérité catholique, et aujourd’hui elles se montrent tout aussi déterminées que toujours de rester fidèles à la doctrine et pratique conciliaires. Les discussions romaines, le « préambule doctrinal » et Assise III en sont des exemples éclatants. » « Or, la pensée de Benoît XVI est-elle meilleure à cet égard que celle de Jean-Paul II ? Il suffit de lire l’étude de l’un de nous trois sur La Foi au Péril de la Raison pour se rendre compte que la pensée du Pape actuel est également imprégnée de subjectivisme. C’est toute la fantaisie subjective de l’homme à la place de la réalité objective de Dieu. C’est toute la religion catholique soumise au monde moderne. »



Contribution de la pensée de Mgr Lefebvre pour aider à juger la situation actuelle :



Un des signes pour lesquels Mgr Lefebvre pensait qu'il devrait consacrer des évêques sans l'autorisation de Rome a été la rencontre d'Assise. Mais cette réunion a été récemment renouvelée sous le pontificat de Benoît XVI. Donc, la situation actuelle est semblable au pontificat de Jean-Paul II en 1988. Le deuxième signe que Mgr Lefebvre a jugé très important a été la réaffirmation par Rome des erreurs de Vatican II sur la liberté religieuse (cf. Sermon 29/06/87). Or, à présent, les discussions doctrinales ont montré l'incompatibilité de la doctrine de l'Église avec la doctrine des détenteurs actuels du pouvoir à Rome. Par conséquent, Mgr Lefebvre jugerait la situation actuelle aussi critique que celle de 1988.


 

3) Vatican II   


 
Mgrs Tissier de M., de Galarreta et Williamson écrivent à Mgr Fellay :


« Le problème posé aux catholiques par le concile Vatican II est profond. »
 


Comment Mgr Lefebvre juge-t-il le Concile ?



« Plus on analyse les documents de Vatican II et leur interprétation par les autorités de l'Église, et plus on se rend compte qu'il ne s'agit ni d'erreurs superficielles ni de quelques erreurs particulières comme l'œcuménisme, la liberté religieuse, la collégialité; mais plutôt d'une perversion totale de l'esprit, de toute une philosophie nouvelle fondée sur le subjectivisme... C'est très grave ! Une perversion fatale ! ... C'est vraiment effrayant. » (Dans une conférence qui semble avoir été comme le dernier testament doctrinal de Mgr Lefebvre, conférence donnée à des prêtres de sa Fraternité à Écône, six mois avant sa mort.)


 

4) Qui est Benoît XVI ?   


 


Mgrs Tissier de M., de Galarreta et Williamson écrivent à Mgr Fellay :


 « Mais, nous dira-t-on, Benoît XVI est vraiment bienveillant envers la Fraternité et sa doctrine. En tant que subjectiviste, il peut bien l'être, parce que les libéraux subjectivistes peuvent tolérer même la vérité, mais pas si elle refuse de tolérer l'erreur. Il nous accepterait dans le cadre du pluralisme relativiste et dialectique, à condition de rester dans "la pleine communion", par rapport à l'autorité et envers les autres "réalités ecclésiales". Voilà pourquoi les autorités romaines peuvent tolérer que la Fraternité continue d'enseigner la doctrine catholique, mais ils ne supporteront absolument pas qu'elle condamne la doctrine conciliaire. »


 


Paroles de Mgr Lefebvre sur le Cardinal Ratzinger (aujourd'hui Benoît XVI) :
 

« Nous n’avons pas la même façon de concevoir la réconciliation. Le cardinal Ratzinger la voit dans le sens de nous réduire, de nous ramener à Vatican II. Nous, nous la voyons comme un retour de Rome à la Tradition. On ne s’entend pas. C’est un dialogue de sourds." Mgr Lefebvre dans une entrevue donnée à Fideliter, N°66, novembre- décembre 1988, p. 12. Et quand Mgr Lefebvre a déclaré que le cardinal Ratzinger avait nécessairement à choisir entre la liberté religieuse de Vatican II et le Syllabus de Pie IX, parce qu'ils se contredisent entre eux, le cardinal a répondu que "Nous ne sommes plus au temps du syllabus." Puis Mgr Lefebvre a répondu : "Alors ce que vous me dites aujourd'hui n'est plus vrai demain. Il n'existe aucun moyen de nous comprendre, c’est l’évolution permanente." » (Fideliter, n° hors série, 29-30 juin 1988, p. 15)


 

5) Dénoncer les erreurs aux autorités et s'y opposer   


 


Mgrs Tissier de M., de Galarreta et Williamson écrivent à Mgr Fellay :


« A la suite de Mgr Lefebvre, le propre de la Fraternité est, plus que de dénoncer les erreurs par leur nom, de s'opposer efficacement et publiquement aux autorités romaines qui les diffusent. Comment pourrait-on concilier un accord et cette résistance publique aux autorités romaines, dont le Pape ? »
 


Voici ce que Mgr Lefebvre dit à ce sujet :


«N'ayez pas peur de dire que les autorités romaines d'aujourd'hui, de Jean XXIII et Paul VI, sont devenues des contributeurs actifs de la franc-maçonnerie juive internationale et du socialisme mondial.» (Mgr Lefebvre, Itinéraire spirituel, p. 10-11). « Vous ne pouvez pas en même temps donner un coup de main aux modernistes et vouloir garder la Tradition. » (Mgr Lefebvre, fideliter, n ° 87 septembre 1990, p. 3)


 

6) Conséquences de la nouvelle direction que les Supérieurs font prendre à la Fraternité   


 


Mgrs Tissier de M., de Galarreta et Williamson écrivent à Mgr Fellay :


« Vous conduisez la Fraternité à un point où elle ne pourra plus rebrousser chemin, à une profonde division sans retour. »



Voici ce que Mgr Lefebvre dit à ce sujet :
 
Cette marche vers un accord, Mgr Lefebvre l’a qualifiée d’opération suicide: « Si j'avais fait cette opération avec Rome en continuant les accords que nous avions signés et en poursuivant la mise en pratique de ces accords, je faisais l'opération suicide. » (Sermon du 30 juin 1988 Fideliter n ° 64, p. 6). « Des difficultés inextricables surgiront avec les évêques, avec les mouvements des diocèses qui voudront que nous collaborions avec eux, si nous sommes reconnus par Rome. » (Fideliter, n° hors série, 29-30 juin 1988, p. 18)


 


Comme nous venons de le voir, la source à partir de laquelle cette lettre a été conçue était les enseignements de Mgr Lefebvre.


 ------------------------
 


Voyons maintenant comment Mgr Fellay a répondu.
 

Lettre de Mgr Fellay aux autres évêques de la FSSPX   


 
 


Menzingen, le 14 Avril, 2012


 


Monseigneur Bernard FELLAY


A NN. SS. Tissier de Mallerais, Willamson et de Galarreta


 


Excellences,
 


Votre lettre collective adressée aux membres du Conseil général a retenu toute notre attention. Nous vous remercions pour votre sollicitude et votre charité.


Permettez-nous à notre tour, dans le même souci de charité et de justice de vous faire les observations qui suivent.


Tout d'abord la lettre mentionne bien la gravité de la crise qui secoue l'Eglise et analyse précisément la nature des erreurs ambiantes qui pullulent.  


Cependant la description est entachée de deux défauts par rapport à la réalité de l'Église : elle manque de surnaturel et en même temps elle manque de réalisme. 


Elle manque de surnaturel.  


A vous lire, on se demande sérieusement si vous croyez encore que cette Église dont le siège est à Rome est bien l'Église de Notre Seigneur Jésus Christ une Eglise, certes défigurée horriblement a planta pedis usque ad verticem capitis, mais une Église qui a, quand même et encore, pour chef Notre Seigneur Jésus-Christ. 


On a l'impression que vous êtes tellement scandalisés que vous n'acceptez plus que cela pourrait encore être vrai. Pour vous, Benoît XVI est-il encore pape légitime ? S'il l'est, Jésus-Christ peut-il encore parler par sa bouche ? 


Si le pape exprime une volonté légitime à notre sujet, qui est bonne, qui ne donne pas un ordre à l'encontre des commandements de Dieu, a-t-on le droit de renvoyer d'un revers de main cette volonté?
 


Et sinon sur quel principe vous basez-vous pour agir ainsi ? Ne croyez-vous pas que si Notre Seigneur nous commande, il donnera aussi les moyens de continuer notre œuvre ? Or le pape nous a fait savoir que la préoccupation de régler notre affaire pour le bien de l'Eglise était au cœur même de son pontificat, et aussi qu'il savait bien que ce serait plus facile, et pour lui et pour nous, de laisser la situation présente en l'état. Donc c'est bien une volonté arrêtée et juste qu'il exprime. 


Avec l'attitude que vous préconisez. Il n’y a plus de place ni pour les Gédéon, ni pour les David, ni pour ceux qui comptent sur le secours du Seigneur. Vous nous reprochez d'être naïf ou d'avoir peur. mais c'est votre vision de l'Eglise qui est trop humaine et même fataliste; vous y voyez les dangers, les complots, les difficultés, vous ne voyez plus l'assistance de la grâce et du Saint-Esprit.  


Si l'on veut bien accepter que la divine Providence conduit les affaires des hommes, tout en leur laissant leur liberté, il faut alors aussi accepter que les gestes de ces dernières années en notre faveur soient aussi sous sa gouverne. 


Or ils indiquent une ligne, pas toute droite, mais clairement, en faveur de la Tradition. Pourquoi subitement celle-ci s'arrêterait, alors que nous faisons tout pour conserver notre fidélité et que nous accompagnons nos efforts d'une prière peu commune ? 


Le Bon Dieu nous laisserait-il tomber au moment le plus crucial ? Cela n'a pas beaucoup de sens. Surtout que nous n'essayons pas de lui imposer une quelconque volonté propre, mais que nous essayons de scruter à travers les événements ce que Dieu veut, étant disposés à tout, comme il Lui plaira.



En même temps, elle manque de réalisme, et quant à l'intensité des erreurs et quant à leur amplitude.
 


Intensité : Dans la Fraternité, on est en train de faire des erreurs du concile des "super-hérésies". Cela devient comme le mal absolu, pire que tout, de la même manière que les libéraux ont dogmatisé ce concile pastoral. Les maux sont déjà suffisamment dramatiques pour qu'on ne les exagère pas davantage (cf. Roberto de Mattei, une histoire jamais écrite. p. 22 - Mgr Ghérardini, un débat à ouvrir, p. 53, etc.) 

 
Il n'y a plus aucune distinction. Alors que Mgr Lefebvre a fait plusieurs fois les distinctions au sujet du libéral (1)
 


Ce manque de distinction conduit l'un ou l'autre d'entre vous à un durcissement "absolu". Cela est grave parce que cette caricature n'est plus dans la réalité et elle aboutira logiquement dans le futur à un vrai schisme.  


Et peut-être bien que ce fait est l'un des arguments qui me pousse à ne plus tarder à répondre aux instances romaines.
 


Amplitude : 


d'une part on fait endosser aux autorités présentes toutes les erreurs et tous les maux que l'on trouve dans l'Église en délaissant le fait qu'elles essaient, au moins en partie, de se dégager des plus graves d'entre elles (la condamnation de "l'herméneutique de la rupture" dénonce des erreurs bien réelles). 


D'autre part on prétend que TOUS sont enracinés dans cette pertinacité ("tous modernistes", "tous pourris") Or cela est manifestement faux. Une grande majorité est toujours emportée dans le mouvement, mais pas tous. 


Au point qu'à la question cruciale entre toutes, celle de la possibilité de survivre dans les conditions d'une reconnaissance de la Fraternité par Rome, nous n'arrivons pas à la même conclusion que vous. 


Qu'il soit noté au passage que NOUS N'AVONS PAS CHERCHÉ un accord pratique. Cela est faux. Nous n'avons pas refusé à priori, comme vous le demandez, de considérer l'offre du pape. Pour le bien commun de la Fraternité, nous préférerions de loin la solution actuelle de statu quo intermédiaire, mais manifestement, Rome ne le tolère plus. 


En soi, la solution de la Prélature personnelle proposée n'est pas un piège. Cela ressort tout d'abord de ce que la situation présente en avril 2012 est bien différente de celle de 1988.Prétendre que rien n'a changé est une erreur historique. Les mêmes maux font souffrir l'Église, les conséquences sont encore plus graves et manifestes qu'alors ; mais en même temps on peut constater un changement d'attitude dans l'Église, aidé par les gestes et actes de Benoît XVI envers la Tradition. 


Ce mouvement nouveau, né il y a au moins une dizaine d'années, va se renforçant. Il touche bon nombre (encore une minorité) de jeunes prêtres, de séminaristes et même déjà un petit nombre de jeunes évêques qui se distinguent nettement de leurs prédécesseurs, qui nous disent leur sympathie et leur soutien, mais qui sont encore passablement étouffés par la ligne dominante dans la hiérarchie en faveur de Vatican II.  


Cette hiérarchie est en perte de vitesse. 


Cela est objectif et montre qu'il n'est plus illusoire de considérer un combat "intra muros", dont nous sommes bien conscients de la dureté et difficulté. J'ai pu constater à Rome combien le discours sur les gloires de Vatican II, que l'on va nous ressasser, s'il est encore dans les bouches de beaucoup, n'est cependant plus dans toutes les têtes. De moins en moins y croient. 


Cette situation concrète, avec la solution canonique qui est proposée, est bien différente d’elle de 1988. Et quand nous comparons les arguments que Mgr Lefebvre avait donnés à l'époque, nous concluons qu'il n'aurait pas hésité à accepter ce qui nous est proposé.  


Ne perdons pas le sens de l'Église, qui était si fort chez notre vénéré fondateur. 


L'histoire de l'Église montre que la guérison des maux qui la frappent se fait de manière habituelle graduellement, lentement. Et quand un problème est terminé, c'en est un autre qui commence ... oportet haereses esse. Prétendre attendre que tout soit réglé pour arriver à ce que vous appelez un accord pratique n'est pas réaliste. Il est bien probable, à voir comment se déroulent les choses, que la fin de cette crise prendra encore des dizaines d'années. Mais de refuser de travailler dans le champ parce qu'il s'y trouve encore de la mauvaise herbe qui risque d'étouffer, de gêner la bonne herbe, trouve une curieuse leçon biblique : c'est Notre-Seigneur lui-même qui nous fait comprendre avec sa parabole de l'ivraie qu'il y aura toujours, sous une forme ou une autre, de la mauvaise herbe à arracher et à combattre dans son Église ... 


Vous ne pouvez pas savoir combien votre attitude ces derniers mois -bien différente pour chacun d'entre vous - a été dure pour nous. Elle a empêché le supérieur général de vous communiquer et de faire partager ces grands soucis, auxquels il vous aurait si volontiers associés, s'il ne s'était pas trouvé devant une incompréhension si forte et passionnée. Combien il aurait aimé pouvoir compter sur vous, sur vos conseils pour soutenir cette passe si délicate de notre histoire. C'est une grande épreuve, peut-être la plus grande, de tout son supériorat. 


Notre Fondateur vénéré a donné aux évêques de la Fraternité une charge et des devoirs précis. Il a bien montré que le principe qui fait l'unité dans notre société, c'est le Supérieur Général. Mais, depuis un certain temps déjà, vous essayez -chacun de manière différente- de lui imposer votre point de vue, même sous formes de menaces et même publiquement. Cette dialectique entre vérité/foi et autorité est contraire à l'esprit sacerdotal. Au moins aurait-il espéré que vous essayiez de comprendre les arguments qui le poussent à agir comme il a agi ces dernières années, selon la volonté de la divine providence. 


Nous prions bien pour chacun d'entre vous, pour que dans ce combat qui est loin d'être terminé nous nous retrouvions tous ensemble, pour la plus grande gloire de Dieu et pour l'amour de notre chère Fraternité. 


Daigne Notre-Seigneur ressuscité et Notre-Dame vous protéger et vous bénir.
 


+ Bernard Fellay


Niklaus Pfluger +


Alain-Marc Nély +


 
--------


(1) - Ce n'est pas parce qu'un pape est libéral qu'il n'existe pas... Nous devons rester dans une ligne ferme et ne pas nous égarer, au cours de ces difficultés dans lesquelles nous vivons.


On serait tenté, justement, par des solutions extrêmes, et de dire : « non, non, le pape n'est pas seulement libéral, le pape est hérétique. Le pape est peut-être probablement plus qu'hérétique et par conséquent il est nécessairement hors de l'Église. Il faut savoir faire les distinctions nécessaires. Ceci est très important pour rester dans une voie sûre, pour rester dans l'Église. Sinon, où irions-nous ? Il n'y a plus de pape, il n'y a plus de cardinaux, parce que si le pape n'était pas pape quand il a nommé les cardinaux, ces cardinaux ne peuvent plus nommer de pape puisqu'ils ne sont pas cardinaux. Et alors ? C'est un ange du Ciel qui va nous apporter un pape ? C'est absurde ! Et pas seulement absurde, dangereux ! Parce que nous serons conduits, peut-être, à des solutions qui sont vraiment schismatiques. » (Conférence à Angers. 1980) voir aussi Fideliter. N° 57. p. 17 sur la mesure à garder.


 

ANALYSE DE LA LETTRE DE MGR FELLAY   


 


1) Lettre de Mgr Fellay : « Tout d'abord la lettre mentionne bien la gravité de la crise qui secoue l'Eglise et analyse précisément la nature des erreurs ambiantes qui pullulent. Cependant la description est entachée de deux défauts par rapport à la réalité de l'Église : elle manque de surnaturel et en même temps elle manque de réalisme. »
 

Commentaire :
 

Puisque, comme nous l'avons vu, la lettre des trois évêques est un écho fidèle des enseignements de Mgr Lefebvre, on pourrait par conséquent mettre sous la plume de Mgr Fellay les paroles suivantes : "L'analyse et la description que Mgr Lefebvre fait des erreurs qui pullulent manque de réalisme et d'esprit surnaturel."


 


2) Lettre de Mgr Fellay : « A vous lire, on se demande sérieusement si vous croyez encore que cette Église dont le siège est à Rome est bien l'Église de Notre Seigneur Jésus Christ une Eglise, certes défigurée horriblement a planta pedis usque ad verticem capitis, mais une Église qui a, quand même et encore, pour chef Notre Seigneur Jésus-Christ. On a l'impression que vous êtes tellement scandalisés que vous n'acceptez plus que cela pourrait encore être vrai. Votre vision de l'Eglise est trop humaine et même fataliste; vous y voyez les dangers, les complots, les difficultés, vous ne voyez plus l'assistance de la grâce et du Saint-Esprit. »


Commentaire :


 Utilisant la même méthode qu’au paragraphe précédent, nous allons voir quel serait le texte: "Nous nous sommes demandés sérieusement si Mgr Lefebvre croit même que l'Eglise visible, dont le Siège est à Rome, est l'Eglise de Notre-Seigneur Jésus-Christ, une Eglise défigurée comme notre Seigneur Jésus-Christ. On a l'impression qu'il a été tellement choqué qu'il n'acceptait pas que cela puisse encore être vrai. Sa vision de l'Église était trop humaine et aussi fataliste, il ne voyait que les dangers, les complots, les difficultés, il ne pouvait pas voir l’essentiel avec l'aide et la grâce de l'Esprit Saint."


 


3) Lettre de Mgr Fellay : « Pour vous, Benoît XVI est-il encore pape légitime ? S'il l'est, Jésus-Christ peut-il encore parler par sa bouche ? ».


Commentaire :



Si l’on poursuit, la lettre devrait ressembler à ceci : "Pour Mgr Lefebvre, les papes Paul VI et Jean-Paul II étaient-ils toujours des papes légitimes ? Si c'était le cas, Jésus-Christ pouvait-il encore parler par leur bouche?"


 


4) Lettre de Mgr Fellay : « Si le pape exprime une volonté légitime à notre sujet, qui est bonne, qui ne donne pas un ordre à l'encontre des commandements de Dieu, a-t-on le droit de renvoyer d'un revers de main cette volonté ? Et sinon sur quel principe vous basez-vous pour agir ainsi ? Ne croyez-vous pas que si Notre Seigneur nous commande, il donnera aussi les moyens de continuer notre œuvre ? »



Commentaire :


Encore une fois, voici la paraphrase :"Si les Papes Paul VI (en 1976) et Jean-Paul II (en 1988) n'ont pas donné un ordre contre les commandements de Dieu (c'est-à-dire de ne pas ordonner des prêtres ni de consacrer des évêques), Mgr Lefebvre avait-il le droit de négliger, de refuser ce désir ? Sur quel principe se basait-il pour agir ainsi ? Il semble qu'il ne croyait pas que si Notre Seigneur nous commande, il nous donnerait aussi les moyens de continuer notre œuvre."


 


Reprenons un peu notre souffle… Essayons d'apaiser notre esprit écoutant Mgr Lefebvre, qui s’adressait ainsi au cardinal Ratzinger [NDLR : c’est-à-dire à Benoit XVI !] : « Eminence, ce n’est pas nous qui faisons une Eglise parallèle puisque nous continuons l’Eglise de toujours, c’est vous qui faites l’Eglise parallèle en ayant inventé l’Eglise du Concile, celle que le cardinal Benelli a appelé l’Eglise conciliaire, c’est vous qui avez inventé une église nouvelle, pas nous, c’est vous qui avez fait de nouveaux catéchismes, de nouveaux sacrements, une nouvelle messe, une nouvelle liturgie, ce n’est pas nous. Nous, nous continuons ce qui a été fait auparavant. Ce n’est pas nous qui faisons une nouvelle église ». (Fideliter, n° hors série, 29-30 juin 1988, p 12.) « Il [le cardinal Ratzinger] me répète : "Il n'y a qu'une seule Église, l'Église de Vatican II. Vatican II est la Tradition." Malheureusement, l'Eglise de Vatican II est opposée à la Tradition. Ce n’est pas la même chose. » (Ibid., p. 15) « Cette histoire d’Église visible de Dom Gérard est enfantine. C’est incroyable que l’on puisse parler d’Église visible pour l’Église conciliaire par opposition à l’Église catholique que nous essayons de représenter et de continuer. » Fideliter, n. 70 juillet-août 1989, p. 6) « Nous appartenons bien à l’Eglise visible, à la société des fidèles sous l’autorité du Pape, car nous ne récusons pas l’autorité du Pape, mais ce qu’il fait. Nous reconnaissons bien au Pape son autorité, mais lorsqu’il s’en sert pour faire le contraire de ce pourquoi elle lui a été donnée, il est évident qu’on ne peut pas le suivre. Sortir, donc, de l’Eglise officielle ? Dans une certaine mesure, oui, évidemment. Il faut donc sortir de ce milieu des évêques, si l’on veut ne pas perdre son âme. Mais cela ne suffit pas, car c’est à Rome que l’hérésie est installée. Oui, le libéralisme et le modernisme se sont introduits au Concile et à l’intérieur de l’Eglise. Ce sont des idées révolutionnaires et la Révolution, que l’on trouvait dans la société civile, est passée dans l’Eglise. » (Fideliter, n ° 66 novembre-décembre 1988, p. 28)


 


5) Lettre de Mgr Fellay : « Si l'on veut bien accepter que la divine Providence conduit les affaires des hommes, tout en leur laissant leur liberté, il faut alors aussi accepter que les gestes de ces dernières années en notre faveur sont aussi sous sa gouverne. Or ils indiquent une ligne, pas toute droite, mais clairement, en faveur de la Tradition. Pourquoi subitement celle-ci s'arrêterait, alors que nous faisons tout pour conserver notre fidélité et que nous accompagnons nos efforts d'une prière peu commune ? Le Bon Dieu nous laisserait-il tomber au moment le plus crucial ? Cela n'a pas beaucoup de sens. »



Commentaire :



Nous ne devons pécher ni par désespoir, ni par présomption. Mgr Lefebvre jugeait que se confier à des hommes comme le Cardinal Ratzinger ou d'autres de la chapelle libérale romaine faisait partie du deuxième extrême : « Nous sommes de plus en plus convaincus [qu’il nous arrivera ce qui est arrivé aux autres qui ont rejoint Rome]. Plus on réfléchit, plus on se rend compte qu’ils nous préparent un piège. » (Ibid., p. 17) « Nous ne pouvons pas avoir confiance [en eux], ce n’est pas possible. » (Fideliter, n° hors série, 29-30 juin 1988, p.16). Mgr Lefebvre a cité des exemples de cette époque, de la trahison de Rome envers les ralliés [3], et à l'heure actuelle, on peut citer l'exemple récent de la même attitude envers l’Institut du Bon Pasteur. Quant aux offres qui semblent être des actes favorables à la Tradition, Mgr Lefebvre a déclaré: « Ce n'est pas ce qui nous intéresse. C'est le problème de fond qui est toujours derrière nous et c’est ce qui nous fait peur. » (Ibid., p. 19). Rappelez-vous aussi que Dom Gérard Calvet OSB a déclaré que, pour légaliser la situation de son monastère bénédictin du Barroux, Rome a tout donné et ne demandait rien, et pourtant, Mgr Lefebvre a précisé qu'il désapprouvait cette demande de légalisation.


 


6) Lettre de Mgr Fellay : « Dans la Fraternité, on est en train de faire des erreurs du concile des "super-hérésies". Cela devient comme le mal absolu, pire que tout »



Commentaire :


L'accusation est gratuite et d'un ton fort désobligeant. S'il y a des hérésies dans Vatican II (rappelons que la notion de "super-hérésie" n’existe pas), cela suffit à faire horreur à tous nos cœurs de catholiques. Ecoutons à nouveau Mgr Lefebvre : « La crise de l’Église se ramène essentiellement aux réformes post-conciliaires émanant des autorités les plus officielles de l’Église et en application de la doctrine et des directives de Vatican II. » (Ils L’ont découronné, ch. XXXII, p. 249)


 


7) Lettre de Mgr Fellay : « Alors que Mgr Lefebvre a fait plusieurs fois les distinctions au sujet du libéral. Ce manque de distinction conduit l'un ou l'autre d'entre vous à un durcissement "absolu". Cela est grave parce que cette caricature n'est plus dans la réalité et elle aboutira logiquement dans le futur à un vrai schisme. »



Commentaire :



Nouvelle accusation gratuite. Or aucun des trois évêques n’est [Modéré]. Le problème évoqué ici est celui du [Modéré], comme en témoignent les paroles de Mgr Lefebvre citées dans la lettre même de Mgr Fellay : « Ce n'est pas parce qu'un pape est libéral qu'il n'existe pas... Il n'y a plus de pape, C'est absurde ! » Un libéral peut défendre une hérésie sans être en même temps, un hérétique formel [4], mais seulement avoir un esprit libéral. Voyons comment Mgr Lefebvre n'hésite pas à appeler Jean-Paul II moderniste et rejette toute idée de schisme: « Déclaration de schisme; schisme avec quoi ? avec le Pape successeur de Pierre ? Non, schisme avec le Pape moderniste, oui, schisme avec les idées que le Pape répand partout, les idées de la Révolution, les idées modernes, oui. Nous sommes en schisme avec cela. Nous n'acceptons pas bien sûr. Nous n'avons personnellement aucune intention de rupture avec Rome. Nous voulons être unis à la Rome de toujours, parce que dans nos séminaires, dans nos prédications, dans toute notre vie et la vie des chrétiens qui nous suivent, nous continuons la vie traditionnelle comme elle l'était avant le Concile Vatican II et qu'elle a été vécue pendant vingt siècles. » (Fideliter, n ° hors série, 29-30 juin 1988, p. 18). Est-ce que Mgr Fellay accuserait Mgr Lefebvre de faire ici aussi une caricature du pape ?


 


8) Lettre de Mgr Fellay : « La condamnation de "l'herméneutique de la rupture" dénonce des erreurs bien réelles »



Commentaire :



Voyons comment Mgr Lefebvre avait déjà réduit à néant cette illusion de l'opposition entre "herméneutique de la continuité" et "herméneutique de la rupture": « Ce que le cardinal Ratzinger nomme “anti-esprit du Concile” n’est que l’aboutissement extrême des théories de théologiens qui furent experts au Concile ! C’est cet esprit libéral qui est à la racine de presque tous les textes conciliaires et de toutes les réformes qui s’en sont suivies. » (Ils L’ont découronné, ch. XXXII, p. 249)


 


9) Lettre de Mgr Fellay : « D'autre part on prétend que TOUS sont enracinés dans cette pertinacité ("tous modernistes", "tous pourris") Or cela est manifestement faux. Une grande majorité est toujours emportée dans le mouvement, mais pas tous. »



Commentaire :



L'accusation est inexacte et tendancieuse. Dans la lettre des trois évêques ne figurent pas les mots "tous" ou "pourris", mais ils utilisent les termes "autorités officielles", "les autorités à Rome", "modernistes" en général, tout comme Mgr Lefebvre a dit une fois: «  Les autorités n'ont pas changé d'un iota dans leurs idées au sujet du Concile, du libéralisme et du modernisme. Elles sont anti-Tradition, la Tradition comme nous l'entendons et comment l'Eglise la comprend. Elle n'entre pas dans le concept qu'ils ont. Leur concept est un concept évolutif, et ils sont donc contre cette tradition fixe, que nous maintenons. » (Fideliter, n ° 66 novembre-décembre 1988, p. 29) Et sur le fait que TOUS n’aurait pas été emporté par le courant, Mgr lefebvre s’exprime ainsi : « J’entends dire : "Vous exagérez ! Il y a de plus en plus de bons évêques qui prient, qui ont la foi, qui sont édifiants..." Seraient-ils des saints, dès lors qu’ils admettent la fausse liberté religieuse, donc l’État laïc, le faux œcuménisme, donc l’admission de plusieurs voies de salut, la réforme liturgique, donc la négation pratique du sacrifice de la Messe, les nouveaux catéchismes avec toutes leurs erreurs et hérésies, ils contribuent officiellement à la révolution dans l’Église et à sa destruction.» (Mgr Lefebvre, Itinéraire spirituel, p. 10-11)


 


10) Lettre de Mgr Fellay : « La situation présente en avril 2012 est bien différente de celle de 1988. En même temps on peut constater un changement d'attitude dans l'Église. Ce mouvement nouveau touche un bon nombre (encore une minorité) de jeunes prêtres, de séminaristes et même déjà un petit nombre de jeunes évêques qui se distinguent nettement de leurs prédécesseurs, qui nous disent leur sympathie et leur soutien, mais qui sont encore passablement étouffés par la ligne dominante dans la hiérarchie en faveur de Vatican II. Cette hiérarchie est en perte de vitesse. Cela est objectif et montre qu'il n'est plus illusoire de considérer un combat "intra muros", dont nous sommes bien conscients de la dureté et difficulté. J'ai pu constater à Rome combien le discours sur les gloires de Vatican II, que l'on va nous ressasser, s'il est encore dans les bouches de beaucoup, n'est cependant plus dans toutes les têtes. De moins en moins y croient. »


Commentaire :



Le problème est que, avec un accord, la Fraternité est mise dans les mains du pape régnant, et non pas dans les mains des "jeunes prêtres, des séminaristes et du petit nombre de jeunes évêques." Or, Benoît XVI récemment : a) a béatifié Jean-Paul II, le présentant ainsi comme un modèle à imiter. b) a renouvelé son adhésion à l’idéal œcuménique de la rencontre d’Assise, faisant "Assise III". c) a réaffirmé sa conviction que toute réforme de l’Église ne peut se faire que par l'approfondissement de l'esprit de Vatican II et le retour à ses textes. Par conséquent, la situation actuelle n'est pas différente de 1988. C'est incroyable de voir comme Mgr Fellay ne voit pas ça ! ...


 


11) Lettre de Mgr Fellay : «Et quand nous comparons les arguments que Mgr Lefebvre avait donnés à l'époque, nous concluons qu'il n'aurait pas hésité à accepter ce qui nous est proposé. »



Commentaire :
 

Cette affirmation est sans fondement, si l’on prend comme référence la période postérieure aux sacres de 1988. Il suffit de lire les citations ci-dessus de Mgr Lefebvre pour conclure 1) que Mgr Lefebvre ne se souciait plus des offres de Rome, aussi bonnes soient-elles, sans demander d'abord, de la part du pape, un changement doctrinal, et 2) que, sans ce changement, il a qualifié les offres et les "gestes amicaux" progressistes de "pièges" contre la Tradition.


 


12) Lettre de Mgr Fellay : « L'histoire de l'Église montre que la guérison des maux qui la frappent se fait de manière habituelle graduellement, lentement »



Commentaire :



Tout à fait. Mais l'histoire nous montre aussi que la réforme de ces maux ne se réalise que lorsqu’elle est patronnée par le pape. Ce que Mgr Fellay ne dit pas, mais que l’on peut entrevoir dans sa pensée, c’est que, pour lui, à présent, Benoît XVI serait le pape réformateur. [5] Faut-il répéter tout ce que j’ai écrit ci-dessus pour prouver que ce n'est qu'une illusion ?


 


13) Lettre de Mgr Fellay : Avec l’opposition des 3 évêques, « Le Supérieur Général face à une incompréhension forte et passionnée. »



Commentaire :



Il serait plus exact de dire, s’est trouvé face à une doctrine ferme, contre laquelle le Supérieur Général n’a pas de réponse (à moins qu’il ne demande des conseils au fondateur de la Fraternité).


 


14) Lettre de Mgr Fellay : « Vous tentez d'imposer [au Supérieur général] votre point de vue. »



Commentaire :


 
Il serait plus honnête de dire, le point de vue de Mgr Lefebvre.


 


15) Lettre de Mgr Fellay : « Cette dialectique entre vérité/foi et autorité est contraire à l'esprit sacerdotal. »


Commentaire :



Il nous semble entendre ceux qui critiquaient Mgr Lefebvre, quand il s’opposait aux papes libéraux ! ...


 

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Maintenant, je me demande quelle est la source d'où Mgr Fellay tire ses pensées consignées dans sa lettre. Je réponds : je ne sais pas ... Ce que je sais, c'est qu'un vénérable prêtre a considéré cette lettre de Mgr Fellay comme diabolique ! En effet, pour le diable, la manière ordinaire de nous tenter est de nous présenter le mal avec les apparences séduisantes du bien.


 


Lorsque Campos s’est rapproché des progressistes, si je me souviens bien, plusieurs membres de la Fraternité ont exprimé leur indignation : «Comment pouvez-vous ...! Pas une réaction ! » Certes, ce qui a pesé dans cette attitude de rapprochement était le respect de l'autorité de Mgr Licinio Rangel et la confiance en ce qui était alors l’abbé Rifan. Et maintenant, quand le Supérieur Général de la Fraternité fait de même, il appelle au respect et à la confiance en lui ... Comme dit un proverbe portugais : "celui qui n'est pas passé par l'épreuve ne sait pas ce qu'elle est" et "parler est facile, agir est difficile." Où est la réaction des membres de la Fraternité ? Les rares qui se sont levés sont traités de rebelles...


 


Dieu a permis que, depuis la Révolution française, toutes les réactions catholiques contre les ennemis de Dieu, ont échoué ou ont été éphémères : ainsi les Vendéens, les Cristeros, Franco, Salazar, Pétain. Dernièrement, nous avons vu le travail de Mgr Antonio de Castro Mayer subir le même sort. Pourquoi le travail de Mgr Lefebvre serait l'exception ? Et c'est certainement ce qui se passera s’il n’y a pas une réaction de grande envergure contre ce mouvement de rapprochement avec les progressistes. Si les expressions atténuant le Concile continuent d'être exprimées et si la louange de Benoît XVI continue à se faire entendre, dans quelques années, la Fraternité va tomber comme un fruit mûr entre les mains des progressistes. Quant à ceux qui suivent Mgr Fellay, il serait plus honnête de leur part [d'être logique avec eux-mêmes, d'aller au bout de leur pensée et] de dire que la façon dont Mgr Lefebvre a fait face à la situation dans l'Église est exagérée et irréaliste. Ils abandonnent le travail du fondateur. Pourtant, n’y a-t-il pas beaucoup de congrégations Ecclesia Dei qu’ils pourraient rejoindre ? Mais non, HAEC EST HORA VESTRA ET POTESTAS TENEBRARUM. Mon Dieu ! A qui recourrons-nous ?


 

Arsenius   


 


[1] Afin d'évaluer l'importance de l'argument d'autorité de ces citations, nous transcrivons ici ce que nous avons dit dans « Nous devons mettre le doigt sur la plaie » :


 


« Nous pensons que Mgr Lefebvre est une référence sûre pour savoir comment nous devons procéder et juger les événements actuels. 1) parce que c'était un membre de la hiérarchie et donc il appartenait à l'Eglise enseignante. 2) parce que sa connaissance de la philosophie et de la théologie était empreinte du plus pur catholicisme : il a été reçu docteur en théologie et en philosophie de l'Université pontificale grégorienne à l’époque du pape Pie XI. 3) parce que la sainteté de sa vie est incontestable et n'a pas été remise en cause, même par ses ennemis. Et cette sainteté nous donne une garantie de la perfection de sa sagesse et donc de son jugement prudentiel. 4) parce qu’il connaissait l'Eglise des jours antérieurs au Concile Vatican II, parce qu'il a été au concile et a été témoin des changements qui eurent lieu après. Il a personnellement parlé avec plusieurs papes, négocié avec divers chefs d'Etat et a été supérieur d'une congrégation religieuse avec plusieurs évêques qui lui étaient subordonnés. En outre, il était tenu en haute estime par le pape Pie XII. (Et j’ajoute maintenant qu’il fut son représentant dans tous les pays d’Afrique de langue française).


 


Notre-Seigneur Jésus-Christ est la seule personne que nous puissions suivre sans conditions, mais Il a voulu nous recevions son enseignement par le biais d'autres personnes. Par conséquent, nous devons faire confiance à ces personnes dans la mesure où elles sont fidèles à la doctrine, surtout si elles ont des garanties telles que celles que j'ai mentionnées et que nous savons trouver chez Mgr Lefebvre.


 


En outre, nous devons être conscients du fait que tous ne sont pas fidèles à leur devoir d’état qui est de transmettre dans son intégrité la doctrine de Notre Seigneur. D'où la nécessité d'un discernement exact, surtout en ces jours, pour savoir à qui l’on peut faire confiance.


 


[2] Mgr Lefebvre fait allusion aux pourparlers avant les consécrations de 1988.


 


[3] Terme consacré en France pour désigner ceux qui se soumettent à tort à l'autorité, nocive pour le bien commun, terme pour désigner ceux qui sont dirigés par une obéissance mal comprise ou par l'illusion.


 


[4] La déclaration d'hérésie formelle n'est faite que lorsque, après avertissement de l'autorité compétente, quelqu'un reste attaché à son hérésie ; après quoi, un décret est promulgué.


 


[5] Et de peur que l’on nous accuse d'émettre cette opinion gratuite, écoutons Mgr Fellay lui-même qui, dans une autre circonstance, s'est exprimé ainsi : [Benoît XVI] "est une personne qui prend très au sérieux la situation et la vie de l'Eglise." (Interview du 31/07/2011 à l'Agence italienne APCOM)


 

Publié par InDomino Speravi à l'adresse 09:04


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MessagePosté le: Mar 30 Oct 2012, 10:06    Sujet du message: Publicité

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