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Sermon de Mgr Fellay le 11 nov. 2012 à St-Nicolas-du-Chardonnet

 
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Gentiloup
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MessagePosté le: Lun 12 Nov 2012, 21:27    Sujet du message: Sermon de Mgr Fellay le 11 nov. 2012 à St-Nicolas-du-Chardonnet Répondre en citant

la continuité dans le concile? Où? A Assise? Dans le baiser du coran ?"  
Le 11 novembre 2012, Mgr Bernard Fellay a célébré la messe en l'église Saint-Nicolas-du-Chardonnet à Paris. Au cours d'un sermon fort et clair, il est revenu sur ces "quelques mois de souffrances, de troubles et de tourments chez nous", déclaré que nous en étions" au même point que Mgr Lefebvre en 1974" et posé la question de savoir "où Rome voyait dans le concile Vatican II la continuité ? A Assise ? Dans le baiser du coran ? Où ?"  

  
   

  


  
Sermon de Mgr Fellay le 11 nov. à St-Nicolas :   
  
la continuité dans le concile? Où? A Assise? Dans le baiser du coran ?"  



  
Cher Supérieur du District, chers Messieurs les abbés, très chers fidèles,  
   
La parabole de l'ivraie appliquée aux événements récents dans la FSSPX  
Nous venons d'entendre, dans l'Évangile, la Parabole de l'ivraie, bien mystérieuse, bien mystérieuse cette réalité de l'ivraie. C'est Notre-Seigneur qui nous l'enseigne. Et qui nous dit que le Royaume de Dieu – lorsqu'Il parle du Royaume de Dieu, c'est d'abord et avant tout l'Église - est comparable à un champ, et le maître, le maître c'est Dieu, il n'y fait que du bien, il n'y plante que du bon grain. Ainsi fait Dieu. Sa grâce, Sa bonté. On peut étendre ensuite ce mystère à bien plus loin que l'Église, au monde entier. Dieu Lui-même est aussi le Maître de tout ce monde et voici que tout d'un coup, au milieu de cette action bénéfique, bienveillante - nous savons que Dieu est le maître de tout - ,voici que tout d'un coup apparaît la zizanie, la mauvaise herbe, le mal.  
Etonnement, étonnement des Anges, étonnement de ces travailleurs du champ : « Mais, Seigneur, n'avez-vous pas planté que du bon grain ? » Réponse du Maître : « C'est l'Ennemi qui a fait cela ». Cette réponse, comme elle est dite ici, pourrait laisser supposer que le Bon Dieu n'y peut rien. Comprenons bien, ce n'est pas le Bon Dieu qui l'a fait... Oui, mais Il reste le Maître ! Le mystère est encore plus grand. Dieu permet, Il aurait pu empêcher cette mauvaise herbe, Il permet, Il permet que cet ennemi, le Démon, plante cette mauvaise herbe. Il permet que nous-mêmes - parce qu'Il nous a fait libres - puissions déchoir, faire du mal. Il ne veut pas, Il ne veut que du bon grain. Mais voici, voici que dans notre Histoire, l'Histoire de l'Église, le mal, la souffrance, la zizanie, et dans le monde, scandale, scandale pour tant et tant de personnes. Mais le scandale va encore plus loin. Voici que ces Anges, Ministres de Dieu, puissants, forts, qui ne veulent que le Bien, s'offrent pour éradiquer cette mauvaise herbe, l'arracher... c'est fini, on en termine avec ce mal. Et le Maître dit « non, non, il faut laisser, laisser cette mauvaise herbe » !  
C'est tout le mystère que nous rencontrons dans l'Église, l'Église qui désormais doit s'appeler militante, il faut combattre, il y aura un combat dehors et même dedans. Et jusqu'à la fin. Pourtant, pourtant, c'est bien le Maître - vous L'avez entendu dans l'Épître qui nous dit que par-dessus tout, c'est l'amour, l'amour c'est l'union, c'est Lui qui a dit que ce signe serait le signe-même de l'authenticité de l'Église que cette union des membres. C'est saint Paul aussi qui nous dit cette parole terrible mais qui va aussi dans ce sens de cette Parabole de l'ivraie : « Oportet heraeses esse ». Il faut qu'il y ait des divisions. Cela sent le contradictoire. Et Notre-Seigneur d'expliquer à Ses Anges que d'enlever, d'enlever ces mauvaises herbes fera plus de mal que de bien. Et donc il faut la laisser. Cela ne veut absolument pas dire que Dieu tout d'un coup ne serait plus le Maître de toutes choses. Oh non ! Il l'annonce d'ailleurs cette maîtrise, en disant qu'au moment de la récolte on fera la distinction. A ce moment-là, la mauvaise herbe sera brûlée, séparée du bon grain. Ceux qui font le mal, qui pensent le faire impunément parce qu'ils ne voient pas la punition immédiate, qu'ils prennent garde ! Dieu reste Dieu. Et il vient le jour où Il manifeste Sa Souveraineté. De Dieu, on ne se moque pas. C'est l'Ecriture Sainte qui nous le dit et c'est évident, on le sait. Mais voilà, il y a ce mystère du Bon Dieu qui permet qu'ici-bas, à cause du péché, à cause des conséquences du péché, eh bien, nous devons nous battre.  
Et ce mystère nous a touchés un peu plus intimement ces derniers mois. Nous avons vu jusque dans notre chère Fraternité, une confusion, une mauvaise herbe, une zizanie, un trouble. Dieu l'a permis, comme Il le permet à l'Église, comme Il le permet, on peut dire à toute société. C'est ce grand mystère du Bon Dieu. Et l'on sait aussi d'une autre manière mais on y revient, on retouche toujours la même chose quelque part, Notre-Seigneur dit à Ses Apôtres, si un sarment ne porte pas de fruit, eh bien , l'agriculteur le coupe. Et Il continue en disant, mais aussi, ceux qui portent du bon fruit seront coupés... afin qu'ils portent davantage de fruits. Grand mystère ! Grand mystère que cette annonce de souffrances qui, dans le Plan de Dieu, eh bien, est nécessaire et que nous comprenons aussi si mal. Chaque fois que nous faisons du bien, chaque fois que nous offrons un effort vers le bien, et que nous réussissons dans cet effort vers le bien, automatiquement, nous attendons du Bon Dieu un regard bienveillant, une bonté, donc quelque chose qui nous fait du bien. Et lorsque le Bon Dieu répond par un coup, on ne comprend plus. Et pourtant, pourtant, ce n'est pas un mauvais coup, c'est un coup, oui. Couper un sarment, ça ne fait pas du bien. Et pourtant... Afin qu'il porte plus de fruits... Grand mystère !  
   
Quelles leçons devons-nous tirer de ces souffrances internes et des contradictions romaines?  
J'aimerais très, très brièvement aborder avec vous ces quelques mois qui ont causé pas mal de souffrances afin d'en tirer quelques leçons ; afin aussi de pouvoir s'y retrouver si c'est nécessaire. Vous savez que ces temps de trouble - je parle bien sûr de nos relations avec Rome, et de ce qui a posé comme réactions chez nous, comme une de ses conséquences douloureuses, la perte d'un de nos évêques... ça n'est pas rien ! Je tiens ici à préciser et à confirmer que ce n'est pas ce problème de nos relations avec Rome qui est la cause de ce départ. C'en a été l'occasion, l'aboutissement d'un problème qui dure depuis bien bien plus longtemps. Un problème de discipline interne à la Fraternité. Qui s'est manifesté à la fin par une sorte de rébellion ouverte contre l'autorité sous, disons, un faux prétexte.  
J'essaie de vous expliquer un peu plus. Qu'est-ce qui s'est passé pendant tous ces mois ? Où s'est trouvée la cause de tous ces troubles ? Je pense qu'elle est multiple mais le fond, le fond est une contradiction à Rome. Contradiction que nous avons constatée, que nous avons déjà expliquée depuis au moins l'an 2009. Contradiction qui, directement pour nous, se manifeste dans des décisions, déclarations de la même autorité, c'est-à-dire du Saint-Siège, mais qui émane de diverses personnes du Saint-Siège et qui sont diverses, opposées et même contradictoires. Et il nous semble bien que cela vient qu'à Rome les personnes qui sont là ont des positions divergentes, même par rapport à la crise, et après, par rapport à nous. Et d'autre part, on voit bien qu'il y a un fractionnement dans l'exercice de l'autorité à Rome. D'où une difficulté qui existe déjà depuis plusieurs mois, depuis plusieurs années, de savoir ce que veut vraiment la tête, c'est-à-dire le Saint Père, le Souverain Pontife. En principe, c'est ce qu'on appelle le Saint Siège, le Vatican, c’est sa main. On ne fait pas de distinction entre le Saint Siège et le Pape. Lorsque nous disons Rome, nous disons cet ensemble, cette autorité dans l'Église. C'est ainsi que cela devrait être. Mais dans la réalité, on voit, nous avons constaté plus d'une fois, appelons cela des sabotages de l'autorité, en particulier lorsque des décisions ont été prises en faveur de la Tradition. L'une des plus manifestes c'est au sujet de la Messe. Cette fois-ci cette opposition n'est pas seulement à Rome, mais un peu partout dans les diocèses, on voit ce sabotage de la part des évêques qui empêchent, qui empêchent prêtres et fidèles d'avoir l'accès à la Messe de toujours. Dans ce climat, nous avons eu des discussions, discussions doctrinales qui se sont terminées un peu en queue de poisson. Sur un constat de non-entente.  
Suite à ces discussions - et c'était là pour nous une cause de grand étonnement, de surprise - néanmoins, le Saint-Siège fait une proposition de solution canonique. En même temps que d'un côté, par le canal officiel de la Congrégation de la Foi et de la Commission Ecclesia Dei, on nous donne des documents à signer ou à discuter, les deux..., en même temps, nous recevons par des personnes qui travaillent dans ces endroits-là, dans ces lieux mêmes, Ecclesia Dei ou à travers un Cardinal, un message qui est différent de la ligne officielle. A peu près, le Pape va reconnaître la Fraternité comme il l'a fait pour les excommunications, sans contrepartie de la Fraternité. Cela pose évidemment beaucoup de problèmes qu'une telle situation mais cela ne correspond pas du tout au texte qu'on nous propose. Ensuite, ces mêmes personnes nous diront : « mais ces textes qu'on vous propose, ça ne correspond pas à ce que veut le Pape. » Et pendant des mois, va continuer ce double message. Aux messages officiels - puisqu'on nous demande d'accepter ce que dans les discussions a été manifestée comme une non acceptation de notre part, eh bien, notre réponse est non, on ne peut pas - eh bien en même temps que nous obtenons ces réponses officielles, continuent ces messages de... il faut le dire, de bienveillance, et il nous est impossible de mettre en doute leur origine. Et l'origine, c'est tout en haut. Je vous donne quelques-unes de ces phrases :  
« que la Fraternité sache que de résoudre les problèmes de la Fraternité est au cœur de mes préoccupations », ou même « est une priorité de mon pontificat ».
  
Cela avec l'intention de résoudre le problème.
  
Quant aux moyens, d'autres phrases du genre :  
« il y a des ennemis à Rome qui sabotent toutes les initiatives du Pape en faveur d'une restauration. »  
ou d'autres comme :  
« Que Mgr Fellay ne s'inquiète pas, après cette reconnaissance, il pourra continuer à attaquer tous les points comme avant ».  
Ou encore plus fort :  
 Le Pape est au-dessus de la Congrégation de la Foi. Si la Congrégation de la Foi prend une décision contraire à la Fraternité, eh bien, le Pape interviendra pour casser cette décision. »  
Pouvions-nous totalement ignorer cette deuxième ligne ? Il fallait nécessairement la vérifier, vérifier son authenticité, sa véracité. Mais il était strictement impossible de le dire, de le communiquer. Car cela aurait rendu les choses encore plus compliquées. A la fin, on peut dire depuis le mois de mai, les choses ont commencé à se clarifier, et au mois de juin, enfin, on arrive à une clarté, pourquoi ? Parce que j'arrive, on peut dire, à réunir ces deux canaux. En écrivant, j'écris au Pape en lui disant que pendant un moment, vu que vous savez notre opposition au concile, et puisque vous voulez néanmoins nous reconnaître, j'en avais conclu que vous étiez disposé à mettre de côté ou à plus tard ces problèmes du concile. Entre autres, cela veut dire dégrader le concile, le rendre sujet à opinions, à discussions - puisqu'on parlait de discussions possibles, légitimes même. Donc je pensais que puisque vous faites ce geste vers nous, malgré le problème, cela veut dire que vous estimez plus important de déclarer catholique la Fraternité que de maintenir à tout prix ce concile, eh bien, puisque je vois qu'à la fin, vous-même semblez imposer le concile, je dois conclure que je me suis trompé. Alors, dites-nous, s'il vous plaît, dites-nous vraiment ce que vous voulez.  
Et j'ai reçu une réponse, une lettre, réponse écrite, datée du 30 juin. Cette lettre du 30 juin pour manifester que c'est bien lui, le pape, qui est intervenu pour obliger à l'acceptation du concile, pour réintroduire dans le texte tout ce que j'avais enlevé et que nous ne pouvions pas signer, et qui a été remis. Et il continue en disant que pour arriver à une reconnaissance juridique, il y a trois conditions. Trois acceptations de la part de la Fraternité.  
Accepter que « le Magistère est le juge de la Tradition apostolique », c'est-à-dire que c'est bien le Magistère qui nous dit ce qui appartient à la Tradition. Cela, c'est de foi. Evidemment, dans le contexte, il utilise cela pour nous obliger à accepter les nouveautés.  
Et surtout, il nous est demandé d'accepter que « le concile fait partie intégrante de cette Tradition ». Cela veut dire que le concile serait LA Tradition, traditionnel. Cela fait quarante ans qu'on dit le contraire, par pour notre plaisir, mais selon cette parole qu'on peut dire consacrée, qu'on retrouve tant et tant de fois dans la bouche de notre vénéré fondateur, nous sommes obligés de constater, ce sont des faits, qui nous montrent bien que ce concile, c'est une volonté, voulue, et pas n'importe quelle nouveauté, pas une nouveauté superficielle, une nouveauté profonde, et justement en opposition, en contradiction avec ce que l'Eglise avait enseigné et même condamné. Ce n'est pas pour notre petit plaisir que nous sommes dans ce combat depuis tant et tant d'années. Contre ces nouveautés, ces réformes conciliaires, qui démolissent l'Église, qui en fait une ruine. Eh bien là on nous dit, la condition c'est d'accepter que « le concile fait partie intégrante de la Tradition ».  
Et encore une condition, celle-ci touche la Messe. Il nous faut accepter la validité de la nouvelle messe, pas seulement la validité mais aussi la licéité. On parle de validité lorsqu'on parle de « est-ce que la chose est ?», une messe qui est célébrée validement cela veut dire que Notre-Seigneur est là. On ne regarde pas les circonstances dans lesquelles cette messe est faite, voyez-vous. Une messe noire peut être valide. C'est affreux, c'est un sacrilège terrible mais hélas, il y a des prêtres, oui, des prêtres qui consacrent ce qu'on appelle une messe noire. Eh bien, elle est valide. Et vous comprenez bien qu'en prenant cet exemple choquant, vous comprenez bien que cela n'est pas permis, cela n'est pas licite parce que c'est mauvais. Eh bien, licite veut dire permis parce que c'est bon. Et nous, nous avons constaté les ravages de cette nouvelle messe, nous avons constaté comment elle a été faite, dans quels buts elle a été faite, pour l'œcuménisme. Et nous voyons les résultats, la perte de la foi, les églises vidées, et nous disons : elle est mauvaise. C'est ce que j'ai répondu à Rome. D'habitude, nous ne parlons même pas de licéité, nous disons simplement de la messe qu'elle est mauvaise. Cela suffit.  
   
La situation est bloquée, mais nous continuons le combat  
Voilà, mes bien chers Frères, la situation. Et voilà pourquoi il est évident que depuis le mois de juin - nous l'avons annoncé aux ordinations - que les choses sont bloquées. C'est un retour à zéro. Nous sommes exactement au même point que Mgr Lefebvre dans les années 1975, 1974. Et donc, on continue, notre combat. Nous n'abandonnons pas l'idée un jour de regagner l'Église, de reconquérir l'Église à la Tradition. La Tradition, c'est SON trésor, le trésor de l'Église. Eh bien, nous continuons, en attendant le jour heureux... il viendra, quand ? Nous n'en savons rien. Nous verrons bien. C'est dans le secret du Bon Dieu. Il viendra ce jour où la zizanie sera extirpée, ce mal qui fait souffrir l'Église. C'est probablement la crise la plus épouvantable que l'Église ait jamais soufferte, celle que nous vivons. Où l'on voit les évêques, les cardinaux qui ne conduisent plus les âmes au Ciel, qui bénissent les chemins de l'enfer. Qui n'avertissent plus les âmes des dangers qu'elles courent ici sur terre. Qui ne remettent plus le but de leur existence... le but, c'est le Bon Dieu, c'est d'aller au Ciel. Et qu'il n'y a pas trente-six chemins pour y aller. C'est le chemin de la pénitence, c'est le chemin du renoncement. Tout n'est pas permis. Il y a les Commandements du Bon Dieu. Et si on ne veut pas les respecter, on se prépare pour l'enfer. Combien de fois entendons-nous ces paroles dans la bouche d'un évêque ? Combien d'évêques probablement ne les auront jamais prononcées ? Nous connaissons des séminaristes, modernes, qui sont arrivés au bout de leur séminaire, et qui nous ont dit : « Nous n'avons jamais entendu cette parole au séminaire » ! Et pourtant, c'est la conséquence directe du péché.  
Notre vie sur terre, eh bien c'est une épreuve. Nous devons montrer au Bon Dieu que nous Le choisissons, Lui, et donc que nous renonçons à nos amours, aux amours des choses de la terre, que nous Le préférons. Il faut tout simplement... Il ne faut pas se décourager devant cette zizanie. Cela peut être une réaction devant ce mal qui est partout, qui envahit tout, et toujours plus. Cela pourrait être une réaction, mais une réaction trop humaine, trop humaine. Dans la Collecte d'aujourd'hui, l'Église nous dit qu'Elle ne s'appuie QUE sur la grâce, pour tout ce dont nous avons besoin, pour tout notre combat. Vouloir s'appuyer sur ses propres forces, alors oui, cela peut facilement conduire au découragement. Notre force, elle est... c'est ce que nous disons tous les jours, « Adjutorium nostrum in nomine Domini », notre aide et donc notre force, elle est dans le Nom du Seigneur. C'est seulement sur le Bon Dieu qu'il faut compter. Et nous savons bien que si le Bon Dieu permet les épreuves puisqu'Il est le Maître, jamais Il ne permet une telle épreuve pour nous sans qu'Il nous donne la grâce, la grâce proportionnée, pour triompher. Ces paroles, il faut les prendre comme elles sont, et pour vraies. Tout coopère au bien de ceux qui aiment Dieu. Tout et avant tout, bien sûr, les épreuves. Tout coopère au bien.  
Et donc si nous avons des épreuves, ne nous laissons pas décourager. Redoublons nos prières. Tournons nos regards vers le Bon Dieu. Faisons quelques efforts, quelques sacrifices, et comptons sur Sa Grâce. L'Église nous a toujours dit qu'il y a un regard, il y a une pensée qui est la solution de tous les problèmes, qui va nous donner cette force, le courage, quel que soit notre état, eh bien, c'est le regard sur Jésus crucifié, sur le Crucifix, sur Jésus qui est en train de mourir sur la Croix pour nous, par amour pour nous. Il aurait pu très bien nous laisser tomber. Il est Dieu. Infiniment au-dessus de Ses créatures. Des créatures qui L'ont offensé, d'une manière tellement ingrate. Eh bien, qu'est-ce qu'Il fait ? Au lieu de laisser les choses ainsi, Il vient réparer. Il S'est fait Homme, dans un anéantissement indicible. Dans Sa Passion, Il prend nos péchés sur Lui, Il les porte, Il paie à notre place. Il prend sur Lui le châtiment que nous méritons par nos péchés.  
Cela c'est l'amour de Jésus pour nous, et nous, nous aurions un doute ? Nous aurions un doute sur le fait qu'Il veut nous secourir, qu'Il veut nous aider ? Reprenons nos esprits. Reprenons la foi. Et même s'Il Se cache, s'Il redouble l'épreuve, ça ne fait rien, Il est le Maître absolu, de toutes choses. Il est capable de nous sauver dans la situation de l'Église actuelle comme dans le meilleur des temps. Et ce mystère va si loin, mes bien chers Frères, que ce pouvoir, cette puissance de sainteté, de sanctification, elle réside aujourd'hui encore dans cette Église que nous voyons par terre. Si nous avons la foi, c'est dans cette Église; si nous recevons la grâce du Baptême jusqu'au dernier des Sacrements, c'est dans et par cette Église. Cette Église qui n'est pas une idée, qui est réelle, qui est devant nous, que l'on appelle l'Église catholique et romaine, l'Église avec son Pape, avec ses évêques, qui peuvent être aussi en débilité - j'allais dire débiles - ça ne fait rien, le Bon Dieu ne laisse pas tomber Son Église. Mais à nous de ne pas nous laisser troubler, ne pas dire... puisqu'il y a l'assistance du Bon Dieu, tout est bon !  
Bien sûr que non, voyez-vous, c'est le problème que nous avons avec Rome dans nos discussions. Nous leur disons... il y a un problème et ce problème vient manifestement du concile et de ses suites. Et on nous répond... c'est impossible. Non, il n'y a pas de problèmes. Il ne peut pas y avoir de problèmes parce que l'Église jouit de l'assistance du Saint-Esprit. Donc l'Église ne peut rien faire de mauvais. Ce n'est pas possible. Et donc le concile, il doit être bon. Par nécessité. Et donc, ce que vous dites, cela ne vaut pas. Il y a ici ou là quelque abus, mais cela ne vaut pas. La nouvelle messe, elle a été fait par l'Église. L'Église est assistée. C'est nécessairement bon, et vous n'avez pas le droit de dire qu'elle est mauvaise. Voilà ce à quoi nous sommes confrontés. Et nous répondons : « nous acceptons la foi jusqu'au moindre iota, aussi la foi dans l'Église, et dans ses privilèges, et dans l'assistance du Saint-Esprit. Cependant, tout aussi vrai, nous acceptons la réalité. Nous ne sommes pas près de nier la réalité. Et nous savons bien qu'il n'y a pas de contradiction entre les deux. Il y aura bien un jour une explication même si aujourd'hui il n'y en a pas.  
C'est le mystère de la Croix. Jésus, sur la Croix, la Foi nous oblige à professer qu'Il est Dieu, qu'Il est Tout-Puissant, qu'Il est éternel, immortel, Il ne peut pas mourir, Il ne peut pas souffrir. Dieu est infiniment parfait, il est impossible que Dieu souffre. Et Jésus, sur la Croix est Dieu. Tout cela, la Foi nous le dit. Et nous sommes obligés de l'accepter, totalement. Sans aucune diminution. Mais en même temps, l'expérience humaine nous dit, ce même Jésus souffre, et même Il meurt. Au pied de la Croix, seuls sont dans la vérité ceux qui maintiennent les deux, même si cela semble contradictoire. Et on voit à travers toute l'Histoire de l'Église, on peut dire ce problème : la grande majorité doit rester à ce que nous dit la connaissance humaine. Et ils vont en conclure, donc il n'est pas Dieu. Il est vraiment mort. Il est mort et enterré. C'est fini. C'est la plus grande partie des ennemis de l'Église, des athées, des hérétiques, et des modernistes qui se cachent dans l'Eglise, qui font croire qu'ils ont la foi et qui ne l'ont pas. On distinguera habilement un Christ de l'Histoire, celui-là c'est le Christ réel et qu'ils disent mort et jamais ressuscité, et soi-disant un Christ de la Foi, celui auquel l'Église nous obligerait de croire, et pour Lui, on invente une résurrection. C'est tout faux. Ce n'est pas juste. Il est vraiment ressuscité. Figurez-vous qu'il y en a d'autres, une autre hérésie dès le début qui insiste pour dire si , mais oui, Il est Dieu. Donc cette mort, ces souffrances, ce ne sont que des apparences. Il n'est pas vraiment mort. On trouve aussi cette erreur. Moins répandue.  
Eh bien, aujourd'hui, c'est le même problème. Par rapport à l'Église, c'est le même problème. S'il faut rester dans la vérité, il faut garder ces deux données, les données de la Foi et aussi les données de la constatation de la raison. Ce concile a voulu se mettre en harmonie avec le monde. Il a fait rentrer le monde dans l'Église, et puis maintenant nous avons le désastre. Et toutes ces réformes qui ont été faites à partir du concile, ont été faites par les autorités pour cela. Aujourd'hui, on nous parle de continuité, mais elle est où ? A Assise ? Dans le baiser du Coran ? Dans la suppression des Etats catholiques ? Elle est où cette continuité ? Et donc, nous continuons tout simplement, tout simplement, bien chers Frères, sans rien changer, jusqu'au moment où le Bon Dieu voudra bien, comme Il fait... Cela ne veut pas dire qu'il faut rester inactif, bien sûr, tous les jours il faut... nous avons ce devoir de gagner les âmes. Et nous savons bien que LA solution viendra du Bon Dieu et on peut même le dire PAR la Sainte Vierge. On peut le dire, c'est une évidence de notre temps, signifiée par ces apparitions, belles, magnifiques, Notre-Dame de la Salette, Notre-Dame de Fatima, qui annoncent cette époque, douloureuse, terrible. Rome deviendra le siège de l'Anté-Christ, Rome perdra la foi... c'est ce qui se dit à la Salette. L'Église sera éclipsée. Ce ne sont pas des petites paroles. On a vraiment l'impression que c'est maintenant qu'on vit cela.  
Il ne faut pas s'affoler. C'est terrifiant, oui, il faut donc d'autant plus se réfugier près de la Sainte Vierge, près de Son Cœur Immaculé. C'est le message de Fatima : Dieu veut donner au monde cette dévotion au Cœur Immaculé de Marie. Ce n'est pas pour rien !  
Demandons dans toutes nos prières, à chaque Messe, cette grâce de la fidélité, de ne rien lâcher, coûte que coûte. Et que le Bon Dieu nous protège et nous guide, jusqu'au Ciel.  
Ainsi soit-il.  
Au Nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, ainsi soit-il.  
Mgr Bernard Fellay, Paris le 11 novembre 2012  
   
Pour conserver à ce sermon son caractère propre, le style oral a été maintenu. [Les surlignages et les intertitres sont de la rédaction de LPL]  
Source : LPL/121111  


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MessagePosté le: Lun 12 Nov 2012, 21:27    Sujet du message: Publicité

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